DONS FAITS AU COUVENT DES CÉLESTINS DE VANTES
Pièce signée du roi Charles V concernant le collège et couvent des Célestins qu'il avait fondé dans la ville de Mantes 8.
De par le Roy.
Les genz de nos comptes à Paris, Nous avons japieça si comme vous scavez institué et fondé un collège et couvent de Célestins à Mante et pour la dotation d'icelui collège leur avons donné 111e livres parisis de rente, lesquelles nous avons depuis acquises en plusieurs et diverses parties si comme par noz lettres sur ce faites vous pourra apparoir, lesquelles ou la greigneur parties sont demonrées devers vous en nostre chambre des comptes, et depuis ce derrenièrement quant nous fusmes à Mante leur feismes bailler ximc franz des deniers de noz coffres pour acheter vi" livres de rentes en augmentation de leur dicte fondation. Si vous mandons que ces lettres veues vous enregistrez par devers vous et passez toutes les lettres et chartes touchanz les choses dessus dictes senz en demander aucune finance et avec ce rendrez aus diz religieux toutes
1 M"* de Staël, retirée à Coppet, et qui avait donné asile à Mathieu de Montmorency, à Camille Jordan, et a M"» Récamier elle-même, sa meilleure amie.
« Montmorency (Anne-Pierre-Adrien, duc de Laval-), diplomate, né à Paris le 19 octobre 17G7, mort le 16 juin 1837. 11 était cousin de Mathieu et, comme lui, un des plus anciens amis de M™" Récamier.
» Elle fait partie de la prochaine vente de M. J. Charavay.
les tertres desachaz qui ont esté faiz des dictes rentes, lesquelles sont par devers vous comme dit est, non obstant l'ordenance faite dernièrement sur le fait de notre demaine et quelconques ordenances à ce contraires. Donné à Beauté-sur-Marne le xiii0 jour de juillet Tan mil ccclxxix.
Charles.
Li A. MOUE (FrançoU de).
(Défense de Sedan contre le duc de Lorraine).
François de La Noue, dit Bras de fer, fait prisonnier par les Espagnols (1580), languit cinq ans dans une dure captivité. Philippe II consentit enûnà échanger le redoutable capitaine huguenot contre le comte d'Egmont, mais il lui imposa la condition de ne plus porter les armes pour le parti protestant. Deux ans après, Guillaume-Robert de La Marck, duc de Bouillon S qui venait de perdre son frère4, mourut à Genève (1«- janvier 1588). Il laissait a ta sœur Charlotte son duché et, comme il faut toujours une vaillante épce pour soutenir un pays gouverné par une femme, il avait confié la princesse et son domaine à François de La Noue, alors retiré à Genève. Charles II, duc de Lorraine *, qui convoitait depuis longtemps le duché de Bouillon, crut le moment propice pour s'emparer de l'héritage de son ennemi. Il vint assiéger Jametz, petite ville située sur une petite rivière entre Montmédy, Damvillers, Stenay et Longwi, et dont les ducs de Bouillon étaient seigneurs. Nul doute que son entreprise n'eût pleinement réussi et que Sedan ne fût bientôt tombé entre ses mains, si La Noue, sortant de la retraite où il s'était confiné depuis sa délivrance, n'était venu défendre les droits de sa pu-
Irille 4. C'est à ces faits qu'est relative la lettre que nous publions *, aquelle est adressée à François de Bourbon, duc de Montpensièr \ alors gouverneur de Normandie. Le duc de Lorraine favorisait les ligueurs auxquels il se joindra trois mois plus tard sous le prétexte de venger le duc de Guise. La Noue ne manque pas de faire ressortir le danger qu'il y aurait à le laisser s'emparer de Sedan.
Monseigneur,
J'ay bien voullu vous advenir que n'ayant peu faire en Alemagpe ce que j eusse désiré pour favoriser fa ville de Jametz, qui est réduite en assez mauvays termes, je me suis acheminé à Sedam pour empescher de
i Né à Sedan le l" janvier 1562. 11 était le fils et le successeur de Henri- Robert de La Marck, duc de Bouillon, mort le 2 décembre 1574.
t Jean, comte de La Marck, né le 6 octobre 1564, mort le 4 mai 1587.
• Charles II ou 111, duc de Lorraine, dit le Grand, né à Nancy le 18 février 1543, mort dans la môme ville, le 14 mai 1608. Il était (ils du duc François t*' et lui avait succédé en 1 545 sous la tutelle de sa mère et de Nicolas dè Yaudemont, évoque de Metz.
4 De Thou, l. xc, p. 161-172. — Sismondi, t. xx, p. 320-1.
• Cette pièce est empruntée au prochain catalogue de M. J. Charavay aîné.
• Né en 1539, mort le 4 juin 1592. Il était fils de Louis 11 de Bourbon, duc de Montpensièr, mort en 1582.
tout mon pouvoir qu'elle ne tombe en pareil inconvénient, lequel aydc est petit au regard de celluy que vous pouvez aporter àcestefiebvre continue ui a acoustume de batro les corps les plus robustes. J'escriz aussi â . M. afin qu'elle 6e souvienne de faire quelque choze pour sauver tout ou parlye de ce qui importe tant pour son estât, et combien que les remèdes" tardifz seroient souvent peu utilles, si est-ce qu'encores vaut-il mieux tard que point. Se seroyt grand dommage si les gens de bien qui ont arresté les principalles forces de la ligue neuf moys entiers, périssoient, et unne perte irréparable si la place tomboit es-mains ennemyes, car jamays nous ne rentrerions dedans Jametz. Monseigneur, vous plaistil que je vous parle privemant, c'est que pendant que nous négocions et consultons, le ligueur avec audace et dilligence prend pied et sacroisten l'exécution de son dessein. Ce gentilhomme présent porteur que j'envoye à la court vous fera entendre le surplus, vous supliant de le croire et me tenir tousjours du nombre de voz très humbles serviteurs, qui suplye le Créateur,
Monseigneur, vous tenir en sa sainte protection. De Sedam, le 16 de septembre (1588).
Vostre très humble et obéissant serviteur.
La Noue.
La Noue sauva Sedan, mais, malgré tout son courage, il ne put empêcher les Lorrains de s'emparer de Jametz (décembre 1588). Peu importait du reste, car son œuvre était accomplie : il avait conservé l'héritage des La Marck à la dernière descendante de cette illustre famille. Deux ans après (1591) Charlotte épousait Henri de La Tour d'Auvergne, qui le jour môme de son mariage s'emparait de Stenay et peu de temps après était nommé maréchal de France. Héritier de tous les biens de sa femme après la mort de celle-ci (1594) il fut la tige de cette seconde branche des ducs de Bouillon qui s'éteignit sous Louis XIV.
Etienne Ciiaravay.
LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MEMBRES DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR %l HUIT BANCE et ETIENNE CHABAVAI
Balesdens (Jean), littérateur, éditeur de Savonarole, traducteur, né à Paris vers la tin du xvi« siècle, mort dans la môme ville le 27 octobre 1675. 11 succéda, en 1647, à Cl. de Malleville, prononça son discours de réception l'année suivante, et fut remplacé par Géraud de Cordemoy
(8e fauteuil).
Ballanche (Pierre-Simon), écrivain et philosophe, auteur à'Antigone, né à Lyon le 4 août 1776, mort à Paris le 12 juin 1847. Il succéda, le 17 février 1842, à Alex. Duval, prononça son discours de réception le 28 avril suivant, et fut remplacé, en 1848, par Vatout. (39* fauteuil).
Balzac (Jean- Louis Guez, seigneur de), célèbre littérateur et écrivain, un des meilleurs épistolaires de sou temps, néàAngouléme eu mai 1597,
mortdansla même ville le 18 février 1654. Membre de l'Académie française dés 1634, il fut remplacé par Hardouin de Péréfixe. (33e fauteuil).
Baour-Lormian (Pierre-Marie-François-Louis), poëte et traducteur, né à Toulouse le 24 mars 1770, mort le 28 décembre 185'*. Il succéda, le 29 mars 1815, au chevalier de Boufflers, et fut remplacé, en 1855, par M. Fr. Ponsard. (9" fauteuil).
Barante (Araabie-Guillaume-Prosner Brugiére, baron de), historien des ducs de Bourgogne, né à Riom le 10 juin 1782, mort au château de Barante le 22 novembre 1866. Il succéda, le 19 juin 1828, à De Sèze, prononça son discours de réception le 20 novembre suivant, et fut remplacé par.... (31* fauteuil).
Barbier d'Aucour (Jean), avocat, critique ingénieux, adversaire des Jésuites, né à Langres le 1er novembre 1635, mort à Paris le 13 septembre 1694. Il succéda, en 1683, à Mêzeray, prononça son discours de réception le 19 novembre de la môme année, et fut remplacé par Fr. de Clermont- Tonnerre. (3 le fauteuil).
Bardin (Pierre), écrivain moraliste, né à Rouen, en 1590, mort en 1637 *. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Nicolas Bourbon. (28e fauteuil).
Baro (Ballhasar), poëte dramatique et jurisconsulte, né à Valence (Drôme), vers 1600, mort en 1650. Il succéda, en 1639, à Granier, et fut remplacé par Doujat. (38' fauteuil) .
Barthélémy (l'abbé Jean- Jacques), érudit et archéologue, auteur dn Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, membre de l'Académie des Inscriptions (1748), né à Cassis, près Aubagne (Provence), le 20 janvier 1716, mort à Pari3 le 30 avril 1795. 11 succéda, en 1789, à Beauzée, prononça son discours de réception le 25 août de la môme année, et fut remplacé par Gambacèrès. (25« fauteuil).
Basin. V. Bezons.
Batteux (l'abbé Charles), littérateur, critique et traducteur, membre de l'Académie des Inscriptions (1754), né au village d'Alland'huy. près Vouziers (Marne), le 7 mai 1713, mort à Paris le 14 juillet 1780. 11 succéda, en 1761, à l'abbé Giry de Saint-Cyr, prononça son discours de réception le 9 avril de la même année, et fut remplacé par Lemierre. (37- fauteuil).
Baudoin (Jean), littérateur et traducteur fécond, né à Pradelle (Haute- Loire), vers 1584, mort en 1650. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Charpentier. (23* fauteuil).
Bausset (Louis-François, cardinal de), évôque d'Alaia, historien de Fônelon et de Bossuet, né'à Pondichéry le li décembre 1748, mort le 21 juin 1824. Elu par ordonnancedu roi du 21 mars 1816, en remplacement de Garât, exclu de l'Académie, il fut remplacé par Quélen, archevêque de Paris. (40* fauteuil).
Bautru (Guillaume), comte de Serrant, publiciste et bel esprit, né à Angers, en 1588, morta Paris, en 1665. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par J. Teslu. (13e fauteuil).
Beauvau (Charles-Juste, prince de), maréchal de France, pouverneur de Languedoc et de Provence, nôàLunôvillc le 10 septembre 1720, mort le
1 II se noya en voulant sauver d'Hutnières soa élève et son bienfaiteur.
2 mai 1793. il succéda, en 1771, au président Hénault, prononça son discours le 21 mars de la même année, et fut remplacé, en 1795, par Domergue. (33* fauteuil).
Beauvilliers V. Saint-Aicnan.
Beauzêe (Nicolas), grammairien, continuateur deDumarsais^né à Verdun le 9 mai 1717, mort à Paris le 23 janvier 1789. 11 succéda, en 1772, à Ductos, prononça son discours de réception le 6 juillet de la même année, et fut remplacé par l'abbé Barthélémy. (25* fauteuil).
(La suite cm prochain numéro).
(GALUTZIN GABRICK)
gallitzin (le P00 Dmitri-Àlexéievitch] , naturaliste et diplomate, ambassadeur en France, lié avec tous les littérateurs de son temps, n. 21 déc. 1738, m. à Brunswick, 21 mars 1803.
1. — l* L. a. s, à Voltaire; Fontainebleau, 7 nov. 1765, 3 p. 1/4 ln-4#; L. a. s. au môme ; Paris, 19 mars 1767, 2 p. in-4°. - 3 fr. 75 (!*• 194,
/. Ctiaravay, 1855.)
Analyse de la première lettre : t ... M. Griram doit vous avoir fait part de ce que nous avons fait pour vos Calas, la souscription va son train, et j'espère que nous ferons quelqu'argent... »
Analyse do la deuxième lettre : Curieuse lettre dans laquelle il l'entretient des réformes utiles que Catherine fait dans ses Etats, il lui parle ensuite du Bélisaire de Marmontel qui a été proscrit et lui envoie l'épigramme faite contre cette mesure.
2. — L. a. s. à Marmontel : Paris, 28 août 17G7, 3 p. in 4% cachet. — 15 fr. (N- 176, Trémont, 1852.)
A l'occasion de Bélisaire. — « Rien n'est plus vrai que la traduction, et le 9» chapitre est d'un bout à l'autre de la façon de mon aimable, de mon incomparable souveraine. On l'imprime lestement a Moscou, on veut le répandre promptement en Russie, en/in, dit-elle, que mes sujets sachent les liens qui nous unissent ensemble. Un peintre russe vient de faire Bélisaire arrivant dans sa maison.
Nous ne trouvons rien autre de lui dans les catalogues. — Une lettre de sa femme, Amélie de Schmettau, n. 1748, m. 1806, s'est vendue l fr. 50.
gallois (Charles-André-Gustave-Léonard), publiciste et historien, n. à MoDaco, 30 nov. 1789, m. 27 déc. 1851.
Ses autographes se vendent de 2 à 3 fr.