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LES ARCHIVES COMMUNALES

L'impression des inventaires des archives communales se poursuit avec le plus grand zèle : les archivistes mettent dans leur travail toute la célérité désirable. Nous avons cru qu'il ne serait pas

sans intérêt pour nos lecteurs de donner ici la liste des villes dont les inventaires sont sous presse. La voici :

Albi.

Avignon.

Bar-sur-Seine.

Rayonne.

Beâucaire.

Boulogne- Bur-Mcr.

' Cambrai.

Dijon.

Epinal.

Grasse.

Grenoble.

Hagueneau.

Lyon.

Melz.

Orleane.

Obernai.

Onvelhan.

RambcTvMiers.

Roubaix.

Sehelestadt.

TaraFcon.

Villefranche.

Nous avons l'intention de donner successivement dos notices sur ces archives. En attendant, nous mentionnerons ce lait, a savoir que, le 11 février 1867, le conseil municipal d'Obernai (Bas-Rhin), présidé par le maire, M. Blandin, a voté un crédit de 600 fr. pour l'impression de l'inventaire des archives communales de cette ville, dressé avec le plus grand soin par M' l'abbé Gyss, qui demeure chargé de la publication. Dans un prochain numéro, nous nous étendrons plus longuement sur les documents importants qui composent ce précieux dépôt.

BIBLIOGRAPHIE

CHAMPOLLIOIV.FIGE4C, par AD. IlOCllAS; Fontainebleau, 1867, in-8.

La science a fait dernièrement une perte sensible dans la personne de M. Jacques-Josenh Champollion-Figeac, bibliothécaire du palais de Fontainebleau. On nous communique une brochure qui contient les discours prononcés sur sa tombe et une notice exacte sur lui par M. Ad. Rochas, l'auteur de la Biographie du Dauphiné.

Champollion-Figeac (Jacques-Joseph) naquit à Figeac (Lot;, le 5 octobre 1778. Frère aîné de Champollion le jeune, qui avait 12 ans de moins que lui, il fut son maître et son guide. Bibliothécaire de Grenoble, en 1808, et doyen de la faculté des lettres de cette ville, il devint, en 1828, conservateur au département des manuscrits de la bibliothèque royale, et, en 1830, professeur de paléographie à l'école des chartes. Destitué de ses fonctions en 1848, comme il l'avait été déjà une fois en 1816, le président de la république le nomma, en 1849, bibliothécaire du palais de Fontainebleau. C'est là que Champollion-Figeac est mort le 9 mai 1867, à l'âge de 89 ans.

La vie de Champollion-Figeac a été de mieux remplies: la brochure dont nous parlons contient une liste complète de ses ouvrages dressée par Mr. Rochas. L'un de ses plus beaux titres de

gloire est d'avoir formé son frère à l'élude de l'antiquité, *de lui avoir inculqué l'amour de cette vieille Egypte, dont l'histoire se perd dans la nuit des temps, et d'avoir coopéré à cette merveilleuse interprétation des hiéroglyphes qui a immortalisé a jamais le nom de Champoliion. La postérité confondra dans une môme admiration les deux frères : c'est le sentiment d'un des plus grands écrivains de notre siècle, de Chateaubriand, qui adressait à Cliampolliou-Figeac les lignes suivantes, le 15 janvier 1828 :

« Jugez, Monsieur, combien j'ai été aflligé. Je ne sais quelle fatalité votre lettre du 10 décembre dernier et celle de Mr votre frère n'ont été trouvées que ce matin, dans des papiers mis à l'écart par mon secrétaire. Je m'empresse, Monsieur, de vous ollrir mes excuses avec mes remerciements. Les admirables travaux de M. votre frère, éclairés de vos propres lumières, auront la durée des monuments qu 'il vient de nous expliquer.

« Recevez de nouveau, Monsieur, mes remerciments sincères et l'assurance de ma considération très-distinguée.

« Chateaubriand. «

Champollion-Figeàc a conservé toute sa vie un culte admirable pour la mémoire de son frère. Après la mort de ce dernier (1-832) il a mis tous ses soins à la publication des travaux que le temps n'avait pas permis à l'illustre savant défaire imprimer ou de terminer. Il eut môme à ce sujet bien des polémiques a soutenir, ce qu'il ût avec le talent d'un maître.

Champollion-Figeaca joui d'une longue carrière. Sa fin a été digne de sa vie. Nous croyons devoir reproduire ici les quelques lignes qui terminent la notice de Mr. Hochas : « Parvenu aux extrêmes limiles de la vie, a l'âge de 89 ans, Champoliion s'est éteint doucement entre les bras du dernier des fils que la mort lui eut laissé, sans douleurs, sans secousse, comme s'endort un voyageur fatigué d'un long voyage. Peu de jours auparavant il s'occupait a annoter un ouvrage sur la filiation des langues. Sa fin a été celk) d'un philosophe, comme le devait faire un homme qui avait formulé hardiment en ces termes l'une des conséquences de ses recherches sur les antiquités égyptiennes: * Or, ces deux rois, Sou- « phi et Mcnchèies, appartiennent à la -Ie dynastie des rois primi- * tifs de l'Egypte, et la supputation la plus modérée porte l'époque « de leur règne à plus de quatre mille ans avant l'ère chrétienne. « A cette époque donc, l'Egypte élevait ses pyramides, merveilles « de l'ancien et du nouveau monde ; ces pyramides sont exacle- « ment orientées ; elles renferment les témoignages irrécusables « de l'existence d'une religion nationale, du gouvernement mo- « narchique, des lois, des arts et de l'écriture, môme alphabétique, « etc. (Fourîer et Napoléon, par Champollion-Figeac, page 71.) »

La famille des Champoliion n'est pas éteinte, Dieu merci. Le vénérable savant, dont les lettres pleurent la" perte, laisse un fils, .M. Aimé Champoliion, oui, par ses excellents travaux sur l'histoire de France et par 1 impulsion que ses fonctions au ministère

rte l'intérieur lui permettent do donner à l'impression des inventaires des archives départementales, porte haut et vaillamment le nom et le drapeau de scsancôlros. Puissent les témoignages d'estime et les regrets sincères que tous les hommes lettrés ont accordé spontanément à la mémoire de son père être pour lui, au milieu de sa douleur, une douce consolation.

CHRONIQUE

Les étrangers et les touristes ne manquent jamais de visiter Versailles, ce palais enchanté qui n'a pas son pareil au monde. On aime toujours à revoir ces larges avenues, ces magnifiques jardins, où jadis Louis XIV venait chercher le plaisir et la distraction. Mais un des plus doux souvenirs est ce charmant palais de Trianon où tout ce qu'on rencontre rappelle une reine infortunée. Ne la voyez-vous pas parcourir d'un pied léger ces avenues ombragées, d'abord accompagnée d'un essaim de blondes jeunes tilles, compagnes de ses jeux et confidentes de ses pensées, et plus tard menant par la main son fils, héritier du trône, et deux autres petits enfants, dont l'un devait s'appeler Louis XVII et l'autre la duchesse d'Angoulôme? Ne la voyez-vous pas, reine par la naissance comme par la beauté, faisant les honneurs de ce palais féerique qui était pour ainsi dire sa création ? Regardez ces chalets, ces arbres, ces bosquets : c'est là qu'elle venait se reposer. Oui, tout ici est plein de son souvenir, et . si ces-arbres pouvaient parler c'est d'elle qu'ils nous entretiendraient sans doute.

Nos lecteurs savent certainement qu'on vient de créer à Trianon un musée spécialement consacré à Marie-Antoinette. Voilà son lit, ses meubles, sa pendule, tout ce dont elle avait l'habitude de se servir: la plupart des objets portent son chiffre, et tout cela a été réuni par les soins d'un comité d'amateurs éclairés qui ont tiré de leurs cabinets tout ce qui pouvait rentrer dans le musée qu'ils désiraient former. On voit plusieurs.porlraits frappants des membres de la famille royale, des objets curieux, le tour de Louis XVI, la table et la harpe de la princesse de Lamballe, puis, pour terminer, une lettre de Louis XVI, une de Marie-Antoinette, une de Madame Elisabeth, que monsieur le baron Feuillet de Conches a bien voulu distraire de sa collection pour les livrer à la curiosité si légitime du public. Tout ce que nous pourrions dire ici des objets exposés ne vaudrait pas une journée passée à Trianon, en compagnie du guide qui a été dressé par M. de Lcscure, et nous engageons vivemçnt ceux de nos lecteurs qui n'auraient pas encore été visiter ce musée à faire le voyage de Versailles, car ils en rapporteront la meilleure cl la plus douce impression qu'on puisse désirer.

Pour tous les articles non signés : Etienne CHAR A VA Y.

Abbeville. - Imp. P. Briez.

No* 135 et 136. — 6« Année

Ur et 16 Août 1867

Bureaux s rue des Grandi-Auguttlns, »C, à Paris

Sous la direction d'i j iiwi; CIIAHAVAY Flli

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