‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 87 sur 149 · FR TES · texte numérisé non relu

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| j bartant pour la Terre Sainte, édicta un eee où se trouve le passage suivant :

& Si quelqu'un est convaincu de vel ou d’adultère, on lui versera sur la tête de la poix bouillante et on y secouera de la plume d'oreiller afin qu’on puisse le reconnaître. Les peines cruelles ou étranges infligées à l’adultère pt lés lois gertnaniques et les anciennes coutumes ont été remplacées par un emprisonnement dont là durée a varié suivant les époques et qui, nous l'avons vu, subsiste eficore aujourd'hui, du moins à l'encontre de la femme. |

La loi du 31 mai 1850 privait de leurs droits d’électeur les condamnés pour délit d’ädultère.

Chez les Hébreux, un article du Décalogue, condamnait l’adultèré : on lapidait les deux coupables. Chez les Âthéniens, 6n pouvait impunément injurier et maltraitér . les femmes coupables de crime : elles étaient répudices, exclues des temples ét devaient porter des vêtements grossiérs ; dans certaines villes, les adultères pouvaient se rasheter avec de l'argent : ailleurs comme chez les Locriens, on leur esrevait les yeux,

En Syrie le roi Seleucus avait rédigé une loi qui ordonnait de érevér les yeux aux hommes adultères. Or il advint - que son fils se trouva dans ce cas. Seleucus tourna la difficulté en faisant crever un seul oil à son fils, mais aussi un à lui-même. Ainsi la loi était à peu près satisfaite, du moins quant au nombre total d’yeux crevés L

Les Perses faisaient subir aux deux coupables la destrüuètion des parties sexuelles, pour empêcher sûrement la | récidive.

On sait que Jésus-Christ fut clément pour la femme adultère, qui lui inspira l’une de ses plus belles paraboles. (Saint-Mathieu v. 28.) I} la renvoya et lui dit simplement de ne plus pécher,

L'Eglise catholique fuliqés aux coupables diverses peinés : d'abord une pénitence publique de quinze ans, que le concile de Nantes (658) réduisit à sept ans, en permettant à l'époux lésé de se réconcilier, pourvu qu'il fasse la même pénitence.

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Le concile de ris (1238) enjoignit aux femmes!

adultères de porter une coupe sur leur robe et un bâton ‘à la main. Mais tandis que l'Eglise grecque et les consistoires protestants autorisent la partie Ésée à divorcer et à contracter un nouveau mariage, l'Eglise catholique “n'admet pas que l’adultère rompe le sacrement de mariage, et puisse donner lieu à autre chose qu'à une ‘ simple séparation de corps.

En France, la législation pénale, en matière ‘, adultère, a beaucoup varié : elle est allée de la férocité à un peu d'indulgence. | | :

Les Capitulaires de Charlemagne prononcent la peine de mort ; mais le coupable pouvait se racheter par l’aban-

don de ses biens. Au moyen âge, dans certaines villes, la femme adultère était roulée dans des plumes, après

qu’on avait enduit son corps de miel, et conduite dans

cet état par toutes les rues. Dans d’autres villes, l’homme, .

dépouillé de tous ses habits, était publiquement fustigé ;

ailleurs avait lieu la chzvauchée de l’âne. Les délinquants

étaient hissés sur un âne, le dos ou le visage tourné vers

la queue de l’animal : on les obligeait souvent à tenir en -

mains ou dans la bouche la queue du quadrupède.

Les quolibets de la foule accompagnaient évidemment

cette burlesque procession à travers les rues.

Avec le ternps, la punition devint moins sévère ; la galanterie des hommes de cour, depuis François I[° jusqu'à la fin du règne de Louis XV, et le relâchement général des mœurs rendirent ce crime fréquent, même chez

les Grands, et par conséquent les peines moins rigoureuses. Les femmes tendaient déjà à se dire les égales des hom-

mes, donc à revendiquer la jouissance de leurs libertés. Avant la Révolution, la femme adultère était le plus souvent enfermée dans un couvent, pendant deux ans, on

la disait authentiquée, parce qu’elle subissait cette correc-

lion en vertu d’un article des authentiques de Justinien.

Si le mari refusait ensuite de la reprendre, on lui coupait les cheveux, on la rasait, comme nous avons vu Vol- | taire y faire allusion, et, vêtue et voilée comme les reli-

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\ gieuses, elle dut rester dans un couvent le reste de ses jours. |

Si le mari était pauvre, Poe pouvait être enfermée dans un hôpital et traitée comme les femmes débauchées (1). |

À Mayence, lorsqu'un citoyen surprenait un Juif en train de « couvrir » une femme chrétienne, ou de forniquer avec une fille catholique, la loi antique germaine ordonnait de couper au Juif les signes de sa vinilité et de lui crever un œil. La femme devait être seulement. fouettée ; mais, dans ce pays barbare, le fouet amenait la mort, tandis qu’en France, il était moins rude et moins meurtrier. Selon différentes lois du XVINI* siècle, on fouettait encore aux carrefours les gens qui favorisaient les mauvaises mœurs, les adultères, les femmes de mauvaise vie, On ne les conduisait pas dans les hôpitaux ou les prisons sans ce genre de supplice. |

C'était la régalade publique, et le bon peuple des villes

et surtout de Paris en était très friand. Les maquerelles

obstinées, ayant la corde au cou, étaient coiffées d’un chapeau de paille grossier. En outre elles étaient flétries, et marquées aux épaules, avec un fer rouge, d’une fleur de lys, tandis qu’un écriteau placé sur la Po portait cette inscription : « Maquerelle publique. ») Ce serait tout à fait, comme on le voit, ce qui Re aujJour- d'hui à l'Entremetteuse de Léon Daudet.

. D'autres, dont le délit était moins grave ou plus commun, étaient exposées, par raillerie, sous une sorte de

dais, ou à califourchon sur un âne, le visage toujours

tourné vers la croupe. Ces châtiments donnaient presque.

toujours lieu à de grands scandales, tandis que celui de M. Léon Daudet ne donnerait lieu qu'à de grandes réjouissances.

Suivant l’usage de l’époque, le nombre de coups ordonnés par les juges était très souvent arbitraire:

En Angleterre, où l’adultère est désigné sous le nom de

(1) Bedel. (Traité de l’adultère.) çæ

8e | de

& crintinal conversation » (éonversation criminelle), la femme coupable était autrefois exposée et promenéé de ville en villé, puis fouéttéé jusqu’à la mort:

Le réi Canut avait condamné l’homme à l'exil, et’. la femme à la perte du nez et°des oreilles. Aujourd'hui le complice d’une fémme coupable peut, #il ét dans une position élevée, être privé d’üne partie dé sa fortüñe: Il y va dé la libérté pour un domestique conväinéu d’adültère avéc uné lady : condamné à uhe améñde dé 5.000 guinées, (125.000 francs), on l'envoie dañs une coloie pénale, s’il né peut là payer.

Pour qu il y ait poursuite en aduiäté la lei anglaise exige que le mari soit ifréprochable dañs sa conduite ét qu'il justifie dir soin qu’il a dû prendre de surveiller ga femme.

Certains peuples, qt rafuste là pélygamie; ñ’en punissent l’adultère qu'avec plus dé rigueur : l’hoffiteest frappé de mort én Nubie ; lès Battàs, péuplade de l’île de Sumatra, le ébhidarfitiont, nous F’âvons vu, à être mangé vivant par l'époux offensé ét pâi ses bäreñts, eñfiñ. chez les Tuitcs, la femme adultèré est encore lapidée. (D'après M. Bachélet, professeur agrégé:)

Dans un article de la Revue dés Revues, Mi Paul d'Éstrée a retracé avée talent les misères du véritable eselvage dés fémmés en France et à montré l’odieux des supplices, atrocés où tidièules, qui les frappèrenit.

&« Je n'entends pas parler ici, dit-1l, ni des pénalités axtraordinairés, ni des tortures atçoces infligées aux coupables; de la question par l'eäau qui faisait gonfler comme une oufre le « pauvre betit corps » dé la Brinvilliers, du cotitelas qui décapitait Midi, Tiquet ét la Léseombat, du bâächer èüi ättéridait lés infanticides, et de la corde qui étranglait les servantes convaineues de vel domestique.

Je ne vise uniquement que les châtiments ridicules et Le supplices grotésqués, réservés à la fentme, supplices plis huriliañts que douloureux, mäis plus monstrueis ét plus variés qu'én né saträit croire; appliqués suriout pour punir la femme adultère.

Ce ne fut guère qu'à partir du xIV’ siècle que la vindicte publique frappa l'adultère; et encore, dans la distribution des peines, . semble-t-elle s'être préoccupée beaucoup plus de régler la mise en

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