‹ L'amaranteChapitre 19 sur 21 · SAINT-CYR · texte numérisé non relu

SAINT-CYR

loo ! . . . Vous ne m'en voulez pas , n'est-ce pas?...

Tout ce qu'un cœur jeune et bien place' peut contenir de générosité et de nobles sentimens , éclaira soudainement les traits de l'élève de Saint-Cyr ; il saisit avec une brusque tendresse la main du jeuiîe prince, la porta à ses lèvres qui la pressèrent , et s'échappa sans proférer une parole.

Henri vint aussitôt faire le tour des longues tables auxquelles s'e'tait rangée toute l'école. Des brocs de vins furent apportés ; des rasades versées . puis les acclamations, les santés, les élans de joie et d'amour ébranlèrent les vitreaux de la vaste salle ; le jeune prince désira lui aussi, vider un verre en l'honneur de ces braves

jeunes gens. Une bouteille de vieux vin de choix , et une magnifique coupe de cristal avaient été préparées à cet effet ; mais Henri repoussa l'une et l'autre , et s'emparant du verre de l'élève le plus près de lui , il le pria de lui donner un peu de vin de son broc; l'élève obéit avec joie, et Henri après avoir bu à l'école , au milieu des cris d'enthousiasme et de reconnaissance rendit le verre à son jeune échanson en lui disant :

— Je suis presque sûr que vous ne craindrez pas de boire après moi ! . . .

Puis il ajouta avec un sourire plein de finesse :

— On dit que la pensée du dernier qui a bu reste aufonddu verre pour celui qui

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