LA RÉVELLIÈRE LEPEAUX
Très-curieuse lettre adressée à la « citoyen ne Bonaparte » , Joséphine Beauharnais. Elle fait partie de là collection de M. Albert Bance.
Citoyenne,
J'ai l'honneur de vous adresser Phomage des élèves de la citoyenne Mortaigne et la lettre qui Taccompagnoit, Persuadé que la vérité de l'expression est pour vous d'un bien plus grand prix que la pompe des vers ou celle de la musique et ne doutant pas qu'en peignant ce que sentent touls les vrais françois ils n'ayent rendu leur propre pensée, je me suis chargé avec bien du plaisir de vous transmettre leurs couplets.
Permettez-moi, citoyenne, de saisir cette occasion de vous dire que le général Bonaparte peut me compter au nombre de ses plus francs admirateurs et que je fais les vœux les plus sincères pour que celle à laquelle il a lié son sort soit comblée d'autant de bonheur que lui-même il est comblé de gloire.
Salut et respect,
S. M. Revelliere-Lepeaux.
Paris 1er fructidor an iv delà République
BONAPARTE (Jérôme)
Lettre du roi de Westphalie à l'impératrice Joséphine écrite la veille de la bataille de Pulstuck où les Russes furent battus. Elle nous a été communiquée par M. Albert Bance.
Au cam à Fablona, au quartier général de l'Empereur, le 24 Décembre
1806 à 7 heures du matin.
Ma chère et bien aimée petite sœur, je ne vous écris que deux mots sur mon genoux. L'Empereur se porte bien: hier je suis arrivé de Silésie et l'Empereur m'a envoyé à la première attaque avec la division du général Morand. Nous avons passé un bras du Bug que l'ennemi n'a pas défendu. Cette nuit le corps du maréchal Davoux a avancé, s'est emparé d'un village, a fait des prisonniers et pris des canons.
Les russes sont, dit-on, au nombre de 140 mille, tant mieux : nous aurons demain ou après une bonne affaire et cela finira, s'ils ne se retirent pas, ce que je crains.
S. M. est restée hier à cheval depuis 4 heures du matin jusqu'à 7 heures du sc-ir, et à minuit, entendant un fort engagements, est de nouveau montée à cheval jusqu'à 5 heures du matin ; dans ce moment elle repose. Adieu, ma bonne sœur : je vous embrasse du meilleur de mon cœur.
Jérôme Napoléon.