‹ L'Amateur d'autographesChapitre 148 sur 175 · FEMME DE JEROME BONAPARTE · texte numérisé non relu

FEMME DE JEROME BONAPARTE

Charmante épltre à l'impératrice Joséphine : elle fait partie de la collection de M. Albert Bance.

Ma chère sœur, je voulais attendre pour vous écrire que j'eusse la certitude du retour de votre Majesté à Paris mais j'ai trouvé cet intervalle trop long et je n'ai pu résister davantage au désir de vous donner de mes nouvelles et de vous en demander des vôtres. Malheusement la distance qui nous sépare ne me permets guère de les recevoir bien fraîches ni d'être au courant de votre marche. Les bruits sont contradictoires sur le retour si désiré de l'Empereur à Paris il est donc bien possible que vous changiés également de déterminatian quelque soient les lieux que vous habiliés, veuillés, ma chère sœur, m'y conserver un souvenir et une amitié qui me sont bien chers et bien précieux.

Le Roi qui vous est entièrement attaché et dévoué me charge de vous exprimer le tendre et respectueux attachement qu'il a consacré à sa sœur chérie. Il espère, ma bonne sœur, trouver toujours en vous les seotiments sur lesquels vous nous avès permis de compter et que tous deux savons si bien apprécier.

Je viens d'écrire à l'Empereur pour la fête du 15 d'Août : nous la célébrerons ici aussi bien que le local le permet mais jamais autant que nos cœurs le désireraient. Veuillés me rappeler au souvenir de la reine d'Hollande.

Je reçois à l'instant, ma chère sœur, votre lettre du 7 août : je m'empresserai de faire ce que vous désirés en vous envoyant les roses, et je me trouverai bien heureuse si en les voyant dans votre jardin vous vous rappelés celle qui vous les a donnés.

Jérôme se trouve trop heureux que vous lui permettiés de vous' embrasser, et moi, ma chère sœur, de pouvoir vous réppeler qu'on ne saurait vous être plus tendrement ni plus respectueusement attachée que

Votre dévoué sœur,

Catherine. *

Napoléonshieche, ce 13 Août 1809.

BI AI H AUWIH (Auguste de BAVIÈRE» femme

d'Eugène).

Epitre charmante adressée à son mari et où se montre tout l'amour qu'elle lui portait. Eugène Beauharnais était alors à Paris à cause du divorcé de sa mère avec l'Empereur iNapoléon.

Milan, le 22 Décembre 1809.

Je n'ai pu attendre plus longtemps et j'ai écrit a l'Impératrice pour lui faire connaître mes sentiments, mais je trouve que ma lettre les exprime bien mal. Ainsi je te prie, mon ami, d'en être un meilleur interprète et assure-la bien si cela se peut que je l'aime comme si j'étais sa propre fille.

Ton discours 1 m'a fait verser des larmes, mais des larmes bien douces puisqu'il exprime tes nobtes sentiments et qu'il fait connoitre à l'Europe ta belle âme. N'ai-je pas le droit d'être fière d'élre ion épouse?

J'ai cr» de mon devoir d'écrire pour le jour de l'an à s. M. l'Empereur. La lettre ne parle que de mes vœux.

Crois-moi, mon cher Eugène, je suis bien raisonnable et calme ; quoique cela m'ait été fort pénible je n'ai pas discontinué de voir du monde. ]œ tems est beau : aussi me suis- je promenée ce matin. Joséphine se porte bien ; Eugène est un peu enrhumée ; elle fait encore des dents, mais comme tu ne reviens pas de sitôt j'espère qu'elle sera rétablie.

Adieu, mon bien-aimé et tendre époux. Quoique mon cœur est depuis longtemps à toi j'espère que tu ne seras pas fâché que je t'en réitère la donation. Je t'embrasse tendrement.

Ta. fidèle épouse,

Auguste.

Je dis mille choses à ta sœur.

Cette lettre fait partie de notre Bulletin n° 152.

BEAUH4RNA18 (Hortente).

Très-jolie lettre adressée à la duchesse de Raguse. 1 Elle y parle de la mort de madame Gampan sous qui elle avait fait ses études» et de la confirmation de son iils, depuis Napoléon 111.

Ma chère duchesse, je conçois votre contrariété après avoir tout arrangé si bien. Enfin je suis habituée à perdre et sans mes pauvres enfants je m'en inquiéterais moins ; mais la conduite de tout le monde m'étonne. Ces messieurs veulent tout garder pour eux ; celui qui est ici voulait se rendre officieux, mais l'autre, de quoi se mêle-t-il? il ne pouvait rieû en savoir : mais accorde-t-on un petit bout de confiance, que la suffisance veut avoir l'air de tout savoir. Je vous remercie bien toujours de toute la peine. Je vais voir ce que M. Darnay pourra faire ; mais je n'ai plus grand espoir, je ne sais guère disputer pour des choses d'intérêt et il est t o ii] o urs Tacite de l'emporter sur une femme qui n'a ni moyen ni défenseur et qui ne veut pas d'esclandre. Mille amitiés, mille remerciements, je suis bien touchée de tout ce que vous avez désiré faire. Je voulais acheter une terre ici ; je crois qu'il faut y renoncer, mais je ne renonce pas à la tendre amitié que je vous ai vouée. Mille choses à Louise ; je lui écrirai bientôt. J'ai été bien affligée de la mort de Mmc Campan : c'était uu cœur à moi et on ne les perd pas sans chagrin. Eugène vous dit mille choses : il a été hier le parai n de mon fils dans une cérémonie très-belle à la cathédrale. Ce cher enfant a été confirmé et son oncle qui est la complaisance môme et qui n'aime pas beaucoup les cérémonies a passé

» C'est celui que le Prince prononça le jour où le divorce fut sanctionné par un sénatus consulte.

' Bulletin n* 1S2 de la maison J. Charavay aîné.

Bar dessus tout cela pour nous faire plaisir ; il est reparti de suite pour [unich. Adieu, ma chère duchesse, je vous embrasse : ma belle allemande se marie ce soir ; elle sera superbe et son baron est enchanté. Ce lundi de Pâques.

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