AR
* \ v a vs » “ CF C'es! parce qu'il est méconient des choses existantes qu'il songe & leur amélioration future. LE MAL QU'ON DIT DU MARYAGE DEVIEN- DRA DEMAIN UNE SOURCE DE BIEN. }
Je l’entends bien ainsi. Mais il ne faut pas se borner à démolir ou à critiquer, c’est toujours facile. Il faut proposer des solutions et reconstruire. [Il est certam que l'état actuel ne peut pas durer. Il suffit de regarder autour
de soi pour s’en rendre compte. Nous en sommes en
France à 40.000 divorces par an, et le fait que la crise sévit plus intensément encore aux Etats-Unis, de mœurs si différentes, prouve à l’évidence que c'est partout la crise du märiage monogamique anti-naturel. Je lis dans le Petit
” Parisien un télégramme de Grenoble du 3 août 1923 rela-
tant qu’au congrès de la Semaine sociale, M. Cuche, professeur à la Faculté de droit de cette ville, avait prononcé un réquisitoire contre le divorce. Ca, c’est amusant, alors que le divorce n’a jamais été qu’un pis-aller, qu'un palliatif tout à fait insuffisant ! Ce qu'il faut trouver, c’est un système permettant aux époux de se lier sans s’emptisonner. Je ne vois, quant à moi, comme remplissant cette double condition, que la liberté sexuelle réciproque dans le mariage. Quand Camille Mauclair écrit : ï
« L'homme déclarera, par de nouvelles lois, QUE LE MARIAGE el l'union libre sont d’insuffisantes réponses au problème sexuel et que la prostitution est un mode nécessaire », j approuve la première partie de sa phrase, mais. non la seconde, car je crois que la néfaste prostitution aura précisément vécu sous le règne de la double polygamie, qui la rendra tout à fait inutile,
En tout cas remarquons déjà l’évolution des esprits :
aujourd'hui nous sourions en relisant parmi les notes de
M. le lieutenant de police René d’Argenson, celle-ci par exemple, du 12 novembre 1703 :
& Une jeune femme, âgée de seize ans, dont le mari se nokime Beaudoin, et fait commerce d'eau-de-vie, publie hautement qu'elle n'aimera jamais son mart, qu'il n'y a point de loi qui l'ordonne el que chacun est libre de disposer de son cœur et de sa personne comme il lui plaît, mais que c'est une espèce deicrime de donner
I dur
l'uri sans Fadie Suivant ces srbidines. elle va, tantôt coucher chez sa mère, où se trouve, dii-on, un de ses amis, quelquefois elle se refire chez un autre homme qu'elle voudrait bien faire passer pour son parent, et il n'y a point d'impertinences qu'elle ne dise contre son mari. Je lui ai parlé deux fois et, quoique accoulumé aux discours ridicules, je n'ai pu m'empêcher d'être surpris des raisonnements dont cetle femme appuie son système. Le mariage n'est proprement qu'un essai, selon son idée; quand l'inclination ne s'accorde pas avec le contrat, il n’y a rien de fait. Elle veut vivre et mourir dans cette religion. » …
Aujourd’hui le professeur Forel vient jeter tout le poids de son autorité dans le plateau de la polygamie en écrivant :
« Îl faui avoir un parti pris allant jusqu'à l'aveuglement pour ne point voir qu'on commet une faute contre la nature en considérant la monogamie comme la seule ancre de salut des rapports sexuels, comme la seule forme légàle admissible du mariage, et pour en faire une camisole de force. L'histoire et l'ethnographie nous montrent que les PEUPLES POLYGAMES SE SONT FORTEMENT DÉVELOPPÉS ET QUI'ILS SE DÉVELOPPENT ENCORE. ÿ
Aujourd’hui nous lisons sans ind'gnation des livres tels que l’{mmoralité du mariage, où René Chaughi ne craint pas d'écrire :
& C'est l'esprit de propriété qui fait tout le mal. L'homme ne peut se résoudre à dire à la femme : @ Sois libre ! iu ne m'apparliens. pas, lu n'apparliens à personne; tu es à toi seule. » Plus fort que sa compagne, il a cru avantageux de la réduire à Fétat de bête de'somme, et l'idée ne lui vient pas qu'elle soit quelqu'un.
L'argent qui démoralise toutés les actions humaines pervertit surtout les relations sexuelles. Entre l'amant et l'amante, il vient meiire son odeur de pourriture, el les plus désintéressés n'échappent pas complètement à sa contagion. »
Une jolie légende rapporte qu’au dessus de Sarajevo vole un faucon cherchant l’ombre fraîche. Il trouve. un sapin vert, une fontaine d’eau vive, et près de cette source, la veuve Hyacinthe et l’odorante vierge Rose. Le faucon, qui pense un moment, réfléchit et se demande s’il doit choisir la veuve Hyacinthe ou la Rose virginale et parfumée. Tout en songeant, il en vient à ceci et se parle ainsi tout bas à lui-même : « L'or est plus précieux, même déjà
l } \ \ ‘ 27" VIe jt EEE Lx Ru!
porté, plus précieux que Dafoent même à noel d ent forgé. » Et cômme il choisit la veuve: FSscoes f Rose
virginale s’écrie courroucée : | ‘ans
« — Sarajevo, puisse le malheur Patehdies car “h y à chez toi-cette mauvaise coutume : les j Jeunes aiment les veuves et les vieillards les belles vierges | TUE
Eh bien ! moi, je serai plus humaine que la virginale Rose. | ÿ
Je perrhettrai volontiers aux DS 4 mettre aux ‘pieds des vierges leur amour, leur sagesse, leurs conseils
et leurs richesses, à la seule condition qu'ils tolèrent fran-
légitime !
De Sénancour disait : « Tous daivent être mariés. el si peu sont capables d’avoir de l'amour & si peu sont faits
chement, à côté d'eux, chacun, au moins, un jeune amant
pour en donner ! » —
Je ne connais rien de plus susceptible de vous procurer
une émotion salutaire, que cette page extraite du Petit.
bréviaire de l'amour, de Paul Brulat, racontant la co 5 fession d” un mari : |
« Oui, c'est ici, dans cet appartement, que j'ai vécu Taie pendant dix ans, avec la seule femme qui mail aimé. mafemme.….
Je l'ai perdue par ma faute ! C'était un être délicat et charmant, d'une conscience élevée, joignant la grâce et la dignité, nñcarnant…
loute la beauté du devoir. Par elle, j'ai connu l'amour grand,
è . s » » sl * * LR k a exclusif, désintéressé, cet amour qu'on ne rencontre qu'une fois dans.
son existence. Je ne méritais pas gcla, je n'élais pas digne d'inspirer un tel dévouement. Et j'ignorais même mon bonheur. Enfant
gâté, riche, égoisle, entouré de flatieurs, lout m'était dû. On.
m'avait élevé dans cet esprit, el il me semblait naturel d'être aimé |
Re
ainsi. La Die n'avait eu’ jusqu ‘alors pour moi que des faveurs injus- :
les el des sourires. Je ne savais pas que le bonheur est chose fragile, qui ueul être manié avec précaution, le ne savais pas surtout l'ines- n
timable trésor de tendresse, d'intelligente et inépuisable | bonté que
renferme le cœur d’une femme honnêle, qui aime vrdiment et n'ai-
mera qu'une fois. Je n'appréciais pas ce trésor que je possédais ;
je le ‘dédaignais presque, Par. légèreté, par inconscience, je fis) cruellement souffrir celte admirable créature, pendant dix ans.… »
De nouveau, il s'arrêta, penchant la tête, paraissant écouter. je
voix qui l'appelait là-bas, au loin, dans le’ silence. « Il m'arrivait souvent, reprit-il, de la laisser seule à la maison,
19HA9J ‘S91PUOTT) NOSANVIMOY SVNOH L °P immune ‘010AIP 9P S91queuT) #9] inod JreAvi uog