‹ L'amaranteChapitre 13 sur 21 · LE DECORE DE JUILLET. I I · texte numérisé non relu

LE DECORE DE JUILLET. I I

Mais l'animal comme toute créature vivante , portait en lui cette soif de changement dont les suites sont si souvent funestes. Enhardi par la complaisance de son jeune cavalier, le petit Poney fit bientôt un pas , puis un autre , étendant ainsi le cercle des jouissances de son appétit. Malheureusement la scène se passait sur le bord d'une excavation causée par des éboulemens ordinaires dans les montagnes : Henri pressentait le danger et pourtant par cet esprit aventureux , si naturel à son âgeel qui décèle une ame forte pour l'avenir , il ne voulait pas reculer.

Le Poney avançant toujours , son pied touchait enfin le bord , et il se tenait encore sans rien perdre de cette sohdité na-

turelle à ces chevaux élevés dans le danger, quand tout à coup une pierre détachée du sol roula sous lui et l'entraîna brusquement de tout son poids. Henri n'eut pas le temps de la réflexion et cependant retirant son pied de l'étrier , il s'élança, prompt comme l'oiseau , sans calculer où il arriverait.

Quand il toucha la terre, deux bras vigoureux l'étreignirent et il se trouva comme par miracle mollement assis sur la mousse avant d'être revenu de l'effet de cet élan périlleux.

Aloi's il vit devant lui un paysan d'Ecosse aux jambes nues , et trois étrangers dont l'extérieur mérite mention. Les deux plus âgés qui ne passaient pas trente ans,

Page 1