BIBLIOTHÈQUE DE MONSIEUR YÊAIEIVIX
Les journaux de Paris, Le Siècle entre autres, annonçaient il y a quelques jours, la mort de M. Yémeniz. Nous sommes heureux de pouvoir démentir cette nouvelle. M. Yémeniz, bien qu'il soit plus qu'octogénaire, jouit d'une assez bonne santé : ce qui a pu donner lieu au bruit de sa mort, nous écrit notre correspondant de Lyon, c'est que le célèbre amateur vient de vendre sa bibliothèque. Pour faire connaître l'homme et le bibliophile, nous reproduisons, avec l'autorisation de l'auteur, qui a bien voulu y faire quelques additions, un article qui a été inséré dans le Courrier de Lyon du 14 octobre dernier, et qui nous a paru, par l'exactitude des détails qu'il renferme, devoir intéresser nos lecteurs.
Un livre est un ami qui ne trompe jamais. Telle v?i la devise que M. Guilbert de Pixért court, graud méiodramaturge, mais plus grand bibliophile, avait mise dans un cartouche qu'il plaçait eu téte de tous ses
1 Le roi de Prusse, voyant les Français aux prises avec le prince Charles de Lorraine, fil une diversion en leur faveur et marcha sur Prague avec une armée de 80,00* hommes. C'est cette nouvelle que le feld-maréuhal Schemettau était venu apportera Metz au roi Louis XV.
livres. C'est peut-être pourquoi l'amour des livres est si fréquent, si développé et si ardent. Aussi voyons-nous beaucoup de personnes que cet amour n'a cessé d'embraser pendant toute leur vie et qui y consacrent les loisirs que laissent soit leur commerce, soit leurs autres occupations.
Parmi les bibliophiles de Lyon, le plus distingué est, sans contestation, M. Yémeniz, négociant et consul de la Turquie en cette ville; demeurant parmi nous depuis plus de soixante ans, il a toujours guidé d'une main sûre et puissante, et avec le goût et l'intelligence dont il a donné tant de
Sreuves, sa fabrique d'étoffes pour ornements, et personne n'oubliera les ivers chefs-d'œuvre qui sont sortis de son commerce, et notamment une belle portière d'une seule pièce ayant deux mètres de largeur sur trois mètres de hauteur, aux armes du duc de Luynes et destinée au château de Dam pi erre.
A sa passion de bibliophile et de collectionneur, M. Yémeniz joignait en outre la libéralité de l'homme instruit et riche qui coutribue de sa bourse a la publication des ouvrages qu'il croit utiles ou dont l'impression peut être impossible, le produit de la vente ne devant pas être en harmonie avec les frais de publication. Dans ce dernier ordre il faut compter le Pachymére édité par Boissonnade, en un vol, iu-8°. — L'histoire des tissus de soie au moyen âge par Francisque Michel, 1852, 2 vol. in-4\ — L'Inventaire des titres, recueillis par Samuel Guichenon, publié par M. Paul Allut, chez M. Louis Perrin, en 1851.
M. Yémeniz a en outre fait imprimer à ses frais, à petit nombreet sans les mettre dans le commerce, .l' l'ouvrage de Fustailler, sur la ville et les antiquités de Màcon, en latin," avec une traduction française par M. J. Bau3y, 1 vol. in-8\ — V Aperçu sur les variations du costume militaire dans l'antiquité et au moyen-âge, par André Steyert,in-8\ 1856, brochure de 46 pages avec 4 planches. — 3° En 1857, les œuvres du chanoine Loys Papon, poète forésien du xvi8 siècle, 1 vol. in-8* d'environ 3i0 pages avec de nombreuses gravures et 4 fac-. imile; — 4* en 1800, un supplément aux œuvres du même chanoine Papou, vrai chef-d'œuvre d'impression et de gravures, et dont l'hymne à la Reine contient une gravure à chaque page — Ces quatre ouvrages sont sortis des presses de Louis Perrin. Nous ne parlons pas de plusieurs publications de famille qui sortent du cercle de la publicité.
Malgré tous les soins qu'il consacrait à son commerce, qui absorba t tout son temps, M. Yémeniz, dans ses courts moments de loisir, trouvait ses délassements dans sa chère bibliothèque. H l avait commencée dès H)n arrivée â Lyon (dans son catalogue il est tel ouvrage, n- 3308, qu'il indique avoir acheté en 1804) et l'a continuée jusqu'à ce jour sans se laisser distraire de cette douce occupation.
Ses amis le priaient depuis longtemps de faire imprimer et publier le catalogue de ses livres, parmi lesquels figurent tant d'ouvrages précieux et rares, dont beaucoup sout uniques, et qui, presque tous, sont dans des états de conservation et de reliure qu'on chercherait vainement ailleurs. Car M. Yémeniz regarde la reliure d'un ouvrage, non comme un accessoire indifférent, mais comme uu hommage qu'on rend à l'auteur en contribuant à l'ornement d'un exemplaire d'une édition dont on s'est procuré le plus beau ou dans des conditions exceptionnelles.
Cédant aux instances de ses amis, M. Yémeniz a fait, cette année, imprimer le catalogue de sa bibliothèque en trois volumes in-4°, avaut ensemble 765 pages et conteuant 3763 articles, dont beaucoup, mais trop peu, à notre avis, sont enrichis de notes de leur propriétaire. Ou nous a confié un exemplaire de ce catalogue, tiré à petit nombre
(je crois à cent exemplaires) ; nous t'avons lu avec plaisir et intérêt : nous avions d'abord l'intention d'en citer les principaux articles, d'en énumérer les richesses ; mais, lorsque nous avons vu qu'il y avait plus d'un millier d'articles à citer pour des causes exceptionnelles, notre intention descriptive s'est évanouie et nous nous sommes borné à faire le dépouillement long et difficile de ce catalogue, et noua avons pu nous convaincre qu'il renferme : 2 exemplaires d'éditions xilograpbiques.
36 manuscrits sur vélin, dont quelques-uns très précieux et de grand prix. Il en est qu'on peut estimer 8 à 10,000 francs sans crainte de se tromper.
13 manuscrits sur papier.
27 ouvrages imprimés sur vélin.
102 ouvrages incunables avec date.
74 ouvrages incunables avec date.
35 ouvrages incunables saus date, imprimés à Lyon pendant le xv siècle.
15 ouvrages incunables avec dates, imprimés à Lyon pendant le même
siècle.
443 ouvrages imprimés à Lyon pendant le xvr» siècle, dont 96 par de Tournes et 13 par Dolet.
66 ouvrages sortant des presses des Aides. 26 imprimés par les Gryphe.
90 ouvrages imprimés par les Estienne.
31 par lesEIzévier.
99 ouvrages ont été tirés sur grand papier.
Si l'on examine la valeur et le prix que certains ouvrages tirent du nom et de la qualité de leurs précédents propriétaires, on verra que 11 ouvrages ont appartenu au célèbre bibliophile Grolier, et 70 sortent de diverses bibliothèques célèbres.
9 ouvrages portent les signatures d'hommes importants, parmi lesquels nous citerons (n° 353) la signature de Henri Vlll, roi d'Angleterre, mise par lui au commencement et à la fin d'un exemplaire de l'ouvrage qu'il publia contre Luther en 1521, sous le titre: Assertio septem sacramentorum adverstis Martinum Lutherum.
Nous devons ajouter que cette bibliothèque possède 26 ouvrages de Symphorien Champier, 43 ouvrages du Père Ménestrier, dont une histoire consulaire de Lyon, non rognée, et 41 ouvrages de Gabriel Peignai.
Quelques légères erreurs ont pu se glisser dans ce dépouillement, mais elles sont sans importance.
Dans l'énumération qui précède, nous avons omis toutes les éditions, très- nombreuses et très- précieuses, des ouvrages imprimés à Paris et autres villes pendant le 16e siècle, parmi lesquelles beaucoup d'éditions princeps. Nous n'avons pu mentionner les exemplaires, en grand nombre, des 16* et 17e siècles qui sont avec témoins ou même qui ont leurs marges entières et n'ont pas été rognés.
Dans la foule des bibliothèques célèbres dont les catalogues nous ont passé par les mains, nous n avons jamais vu une collection aussi complète des romans de chevalerie des divers genres et de livres sur les costumes, dentelles et autres ornements.
Il faut ajouter que la grande majorité des livres de cette bibliothèque a été reliée, ceux dans le siècle dernier, par Dusseuil, Derome, Pasdeloup, et dans ce siècle, par les Simier, Thouvenin, Bauzonnet. TrautzBauzonnet, Duru, Niédrée, Gapéet autres relieurs célèbres.
Nous considérons la bibliothèque de M. Yéraeniz comme étant en ce moment la plus précieuse des bibliothèques particulières de la France. Il y a quelques années, que'ques amateurs préféraient, sous certains rapports, la bibliothèque de M. Cicongne, ancien agent de change à Paris. Mais celle-ci n'existe plus en France, puisque après la mort de son propriétaire (1859) elle a été vendue au duc d'Aumate moyennant le prix de 350,000 fr. Pour nous, nous pensons que la bibliothèque de M. Yémeniz vaut au moins ce prix, sinon davantage, et il est possible de s'en convaincre, lorsque l'on étudie en détail son catalogue et que l'on est au courant du prix des ventes de livres à Paris, et même on nous a affirmé dans le temps que M. Yémemzen avait refusé un prix supérieur, il y a quelques années. Et depuis lors le prix des livres précieux n'a pas diminué.
On peut regretter que M. Yômeniz, en publiant son catalogue, ait fait plutôt une œuvrepour ses amis que pour le public et qu'il ait écarté de son travail toute idée de spéculation. S'il eût voulu faire valoir sa bibliothèque comme elle le méritait, non-seulement il aurait augmenté le nombre et les détails de ses notes, mais il aurait ajoutéquelques tables comme il s'en trouve dans les catalogues si connus des livres imprimés sur vélin par M. Van Praét, ou dans les catalogues Mac-Carthy et autres, dans lesquels, à la fin de la liste des ouvrages par ordre de matières, on place des tables qui font ressortir d'un seul coup d'œil toutes les raretés, quelque nombreuses quelles soient, d'une bibliothèque, en les classant sous quel-
Îues divisions générales, telles que: table chronologique des éditions du 5e siècle, sansdate et avec date ; tables des noms de villes, des imprimeurs, des livres imprimés sur vélin; listes des manuscrits et des per* sonnes qui ont possédé des exemplaires, etc. Notre travail de dépouillement, dont on trouve les résultats dans l'espèce d'inventaire ci- dessus, fournil en masse et d'une manière générale, et sans les détails convenables, les indications qui résulteraient de ces tables et nous en fait tter davantage la non existence. Que M. Yémeniz nous pardonne critique, c'est la seule que nous pouvons faire de son catalogue.
Chastel aîné.
(Reproduction expressément interdite).
LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MEMBRES DE L'ACADEMIE FRANÇAISE
DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR
AMilHT BANCE et ETIEIMK CHABAVAT
Boivin (Jean), éruditet traducteur distingué, savant helléniste, bibliothécaire du roi, membre de l'Académie des Inscriptions (1705), né le 28 mars 1663, mort à Pans, le 29 octobre 1726. Il succéda, en 1721, à Huet, prouonça son discours de réception le 29 mars de la même année, et fut remplacé parle duc de Saint-Aignan. (20° fauteuil).
Bonald (Louis-Gabriel-Ambroise, vicomte de), célèbre député et publicistede la Restauration, né à Milhau (Aveyron) le 2 octobre 1754, m. au Monna, près Milhau, 23 novembre 1840. 11 fut élu par l'ordonnance du roi du 21 mars 1816 en remplacement de Gambacérés, exclu de l'Académie, et eut pour successeur, en 1841, Ancelot. (25# fauteuil).
Bon aparté (Lucien), prince de Canino, membre et président du conseil des Cinq-Cents, ministre de Motérieur, ami deB lettres et des < arts, ambassadeur en Espagne, sénateur, auteur de Mémoires, né à Àjaccio le 21 mars 1775, mort à Rome le 29 juin 1840. U succéda, en 1803, au duc d'Harcourt, fui exclu de l'Académie le 24 juillet 1815 et remplacé par Àuger. (37° fauteuil).
Bossurt (Jacques- Bénigne), évêque de Condom, puis de Meaux, illustre oratenr eî écrivain, né à Dijon le 27 septembre 17z7, mort a Paris le 12 avril 1704. Il succéda, en 167 ty à Hay de Chambon, prononça sdri discours de réception le 8 juin de cette année, et fut remplacé par le cardinal dePoligoac. (37* fauteuil.
Boufflers (Stanislas, chevalier, puis marquis dej, gouverneur du Sénégal, poète, député aux Etals-généraux, né à Lunéville en 1737, mort à Paris le 18 janvier 1815.11 succéda, en 1788, à Montazet, archevêque de Lyon, prononça son discours de réception le 29 décembre delà môme année, fut réélu en 1803, et remplacé, eû 1815, par BaourLormian. (9e fauteuil).
Bougain ville (Jean-Pierre), littérateur et antiquaire, traducteur de F Anti-Lucrèce, membre de l'Académie des Inscriptions (1745), né à Paris le lw décembre 1722, mort à Loches le 22 juin 1763. Il succéda en IT54, à La Chaussée, prononça son discours de réception le 30 mai de la même année, et fut remplacé par Marmontel. (22« fauteuil).
Bouhier (Jean), président à mortier au Parlement de Dijon, jurisconsulte distingué, un des plus savants érudits de son temps, né à Dijon le 16 mars 1673, mort le 17 mars 1746.11 succéda en 1727, à Malezieu, prononça son discours de réception le 30 juin de la même année, et fut remplacé par Voltaire; (2î« fauteuil). •■
Bourbon (Nicolas), dit le Jeune, érudit et littérateur, poète latin, né à Vandeuvrc (Aube), en 1574, mort à Paris, chez les Pères de l'Oratoire, le 16 août 1644. Il succéda, en 1637, à Bardin, et fut remplacé par Salomon. (28# fauteuil). - •< k:< .
Bourbon. V. Clermont.
Bourzeys (Amablede), abbé de Saint-Martin de Cores, controversiste et prédicateur, placé par Colbert à la tête de l'Académie des Inscriptions, né à Volvic (Puy de Dôme), le 6 avril 1606, mort à Paris, le 2 août 1672. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé, en 1573, par l'abbé Gallois. (16« fauteuil).
Boyer (Claude), auteur dramatique et prédicateur, fameux parles railleries dont l'accabla Boileau, né à Alby (Tarn), en 1618, mort le 22 juillet 1678. 11 succéda, en 1665, à Girv, prononça son discours de réception, en 1666, et fut remplacé par l'abbé Genest. (39* fauteuil).
Boyer (Jean-François), évêque de Mirepoix, précepteur du Dauphin, père de Louis XVI, membre de l'Académie des Sciences (1738) et de celle des inscriptions (1741), né à Paris le 12 mars 1675, mort dans la même ville le 20 août 1755. Il succéda, en 1736, à Rolland -Mallet, prononça son discours de réception le 25 juin de la môme année, et fut remplacé par l'abbé de Boismont. (40* fauteuil). .. o
Boze (Claude Gros de), savant numismate et archéologue, secrétaireperpétuel de l'Académie des Inscriptions (I705Ï, né à Lyon le 28 janvier 1680, mort le 10 septembre 1753. Il succéda, en 1715, àFénelon, prononça son discours de réceplion le 30 mars de la même année, et fut remplacé par le comte de Clermont. (32* fauteuil).
Bréquigny (Louis Georges Oudard-Feudrix de), historien et antiquaire distingué, membre de l'Académie des Inscriptions ( 1759 ), né à Granville ( Manche ), en 1716, mort à Paris, le 3 juillet 1795. Il succéda, en, 1772, à Jérôme Bignon, prononça son discours de réception le 6 juillet de cette année, et fut remplacé par Ecouchard Lebrun. ( 12e fauteuil j.
BRIENNE. V. LOHÉNIE.
Brifaut (Charles ), poète et pubucisle, né à Dijon, le 15 février 1781, mort à Paris, le 5 juin 1857. 11 lut élu le 13 avril 1826, eu remplacement du M» d'Aguesseau, prononça son discours de réception le 18 juillet suivant, et eut pour successeur, tn 1858, M. Jules Sâudeau. ( 4° fauteuil ).
Brogue ( Achille-Léonce-Victor-Charles , due de), ministre et homme d'Etat, né à Paris, le 29 novembre 1785. Il fut élu, le l"mars 1855, en remplacement du comte de Sainte-Aulaire, et prononça son discours de réception le 3 avril 1856. ( 28e fauteuil ). 1
Broglie ( Jacques- Victor-Albert, prince de ), littérateur et publiciste, né à Paris, le 13 juin 1821. Il fut élu le 20 février 1862 en remplacement du Père Lacordaire, et prononça son discours de réception le 26 février , 1863. (37« fauteuil).
\ Buffon ( Georges-Louis Leclerc, comte de ), illustre naturaliste et écrivain, né à Montbard ( Cote d'Or), le 7 septembre 1707, mort à Paris, le 16 avril 1788. Il succéda, en 1753, à Languet de Gergy, prononça son discours de réception le 25 août de la môme année, et fut remplacé par Vicq d'Aiyr. (36« fauteuil).
Bussy-Rarutin ( Roger, comte de), lieutenant général, auteur de YHistoire amoureuse des Gaules, né à Epiry ( Nièvre ), le 3 avril 1618, mort à Autun, le 9 avril 1693. Il succéda, en janvier 1665, à Perrot d'Ablancourt, • prononça son discours de réception dans le même mois, et fut remplacé par l'abbé Bignon. ( 12« fauteuil ) .
Bussy-Rabutin ( Michel-Celse Roper de)» fils du précédent, grandvicaire d'Arles, doyen de Tarascon, ôvêquc de Luçon, né , mort à
Paris, le 3 novembre 1736. Il succéda, en 1732, a Houdard de La Motte, prononça son discours de réception le 6 mars de là même année, et fut remplacé par Foucemague. ( 18e fauteuil ).
(La suite au prochain numéro).
(gavaudan Geoffroy)
G A VA UD AN (Jean-Bapliste-Sauveur), célèbre chaiileur de TOpéra- (lomique, n. à Salon (Bouches-du-Rhône), 8 août 1772, m. à Paris, 18 mai, 1840.
Une vingtaine de lettres. De 4 à 6 fr.
GAVAUDAN {Alexandrine-Marie-Agathe Ducamel), une des meilleures comédiennes de l'Opéra-Comique, n. à Paris, 15 sept. 1781, m. à Passy, 24 juin 1850.
Une vingtaine de lettres. Prix moyen : 4 fr.
ga veaux (Pierre), chanteur et compositeur distingué, n. à Beziers (Hérault), août 1761, m. à Paris, 5fév. 1825.
Quelques lettres tin moyenne : 4 fr.
gay (Marie- Françoise-Sophie Nichault de Làvallette, M™), poète, romancière et auteur dramatique, n. à Paris, t* juill. 1776, m. dans la même ville, 5 mars 1852.
Ses lettres ne vendent de 2 à 3 IV.
GAY (Delphine). V. Girardin.
gay DE vernon (Léonard), conventionnel montagnard, évôque constitutionnel de la Haute-Vienne, fameux par sa haine contre la papauté, n. à Saint-Léonard (Haute-Vienne), 1748, m. à Vernon, 20 oct. 1822.
Quelques lettres : de 3 à 4 fr.
GAY-LUSSAC (Joseph-Louis), illustre chimiste, membre de l'Institut, n. à Saint-Léonard (Haute- Vienne), 6 déc. 1778, m. à Paris, 9 mai 1850.
Ses lettres valent, en moyenne, 3 fr.
ci a/an de LA PEYMÈiiE (Honoré-Théophile-Maxime,, comte), brave général de la République et de l'Empire, n. à Grasse (Var>, 29 oct. 1765, m. 12 juin 1844.
Ses autographes, peu communs, valent en moyenne, 3 fr.
gédoyn (l'abbé Nicolas), littérateur et critique, traducteur de Quintilien, membre de l'Académie française, né à Orléans, 15 juill. 1667, m. 10 août 1744.
t. - L. a s. au président Bouhier; Paris, 28 mai 1731, 1 p. in-4". — 9 fr. (N° 1046C du Bull. -J. Charavayy, - 6 fr. (N° 31*2. J. Oharavay, 1865.)
Relative à sa traduction de Pautaniat dont l'impression est achevée. 11 lui en envoie un exemplaire quoiqu'il redoute extrêmement sa erilique.
2. - L. a. s.; Paris, 1738, î p. iii 4°. - 6 fr. (N° 154, Vitlenave, 1850.)
3. - L. a. s.; 25 janvier 1740. - 3 fr. 80 (N° 63, Monmerqué, 1837.)
Les seules lettres qui aient passé en vente.
gkll (William), antiquaire anglais, connu par ses explorations en Grèce, à Herculanum et à Pompei, n. à Hopton (Derbyshire), 1777, m. à Naples, 4 fév. 1836.
Une lettre de lui s'est vendue 2 fr. (catalogue Succi).
GELLERT (Chrétien-Ftirchtegott), poète et conteur, un des meilleurs fabulistes de l'Allemagne, n. à Haynichen, 4 juill. 1715, m. 13 déc. 1769.
On trouve de lui, dans les catalogues, une quinzaine de lettres, vendues de 6 i 10 fr.
gence (Jean -Baptiste- Modeste), littérateur fécond, traducteur de 'Y Imitation de Jésus-Christ, n.à Amiens, 15 juin 1755, m. à Paris, 17 avril 1840.
Quelques lettres : en moyenne 3 fr.
CrENRST d'abbé Charles Claude), poète tragique, secrétaire des commandements du duc Du Maine, membre de 1 Académie française, n. à Paris, 17oct. 1639, m. nov. 1719.
1. — L. a. s. à M1" Périer; Versailles, 18 fév. 1695, 2 p. in-4°, cachet. - 3 fr. vN- 205, Parison, 1856.)
2. - 2 1 a. s. a M"' de Scudéry. - 7 fr. 05 (N- 63, Monmergué, 1837.)
3. — L. a. s. à M»* de Scudéry, 4 p. in-4». - 28 fr. 50 (N* 106, Soleinne, - 13 fr. (N* 167, CapeUe, 1852.)
Récit plaisant d'un divertissement donné au roi par le duc du Maine déguisé en opérateur, accompagné de M-e la duchesse de Bourbon, avec les vers qu'ils y ont chantés.
4. — L. a. s. à M1" de Scudéry; Versailles, 8 février, 3 p. iu-4*. - 8 fr. ^° \Ù9, Alliance des Arts, 1844.)
• J'ai reçu votre lettre sur la relation de la féte (donnée au roi par le duc du Maine) Je n'ai pu cacher au duc du Maine le madrigal qui estoit pour luy. Il en sceut très bon gré, à luy mesma d'avoir attiré vos louanges, à vous qui les luy aviez donnés età moy qui en avois fourni l'occasion par mon récit. On en a parlé encore à Mad- la duc h es se de Bourbon qui entendit aussi les vers qui la regardent, . Dans le temps où uous vivons, presque tous les écrits agréables n'ont plus de solidité ni du véritables charmes et ne vont qu'a gaster les mœurs, ou à en flatter la corruption. Il n'y a que vous qui ayiez l'art de plaire et de profiter en mesme temps. »
5. — L. a. s. à M"- de Scudéry ; Versailles, jeudi matin, 3 p. gr. in-4». — 12 fr. 50 (N- 183, Laverdet, 1854 |
. Les chants de la fauvette » dont il lui a plu de lui faire part l'ont charmé plus que jamais à son gré elle ne s'était jamais fait entendre avec plus de grâces et plus d'esprit. « El j'admire nien plus cette voix céleste et immortelle, qui luy fournit toujours de quoy nous surprendre et nous ravir, que celte constance et cette fidélité à revenir toujours dansccsbeaux lieux a qui elle a donné son amour... » 11 va partager ce plaisir avec ses amis en les leur faisant connaître.
Les seules lettres qui aient passé en vente.
genjssiei (J.-J.-V.), avocat, célèbre conventionnel montagnard, ministre de la justice sous le Directoire, membre et président du Conseil des 500, n. en Dauphiné, 1740, m. à Paris, octobre 1804.
Quelques lettres. En moyenne, 3 fr.
ci nus (Félicité Dtjcrest, comtesse de), institutrice de Louis- Philippe, moraliste et romancière, auteur de Mémoires, n. 25 jant. 1746, m.àfearïs, 1830.
t. !• L. a. s. au comte de Milly ; Saint-Leu, 8 juin 1784, 3/4 de p. in 4v; 2» Article autogr., 1 p. 3/4 in 4». — 35 fr. (N° 21?, Estrrhaiy, 1857.)
Elle est gouvernante des enfanlsde Mgr le duc d'Orléans, et elle a obtenu de son altesse qu'il vint à la campagne. C'est une grâce qu'il a obtenue et non une obligation qui lui est imposée. 11 y sera fort agréable quand il s'y plaira, et il n'y est point m cessaire... • À l'égard de votre mécontentement, il me paraît extrêmement bizarre. Vous devriez faire une réflexion bien simple, c'est que les princes et Mademoiselle ne sont plus dô petits enfants, qu'il est de mon devoir de ne les plus quitter, et qu'à l'âge qu'ils ont maintenant, il ne peut y avoir ici de table pour moi que la leur. Tous les égards que j'ai pu avoir pour toutes les personnes qui sont ici ët pour vous, Monsieur, en particulier, je les ay eus, quoiqu'il y sn ait eu beaucoup dont j'eusse pu très-simplement me dispenser, il me parait que vous aves pris pour un droit ce qui n'étoit qu*un égard... »
3. — L. aut . sig. Ducresl- Brulart, à Camille Desmoulins ; Saint-Leu, 8 juill. 1790, 1 p. pl. in-4-. — VI fr. 50 (N° 191, Lamonreus , 1855 )
Plaintes très-vives sur l'adjonction de son prétendu portrait à l'édition de ses discours sur l'éducation du Dauphin et sur l'adoption : • J'ai toujours trouvé qu'il était extrêmement ridicule d'offrir son portrait au public. • Détails piquants ;V ce sujet. Prière de vouloir bien insérer cette réclamation dans sa prochaine feuille.
4. - L. a. s. à M'Méjean ; 28 vendémiaire an IV, 2 p. pl. in-4*. - 10 fr. 50 (N- 242, Lucas de Moniigny, 1860 )
Kilo osi logée à l'Arsenal. . et elle a reçu hier rie la préfecture un imprimé qui lui enjoint dose préparer à loger un lieutrnaht-colonel auquel il faudra deux chambres meublées, une cuisine ei un» 3" chambre pour un domestique, et son appartement est compose de trois pièces... • Il faudra donc que je m'en aille (je ne sais où) pour fournir ce logement?. . Une personne qui n'a rien et qui est logée chez une autre, serait-elle fixée à ces tares?... .
5. - L a. s. au ministre ; 28 sept. 1808, 2 p. 1/2 in-4«. - 18 fr. 0h 107, <7/uiron,*t844.)
Belle lettre toute littéraire, relative à la publication des Mémoires de Dangeaudont S. M. l'Empereur a daigné accepter l'hommage ; détails curieux à ce sujet.
6. - L. aut. (au P« de Talleyrand) ; 6 avril . 1814, 4 p. pl. in-4-. - 29 fr. (N« 249, Lojarriette, 1860.)
Très-curieuse lettre, dans laquelle elle parle de son roman ûe Laure et Pétrarque, qu'elle vient de terminer. Elle demande que le manuscrit dus Mémoires de Danqeau, qu'on lui a fait enlever, lui soit rendu. Elle parle ensuite rie l'ouvrage de Châteaubriand, dont le ton n'est pas bon ; de la proclamation de Moreau. qui ne vaut rien, etc.
7. - L. aut. au P« de Talleyrand; 10 juillet 1814, 2 p. 1/2 in-4». - 25 fr. (N* 181, J. Charavay, 1853.)
Curieuse lettre relative à son histoire de Henri IV et à l'état précaire dans lequei elle se trouve « Ma situation est affreuse depuis le départ de M. le duc d'Orléans ; je n'ai eu ni pension, ni revenu, ni ressource; je n'ai vécu que d'emprunts et de choses mises en gages .. Si le roi donne des pensions à des gens de lettres, il me semble que j'y puis prétendre mieux que beaucoup d'autres, quelque modique qu'elle fût, elle me suffira, ne fût-elle que de francs... Votre décisionen ceci fera tout. Songez à ma situation et que j ai 6'J ans; daignez vous rappeler que vous m'avez permis rie vous aimer et de compter sur vos bontés, je suis sans nulle ressource... •
Une vingtaine d'autres lettres aut. sig. Prix moyen : 6 fr.
(jënnari (Benoit), dit le Jeune, célèbre peintre de l'école Bolonaise, élève du Guerchin, son oncle, dont il imitait ia manière avec une rare perfection, n'. à Gento, 1633, m. 1715.
1. - L. a s. a Son Excellence ..; Bologue, 10 juin 1664, 1 p. in-fol. — 27 fr- (N-260, Ch. »**• de Milan, 1862.)
2. - L. a. s ; Bologne, 16 sept. 1644, 1 p. in-fol. - 21 fr. (N* 260, Oh. /«"*, de Milan, 1862) ; - (T fr. (N- 269, J. Ohûravay, 1862; ; - 7 fr. (N° 279, Succi, 1863.)
3. - L. a. s ; Bologne, 10 déc. 1671, I p. in-fol. - 6 fr. (W 284, Raffaëli.
Les seules lettres que nous trouvions dans les catalogues français.
(iENOUDE (Antoine-Eugène de), publiciste et écrivain, le chef de l'école légitimiste libérale, n. à Montélimart, février 1792, m. aux îlesd'Hyères, 19 avril 1849.
Ses autographes valent de 2 à 3 fr.
GENOVESI (Antoine), célèbre philosophe et économiste italien, n. à Casliglione, près Palerme, W nov. 1712, m. à Naples, 29 sept.
1. — L. a. s.; Naples, 15 janv 1746, 2 p. pl. in-fol. — Retirée (N* 183, Laverdet, 1854.)
2. — L. a. s. au Père Moniglia, professeur à Pise ; Naples. 25 mai 1748, 2 p. in-4'. - 10 fr. (N' 260, Ch JP' , de Milan, 1862) ; - 6 fr. |H« 279, Succi, 1863. )
Il fait le plus grand éloge du nouveau livre que vient rie publier le P. Moniglia iDmertation contre le» matérialiste*:, qui rioit porter un grand coup aux incrédules, f Mon opiuiou a toujours été, dit-il, que les génies italiens surpassent de beaucoup
ceux d'au delà des monts : les Français et les Anglais seront obligés d'en convenir quand ils auront vu les nobles productions de voire esprit sur les questions de métaphysique. •
On ne trouve rien autre de lui dans les catalogues français.
gensonné (Armand), célèbre conventionnel Girondin, n. à Bordeaux, 10 août 1758, décapité à Paris le 31 oct. 1793.
t. — Pièce aut. sig., intitulée : Relations avec Dumouriez, 3 p. in S: — 21 fr. 50 rN- 110, Lalande, 1844) ; - 32 fr. IN* 154, YilUnave, 1850.)
Poursuivi par l'hypocrite ambition de quelques hommes, qui sous le masque d'une popularité usurpée, veulent établir la plus féroce domination, dont l'histoire de la perversité humaine ail pu offrir l'exempte, je dois au peuple, je me dois à moi-môme, de repoiisser une accusation dont les motifs, les moyens et le hut ne seront pas long temps un mystère ni pour la génération actuelle ni pour la postérité. • Celte note paraphée au dossier de l'interrogatoire, est aussi signée par Roycr, acc. public, Dumas
2. — h. a. s. à sa femme ; de la Conciergerie (1793), 1 p. în-8*. — 39 fr. («• 146, Laperdet, 1848) ;-23fr. 50 (N* 176, Trémont, 1852) ;- 19 fr. 192, Amant, 1855.)
Il lui demande deux chemises, un mouchoir de col et des mouchoirs de poche. « Je t'embrasse de touie mon âme. Bnvoy chercher mon iin^e sale. Deux baisers à mes entants. »
3. — Discours autographe sur le commerce. - 7 fr. 25 (N# 186, Brissot- Thivars, 1854.)
Les autographes de Gensonné sont fort rares. On trouve encore deux pièces signées de lui vendues 7 fr. 50 et 8 fr.
gentil de chavagnac (Michel-Joseph), auteur dramatique et chansonnier, collaborateur de D^saugiers, lecteur du Roi, n. à Paris, 1772, m. dans la môme ville 27 mai 1846.
Ses autographes valent, en moyenne, 2 fr.
GENTZ (Frédéric de), fameux publiciste allemand, rédacteur des manifestes de la Prusse et de l'Autriche contre Napoléon, secrétaire du congrès de Vienne, n. à Breslau, 1764, m. 9 juin 1832.
Une dizaine de lettres. En moyenne, 5 fr.
GKOFFRIN (Marie-Thérèse RoDET),une des femmes les plus célèbres dans les fastes littéraires du xvnr» siècle, n. à Paris, 1599, m. dans la môme ville, 1777. {Isographie).
1 - L aut. à M. Cramer ; Paris, 18 août 1748, 7 p. in-4% cachet. - 16 fr- (H* 141, Charon, 184/.)
2. - L.aut. à W Desfranches; 9 mars 1772. 3 p in-4». - 9 fr. 50 (W 109, Alliance des Arts, 1844) ; — 3 fr. (N° 201, /. Charavay, 1856.)
3. - L. a. s. à M. Desfrauches ; 1772, - 6 fr. (N« 186, Brissot-Thivars, 1854.)
4. — L. a. s. à M' Desfranches ; 5déc. 1775, 1 p 3/4 in-4». - 12 fr. (W290, Laverdet, 1854) ; - H0 fr. 50 (N-253, Luverdet, 1861) ; - 18 fr (N° 312, y. Charavay, 1865 )
Elle plaide chaleureusement auprès de lui la cause de M Deslandes. Lauoblesse de sou âme ne lui permsl pas de jamais se plaindre et par conséquent de faire aucune démarche pour son sort * A mon âge l'argent ne i>eul plus me procurer des plaisirs, il ne peut plus que m'épargner des peines. Or, comme se soit pour moi un sentiment douloureux de voir la compagnie ne pas manquer à .M. Deslandes ce qu'elle lui doit de reconnoissance, je prendrai sur moi de l'acquitier. *
5. - L. aut à 3T . .; Paris, 24 février. 3 p in-4\ - 9 fr.75 (N'98, E..., de Zurich, 1843) ; - 26 fr. (N* 110, Lalande, 1844.)
Lettre curieuse et amusanla sur plusieurs de ses amis, elle commence ainsi : • Vous
savez bien. Monsieur, l'histoire du bavard de la fable a qui ou avait défendu de dire qne le Roy Midas avoit des oreilles d'Ane, il Ht un trou en terre, et dit le Roi Myd.vs a dbs oreilles d'anb. Je su is le bavard, mon cher Monsieur, et vous êtes le trou, avec tous vos beaui sermons sur la modération, sur la clémence, et sur la nécessité du silence, vous gènes infiniment plus ma justice, ma raison et mon imagination que vous ne croyes. »
6. - L. ant.; Paris, 27 février, 2 p 1/2 in-4« - 12 h. (N«290, D'Hunolstein, 1864.)
Toute relative à une affaire désagréable arrivée chez elle, et dans laquelle se trouvent mêlés M. de S'-Vincent, l'abbé Durand, M"'a de La Vieuville, etc.
Quelques autres lettres, seulement autographes, de 8 à 10 fr.
[La suite au prochain numéro).
VARIÉTÉS
LES PRÉNOMS OU MARÉCHAL I> \ V< m:
On vient de découvrir un curieux autographe : les noms du maréchal d'Ancre, inconnus jusqu'ici, inscrits par lui-môme sur un exemplaire A' Euripide du seizième siècle, édition Plantin, avec cette dénomination : (Ktéma palaion). Ces noms sont : Cosme- Antoine- Baptiste Concini.
On voit aussi sur la feuille de garde de cet exemplaire, traduites en latin et écrites de la môme main, une série de sentences extraites des tragédies du poète, et semblant constituer une 3orte de décalogue de l'ambitieux, que le courtisan se proposait à lui-même.
Cette découverte intéressante en ce qu'elle restitue à l'histoire les véritables noms du maréchal el peut-être môme un coté du de son caractère, est due à M Philarète Ghasles, conservateur à la bibliothèque Mazarine et professeur au Collège de France.
Ch. Vin, maître.
iLa Liberté du 26 février 1867.)
UrVE LETTRE HU DUC DE LAVALLIÈRE A