LE PELETIER DE 8 II^JT-F ARGE AU
Requête présentée au roi, le 25 mai 1777, par le futur conventionnel, alors avocat au Châtelel de Paris. Le Pelelier était président à mortier au parlement de Paris lorsqu'il fut nommé député aux Etals-Généraux.
« Louis Michel Le Pelelier de Saint-Fargeau, a l'honneur d'exposer
3ue Sa Majesté a bien voulu lui accorder l'agrément d'un office d'avocat u Roy au Châlelet de Paris. Il ose espérer que Sa Majesté voudra bien lui faire remise du droit de vingt-quatrième denier montant à 3437 fr. 10 c, y compris les deux sols pour livres, l'évaluation de ces offices étant de 75000 fr. et à cetetîet d'ordonner qu'il sera délivré une ordonnance de comptant sur le trésor royal de la dite somme de 3437 fr. 10 c. à la décharge du trésorier des revenus casuel». »
La requête fut agréée par le roi qui mit le mol bon au bas de la pièce.
Au moment où les acteurs du Théâtre-Français répètent fJernani, il n'est pas sans intérêt de voir comment on 'appréciait cette pièce en 1830. Le chef-d'œuvre dé l'illustre maître fut en effet jugé fort diversement : le tragique allié au comique était, disait-on, du plus mauvais goût. Gustave Drouineau, un littérateur, un poète, qui n'était ni classique, ni romantique, et faisait des drames à sa manière, écrit, le 26 février 1830, à un de ses amis les lignes suivantes :
« Je te parle de prime abord d'Hermani, car c'est ici la grande nouvelle. Tu ne saurais croire combien l'intrigue s'est remuée pour grandir cet ouvrage qui a des parties très-belles, sublimes mêmes, mais tellement noyées dans un déluge de quolibets et de turlupinades qu'en vérité je crois que c'en est fait du goût des Français si ce sont là les pièces qu'il leur faut. La salle du théâtre était hier pleine d'amis et de seides avant quatre heures : on eut fait dans le parterre un mauvais parti à quiconque eut protesté énergiquement. Le succès de la pièce d'Hugo a été en définitive très-bruyant. Quoiqu'il puisse en arriver, je suis résolu à m'en tenir à mes idées. Des innovations, oui, mais du goût et du sens commun. Je ne me mettrai d'aucune école, tout esprit limitation me répugne. Suivre la marche (ascendante ou descendaute, comme tu voudras) du théâtre, m'approprier par des entreprises méditées et hardies sans extravagances ce qu il y a de bon dans ce désir de nouveautés, de choses originales, bizarres, voilà le but de mes travaux et de mes espérances. Si Françoise de Rimini ne me place pas Irès-haut dans celte échelle que je veux monter, du moins elle montrera que j'y suis et que je puis m'ele ver, c'est tout ce que je veux pour le moment. »
Gustave Drouineau n'a pas fourni une longue carrière : peu de temps après celte lettre, sa raison s'égara et il mourut à l'âge de 35 ans. Deux de ses drames, Rienzi et Françoise de Rimini, obtinrent quelque succès et valurent même à leur auteur une certaine réputation. Drouineau devint le chef d'une école qu'on appela le néo-christianisme, et qui se fondait sur le bon sens. Mais les tentatives hardies de Victor Hugo déûaient les attaques des ennemis de la nouveauté. Ses drames, qu'on peut comparer à ceux de Shakspeare, sont restés les chefs-d'œuvres du théâtre moderne, et le temps, — bientôt peut-être en aurons-nous la preuve, — n'a fait que consacrer les applaudissements qu'Hemani souleva lors de son apparition.
UIVE LETTRE l)UBD<EL-KADER
Épltre curieuse adressée au général Daumaz après sa mise eti liberté , que nous publions d'après une traduction jointe à l'original.
« Au nom du Dieu miséricordieux, clément,
« A l'ami de mon cœur, doué do jugement, au fort, à l'homme complet, au colonel Daumaz, le taiul sur vous, salut profond.
« Et après, votre lettre m'est arrivée et je m'en suis réjoui comme je me suis réjoui, comme je vous ai revu.
« Et vous m'avez dit : espère, et j'ai pris patience comme vous savez que ie le fais.
« Mon désir est que le gouvernement français ne m'oublie pas.
« Vous saluerez de ma part le maréchal Bugeaud et vous lui direz de m'être utile, parce que je n'espère pas qu'un autre que lui puisse me l'être. Et il pourra me servir decaution, si on demande de moi une caution.
« S'il vous paiait bon que je lui écrive de moi même, failes-le moi savoir en hàte'et si vous croyez qu'il vaut mieux que vous lui parliez, avertissez-moi.
« Et moi, si je savais que les Français eussent intérêt à ce que je demeurasse chez eux, je demanderais moi à rester chez eux. Mais moi je suis maintenant aux nombre des morts, et le mort n'est utile à personne.
■ Et le salut de ma part au colonel Leroux. Dites -lui de nous donner des nouvelles et de ne pas nous oublier, et Dieu vous élève
« Kt le *?alut delà part d'Abd-Ei-Kader, tils de Mahi-Eddin.
« Le huit de Ramdan. »
Le colonel Daumaz, aujourd'hui général de division, a conquis ses grades en Algérie, dont il connaît à merveille les mœurs, qu'il a retracées dans des ouvrages fort intéressants.
NOUVELLES DIVFHHKH
Le bulletin n° 149 de M' J. Charavay aîné est sous presse. On y remarque les noms suivants : Alençon (Ch. IV, duc d'); Alexandre (Noël) ; Barbes, très-curieuse épîtré ; Bellegarde (Roger de) ; Bcrri (Jean, duc de), frère de Charles V ; Borromée (S1 Charles) ; Campan (Mm«) ; Casti (J.-B.), manuscrit autographe ; Catherine de Médicis ; Chartes H, roi d'Angleterre ; CJiateaubriand ; Cobden (Richard); Comte (Auguste) ; Courbet, le célèbre peintre réaliste ; David (J.-L.) ; Derby et Disraeli, deux grands orateurs anglais ; Doré (Gustave); Duroy; Foscolo (Ugo) ; Frédéric II, roi de Prusse; Gonzague (Anne dej; Goupitleau de Montaigu, la lettre que nous avons publiée ; Henri Ut ; Henriette-Marie de France; Jacquemont (V°r) ; La fontaine (Jean de) ; La Meilteraie (le duc de), maréchal de France ; La tour d'Auvergne ; Louis XVI et sa famille, pièce signée aussi par Marie-Antoi nette, M,a* Elisabeth, Mademoiselle, fille de Louis XVI, les deux frères du roi et leurs femmes, M,n« Adélaïde et Victoire et le petit duc tVAngouléme ; Louise de Guzman, reine de Portugal ; Maine (le duc et la ï)™* du) ; Mainte non (Mm# de) ; Marie de Médicis ; Meyerbeer, très-belle lettre , Momoro ; Napoléon /er; Orléans (Charles d') ; Renan (E.) ; Richelieu Je cardinal de); Roque laure (le maréchal de); Urbain VIII ; Voltaire, 12 lettres dont quelques-unes sig. V, adressées a Tiriot ; Amijot (Jacques) ; Charlet ; Drouincau '.Gustave), curieuse ^pilre sur llernani; Proudhoa
(l\-J.)> lettre intime ; Renau d'Eliçagaray ; Spener (Ph.-J.) ; Suffren ; etc., etc.
— Dans l'excellent article sur la bibliothèque de M. Yéméniz que Mr Chaslel, de Lyon, nous a autorisé à reproduire, il s'est glissé une erreur qu'il importe de rectifier. En citant la devise de Mr Guilbert de Pixérécourt on a mis : Un livre est un ami qui ne trompe jamais, au lieu que la véritable leçon est celle-ci : Un livre est un ami qui ne change jamais. La première idée peut être fausse dans nombre de cas tandis que la seconde est et restera toujours vraie.
— Le Moniteur de V archéologue , que publie à Monlauban Mr De CoustouCoysevox, contientdàns son dernier numéro les articles suivants: Mémoire sur les grottes des enviruns de Brive par M. Philibert Lalande ; Le mont Saint-Michel par M. l'abbé J. Deschamps Du Manoir ; Les épis de V hôtel de ville de Montauban par M. l'abbé F. Pottier ; Bibliographie par M. Sylve de Saint-Henry ; Chronique par M' J.-G. Coustou.
— M. Otto August Schulz, notre honorable correspondant de Leipzig, vient de faire paraître un bulletin à prix marqués qui renferme spécialement des autographes de musiciens. Nous y avons remarqué les noms suivants : Beethoven, lettres et morceau de musique: Boieldieu; Gréti^y; Méhul; Mendelssohn-Bartholdy ; Mozart (W.-A.), 1. a. s., cotée 60 thalers ; Piccini (Nie): Rossini (G.) ; Rouget de Lisle; Tartini (Jos.) ; Weber (Gh -M. de) ; des morceaux de musique de Beethoven, Haydn, Mendelssohn, Salieri (AnL), Schubert, Weber, etc.
Ventes : Mr Beiiers, à Utrecht, doit diriger les 29 et 30 mars, une vente d'autographes. Il nous a adressé des catalogues que nous avons distribué à quelques amateurs de Paris que le genre de pièces que contenait cette vente pouvait intéresser. Nous' citerons les noms suivants qui nous ont paru dignes d'être notés: Guillaume Ier le Taciturne et Louise de Coligny, sa femme; Charles-Quint ; Elisabeth, fille de Jacques Ier ; Christine de Suède; Albe (le duc d') ; Barlœus (Gaspard); CateQ.)', Cuper (G.); Episcopius ; Evertsen (J.) ; Grotius (H.) ; Huygens (G.) ; Lipse (Juste) ; Marlborough (le duc de) ; Marnia- (Ph. de), 1. a. s., très-rare ; Oldenbarnevelt (J. de); Piccolomini (Octave) ; Rousseau (J.-J.) ; Ruiter (M. -A. de), l'illustre amiral; Sadolet (J.), lettre à Mélanchlhon ; Saumaise (Cl); Scaliger(i.) j Schurman (A.-M.), femme célèbre ; Tromp (G ) ; Vossius (1s.) ; Witt (Jean de) ; etc., etc.
^ — Le catalogue des autographes de Mf Monmerqué, membre de l'Institut, est presque terminé. La vente aura lieu dans les premiers jours du mois de mai. Nous donnerons dans notre prochain numéro quelques détails sur les pièces dont se compose cette collection.
Le Directeur-Propriétaire : Jacques CHARAVAY.
Abocville. — Inip. P. Unez.
N° 127. — b« Année
l«r Avril 18G?
»C,èPopli
PARAISSANT LES I" ET 16 DE CHAQUE fflOIS
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traat.
Leipzig : M. Otto-Âugust Schulz.
Turin : MM. Bocca frères.
Bruxelles : M. Van Trigt, 30, rue Saint- Jean.
Madrid : M. BatUy-Baillière.
Saint-Pbtbrsbouro : M. Jacques htakoff.
Moscou : MM. Gauthier.
Stockholm : MM. Samon et Wallin.
Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doivent ôtre adressées, franco, à M. Jacques CHARAVAY.rue des Grands- Auguatins, 26.
PIÈCES INÉDITES
MOXCKY.
Document Tort intéressant contenant ses états de service très-détaillés et des renseignements curieux sur une partie de la vie du futur maréchal.
Ahmkk des Pyhknéks occidentales.
Liberté
Égalité
Eclaircissements ordonnés par le Comité de salut public selon la lettre de la commission de l'organisation des armées de terre en dalle du 13 floréal, adressée au général en chef, donnés par le général de brigade provisoire commandant l'avant- garde.
Bon Adrien Jannot, dit Moncey, né en 1754 (v. s.) *, a Besançon, district idem, déparlement du Doulx, écolier au collège de Besançon, avant d'entrer au service à l'âge de 14 ans six mois.
Fils d'un père né de père et de mère dans la classe du peuple, gradué en droit, et vivant de ses revenus à la teste de sa enarue, ainsi que ses auteurs qui étaient laboureurs, mort en 1776 (v. s.)
Et d'une mère née de mè ne de père et demère dans la classe du peuple, dont le père était conseiller au ci-devant bailliage de Besançon, et ses auteurs laboureurs, morte en 1788 (v. s).
Ayant trois frères dont deux sont ainsi que luy au service de la République, éçoliers de même, avant d'entrer au service dès le plus bas âge, dont l'aisné est entré au service en qualité de cavalier dans le ci -devant
» Le 31 juillet.
régiment de Berri, ensuitle porte-étendard dans le même régiment, d'où il est passé à la formation des chevaux-légers, sous-lieutenant avec la compagnie des chevaux légers dans le 6e régiment devenu depuis la marohe cavalerie, et à la suppression de ce régiment incorporé dans le cidevant régiment de Deux-Ponts dragons, devenu pour lors chasseurs à cheval de Flandre, ensuitle quatrième régiment dont il doit être chef d'escadron ou de brigade.
Le second, ci devant prémontré et à la suppression des religieux curé assermenté de la commune de Longeville, district de Joinville, département de la Haute-Marne, où il s'est empressé par son civisme et son obéissanée aux loix d'inspirer à ses paroissiens l'amour de la révolution, de la liberté et de l'égalité, leurs preschaut surtout par son exemple les bonnes mœurs et les vertus républicaines, y. ayant démontré enfin le caractère d'un bon patriote et d'un véritable jacobin, à présent vivant dans le sein de sa famille à Besançon.
Le troisième le cadet des quatre, écolier de même, aussi entré au service dès le plus bas âge en qualité de soldat dans l'artillerie de la marine, ayant, fait les dernières campagnes dans l'Inde, et en voyage pendant près de ses huit années de service, à la fin desquels il s'est retiré en qualité de caporal par congé absolu. Procureur de la commune de son domicile, il est entré, nommé par le conseil exécutif provisoire, en 1791 ou 92 (v. s.) sous-lieutenant dans le quatrième régiment de chasseurs à cheval où sert notre frère aisné.
Ayant un beau-frère nommé Louis Sériât, accusateur public du département de la Haute-Saône, né de même dans la classe du peuple, ainsi que tous mes parents tous pour la pluspart laboureurs.
Me trouvant chés moy lors de la première assemblée primaire j'en ai été nommé le président par acclamation, ou l'illégalité ne l'ayant pas accepté, je l'ai été nommé à l'unanimité des suffrages.
En garnison; dès 1788 (v. s.) jusqu'à ce jour dans le département des Basses-Pyrénées.
Ayant épousé une femme née de même de père et de mère dans la classe du peuple ainsi que tous ses parents, fille d un ci devant procureur au parlement de Besançon, mort en 1790 (v. s.) et d'une mère morte dès son plus bas âge, de l'aquelle (sic) épouse j'ay trois enfans dont î'aisnéest né en 90 et les deux autres jumeaux en 91.
Etat exact de mes services.
Bntré au service à l'âge de 14 ans 6 mois.
Soldat au régiment ci-devant Gonty infanterie dans le courant de janvier ou février 1769, ne pouvant en dire pour le certain l'époque, vu que le congé absolu dont je suis pourvu il y est dit seulement la datte du jour qu'il a été expédié, et non celle de l'entrée, vu que j'en ai été congédié à la demande de mon père, n'ayant pas l'âge. Datte de sortie. . .
15 Août 1769.
Grenadier au ci-devant régiment de Champagne. 15 septembre 1769.
Sorti du dit régiment ayant acheté son congé pour la somme de 300 liv 17 juin 1773.
Entré dans la gendarmerie le 22 avril 1774 .
Sorti de la gendarmerie 20aoustl778.
Sous- lieutenant de dragons aux volontaires de Nassau-Siégen département de la marine 16 décembre 1778.
Sous - lieulenant au corps de Nassau -Siégeu, au département de
terre 16 août Î779.
Lieutenant en second au dit corps " . . 30 août 1782.
Lieutenant en premier au dit corps devenu corps de Montréal. . . .
1" juillet 1785.
Lieutenant en premier au dit corps devenu chasseurs cantabres. . .
10 juin 1788.
Capitaine au dit corps le l«p avril 1791 .
Chef de bataillon au dit corps devenu depuis le premier bataillon de la cinquième demi brigade d'infanterie légère, nommé chef par le choix de ses camarades d'armes du dit bataillon le 26 juin 1793.
Nommé par les représentai du peuple général de brigade provisoire le. . . . 30 pluviôse, 2e année de la république démocratique.
A fait la campagne de 1779 (v. s.), s'est trouvé à l'attaque de Jersey et à la descente des Anelais à la baye de Cancale en 1779, ne se rappellant pas des dattes, dont j ay cependant le certificat, mais qui est dans mes papiers à Bayonne.
A commandé les chasseurs de cette armée du moment de leur réunion en may 1793 (v. s.) jusqu'en aoust delà même année. A commandé l'avant garde de l'armée dès le 23 brumaire.
Le certificat du bataillon d'où je sors, délivré par le conseil d'administration du premier bataillon et de la brigade.
Copie de l'arrêté des représentans du peuple qui me nomme général de brigade provisoire.
A l'avant-garde de l'armée des Pvrénées Occidentales le n prairial, de l'an 2» de la République française démocratique.
Jannot Moncey.
Moncey lût nommé général en-chef, le 9 août 1794, maréchal de France en 1804, duc deConegliano. en 1808, et gouverneur des Invalides, en 1834. Après avoir fourni une longue et honorable carrière il mourut à Paris le 20 avril 1842.
BERMADOTTK.
Lettre, comme prince roval de Suède, adressée à Benjamin Constant sur son ouvrage intitulé : De l'esprU de conquête et de l'usu rpation dans leur rapport a vec la civilisation européenne.
Monsieur le baron Benjamin Constant, j'ai lu avec attention votre ouvrage de l'esprit de conquête et de l'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation Européenne. 11 contient d'excellentes leçons pour tous ceux que le hazaid de la fortune ou de la naissance a appelés à gouverner les peuples. Je trouve les principes que vous y avez émis aussi justes qu'utiles dans leur application, et certainement, si on les avait suivis, le bonheur et la tranquillité de l'Europe n'auraient pasété exposés aux dangers, qui depuis plus de vingt ans en ont menacé l'existence:
Je vous prie de me faire parvenir quelques exemplaires de votre livre que je veux envoyer à mon |ils et aux personnes gui l'entourent.
Le Roi m'ayant confié un certain nombre de croix de son Ordre de l'Étoile polaire, pour en décerner au mérite et aux talens, je ne saurais eu
faire un meilleur usage qu'en vous envoyant cette décoration. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur le Baron, en sa sainte et digne garde, étant •
Votre aff*
Charles Jean.
A mon quartier général de Buckebourg, le 7 février 1814.
Cette lettre fait partie de la vente du 6 mai qui renferme beaucoup de lettres adressées à Benjamin Constant.
Etienne Charavay.
LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MEMBRES DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR ALBERT BASCE et ETIENNE CHABAVAI
Ghoisy (François-Timoléon, abbé de), littérateur et historien, auteur de Mémoires, né à Paris, le 16 août 1644, mort dans la môme ville le 2 octobre 1724. Il succéda, en 1687, au duc de Saint- Aignan, nrononça son discours de réception le 25 août de la même année, et fut remplacé par Portail. (22* fauteuil.)
Cicé. V. Boisgelin.
Clèrenbault (Jules de), abbé de Saint-Taurin d'Évreux, de Lieu-Dieu en Jard, de Saint-Savin et de Chartreuve, né..., mort le 17 août 1714. Il succéda, en 1695, à Jean de Lafontaine, prononça son discours de réception le 3 juin de la môme année, et fut remplacé par l'abbé Massieu. (14- fauteuil.)
Clermont (Louis de Bourbon Condé, comte de), abbé du Bec, de Saint Germain des Près, lieutenant-général, né à Versailles le 15 juin 1709, mort le 16 juin 1771 . 11 succéda, en 1754, à Gros de Bozc, et fut remplacé par De Belloy. (32# fauteuil).
Clermont-Tonnerre (François de), évêque et comte de Noyon, pair de France, né en 1629, mort le 15 février 1701. 11 succéda, en 1694, à Barbier d'Aucourt, prononça son discours de réception le 13 décembre de la même année, rt fut remplacé par Malezieu. (3t# fauteuil.)
Coetlosquet (Jean-Gilles de), évéque Je Limoges, précepteur du duc de Berry, depuis Louis XVI, et de ses frères, né à Saint-Pol de Léon, le 15 septembre 1700, mort à l'abbaye de Saint- Victor, à Paris, le 21 mars 1784. Il succéda, en 1761, à l'abbé Sallier, prononça son discours de réception le 9 avril de la môme année, et fut remplacé par Montesquiou. (15e fauteuil.)
Coislin (Armand de Camboct, duc de), lieutenant-général, protecteur des gens de lettres, né à Paris le 1er septembre 1635, mort dans la même ville le 16 septembre 1702. Il succéda, en 1652, à Cl. de L'EsloilIr, prononça son discours de réception le premier juin de la môme année et fut remplacé par Pierre de Coislin. (24- fauteuil.)
Coislin (Pierre de Cambout, duc de), pair de France, fils aîné du précédent, né en 1664, mort le7 mai 1710. Il succéda, en 1702, àsen père, prononça son discours de réception le 11 décembre de la même année, et lut remplacé par Henri-Charles de Coislin. (24* fauteuil.)
Coislin (Henri-Charles de Cambout. duc de), évêque et priuce de Metz, premier aumônier du roi, qui légua a l'abbaye de Saint Germain desPrès la bibliothèque du chancelier Seguier, dont il avait hérité, frère du précédent, né à Paris le 15 septembre 1664, mort le 28 novembre 173?. U succéda, en 1710, à son frére, prononça son discours de réception le 25 septembre de la môme année, et fut remplacé par Surian. (24e fauteuil.)
Colardeau (Charles-Pierre), un des meilleurs poètes et auteurs dramatiques de son temps, né à Janville (Eure tt-Loir), le 12 octobre 1732, mort à Paris le 7 avril 1776. Il succéda, en 1776, auduede Saint-Aignan, mourut avant d'avoir pu prononcer son discours de réception, et fut remplacé par La Harpe. 120e fauteuil.)
Colbert [Jean-Baptiste), le grand ministre de Louis XIV, né à Reims (Marne), le 29 août 1619, mort à Paris le 6 septembre 1683. 11 succéda, en 1667, à Silhon, et fut remplacé par Jean de Lafon laine. (14* fauteuil.)
Colbeht (Jacques-Nicolas), archevêque de Rouen, fils du précédent, connu par sa tolérance envers les calvinistes, un des premiers membres de l'Académie des Inscriptions, né à Paris, en 1654, mort le 10 décembre 1707. 11 succéda, en 1678, à Jacques Esprit, prononça son discours de réception le 30 octobre de la même année, et fut remplacé par l'abbé Fraguier. (4* fauteuil.)
Golletet (Guillaume), poète et auteur dramatique, né à Paris le 12 mars 1598, mort te 11 février 1659. Membre de l'Acadéiniedès sa fondation, il fut remplacé par Gilles Boileau. (19° fauteuil )
Collin-Harleville (Jean-François s pcète et auteur dramatique, né à Maintenon (Eure et-Loir), le 30 mai 1755, mort le 24 février 1806. Il fut élu en 1795 et remplacé par Daru.
CoLotiBY (François Calvigny, sieur d(), poëte et littérateur, né à Caèu (Cal vailof), vers 1588, mort vers 1648. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Tristan lHermile. (22* fauteuil.)
Conmllac (l'abbé Etienne Bonnot de), célèbre philosophe, chef de l'école sensualiste, né à Grenoble (Isère), le 30 septembre 1714, mort dans sa terre de Flux, près Beaugency, le 3 août 1780. Il succéda, en 1768, à l'abbé d'Olive'., prononça son discours de réception le 22 décembre de la même année, et fut remplacé par le comte de Tressan. (29* fauteuil.)
Condorcet (Jean-Antoine- Nicolas de Caritat, marquis de), illustre mathématicien , philosophe et publiciste , secrétaire perpétuel de l'Académie ues Sciences, conventionnel, néàBibemont (Aisni), le 17 septembre 1743, mort empoisonné à Bourg-la Reine le 28 nars 1794. H succéda, en 1782, à Saurin, prononça son discours de réception le 21 février de la même année, et fut remplacé, en 1795, par l'abbé Villar. (39- fauteuil.)
Conrart (Valenlin), littérateur, né à Paris, en 1603, mort dans la même ville le 23 septembre 1675. Fondateur de l'Académie, il en devint le premier secrétaire-perpétuel, et fut remplacé par le président Rote. (6e fauteuil.)
Cor démo y (Geraud de), philosophe cartésien, auteur d'une Histoire de France, qui comprend les deux premières races, né à Paris dans la première partie du xvn' siècle, mort le 8 octobre 1684. Il succéd «, en 1675, à Ballesdens, prononça son discours de réception le 12 décembre de la même année, et fut remplacé par Bergeret. (8' fauteuil.)
Corneille (Pierre), le créateur de Tari dramatique en France, né à Rouen (Seine- Inférieure), le 6 juin 1606, mort à Pans le premier octobre 1684 . Il succéda, en 1647, à Maynard, prononça son discours de réception le 25 janvier de la même année, et fut remplacé par son Irère Thomas Corneille. (18e fauteuil.)
Corneille (Thomas), poète dramatique, né à Rouen (Seine-Inférieure)» le 20 août 1625, mort aux Andelys le 8 décembre 1709. 11 succéda, en 1684, à ion frère, prononça son discours de réception le 2 janvier 1685, et fut remplacé, en 1710, par Houdard deLamotte (18' fauteuil.)
Cotin (l'abbé Charles), littérateur et poète, prédicateur distingué, connu par les railleries dont l'accablèrent Molière et Boileau, nô à Paris, en 1604, mort au mois de janvier 1682. 11 succéda, en 1655, à Germain Hubert de Cerisy, prononça son discours de léceplion le 3 mai de la môme année, et fut remplace par l'abbé de Dangeau. (5# fauteuil.)
. Cousin (Louis), président à la Cour des Monnaies, historien et traducteur distingué, né à Paris le 12 août 1627. mort le 26 février 1707. Il succéda, en 1697, à Chaumor.t, prononça son discours de réception le 15 juin de la même année, et fut remplacé par Yalon de Mimeure. (7e fauteuil.)
Cousin (Victor), célèbre philosophe et écrivain, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques (1832), né à Paris, le 28 novembre 1792, mort à Cannes le 14 janvier 1867. Il succéda, le 18 novembre 18H0. au Bon Fourier, prononça son discours de réception le 5 mai 1831, et fut remplacé par 2« fauteuil.)
(La suite au prochain numéro.)
LETTRES i£ X MANUiGRITS DE SYLVAIN MARÉCHAL
Un des abonnés de l'Amateur d'autographes s'occupe depuis longtemps d'un travail approfondi sur la vie et les œuvres de Sylvain Maréchal. Nous invitons les personnes qui posséderaient des lettres, des manuscrits d'ouvrages inédits, môme de simples notes de cet écrivain remarquable, de vouloir bien nous en donner avis. On irait chez elles prendre communication de ces précieux documents, ou elles auraient l'obligeance do nous les confier pour quelques jours. Nous les en prions instamment au nom de la vérité historique, indignement outragée par les quelques biographes qui ont daigné s'occuper de Sylvain Maréchal et qui pour la plupart, soit par calcul, soit par ignorance, ont méconnu son grand et noble caractère ainsi que son mérite littéraire et philosophique.