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être chastes, mais lorsqu'elles sont une fois mariées, CE SERAIT UNE IMPOLITESSE de leur part DE SE REFUSER à LEUR AMANT : elles jouissent comme elles veulent, mais elles n'abusent point leurs maris, e{ elles nomment le père de l'enfant Si pourtant le mari désire trouver son tour pour avoir un enfant d'une femme; il l'oblige de jurer qu'elle sera sage quelque temps : si, dans cet intervalle, soit violence, soil persuasion de son amant, elle cède à ses désirs, elle le confesse sur-le-champ à son mari ; les deux amants subissent une punition honteuse el sont pour loujours voués au mépris et à linfamie.
Quoique ces mœurs soient moins PAR en raison que celles qu’on altribue aux Brésiliens, on y trouve du moins UNE DROITURE éfrangère aux nôtres.
A Sparte, la loi voulait que harane avancé en âge choisit un jeune homme pour que sa femme eût des enfants utiles à l'Etat ; une des principales peines élait de ne pouvoir prêler sa femme à un autre. À Rome, il fut permis aux maris de prêter leurs femmes.
Calon connaissait les mœurs.
Nos jaloustes sont ridicules parce qu'elles sont insensées.
“La jalousie fait de la chasteté des femmes leur première vertu, afin que l’on puisse prélendre à leuf fidélité.
Cette contrainte imposée aux femmes les rend réservées, puis dissimulées, puis fausses, puis perfides, puis débauchées.
C'est cela que les hommes on! appelé Sagesse, comme s'ils avaient eu à tâche d’avilir la sagesse et d'en faire perdre L'amour, comme s'ils avaient voulu réduire les femmes à n'avoir que des vertus absurdes.
On a regardé la jalousie comme une affection mâle et noble: On à mis son honneur à jouir seul d'une femme, supposant apparernmenti que celui qui laissait jouir un autre ne le souffrait que par impuissance. |
Ce sont de pareilles bévues qui mènent si longtemps des a liens d'hommes.
honneur jaloux dale apparemment des temps réels ou supposés de l'enfance du monde : il provient de l'isolement où se sont trouvés les hommes de certaines contrées.
Dans un ordre établi, dans une morale raisonnée, la jalousie n'est qu'une faiblesse ou une sottise.
Mais’ enfin la jalousie est dans la nee ge m'importe 2 Les haines, les fureurs, l'ingratitude sont aussi dans la nature.
Les restes inconsidérés d'un noble enthousiasme faisaient de l'Hon+ neur une détté mystérieuse. Les passions seules réglaient alors les opinions. Ce n'était plus l'honneur, première loi de l'homme de bien, c'était la manie de l'honneur; et l’on consacrait comme des lois sociales, les sottises que cet honneur-là mettait à la mode.
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L'homme le plus vertueux élait déshonéré -pour des fautes cs n'avait pu ni partager ni prévoir:
Il était compromis, si quelque élourdi venait compromettre, ou
soupéonner, ou calomnier sa femine. Ce caprice d'un honneur trog sévère pour êlre toujours juslé paraïil cesser. parmi nous; mais beaucoup de peuples en suivent encore les écarts. . On prétendra que ces préjugés, peu équitables mais respectés, servaient à maintenir les mœurs et l'union domestique. Je ne le nie pas ; c'est un moyen, comme täni d'autres, que nous avons trouvés ou conservés comme la sécurité qu'on obtient par la mutilation des Eunuques, comme le déshonneur des fils pour le crime du père dont la conduite leur était apparamment soumise, comme les tortures qui ne laissent pas de découvrir quelques complices, comme les avantages que l'anatomie rétire de nos exécutions sanglantes, digne reste des codes barbares.
L'infidélité de la femme ne fait la honte du mari que lorsqu'il s'avilit réellement par une conduite faible et inquiète. »
Îl y a trois espèces principales de maris jaloux : ceux qui sont laids et vieux; ceux qui veulent pénétrer ef qui scrutent sans cesse, cherchant les causes de tout ; ceux qui ont l'habitude de la débauche, qui vivent avec des filles ou des femmes sans honneur. »
C’est plus de la jalousie que de la fidélité qu'a traité Armand Silvestre dans son petit chef-d'œuvre : Pour les amants (1), et voici ce qu'il en écrit :
& C'est à vingt lettres qué je répondrai, pour commencer, en. une. Car je traiterai le thème qui m'est le plus souvent soumis par des anonymes. Je ne suis pas démesurément flatté de là confiance que j'inspire aux cocus, mais je conslalé qu'ils mé prennent volontiers pour confident de leur état. Et c'est toujours avec une indignation et un élonnementyjque je ne parviens pas à partager, malgré ma ‘nature compalissante. Je ne puis prendre Sganarelle au tragique.
Quelques uns m'émeuvent cependant : les plus jeunes, sans doute, el ceux que le coup a le plus inopinément surpris. Il semble qu'ils aient ignoré toute l'histoire de l'humanité pour s'être crus à l'abri d'un mal qui n'a respecté ni Ménélas, ni Napoléon. De très bonne foi, ils se demandent et me demandent comment cela est possible. Plusieurs sont assez jobards pour m'avouer qu'ils n'oni rien à se reprocher. Tant pis, morbleu ! ils seraient plus indulgenits.
C'est décidément resté, pour la plupart des hommes, ce que Paul Bourget a nommé « la cruelle énigme » qu'une femme se permette de donner à un autre que son mari ou que son amant, une joie qui paraît cependant faite pour l'humanité toute entière. Cette
(1) Flammarion, éditeur,
TU
générosité de la Femme à se donnér pour faire des heureux, et qui semblerait, à de plus sages, sa plus haute mission, leur apparaît comme une monstruosité. C’est seulement, d'ailleurs, quand ils en sont les victimes ; d'aucuns m'interrogent même sur les moyens de prévenir cet ennui. Je les saurais — et Dieu sait si je les ignore ! — que je ne les leur donnerais pas. Il y a de par, le monde, de pauvres bohèmes d'amour à qui il ne faut pas retirer. j'allais diré : le pain de la bouche, et je dirai : les draps du lit.
Les vagabonds ont le droit d'aimer comme les autres et que feraient-ils, je vous prie, au milieu de l'universelle veriu des, femmes 2 Toute cette torture qui volontiers, mène les faibles au crime, est la résuliante arüficielle des sottises de plusieurs siècles accumulées, à |
Car vous avez certainement fait celle remarque comme moi. Les : inlelligences des hommes ne s'ajoutent pas les unes aux autres comme des forces parallèles, ne s'additionnent pas en un faisceau psychologique dépassant la moyenne intellectuelle de ceux qui le composent. Au contrairé leurs bêtises s'accumulent en de formidables totaux dont nos assemblées politiques par exemple, donnent un exemple frappant, En tout cas, s'il y a & cruelle énigme » dans tout cela, c'est dans l'impérieux besoin qu'a éprouvé la civilisation d'aggraver encore les Destins fâcheux de notre éspèce en fourrant, dans l'Amour, celte notion de fidélité qui ne lui était pas essentielle et que la Nature n'y avait pas mise certainement...
“La jalousie, telle que beaucoup l'éprouvent, me semble absolument dénuée de noblesse, aussi vile, dans son essence, que les plus grossiérs appétits.
Autant je plains l'amour déchu, autant ce qui n’est que vanité blessée m'intéresse peu. Et combien de jalousies ne sont faites que de cela, les meilleures et les plus excusables ne s'élevant pas moralement au-dessus des vicilles colères du mâle qui voit sa possession meñacée !
Crois-tu donc, 6 frère douloureux que me font les umertumes avouées, que les baisers portent seuls, sur d'autres lèvres, l'ivresse rapide de l'infini ? T'estimes-tu donc l'unique possesseur! du secret des caresses où l'être se perd dans l'être délicieusement anéanti ? Penses-lu donc qu'aucune autre voix n'ait appris l'hymne sacré que tu chentes 2
Ecoute pleurer, sous l’archet, cette sirophe de Mozart. Crois-tu donc qu'elle appartienne au violon qui l'exhale 2 Sur vingt, sur cent, sur mille instruments pareils, elle est prête à gémir, également adorable et émue. Regarde ta lampe studieuse que couronne une flamme si douce. Crois-lu donc que cette clarté lui soit propre? Le jour menteur qui l'enchante est prêt à renaître sur une lampe semblable, aussi pâle, aussi charmant. Songe, avec effroi, aux bonheurs que tu as donnés ct dis-toi que bien d'autres portent aussi, en eux, d'immenses bonheurs et que les lèvres n'ont pas tari la
source où s'abreuveront oncle les amours. Le violon, la lampe, l'homme, simples outils prêts à vibrer sous une impression, mais toujours prêls à se briser aussi sous un caprice. Il n'y
a d'immortel dans tout cela que la musique, que la lumière el que -
K r Amour.
4 nt c'est sa ridélité | que tu chérissais surtout dans l'être qui n'a pas su comprendre tes besoins d’ exclusivisme, c'est toi- -même, nou-
veau et misérable Narcisse, que tu aimais en lui, comme dans un!
miroir la propre image ! Tu ressemblais au fat qui trouve une glace particulièrement jolie quand il s’y mire. Triste façon d'aimer, mon pauvre hère !
Oui, je sais : les serments violée la foi jurée jelée. au vent. Mais celui qui Fe d'aimer loujours est comme un fou qui garanfirait le ciel bleu pour toute l'année.
Alors quoi ? Je me demande même de quel droit nous pardonnons. Mais si, d'une part, l'offense morale qui nous épouvantait n'est
qu'un spectre sans réalité ; mais si, de l'aulre, rien n'est perdu, pour nous, de ce qui faisait, au point de vue physique du moins, le charme de l'Infidèle, pourquoi ne reviendrions-nous pas à elle, sans
que rien, en nous, soit révolté de cetie mansuétude, laquelle semble
encore loute à notre profit ? | Mon Dieu, qu'on ne s'y trompe pas ! Ce n'est pas la résignation
au déshonneur que je prêche : c'est un: préjugé humiliant qui a mis
st bas notre honneur, le seul élant fait de vivre en toute probité, et de mourir, s'il le faut, pour son pays — mais c'est la soumisssion à une loi, douloureuse sans doute, plus haute Li nos révolles, issue des entrailles elles-mêmes de la Fatalité.
Garde donc, 6 toi qui souffres, ta révolte pour d'autres iniauités que la fragilité féminine, laquelle fait, — du moins — du mal-
heur des uns, le bonheur des autres ! Tant d'ignominies ici-bas, impossibles à détourner de ton front, n'ont même pas celte compensation d'un charme ! Pour être clément à la beauté qui te
trahit, songe que toute volupté t'est venue d'elle et que les immen-
ses joies qu'elle l'a données dépasseront toûjours ce qu'elle t'apporte”
de douleurs. Vois-tu, celui qui a vraiment aimé, a, pour jamais.
perdu le droit de se plaindre. Infime dans l'espace, il a mesuré l'Infini; faible dans le temps, il a entrevu l'éternité dans la force; fils de l'argile, il a gonflé sa poitrine au souffle céleste de l'azur; proscrit de l'Eden biblique, il a rouvert d’un baiser les portes vermoulues du Paradis. |
Cela vaut bien d’être cocu peut-être, avec Ménélas et Napoléon, É
qui devaient être, cependant, en Amour, de bien ennuyeuses gens! »
Que ceux qui trouveront cette théorie subversive se es 14 nent la peine de relire notre vieux Montaigne, qui passe
*(GORI) IX ue] op ouuoistred 2rnjeoue”
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Îl en aura.
À Paris, chez NAUDET, march. d'Estampes, au Louvre (xvuI° siècle),
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justement pour le maître des professeurs de sagesse. Qu'ils remarquent comment il a intitulé certain chapitre VI :
& DE LA CORNARDISE : QUAND ON LE Era #5 EST PEU DE CHOSE, Ë
Et qu nr en relisent le savoureux début
« Le charactère de la cornardise est indélébile; à qui il est une fois atiaché il l'est toujours : le chastiement l'exprime plus que la faulte. Il faict beau voir arracher de l'ombre et du doubte nos malheurs privez, pour les trompetter en des eschauffauds tragiques; et malheurs qui ne pincent que par le rapport : car Bonne femme et Bon mariage, se dict, non de ce qui l'est, mais duquel on se laist. Il fault -estre ingénieux et éviter cette ennuyeuse “et inutile cognoissance ; el avoient les Romains en couslume, revenants de voyage, d'envoyer au devant, en la maison, faire sçavoir leur arrivée aux femmes, pour ne les surprendre.
Je sçais cent honnestes hommes cocus, honnestement et peu nd cemment; un galant homme en est plainct, non pas désestimé, Faictes que votre vertu eslouffe vostre malheur; que les gents de bien en mauldissent l'occasion ; que celuy qui vous offense tremble seulement à le penser. Et puis, de qui ne parle-t-on en ce sens, depuis. le petit iusques au plus grand ? »
Mais, plutôt que de demander aux romanciers, qui en ont besoin pour l’exploiter, leur opinion sur la jalousie, je préfère consulter celle du professeur Auguste Forel, parce qu'il parle en savant et en médecin. Méditons-la :
« La pire irradiation, ou plutôt la pire réaction de contraste de, l'amour, que nous ayons héritée de nos ancêtres animaux, celle qui possède les racines les plus profondes est la jalousie, La jaleusie esl un héritage des animaux et de la barbarie; voilà ce que je voudrais crier à tous les héros qui, au nom de l'honneur offensé, veulent lui octroyer des droits et même le placer sur un piédestal, Mieux vaut dix fois pour une femme un mari infidèle qu'un mari jaloux. Au point de vue phylogénique, la jalousie a son origine dans la lutte pour la possession de la femme, à une époque où le droit ne reposait que sur la force brutale. La ruse et la violence lutfaient entre elles, et lorsque le vainqueur était en possession d'une femelle, il devait meitre un soin jaloux à empêcher qu'elle ne lui fût ravie. De furieux combats s'ensuivaient, Dès qu’une approche inaccoutumée, un regard ou quoi que ce soit d'analogue éveillait le moindre soupçon de la présence d'un rival, le mâle éprouvait un senliment continuel et instinctif de défiance et d'ombrage, avivé souvent
par les souvenirs de la tristesse d'anciennes défaites et de la rage impuissante qui s'élait ensuivie.
Les résultats de la jalousie du mâle dans l'histoire du mariage sont vraiment incroyables. Je rappellerai ici les ceintures de fer à serrure, dites de chasteié, que nous trouvons encore dans certains musées d’antiquités, et dont les chevaliers du moyen âge revêtaient leurs femmes lorsqu'ils parlaient en guerre, afin de tranquilliser leu jalousie. Beaucoup de peuples sauvages ne se contentent pas de punir sévèrement, même de mort l'adulière de la femme, mais jusqu'à de simples conversations, ou rapprochements entre elle et un homme étranger. La jalousie transforme le mariage en enfer. Elle s'exalle souvent chez l'homme d'une façon maladive jusqu'à la manie de la persécution, à laquelle elle est analogue. Elle est de même un symptôme très fréquent de l'alcoolisme. Alors la vie de la malheureuse femme. qui en est l'objet devient un mariyre ininterrompu. Des offenses el des soupçons perpétuels, accompagnés d'insultes, de menaces, de paroles violentes et de voies de fait pouvant aller jusqu'à l'homicide, peuvent être le résultat de cette alroce passion.
Même sous sa forme plus modérée et plus normale, la jalousie est déjà un supplice, car la défiance empoisonne l'amour, même sur ses apparences Les plus anodines. On parle souvent d'une jalousie justifiée, Je prélends au contraire que la jalousie n'est jamais justifiée el qu'elle n'est que la stupidité brutale d'un héritage atavique ou un sympiôme pathologique.
Dans les asiles d'aliénés, dans les procès et dans les romans, la jalousie joue un rôle immense, car elle est une des sources les plus fécondes des tragédies et des malhezrs de l'existence humaine. Les cfforis combinés el persévérants de l'éducation et de la sélection sont nécessaires pour qu'on en arrive à l'éliminer graduellement du cerveau humain. Le
Je voudrais voir tous les héros de l'honneur offensé et tous les défenseurs de la jalousie réfléchir au cas suivant :
Un homme haut placé et instruit, père de cinq enfants, déjà grands, vivait dans: la plus heureuse union. 1 fit «un jour la connaissance d'une amie de sa femme, personne respectable, très intelligente et de haute instruction. De fréquentes visites et de longues conversations entraînèrent. à leur suite une intimité qui \5e transforma en violent amour réciproque. Les deux amoureux ‘commirent la faute de se laisser aller à :un flirl fort avancé. Mais l'amie se refusa pourtant à s'abandonner entièrement. Or -le ‘mari confessait fout à sa femme, jusqu'aux plus petits détails, et l'amie en faisait aulant. Au lieu de ‘devenir jalouse, l'épouse eut-Île bon sens el le courage de traiter ces deux amoureux non ‘seulement ‘avec indulgence, mais avec ne véritable et profonde affection. La loyauté qui régnait chez chaqwe intéressé facilita beaucoup dé dénouement graduel d'une situation difficile, sans que des affec-
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lions de famille eussent à en souffrir. Mais le dénouement eût été tout aussi paisible si l'amie avait cédé et avait accordé au mari des rapports sexuels communs. En effet, l'épouse elle-même envisagea celle question très sérieusement, avec lé calme le plus cormplet, pour le cas où le feu n'eût pu s'éteindre autrement,
Je demande, en toute sincérité, st pareil traitement à la La doux et humain d'un amour malheureux, iraïitemeni dans lequel les trois intéressés s'appliquaient chacun à éviter tout scandale et fout ce qui eût pu faire lort à leur réputation muluelle, st ce trailement loyal et bon, dis-je, ne s'élève pas, au point de vue moral, bien plus haut que les scènes de jalousie, les duels, les divorces et loutes leurs conséquences, toutes choses consacrées et même sanclifiées par l'usage ?
Je connais aussi nombre de cas où les maris de femmes tombes amoureuses d'autres hommes ont su se conduire d'une façon aussi noble et ausst raisonnable, même lorsque leurs femmes en étaient arrivées à l'infidélité complète, et les résultats ont loujours élé bons. »