‹ L'Amateur d'autographesChapitre 146 sur 175 · FLORIAN · texte numérisé non relu

FLORIAN

Nous devons à l'obligeance de Monsieur le Marquis de Fiers la lettre suivante de Flonan, dont l'original fait partie de sa belle collection de membres de l'Académie française. Elle est adressée au duc de Penthièvre pour le féliciter sur la naissance du prince de Valois. Notons aussi, comme particulafité curieuse, qu'elle est signée Pollichinelle.

Fontainebleau, 29 octobre 1773.

Monseigneur,

Votre Altesse Sérénissime recevra une foule de compliments sur la naissance du prince de Valois. Ceux qui sentent le mieux l'expriment souvent le plus mal, et je suis dans ce cas, Monseigneur : je recommencerays mille lettres avant d'en faire une qui vous peignit toute la joye que j'ay éprouvée à cet heureux événement. J'ay eu l'honneur de servir Madame la duchesse de Chartres, elle est votre fille : que de titres pour me réjouir de ce qui fait sûrement le bonheur de vos Altesses Sérénissimes. Je n'oserais vous peindre mes sentiments si vous ne m'aviés permis, Monseigneur, de vous aimer et de vous le dire, sans manquer au profond respect que j'aurais de même pour votre auguste personne quand

1 M. Hersan, professeur de seconde de Rollin, qui abandonna successivement à son élève la chaire de rhétorique, puis celle d éloquence au collège de France.

môme vous ne sériés pas Prince du sang. C'est donc à tous les titres que j'ose vous en assurer, Monseigneur, ainsi que de L'éternelle reconnaissance avec laquelle je seray toute ma vie

De Votre Altesse Sérénissime,

Monseigneur,

Le très humble et très obéissant

POLLICHINELLE.

En tôte de la lettre on trouve cette note : « Faire passer la réponse ci-jointe : cette lettre est du petit de Florian qui a esté mon page. » Plus bas est Ja réponse écrite de la main du duc de Penthièvre; elle est ainsi conçue : a J'estais bien sur que Polichinei prendrait part à ma jove, je l'en remercie. Je désirerai toujours marquer à Polichinei Tenvie que j'ai de lui être utile. »

ROBESPIERRE (Ma xi m III en)

Lettre écrite au nom du Comité de Salut public et adressée au Comité de Sûreté générale pour lui envoyer une dénonciation contre l'administration du département de la Sarthe *.

26 Floréal Van 2.

Le Comité du Salut public, au Comité de Sûreté générale, Chers Collègues,

Nous vous envoyons une dénonciation contre l'administration du département de la Sarthe, soupçonnée de fédéralisme?, de faiblesse dans les mesures révolutionnaires, dé mauvaise conduite et de mauvaise intention dans toutes ses opérations.

Nous vous invitons à la faire arrêter sur le champ, et à prendre sur la dénonciation toutes les mesures que vous croirez nécessaires.

Les membres, etc.

Robespierre.

ALBITTE A1IVÉ

Curieuse lettre à Saliceti sur les fusillades de Lyon et le siège de Toulon -.

Commune affranchie, le 27 frimaire an second de la République. Mon cher Saliceti,

Je ne néglige rien pour augmenter en artillerie les moyens que tu as de parvenir à vaincre nos cruels ennemis et à détruire la plus infâme des villes. Je t'envoye copie d'un arrêté que mes collègues ont adopté pour multiplier tes ressources dans cette partie.

Je t'envoye également deux cents exemplaires d'une lettre aue j'écris à Dubois-Crancé pour relever une erreur grave qu'il a laissé glisser dans son compte rendu à la Convention, et pour répondre à un trait qu'il a

1 Collection de M. Albert Bance.

3 Bulletin ne 152 de la maison J. Charavay aîné.

voulu me lancer avec assez de malignité pour que j'aye songé à le détourner. Je le prierai d'en faire la distribution que tu croiras la plus convenable dans l'armée/

Tout va toujours ici de même : on démolit et l'on fusille. Collot d'Herbois est allé à Paris pour faire déterminer franchement ce que l'on doit faire de cette ville qui, je crois, ne sera jamais à la hauteur de la Révolution. Pour moi je suis malade et je soupire après quelques moments de repos.

Je t'embrasse. Salut el fraternité.

Albitte.

P. -S. Fais-moi donner de tes nouvelles et instruis-moi de la situation présente des choses.

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