HORTENSE
JACQUARD (J.-Cl.).
Très-curieuse pièce toute relative au métier qui porte son nom et dont l'invention est son plus beau titre de gloire. Elle fait partie de notre Bulletin n° 152.
Aux termes de l'ordonnance de Sa Majesté en date du 9 avril dernier, les artistes qui pensent avoir des droits a la munilicence royale, doivent établir les services qu'ils croyent avoir rendus, depuis le 1er janvier 1809, sans remonter à une époque antérieure. Ainsi je passerai sous silence les découvertes que j'ai eu le bonheur de faire pour la prospériié des manufactures lyonnaises, depuis que je m'occupede mécanique jusqu'au 1 "janvier 1809. On saitqu'eni'an 9 j'étais au Conservatoire des arts de la capitale, et que pendant le séjour que je tis dans cet établissement, il me fut accordé plusieurs prix et plusieurs brevets d'invention. Les travaux qui nVont mérité ces récompenses sont trop connus pour que j'aye à craindre qu'on les confonde avec ceux sur lesquels sont établis mes titres au bénéfice de l'ordonnance de Sa Majesté. Je ne ranpelerai pas la circonstance qui me rendit à ma ville natale : Messieurs les membres du jury n'ignorent
Sas que M. le comte Chaptal, alors ministre de l'intérieur, et M. le baron e Gérando, secrétaire général de ce ministère, m'engagèrent à vouer mes veilles à la prospérité des manufactures de Lyon ; ils savent que par un décret daté ae Berlin, le 27 octobre 1806, l'administration municipale de Lyon fut autorisée à traiter avec moi pour lacession de tous mes droits d'invention et de perfectionnement sur les machines que j'avais produits avant le traité. Hue pension modique me fut accordée et je renonçai à exploiter pour mon propre compte des procédés dans l'exécution desquels d'autres personnes eussent trouvé peut être une immense fortune.
En me vouant aux fabriques de Lyon, j'ai dirigé vers les machines qu'elles employent tous les efforts de mon zèle et les ressources de mon talent, abandonnant ainsi des projets et des places de mécaniques appliquées à d'autres objets qui auraient pu avoir pour moi des résultats honorables et lucratifs.
C'est en l'année 1809 que j'ai commencé l'étude difficile et compliquée de toutes les différentes espèces de tissus. J'ai reconnu qu'ils avaient tous le môme principe et je l'ai prouvé, en les faisant tous exécuter par une seule machine. Au moyen de cet le mécanique qui porte mon nom, on n'a plus besoin de cette quantité d'outils, de tous ces accessoires discordans, sujets à se déranger à chaque instant, qui rendaient le travail dur et pénible ; on a supprimé ce grand nombre de marches qui estropiaient les ouvrier* et leur déformaient les jambes surtout dans la passementerie, une seule pédale, le tireur de lacs et une infinité de cordages qui occasionnaient une grande perte de temps, toutes les fois que l'on voulait renouveller un dessin, ou changer la disposition de l'étoffe. En effet, pour opérer ce changement, il fallait préparer des cordes dispendieuses afin de remplacer les mauvaises et en augmenter le nombre ; il fallait
avoir une quantité considérable de lisses, de fonds, de rabas, de liages, de ligatures, etc.
Il fallait appeler, pour préparer le métier, des personnes étrangères à l'atelier tel que l'appareilleuse, la remeteuse, la liseuse de dessin, la fileuse de lacs, et souvent le monteur de métier ; tous ces ouvriers que l'on nourrissait et payait grassement se faisaient attendre souvent, étant occupés ailleurs. Il en résultait pour le chef d'î.telier un grand détriment parce que dans ces intervalles l'ouvrier et le tireur dont le métier était dérangé restaient sans rien faire.
La machine que j'ai créée est simple, ne coûte point d'entretien, ne demande qu'à être tenue propre, à l'abri de la rouille et de la poussière. Tous les cordages étant supprimés, ainsi que les lisses, les marches et le tireur de lacs, l'ouvrier ne perd plus de temps pour monter son métier, on lui donne le dessin tout lu, il n'a qu'à le jeter sur le carré de sa mécanique, il se met sur le champ à l'ouvrage et son travail qui était autrefois si pénible est maintenant si léger qu'il peut être exécuté par des femmes, aussi en voit-on un très-grand nombre dans les ateliers au moment actuel, tandis qu'il n'y en avait presque pas avant l'invention de ma machine. Ce n'est pas tout : l'étoffe se fait avec célérité et perfection, les dessins se découpent par fit de sa chaîne et les découpures sont imperceptibles et fondues comme dans la peinture, les fautes des tissages sont faciles à réparer ; des trous manqués l'un pour l'autre ne s'aperçoivent pas, ce n'est pas comme dans les anciens métiers, où une corde tassée, dépassée, ou mal passée, ou simple, au rame, ouauxarcades, donnait lieu à des fautes graves qui s'étendaient le long du dessin, et que l'on réparaitdifficilement. La fabrication n'est pas Feulement plus correcte,elle est aussi plus expéditive. Voilà pourquoi telle étoffe qui coûtait jadis de façon 3 francs l'aune, ne coûtent qtfe 18 à 20 sols ; encore les matières premières sont-elles au moment actuel moin» avantageuses à l'ouvrier qu'autrefois.
Au reste les procédés que j'ai inventés ont été adoptés dans la plupart des manufactures et cela seul ne prouve- t-il pas suffisamment leur utilité.
Pour faire jouir mes fabriques de tous les avantages de ma machine, j'ai fait, sans le secours de personne, les frais des épreuves et des échantillons de tissus qui étaient inconnus ou qu'on ne fesait pas à Lyon, tels que les tapis de pied, les tapis pour meubles, les Gobelins, les étoffes de • crin a grands dessins, les mousselines façonnées, brochées, nuancées et à jour, les étoffes en laine, les toiles damassées, les galons en dorure et en soie, enfin les rubans façonnés, et je me suis joint à Messieurs les fabricans pour faire des étoffes de soie dans tous les genres.
Tandis que je me livrais aux recherches les plus abstraites et que je calculais les forces de leviers et la résistance des frottements, tandis que je créais mes plans et que je traçais mes pièces, les ouvriers que j'étais forcé d'employer mettaient à exécution pour leur propre compte les modèles que je leur fournissais ; ils devenaient plus riches et je suis resté dans ma très- modique fortune, je ne m'en plains pas, il me suffit d'avoir été utile à mes concitoyens et d'avoir mérité quelque part à leur estime.
En outre de la machine qui porte mon nom j'en ai inventé quelques autres telles que celle qui peut servir à couper les cartons pour lire les dessins et les piqués, d'autres au moyen desquelles on peut couper et percer correctement, etc.
J'en ai inventé qui, ne servant que pour les couteliers et pour les imprimeurs, ne sont pas d'un intérêt général et dont je ne parlerai pas.
Je termine cette courte notice par l'expression de mes vœux pour la
prospérité commerciale et manufacturière de ma patrie, heureux d'y avoir contribué de tous mes moyens sans aucun vœu de fortune. J'arrive à une vieillesse qu'ont avancé des chagrinset des tracasseries sans ralentir mon zole ni refroidir mon patriotisme.
J.-G. Jacquard.
MYSTÈRE AUTOGRAPHIQUK
Les visiteurs qu'attire le nouveau Musée des Archivée de l'Empire s'arrêtent avec une prédilection toute particulière dans les dernières salles> quoique non encore terminées, qui renferment les documents relatifs au xvm* siècle, à rEmjrire, à la Restauration et au Gouvernement constitutionnel. Le simple curieux y retrouve, sans effort d'érudition ni de connaissances paléographiques, des noms familiers, des écritures facilement déchiffrables; l'amateur d'autographes y rencontre des renseignements utiles, de précieuses et authentiques pièces de comparaison. Certes, en voyant toutes ces richesses, on ne soupçonnerait pas les ravages qu'y ont faits, les lacunes qu'y ont laissées et le vandalisme révolutionnaire sur lequel M. le marquis de Laborde a donné de si curieux détails dans son livre : Dès Archives de la France pendant la révolution, et l'incurie, le laisser-aller des administrations postérieures, lesquelles, au dire de quelques-uns, auraient été à peine moins désastreuses pour la plupart de nos dépôts publics. Certes il y a de l'exagération dans ce dernier jugement, mais on doit convenir qu'il serait singulièrement corroboré par des faits du genre de celui dont nous allons parler, si toutefois l'authenticité en était démontrée. Ce fait, articulé dans une publication anglaise, nous est revenu à la mémoire au moment où nous parcourions les salles de l'ancien hôtel Soubise consacrées aux documents modernes dont nous venons de parler. Les circonstances singulières dans lesquelles il se serait produit pourront intéresser les lecteurs de ce recueil, et surtout leur exposé pourra provoquer, de la part de l'administration intéressée, des rectifications auxquelles nous serons heureux pour notre compte d'avoir donné lieu.
En 1832 parut à Londres Une publication intitulée: Mirabeau* s Letters during his résidence itï England, now first transtated from the original manuscripts, published by Effingham Wilson, 2 vol. in-12. Quel en fut l'éditeur? nous ne savons. Seulement il résulte de nos recherches que la Notice sur Mirabeau qui est en tête du premier volume a pour auteur M. Marrai, directeur d'une revue alors en vogue, la Belle Assemblée. Une courte notice qui précède la reproduction dans le Monthly Magazine de lettres de Marat et de Beaumarchais, provenant de la môme source, est signée des initiales W. J. Quoiqu'il en soit, voici ce qu'on lit dans la préface des deux volumes que nous venons d'indiquer. Nous traduisons littéralement, nous bornant à supprimer quelques passages indifférents pour la question qui nous occupe.
« Plus do quarante ans s'étant écoulés depuis la mort de Mira* beau, il peut paraître extraordinaire que ces lettres soient mises en lumière aujourd'hui pour la première fois. Voici en peu de mots pourquoi elles ont dormi si longtemps.
« En 1806, le traducteur résidait à Bruxelles. C'était alors la grande mode, surtout parmi les dames, de faire des collections d'autographes. Une amie intime du traducteur, Mrae de Bathe *, pria h\m* Guilleminot, la belle-sœur du général Guilleminot actuel, de l'aider à former sa collection. En conséquence son mari s'adressa à Tune des sœurs de Napoléou ; cette princesse transmit la demande à Cambacérès, chancelier de. l'Empire ; et, sous sa direction \ le Garde des Archives reçut ordre d'envoyer à Bruxelles autant <lr pièces autographes qu'il pouvait en avoir à sa disposition 3.
« Deux à trois mille lettres, écrites par les hommes qui avaient marqué dans la révolution, furent en conséquence expédiées. Le traducteur était présent à leur arrivée. Mme de Bathe le pria de mettre à part celles qui lui paraîtraient les plus intéressantes. Ce choix fait, il fut autorisé à prendre copie d'autant de pièces qu'il lui plairait, et aussi de soumettre les originaux à l'inspection de plusieurs de ses amis.
« Les lettres de Mirabeau qui forment la matière de cette publication ne sont qu'une partie de celles qu'il a transcrites. Des autres, au nombre de plusieurs centaines, il a composé deux volumes, maintenant en préparation *, et qui ne le cèdent point en intérêt à ceux-ci. Le Monthly Magazine en a donné quelques spécimens signés de Marat, de Beaumarchais, etc. K
« Les lettres envoyées à Bruxelles avaient été écrites principalement dans l'année 1783, à l'époque de la paix, et en 1793. Beaucoup dentr'elles avaient passé par le bureau noir, et les inspecteurs chargés de les ouvrir, puis delesexpédier à leurs destinations respectives, avaient négligé de se conformer à cette dernière partie de leurs instructions, ou bien les lettres avaient été saisies aux domiciles des individus arrêtés dans le cours de la révolution.
Beaucoup des lettres de Mirabeau, données ici, étaient de sa propre main. Quelques-unes avaient été copiées par Adam qui succéda à Hardy dans l'emploi de son secrétaire. On ne sait à qui elles étaient adressées; car, comme elles avaient été réunies par Mirabeau ou par Adam, et en partie arrangées avec la pensée de les publier, les enveloppes avaient été détruites, ou, dans un grand
1 Tout ce que nous apprend l'auteur anglais sur celte dame, c'est qu'elle était sœur de sir James de Bathe. baronnet, et qu'elle jouissait du titre de comtesse, comme chanointsse de Halte.
* Il serait peut être plus exact de traduire : d'après ses instructions.
' « To forward as many autograph letters as might be at bis disposai to Brusscls. »
4 H ne paraît pas que ces volumes aient vu le jour.
4 Monthly Magazine n« de mai et d'août 1832, pp. 158 et 500. L'une des lettres de Marat renferme des remarques sur l'incertitude des signes de la mort. Une autre, de Beaumarchais, au duc d'Arcmberg, contient le récit d'une visite à l'excentrique comte de Lauraguais.
nombre de cas, n'avaient jamais existé, les lettres ayant été envoyées par la voie d'un intermédiaire, ou en paquets, selon la convenance de leur auteur
« Si ces documents ne portaient pas en eux-mêmes des preuves plus que suffisantes de leur authenticité, le traducteur pourrait produire à l'appui le témoignage de ses amis, le général Murray, l'amiral S. Miller, le baron Beytz, M. Charles Greenwood, l'honorable M. Dillon, etc., et celui du prince d'Aremberg, ami intime de Mirabeau, qui a en sa possession un nombre considérable de manuscrits originaux et inédits, productions de cet homme extraordinaire. »
A coup sûr, voilà des détails circonstanciés et des garants respectables. Faut-il voir dans ce récit minutieux une ruse d'éditeur qui mettrait en avant des circonstances imaginaires, des noms vrais ou supposés pour abuser les lecteurs anglais sur la fausseté d'une correspondance apocryphe. Nous ne le pensons pas. Les lettres, en général inédites, que renferment les deux volumes de Londres, nous paraissent concorder par les faits, par les dates, par les idées, et, autant qu'on en peut juger à Iravers une traduction, par le style, avec tout ce qu'on connaît de Mirabeau. Plusieurs passages reproduisent le fond et quelquefois môme la forme de certains fragments de sa Correspondance avec Chamforl, publiée à Paris, 1796, in-8°.
Mais alors que penser du procédé commode de cette grande dame pour former une collection d'autographes, de ce concours complaisant d'une princesse, d'un grand dignitaire de l'Empire et enfin du chef d'un établissement public (notez que c'était alors le rigide républicain Daunou), qui envoie au dehors, et, à ce qu'il semble, sans esprit de retour, deux ou trois mille des pièces confiées à sa garde, pour servir à un semblable usage ?
Espérons que ce mystère seraéclairci d'une manière satisfaisante.
LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MEMBRES DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR ALBKBT BAICE et ETIENNE IHABAVAf
Molé (Louis-Mathieu, comte), homme d'Élat, auteur d'Essais de morale et de politique, né à Paris le 24 janvier 1781, mort au château de Cbarnplàtreux le 23 novembre 1855. Il succéda, le 21 février 1840, à M. de Quélen, archevêque de Paris, prononça son discours de réception le 30 décembre de la môme année, et fut remplacé par M. le comte de Falloux.
Moncrif (François-Augustin Pahadis de), poète, chansonnier et auteur dramatique, né a Paris, en 1687, mort dans la même ville le 19 novem-
bre 1770. Il succéda, en 1733, à l'abbé de Caumartin, prononça son discours de réception le 29 décembre de la même année, etfutremplacé par Roquelaure. (35e fauteuil.}
Mongin (Edme), abbé de Saint-Martin d'Autun, évêquede Bazas, prédicateur distingué, né à Boroville (Haute-Marne), le 21 janvier 1668, mort à Bazas le 6 mai 1746. Il succéda, en 1708, à l'abbé Gallois, prononça son discours de réceptiou le 1« mars de la même année, et fut remplacé par De La Ville. (16e fauteuil.)
Montalembert (Charles-Porbes, comte de), historien et homme politique, né à Londres le 29 mai 1810. 11 fut élu, en 185 1, en remplacement de Droz, et prononça son discours de réception le 5 février 1852. (20e fauteuil.)
Montazet (Antoine de Malvin de), évêqued Autun, puiB archevêque de Lyou, né au château de Quissac (Lot-et-Garonne), mort à Lyon le 3 mai 1788. 11 succéda, en 1757, au duc de La Trémoille, prononça son discours de réception le 14 mars de la môme année, et fut remplacé par le chevalier de Boufflers. (9e fauteuil.)
Montereul (Jean de), diplomate, secrétaire du prince de Gonli, né à Paris,en 1613, raortdanslamême ville le 27 avril 1651. Il succéda, en 1649, à Sirmond, et fut remplacé par l'abbé François Tallemant. (15* fauteuil.)
Montesquieu (Charles de Secondât, baron de LaBrèue et de}, l'illustre auteur de ['Esprit des lois. Dé au château de La Brède (Gironde), le 18 janvier 1689, mort à Paris le 10 lévrier 1755. Il succéda, en 1728, à L. de Sacy, prononça sou discours de réception le 24 janvier de la môme année, et fut remplacé par Châleaubrun. (6* fauteuil.)
Montesqmou-Fézensac (Anne-Pierre, marquis de), général et homme politique, qui conquit la Savoie, en 1792, né à Paris le 17 octobre 1739, mort dans la môme ville le 30 décembre 1798. 11 succéda, en 1784, à Coetlosquet, prononça son discours de réception le 15 juin de la même année, et fut remplacé par Arnault. (15e fauteuil >
Montesquiou-Fézensac (François-Xavier-Marc-Antoine, abbé de), député aux Etats-Généraux, ministre de Louis XVIII, né au château de Massan (Gers), le 3 août 1755, mort au château de Girey (Aube), le 5 février 1832. 11 fut élu par ordonnance royale du 21 mars 1816 et fut remplacé par iay.
Montgault (Nicolas-Hubert, abbé), érudit et traducteur, membre de l'Académie des Inscriptions, né à Paris le 6 octobre 1674, mort dans la même ville le 11 août 1746. Il succéda, en 1718, a Abeille, prononça son discours de réception le 31 décembre de la même anuée, et fut remplacé par Duclos (25e fauteuil.)
Montigny (Jean de), évêque de Léon, littérateur et poète, né en Bretagne en 1637, mort à Vitré le 28 septembre 1671. Il succéda, en 1670, à Gilles Boileau, prononça son discours de réception au mois de janvier de la même année, et fut remplacé par Ch. Perrault. (19© fauteuil.)
Montmor. V. Habert.
Montmorency (Mathieu-Jean- Félicité de Montmorency-Laval, vicomte, puis duc de), député aux Etats- Généraux, ministre de Louis XVJI1, ami de Mme de Staël et de Mme Récamier, né à Paris le 10 juillet 1766, mort dans la même ville le 24 mars 1826. Il succéda, en 1825, à Bigot de Préamaneu, prononça son discours de réception le 9 février 1826, et fut remplacé par Alex. Guiraud.
Morellet tAndréj, littérateur et économiste» né à Lyon (Rhône), le 7 mars 1727, mortàParis le 12 janvier 1819. Il succéda, en 1T85, à l'abbé Millot, prononça son discours de réception le 16 juin de la môme année, el fut remplacé par Umoutey. (2* fauteuil.'»
Morville (Charles -Jean-Baptiste Fleuriau, comte de), diplomate, ministre de la marine et des affaires étrangères, né à Paris le 30 octobre 1686, mort à Versailles le 2 février 1732. Il succéda, en 1723, à l'abbé de Dangeau, prononça son discours de réception le 22 juin de la môme année, et fut remplacé par l'abbé Terra?son.(5« fauteuil.)
Musset (Louis Charles- Alfred de), un des meilleurs poètes de notre siècle, né à Paris le 11 novembre 1810, mort dans la môme ville le 1" mai 1857. Il succéda, le 12 lévrier 1852, à Dupaty, prononça son discours de réception le 27 mai suivant, et lut remplacé par Y. deLaprade.
Naigeon (Jacques-André), écrivain et philosophe, ardent propagateur des doctrines matérialiste?, né à Paris ou à Dijon, en 1738, mort à Paris le 28 février 1810. 11 fut élu membredc l'Institut en 1795, et remplacé par Népomucène Lemercier.
Nesmonu (Henri de), évéque deMontauban, archevêque d'Albi, puis de Tou'ouse, éloquent prédicateur, surnommé par Louis XIV le plus beau parleur de son royaume, né a Bordeaux Gironde), le 27 jauvier 16\5, mort à Toulouse le 27 mai 1727. Il succéda, en 1710, à Fléchier, prononça son discours de réception le 30 juin de la même année, et fut remplacé par Araelot. (1er fauteuil )
Nicolai (Aimar Charles-Marie de), premier président de la Chambre des Comptes, chancelier des ordres du roi, né à Paris te 14 août 1747, décapité à Paris le 7 juillet 1794. Il succéda, en 1789, à Chastellux, prononça son discours de réception le 12 mars de la môme année, et fut remplacé par... (6« fauteuil).
N isard (Jéan-Marie-Napoléon-Désiré), écrivain et littérateur, né à Chalillon-sur-Seine (Côte-d'Or), le 20 mars 1806. Il fut élu, en 1850, en remplacement de Félelz, et prononça son discours de réception le 22 mai
NrvERNOis (Louis-Jules-Barbon Mancini Mazarini, duc de), poëte, traducteur, homme d'Etat, né à Paris le 16 décembre 1716, mort dans la même ville le 25 février 1798. Il succéda, en 1743, à Massillon, prououça sou discours de réception le 4 février de la même année, et fut remplacé par G. Legouvé. (10e fauteuil).
Noailles (Paul, duc de), historien de Madame de Maintenon, né à Paris le 4 janvier 1802. 11 fut élu le 11 janvier 1849, en remplacement de Chateaubriand, et prononça son discours de réception le 6 décembre suivant.
Nodier (Charles), conteur et littérateur, né à Besançon {Doubs), le 29 avril 1780, mort à Paris le 27 janvier 1844. Il succéda, en 1833, à Laya, prononça son discours de réception le 26 décembre de la môme année, et fut reufplacé par M. Mérimée. (2i« fauteuil.)
Ouvet (Pierre -Joseph Thoulier, abbé d'), un des plus savauts érudits de sou temps, né à Salins le 1er avril 1082, mort à Paris le 8 octobre 1768. Il succéda, le 20 juillet 1723, à Jean de La Chapelle, prononça son discoure de réception le 25 novembre suivant, et fut remplacé par Condillac. (29e fauteuil.)
Parny (Evariste -Désiré de Forces, chevalier, puis vicomte de), célèbre
poëtî érotique, auteur de La guerre des dieux, né à l'ile Bourbon io 6 février 1753, mort à Paris le 5 décembre 1814. Il succéda, en 1803, à De* vaines, prononça son discours de réception le 26* décembre de la môme année, et fut remplacé par De Jouy.
Parseval-Grandmaison (Francois-Augusle), poète, né à Paris le 7 mai 1759, mort dans la même ville le 7 décembre 1834. Il succéda, le 16 janvier 1811, à Fariau de Saint-Ange, prononça son discours de réception le 10 avril suivant, et fut remplacé par le comte de Salvandy.
Pasquier (Etienne-Denis, duc), homme d'État, chancelier de France, né à Paris le 22 avril 1767, mort dans la mêm« ville le 5 juillet 1862. Il succéda, le 27 février 1842, à Frayssinous, prononça son discours de réception le 8 décembre suivant, et fut remplacé par M. Dufaure.
Pastoret (Claude-Emmanuel- Joseph -Pierre, comte, puis marquis de), député à l'Assemblée législative, minisire de Louis XviH, chancelier de France, écrivain et historien, membre de l'Académie des Inscriptions 11785), né à Marseille (B. du Rhône), le 25 octobre 1756, mort à Paris le 28 septembre 1840. Il succéda, en 1820, à Volnev, prononça son discours de réception le 24 août de la même année, et fut remplacé par M. de Sainle-Aulaire.
Patin (Henri-Joseph -Guillaume), écrivain et traducteur, doyen de la Faculté des lettres de Paris, né à Paris le 21 août 1793. Il fut élu le 4 mai 1842 en remplacement de Roger, et prononça son discours de réception le 5 janvier 1843. (16« fauteuil.)
Patru (Olivier), célèbre avocat, né à Paris en 1604, mort dans la même ville le 16 janvier 1681. Il succéda, en 1640, à Porchères d'Arnaud, prononça son discours de réception le 3 septembre de la môme année, et fut remplacé par Potier de Novion. (25e fauteuil.)
Paulmy. V. Argenson.
Pavillon (Etienne), poëte et littérateur, membre de l'Académie des Inscriptions, né à Paris en 1632, mort dans la même ville le 10 janvier 1705. Il succéda, en 1691, à Benserade, prononça sou discours de réception lo 17 décembre de la même année, et fut remplacé par Brulart de Sillery. (3- fauteuil.)
Pellisson (Paul), littérateur, historien de l'Académie française depuis sa fondation jusqu'en 1652. né à Béziers (Hérault), le 30 octobre 1624, mort à Paris le 7 février 1693. 11 succéda, en 1653, à Laugier de Porchères, prononça sou discours de réception le 17 novembre de la môme aunée, et fut remplacé par Fénélon. (32e fauteuil.)
vêqi mort
placé paf Fr. de flàrlay. (33e fauteuil.)
Perrault (Charles), écrivain, l'inimitable auteur de» Contes, néè Paris le 12 janvier 1628, mort dans la même ville le 16 mai 1703. il succéda, en 1671, à F. de Montigny, prononça son discours de réception le 23 novembre de la môme année, et fut remplacé par Je cardinal de Rohan. (19e fauteuil.)
Perrot D'Ablancourt (Nicolas), traducteur, né à Chalons-sur-Marne, le 5 avril 1606, inort à Paris le 1/ novembre 1664. 11 succéda^ en 1637, à Ha y Du Chastelet, et fut remplacé par BuaBy-ftabutin. (12e fauteuil.)
Picard (Louis-Benoit), auteur dramatique, né à Paris le 28 juillet 1769, mort dans la môme ville le 31 décembre 1828. 11 succéda, en 1807, à Dureau de La Malle, prononça son discours de réception le 24 novembre de la même année, et fut remplacé, par Arnault. (17e fauteuil )
(La suite au prochain numéro.)
(GRàcOURT-GMFPET)
grégourt (Jeah-Baptiste-Joseph Villaut de), chanoine de l'église de Saint-Martin de Tours, conteur et poète grivois, n. a Tours (Indre-et-Loire), 1683, m. dans la môme ville le 2 avril 1743.
1. — L. a. s. (à Mr Hérault) ; Tours, 1" janvier 1738, 2 p. pl. in-4* - 13 fr. (Na 63, Monmerqué, 1837.) ; 6 fr. 05 (N° 81, Pixérécourt, 1840) ; 15 fr. 50 (N*. 106, De Soleinne, 1844) ; (N° 213, Potier, 1857.) ; 40 fr. (N- 312. J. Charavay, 1865 )
Tout intrigué, tout déconfit, tout tremblant, il ose lui mener par la main une troupe timide de vœux qu'il vient de former pour lai au renouvellement de l'année. • La crainte que vous ne leur Tassiez pas uno trop bonne réception vieut de ce que M. Déon m'a mandé que vous estiez fâché contre moy. au sujet d'une prétendue colère que j'ay iouce pendant quelques minutes, à l'égard de M. Langlade, par la seule curiosité de l'obliger à avouer ce qu'il a voit toujours nié... *
2. — Le P.. et le balcon, fable en vers aut., 1 p. pl. in-4°. — 6 fr. 75 (N° 148, Capelle, 1849) ; 8 fr. 75 (N« 176, Trémont, 1852.)
Un P ... de son talent sonore
Vante l'éclat précipité . ,
Au balcon qui dit qu'on abhore
Ce bruit qui cause sa fierté ;
3. — L'Eléphant et le petit animât immonde, fable en vers, aut. sig. Gr. : 1 p. pl. in-4«. - 7 fr. (S- 183, Laverdet, 1854) ; Il fr. (N* 201, J. Gharavay, 1856) ; 20 fr. (W 254, Laverdet, 1861.)
4. — Hondeau pour Zélie, petite chienne de M9 F. .. pièce de vers autofrr., 1 p. in-4«. - Retirée (N« 191, Lamoureus, 1855.)
Cette pièce était inédite, dit le catalogue.
Nous ne trouvons rien autre de Grécourl dans les catalogues. Comme on le voit, il n'a passé dans les ventes qu'une seule lettre autographe signée.
Grégoire xiii (Hugues Buoncompagni), pape, successeur de Pie V (14 mai 1572), réformateur du calendrier, qui a pris son nom, n. à Bologne, 7 février 1502, m. 10 avril 1585. (Jsogftiphie).
1. — L. a. 8., en latin, au roi Charles IX ; Rome, i" nov. 1572, 1 p. in-fol., cacbet. - 7Sfr. 50 (N- 99, Dolomieu, 1843.)
2. - P. sig. Fiat ut petitur; Rome, 26 nov. 1573, 1 p. in-4°. - 51 fr. (N- 253, Laverdet, 1861.)
Autorisation donnée a Anselme Dandini. d'ériger une chapelle dans le couvent de Saint Bartholomée de Perrare, dédiée à Saint-Léonard.
3. — L a. s., en italien, à son très-cher fils en Jésns-Chrlst, François de Médicîs, grand-duc de Toscane; Rome, 30 janv. 1575, 1/2 p. in-fol., cachet. - 70 fr. (N« 134, Laroche- Lacarelle, 1847); 60 fr. (N* 290, D' Hunolstein, 1864.)
.11 lui envoie le cardinal Borromée (saint Charles), pour le saluer et lui donner en son nom la bénédiction apostolique. (François succédait a son père dôme !•».) Le Cardinal lui fera savoir certaines choses, que son affection pour lui l'engage à lui communiquer. Ecoutez ses avis, ajouie-t-il, et donnez-moi la consolation, non-seulement de les prendre en bonne part, mais de les mettre de suite en pratique. (On sait combien les conseils du pontife eurent peu d'influence sur la conduite du sombre tyran.)
4. — Ces mots : Fiat ut petitur, au bas d'une demande faite par des citoyens de Bologne ; Rome, 5 février 1585, l p. in-fol. - 12 fr. 50 (M- 279, Suçci, 1863.)
Les seuls autographes de Grégoire XJII qui aient passé en vente.
grécîOIRE XIV (Nicolas Sfondràteï, pape, successeur d'Urbain VII (8 octobre 1590), connu parla bulle d'excommunication qu'il fulmina contre Henri IV, n. à Crémone, m. 15 oct. 1581.
1. - P. s. ; Romey 26 janv. 1591, 1/2 p. in-fol. - 4 fr. 50 («• 253, Laverdet, 1861 . )
2. — L s. à son trésorier, le cardinal Cesl ; Rome, 8 mars 1581, 1/2 p. infol. - 23 fr. (N° 279, Sucà, 1863.)
3. — L. a. s. à la duchesse d'Étrurie; Rome, 10 arril 1591, 1 p. in-fol., cachet. - 46 fr. (N° 130, Charon, 1846.)
11 l'assure que l'affection qu'elle lui porte a produit dans son cœur une affection semblable, c'est ce dont elle a pu se convaincre par la douleur qu'elle a ressentie ;\ la nouvelle de la maladie que le Seigneur lui a envoyée, et, pour détourner le mal d'une tôle si chérie, il a employé tous les moyens que lui suggérait la charité, et en particulier la prière, qui a fléchi enfin le cœur de Dieu en sa faveur.
Nous ne trouvons rien autre de lui dans les catalogues.
Grégoire XV (Alexandre Lodovist), pape, successeur de Paul V (9 février 162U, fondateur de la Congrégation de la Propagande, protecteur de la Compagnie de Jésus dont il a canonisé le chef Ignace de Loyola, n. à Bologne, 1553, m. 8 juill. 1623.
1. — L. a. s. au prieur de Rossi, à Bologne ; Rome, 24 août 1591, 1 p. in-4#, cachet. — 4 fr. 75 (M 253, Laverdet, 1861.)
2. — L. a. s. à PietraMellara ; Home, 20 mars 1599, l p. in-fol., cachet. — 8fr. 50 (R° m.Succi, 1863.)
3. — L. s , avec la souscript. aut., à Silvio Albergati; Alexandrie, 26 sept. r6l3, 3/4 de p. in-fol. — 6 fr. 50 (N« 323, J. Charavay, 1866.)
4. — L. s., en latin, avec la souscript. aut , à Louis XII I ; Rome, 12 mars 1621, 2 p. in-fol., cachet. - 4 fr. 75 /N° 112, Gallois, 1844) ; 12 fr. (No 125, Ttchener, 1836.)
5. — L. a. s., en latin, à Louis XIII ; Rome, 12 juill. 1622, 1 p. in-fol. — 26 fr. 50 (N° 124, Charon, 1845.)
Le choix que vient de faire Sa Majesté pour son ambassadeur à Rome, d'un homme qui unit à des talents éminents une piété des premiers âges, lut fait espérer que les affaires de France seront traitées à la satisfaction générale.
Les seules lettres de ce pontife qui aient passé dans les ventes.
Grégoire xvi (Mauro. Capellari), pape, successeur de Pie VIII (2 février 1831), n. à Bellune, 18 sept. 1765, m. à Rome, î* juin 1846.
1. - L. a. s., à Philippe Piazza ; Rome, 17 oct. 1801, l p. in-4«. — 10 fr. (N° 190, Laverdet, 1854.)
2. — L. a. s. à Marco Buonafe de ; Béne>ent, 28 mars 1823, 1 p. in-fol., cachet. - 8 fr. 50 (N« 179, Succi, 1863.)
3. — L a; s. à Panciera ; 17 fénïer 1829. 1 p. in-f, cachet. - 8 fr. (.V 200, Duplessis, 1855) ; 6fr. 208, J. Charavay, 1856.)
4. — L. a. s ; 17 juill. 1829. - 10 fr. 50 iN" 165, Châteaugiron, 1851.)
5. - L. a. s. à S. fcxceUence 2 juillet 1830, 1 p. in-4». - 33 fr. (N° 249, Lajarriette, 1860.)
t& - L ». ., Mb». W membre, , p. tnA, - 5 fr. 75 m. U-**
Les seules lettres autographes signées qu'on rencontre dans les catalogues.
GREGOIRE (Henri), député aux Étalfc-Gênéraux et à la Convention, évèque constitutionnel de Blois, écrivain et erudit, qui fut chargé de l'organisation des bibliothèques publiques, et qui immortalisa son nom en faisant rendre aux Juifs les droits civils et décréter l'abolition de l'esclavage des Noirs, membre de l'Institut, sénateur, n. à Veho, ^rès Lu né ville (Meurthe), 4 déc 1750, m. à Paris, 28 avril 1831.
1. — L. a. 8. au- cit. ChaptM ; Paris, 17 nivôse an XII, 2 p. - 12 fr. 50
(»• 107, Charon, 1844.)
Il demande, dans l'intérêt de la science, que plusieurs des ouvrages qui sont sous les scellés de la bibliothèque d'Angouléme soient mis à sa disposition.
2. — L. a. s. (à un écrivain, son compatriote) ; Paris, 0 avril 1810, 4 p. pl. in-4". - 12 fr. 50 («• 205, DllunoUtein, 1864.)
Il lui rend grâce de l'avoir défendu contre les diatribes des rédacteurs du Journal de l'Empire et de la Gazette de France, à propos de son outrage la Littérature des nègres. 11 fait de ces rédacteurs, sans les nommer, un portrait très- ressemblai] t. Après avoir préconisé, en 1801. ses Ruines de Port-Royal, ils les attaquent aujourd'hui avec fureur. C'est que tout est changé pour eux. Depuis quelques mois, il est l'objet d'une persécution nouvelle, au point que l'on a saisi son Htst. d*$ sectes religieuses.
3. ~ L. a. s. à M' Massons Paris, 1810, l p. 1/2 inA\ - 2 fr. 25 (N" 222, J. Chwavay, 1858.)
Toute relative à l'épitaphe de Jean Racine, découverte à Magny par M. Masson, oui en a envoyé une reproduction à Grégoire- « Vous save? combien me spnt chers les souvenirs "de Port-Royal : le monument que vous faites revivre en est une relique. »
4. - L. a. s. (à Pougens); Paris, 29 août 1812, 4 p. in-4" -9fr. 50 (N« 222, J. Charavay, 1858.)
Lettre fort intéressante relative à son livre sur les Sectes religieuses, et à celui de Pougens, concernant les etymologies. Il manifeste le désir que des travaux soient entrepris sur les patois de nos provinces. Le vieux mot axns. équivalent de mat*, devrait être, selon lui, rétabli dans notre langue, où il permettrait de varier une expression dont l'usage est si fréquent. * Après tout, ce monosyllabe n'est point un
5. — L. s. au rédacteur de la Quotidienne ; Paris, 4 octobre 1820, 4 p. iu-4". - 4 fr. (H- m,Capelle, 1849/; 6 fr. 50 (N° 225, laverdel, 1858.)
Un M. du Bouchage qu'il ne connaît pas, et qu'il ne désire pas connaître a fait imprimer dans les journaux une lettre où plusieurs fois on lit ces mots ; tégicidêQregoire. Le devoir de soufTrir chrétiennement n'ôte pas le droit de repousser la calomnie,
' crime moins atroce itendu régicide était . que dans un discours imprimé il demanda a la Convention qu'on supprimai la pwne de mort, et que Louis profitât le premier du bienfait de la loi. C'est que dans la lettre écrite de Gharabéry. déposée aux archives, où l'on voulait insérer la condamnation à mort, il exigea la radiation île ces mots, qui en effet pe s'y trouvent pas. Ces faits nont indéniables. Us sont actuellement connus dans les deux mondes. Aussi d'après le déïj porté à des forcenés de prouver le contraire, ils s'obstinent à répéter l'accusation, dans l espeir que la répétition tiendra lieu de preuves. « Dans plusieurs écrits j'ai gravé sur leur front la qualité ineffaçable de lâches et d'infâmes calomniateurs. Vous entendez, M. du Bouchage, lâchée et infâmes calomniateurs. Ge signalement vous est commun... »
6. - L, a. s au duc de Richelieu ; Parts, 8 octobre 18Î0. 2 p. 1/2 wi-4»»- Uelirèe (N» *i00, Duplessis, 1855) ; 15 fr. 50 (M 222, J. Charavay, 1858 1
Lettre très-remarquable, t ... Je n'ai jamais sollicité de grâce dawpn gouvernement, et je serai tidèle à la règle que je me suis prescrito, mais jinvoqUe\oiïe Justice.
Un M. Dubouchage a inséré dans le« feuilles publiques, sous la forme de lettre, un libelle contre moi. J'ai envoyé à tous les journaux une réponse... » Il se plaint que la censuro l'a mutilée, et que le secret dos lettres a été violé en sa personne ; il s élève avec force contre un semblable délit. • ... L'histoire n'offre pas un système de persécution et de diffamation pareil à celui qui est dirigé contre moi depuis 1814... Mon âme inflexible se roidira toujours contre la fourberie, la calomnie, l'iniquité ; je suis comme le granit, on peut me briser mais on ne me plie pas ... » Il demande justice en terminant par ces mots : « Si mon attente était déçue, j'en serois affligé pour moi.... et pour vous.... »
7. - L. a. s à l'abbé ... ; Paris, 27 août 1823, l p. pl. in-4°. — 15 fr. 50 (H- 230, Laverdel, 1859.)
11 a reçu ses lettres, et h; journal où sont insérées ses deux lettres irn cornant le vénérable évêque qu'Angouléme vient de perdre. Qu'a près sa mort il soit encore poursuivi par des outrages et des calomnies, comme de sou vivant, il faut en être indigné, mais non étonné. C'est le partage de l'homme de bien, dans un temps où les passions chez tant de personnes étouffent la raison et la justice. C'est ainsi que fut traité le célèbre Le Coz. archevêque de Besançon; ainsi l'a été récemment le pieux ou plutôt le taint Demandro, qui I avait précédé sur ce siège. S'il peut lui indiquer une occasion «ùre et prochaine, U lui enverra un exemplaire de l'éloge imprimé de ce dernier, avec des détails manuscrits qui lui prouveront à quels excès peut se porter le fanatisme d'un parti. Qu'il ne soit donc pas surpris si le vénérable Lacornbe a été insulté dans un libelle périodique, dont les outrages sont, aux yeux des personnes estimables.
un éloge pour celui qui en est l'objet. « Depuis longues années j'ai été abr
8. - P. a. s., 2 p. in-fol. - 11 fr. (N« 110, Lalande, 1844) ; 3 fr. 50 (H- 136, Cliaron, 1847.)
Il demande au ministre de l'intérieur de faire rechercher divers ouvrages et manuscrits qui ont été détournés de plusieurs dépôts publies.
9. - L. a. s. à Ginguené; Pari?, 24 juin, 2 p. in- 4°. - C fr. (N« 202, Laverdel, 1856.); 2 fr. 75 (N« 220, J. Charavay, 1858 )
U le félicite sur ses nouvelles fables, et partage bien vivement sa manière dépenser sur les pas rétrogrades que fait la civilisation. « Quelqu'un a prédit qu'un jour l'Amérique viendrait découvrir cetto Europe si décrépite, c est une opinion exagérée, mais je dirai d'après le Père de l'histoire de France avec lequel je n ai de commun que le nom et la fermeté. « Heu nobis quia litterarum amor périt! »
Les autographes de Grégoire sont communs : les catalogues en contiennent encore une cinquantaine, vendus de 2 à 4 Ir.
GRENIER. (Paul, comte), brave général des guerres de la République et de l'Empire, n. à Sarreiouis (Meuse), 29 janv. 1768, m. à Mozambert, près de Gray, 18 avril 1827.
Ses lettres valent en moyenne 3 fr.
gresset (Jean-Baptiste-Louis), célèbre poëte et écrivain, auteur de Vert-Vert, membre de l'Académie française, n. à Amiens, 1709, m. 1777. (Isographiel.
,J» — L. a. s. à M- de Sémonville; Amiens, 12 nov. 1741, 4 p. in-4* -8<)xr. (»• 199, Duchesne, 1855.)
11 a fait tout ce qu'il a pu pour engager un Intendance (M. de Chauvelin) et un Bourgamgmgre (le père Bourgeant) ■ à se joindre à moi et à vous écrire ensemble un chapitre de la suitlo des Barbet ; je dois leur rendre justice et dire à leur bonuour que tous deux ne demandoient pas mieux, mais il est arrivé à ce projet ce qui arrive assez communément à ceux dont plusieurs gens se chargent h la fois ; tous les matins nous promettions tous trois de commencer la lettre : tous trois nous nous reposions 1 un sur l'autre pendant le jour, et chaque soir il ne se trouvait rieu de fait; l'un voulait de la prose, l'autre des vers, le troisième ui vers ni prose, ou tous les doux ensemble; lun prétendait vous preschor sur la singularité, l'autre vous faire la guerro sur ces bonnes grosses distractions où l'on frappe trois fois du couteau sur la table ; je m'opposois aux deux, je disois au premier pour justifier cette singularité prétendue par un exemple dont je conserve une bien vive image :
• Plaire sans y ronger, n'être pas minaudière,
« Gagner tout sans prétendre à rien
• Soutenir sans pompons le plus long entretien,
• Ni bégueule, ni grimacière,
• Ni méchante, ni tracassière,
• Je le demande en ce temps-cy,
• N'est-ce point être singulière?
« Qu'il est heureux de ïètre ainsi 1
2. - L. a. s. à Madame (de Graffigny) ; Amiens, 10 déc. 1750, l p.in-4°. — 40 fr. (N° 81, Pixèrécourt, 1840); 40 fr. 50 (N« 100, De Soleinne, 1844} ; 31 fr. ($• 167, CapeLU, 1&52) ; 62 fr. (N° 316, Dubois, 1866.)
Très jolie lettre relative à Otite — t L'impression justifie parfaitement tout le succès des représentations de cette pièce, et doit même y ajouter aux yeux de ceux qui savent réfléchir sur toutes les beautés et tenir compte de tous les détails... »
3. — L. a. s. à Mgr ... ; Amiens, 10 octobre 1754, 2 p. in-4*. — 50 fr. (R« 71, Charon, 1*39) ; 26 fr. (iV 190, Laverdet, 1854.)
Reinercîment pour le sol d'intérêt qu'il a eu la bonté de lui continuer dans le prochain hall des fermes de Bretagne. « ... On ne peut, Monseigneur, être pénétré d une plus vive reconnaissance, j'espère la consacrer et la rendre immortelle, si mes faibles ouvrages arrivent à la postérité... ►
4. - L.a.s.àM'... ; 15 juin (1762), 1 p. 1/2 in-4'.- 32 fr. (N° 200, Duplessis, 1855) ; 23 fr. IN° 561, Laverdet» 1862.)
• ... Mandez-nous ce qu'on dit de la condamnation de l'Émile, est-il vrai que Jean-
orage
vera peut-être le repos dans une patrie qu'il n'aurait dù quitter... »
5. — L. a. a. à Mgr... ; Faucocourt, près Amiens, 27 sept. 1769, 2 p. in-4*. — 37 fr. 50 (N° 183, Laverdet, 1854.)
Il lui exprime chaleureusement le plaisir dont le pénètre la nouvelle de sa nomination au gouvernement de la province. Il profite de cette circonstance pour lui demander une grâce pour son frère... « Je vais cependant vous paroi ire bien ridicule et bien maussade de »ous fatiguer d'une requête; mais lus solliciteurs d'ici sont si matineui et si lestes, tout Picards que nous sommes, que je craindrais d'être gagné de vitesse... >
6. — L. a. s. à M. de Boynes; 3 juin 1774, 2 p. in-4°. - 22 fr. 50 (N° 225, Laverdet, 1858.)
7. — L. a. s. à M. (Malesherbes î) ; 3 novembre 1775, 2 p. in-4°. — 55 fr. (N* 154, Villenave, 1850.) ; 43 fr. (N« 176, Trémont, 1852) ; 55 fr. (N° 261, Laverdet, 1862) ; 40 fr. (»• 316, Dubois, 1866.)
Il lui a écrit deux fois, d'abord en lui envoyant trois exemplaires de son dernier discours à l'Académie française, deuxièmement pour le complimenter sur son en» trée au ministère, et il n'a pas reçu de réponse. Il ignore si ses tributs lui sont parvenus. • Comme ils sont purs et bien picardement francs, je voudrois bien n'avoir rien à y mêler qui ait le moindre air de requête, • mais encouragé par sa bonté il ose lui demander de bien vouloir « augmenter la pension de deux mille francs que le feu Roy m'a accordé sur le Mercure. Si vous accordiez un accroissement à ma très-mince fortune, jo pourroy me déprovincializer i.n peu chaque année et soutenir le coûteux séjour de la capitale.. •
8. - L. a. s.; Amiens, 24 mars 1777. - (N° 38, Silvestre, 1833).
9. - L. a. s. à Mgr.. ; Amiens, 3 mai 1777, 2 p. in-4- - 17 fr. (N« 110, Lalande, 1844).
Recommandation vive et pressante en faveur de son neveu Galand de Longuerue, officier dans les troupes de l'Amérique, actuellement au fort Saint-Pierre.
10. — Le contre coup, pièce aulogr., 1 p. 3/4 in-8\ - 12 fr. (N* 236. J. Charavay, 1860).
Morceau en prose, en stylo déclamatoiro. composé à l'adresse de ceux qui lui demandent du grand. • Allons, Muse, du sublime 1 parlons des dieux : mais quoi I nous nous ennuyons.... Va, restons dans notre talent: que nos vers soient nos plaisirs!... •
11. — Minute de son discours de réception à l'Académie française, avec des corrections autographes, 10 p in-4°. - 12 fr. 50. (N*26l, Laverdet, 1862).
12. — Matériaux autographes de la comédie du Méchant, manuscrit d'une écriture fine, avec ratures et corrections, !4 p. in-4\ — 20 fr. (Ne 6411 du Dull.-J. Charavay); 27 fr. (R* 261, Laverdet, 1862).
13. — 1° Manuscrit autographe du Parrain magnifique, 82 p. in-4°. 2<> Pièce de vers autogr. pour la naissance du duc de Bourgogne, 10 p. in-4'. 3° Projet de lettre autogr., prose et vers, sur la mort de l'infant Don Philippe, duc de Parme. 3 p. 1/2 in 4*. 4° Ode au roi de Prusse, pourle premier jour de l'an, pièce de vers aut., avec ratures et corrections ; Amiens, 1750, 3 p. pl. in-4*. 5» Copie autogr. de l'ode adressée àGresset parle grand Frédéric, 3 p. in-4°. 6o Pièce devers autogr., I p. in-4o. 7-3 lettres autogr. à sa mère; Paris, 1«» août 1733, et Rouen, 19 octobre 1733, 24 p. in-4\ — 41 tr. (N° 168, ZWton, 1852). ^
Noos trouvons encore dans les catalogues des fragments ou des pièces de vers autographes, dont le prix est de 10 à 15 fr.
grétry (André-Ernest-Modesle), célèbre compositeur de musique, membre de l'Institut, n. à Liège (Pays-Bas), il février 1741, m. à Montmorency, 24 sept. 1813. (Isographie).
1. — L. a. s. à M. Ouillard ; Paris, 1777, 3 p. pl. in-4«. - 10 fr. (N« 198, Benouard, 1855).
Très- intéressante lettre au sujet de ea tragédie d'Iphigénie qui lui avait été d'abord promise et qui a été donnée à Gluck. ■ M. Gluck de son côté nourrissuit mon espoir par un éloigneroent marqué pour le travail, et par son apparente résolution i\ ne pas se charger de votre ouvrage en m' ex posant souvent les causes
Îui le déterminoient à cette renonciation. La veille même de son dépari je fus immèiatement après vous lui renouveler le témoignage de tout mon attachement et de mes sincères regrets de le voir partir. Eh bien, monsieur, il eut la cruAuté de ne point détruire mon erreur et de me protester de nouveau qu'il ne se chargeoit point de votre lphigénie. M. Gluck pendant huit mois me provoqua au sommeil, et durant «se teins je fus bercé d'un songe flatteur, je ne ra'attendois pas à mon réveil de me voir frustré d'un hit-n quisembloit m'appartenir et que je devois tenir de sou honnêteté et de sa délicatesse. *
2. — Rapport aut. sig , comme censeur, sur onze symphonies d'Ignace Pleyel ; Paris, 1787, 1 p. in-8*. — 19 fr. 50. (N* 248, J. Charavay, 1860).
3. — L. a. s. à M...; Paris, 3 mars 1791, 2 p. in-4°. - 7 fr. 25. (No 183, Laverdet, 1854).
En faveur de son frère aîné, qui va perdre un bureau principal de tabac situé sur la place delà Comédie-Italienne, qui lui rapportait environ quatre mille livres; « cest son unique ressource ; il est père de nuit enfants vivants.. . Vous êtes amateur des arts, monsieur, oserois-je espérer qu'un artiste qui peut-être a contribué quelquefois à vos délassements trouve en vous une protection dont il a le plus grand besoin. »
4. — L. a. s. au secrétaire de la 3° classe de l'Institut ; Paris, 13 ventôse an^V, 1 p. in-4°. - 8 fr. (N° 103, Van Jloppen, 1843); 9 fr. (N« 136, Charon,
Il le prie d'offrir à sa classe un exemplaire de son ouvrage sur la musique.... « C'est à la classe de l'Institut à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir que je dois l'hommage du premier exemplaire.
5. - L. a.-s. à M ..; Paris, 7 floréal an V, 2 p. in-4«. - 8 fr. 50. (No 146, Laverdet, 1848).
Sur la publication de son livre sur la musique. La vente va bien vu l'état du commerce mais, comme il l'avait prévu, les artistes pour qui il l'a fait ne l'achètent pas, ou irès-peu ; il leur en donnesouvent. mais enfin il ne peut en donner à tous. Il lui indique uu moyen qu'il serait facile d'employer pour écouler la première édition.
6. — L. a. s. à Ginguené; Paris, 15 prairial an V, 2 p. in-4°. — 18 fr. 50. (N« 110, Latande, 1844).
Il le remercie des démarches qu'il a bien voulu faire pour lui auprès du ministre de l'intérieur relativement à son ouvrage sur la musique. Détails intorussants au sujet de la publication de cet ouvrage.
7. - 1. a. s. an ministre (de l'intérieur) ; Paris, 13 ventôse an VII, 1 p. in-4». - 30 fr. (N* 290, IWunolstein, 1864).
Le mauvais état de sa santé ne lui permet pas d'accepter les fondions de membre du jury pour l'examen des ouvrages destinés au Théâtre de la llépublique. « Un crachement de sang qui me retient chez moi depuis quinze jours, nie fait désirer de me rendre à mon hermitage pour y prendre le luit d'anesse. »
8. — L. a. s.: de l'hermitage de J.-J. Rousseau, 8 Yendémiaire an IX, l p. in-4". —28 fr. 50. (X° 99, Dolomieu, 1843).
9. - L. a. s. à Pougens; de l'hermitage de J.-J. Rousseau, 28 thermidor au IX, 2 p. 1 /2 in-4'. - 9 fr. (N' 11329 du Bull.J. Charavay); 11 fr. 222, J. Charavay, 1858.)
Toute relative à 1 accueil favorable que l'Institut vient de faire à son ouvrage de La vérité. « Bon jour, bon ami, mais ami dans lu fait et dans les résultats; ami qui tient parole après définition de compte, chose bien rare ! »
10. — L. a. s. à M. Blase, notaire, à Cavaillon ; Paris, 28 brumaire an X,
2 p. in-4c. - 10 fr. (Ho 184, Hervey, 1854).
Charmante lettre dans laquelle il lui donne des nouvelles dramatiques- « On parle de donner cet hiver unuutre petit acte de Guy intitulé lu Ménage, que j'ai musique cet été à mon bermitage... Si vou*aviéz été ici. mon livre eut été mieux et plustôt annoncé par ces diables de journalistes auxquels il faut mâcher la besogne. »
11 — L. a. s. au ministre de l'intérieur; de l'hermitage de J.*J. Rousseau,
3 fructidor an XII. I p. in-4*. - 20 fr, (N° 107, Charon, 1844); 16 fr. (N- 260, Fossé Darcosse 1862).
Il lui exprime la crainte que celui qui le rem placera au ministère n'ait pus les mêmes bontés pour lui. cl le prie, en assuraut sa pension de 1,200 f r , de lui prendre pour une pareille somme de sa Méthode simple pour apprendre à préluder. « ...Faites eucore ces deux bonnes actions avant de vous retirer... *
12. — L.'a. s. à Lucien Bonaparte ; avril 1800, 2 p. in-4\ - 9 fr. IN° '.00, Duplessis, 1855.)
« ... Vos moments les plus agréables sont ceux où vous recevez les remerciements des gens sensibles que vous venez d'obliger avec la justice qui tient à vos opinions morales et la grâce qui n'appartient qu'a l'amabilité de votre âge... »
13. — L. a. s. à M-« de Saint-Aubin ; Paris, '24 mars 1806, 1 p. pl. in-8°. — 45 fr. 50. (N° 176, Trémcnt, 1852); 13 fr. (N-316, Dubois, 1866).
Très-jolie lettre de remerciements à sou amie Mad. de St-Aubin. — • La couronne que vous avez posée gur la tôle de votre vieil ami sera conservée dans ma fa-
14. — 1" L. a. s.; de l'hermitage de J.-J. Rousseau, 15 juin 1806, 1 p. in-80. 2> Imprudence, chapitre 39» dut» ouvrage inédit, intilulé : Réflexions d'un solitaire, ihss. anl., 26 p in 4°. — 23 fr. 50. (N# 93, Alex. Martin, 1842).
15. — L. a- s. au sénateur.*.; de l'hermitage de J. J. Rousseau, 22 juin 1808, t p. in-4". — 14 fr. (N° 176, Trémont, 1852).
« Vous ne pouvez pas douter du bonheur que nous aurons, Jean-.lacque? et moi. de vous recevoir dans notre humble hermitage. Une despiècesles plus probantes de votre amitié pour nous sera votre bonnet de nuit. »<
16. — L. a. s. à M"e Lescot; de l'hermitage de J.-J. Rousseau, 17 juillet 1808, 3 p. in -8°. - 2 fr. (Ko 221, D'flenneville, 1858).
17. — L. a. s. à M' Desprez ; Paris, 15 déc. 1808, 3 p. pl. in 8°. - 6 fr. 50. (!*• 63, Monmerqué, 1837) ; 9 fr 50. (N° 190, Laverdet, 1854).
t On m'appelle immortel dans les journaux, mon bon ami, et je souiFre comme un chien... » Sa Majesté la reine de Hollande lui a toujours témoigné de la bonté, et il n'est pas un ingrat, c Au fait, j'ai un neveu qui va être soldat si on ne Vient a mon aide. Je voudrais qu'il futpuge, ou qu'il eut un grade militaire... »
18. — L. a. s. au comte de Montalivet; Paris, 21 mars 1811, Ip. in-4°. - 6 fr. (No 123, Charon, 1845).
U réclame sa haute protection en faveur de M. Garnier, qui vienl d'épouser sa nièce sahs autre intérêt quo l'amour de sa petite renommée. « .... C est uue espèce de dot, Monseigneur, que je supplie Votre Excellence d'accorder à ma nièce. »
19. — L. a. s à Pougens; Paris, 16 nov. 1811, 2 p. pet. in-4*. - 10 fr. (No 275, /. Charavay, 1863).
Il est sur que pe n'est pas par plaisir que Pougens vend ses livres - il fera son possible pour lui fui re avoir des acheteurs ; mais il n'espère pas lui être utile, car il vit en
, 20. — L. a. s. au comte...; Paris, !• janvier 1813, 2 p. in-4°. - 10fr.(IV 190, Laverdet, 1854) ; 16 fr. («• 218, Hervey, 1857).
Il lui recommande l'ainê de ses neveux, homme de lettres, poète et de plus aveugle..., « que feu Lebrun aileciionnait particulièrement, et qu'il nommait son successeur. »
2t. - L. a. s. à Favart. 2 p. 1/2 in-8<>. - 8 fr.75. (N» 183, Laverdet, 1854); 29 fr. (H- 249, Lajarrielte, 1860).
Il regrotte que l'on ait retranché l'incident des pistolets dans le second acte d'une
(>ièce qu'ils ont composée en commun. ■ Le moment que Nelson restait se.d, ou censé 'être, était charftiant. Le moment du pistolet produisait le sentiment %vti\ me fallait pour que le trio fit effet. »
22. — L. a s. à M. de Saint-Aubin, 2 p. pl. ïn 8'. - 19 fr. (HT- 235, Refiée, 1860).
23- - L. a. s. à M- de Saittt-Auhin. — 6 fr. 50. (N° 156, Audi/fret, 1850).
• .... Ma fille est mourante, je crachais du sang, et on m'a éloigné de chez mol. J'ai été cependant n votre début.*.. Faites comme moi, aller, souvent aux Bouffons .. Les nouveautés en musique nous viennent de l'Italie, comme les bonnets de Paris ... »
24. - L. a. s. à M"" Martaînville, 3 p. in -8°. - 10 fr. 5f>. (N" 148, Capelle, 1849); 10 fr. 50. (fi' 192» Amant, 1855); 8 fr. (N° 278, Laverdet, 1863).
Charmante lettre a l'oceaKion de son départ, ot dans laquelle il l'appelle son ange inspirateur — « Heureux ceux qui vous recevront, s'ils sont assez heureux pour sentir ce que vous êtes ; mais il me semble que vous possédez au-delà de la mesure des sentiments des honi .ii s. il leur est impossible do vous apprécier toute entière, et je crois quejevou* aimerai mieux à cent lieues de votre personne qu'eux croyent posséder toute entière. Vous êtes pour moi une do ces merveilles qu'on voit une foisdans un rêve délicieux et qui disparaissent pour jamais; souvenez *ous de moi, Caroliue, et ne me dites plus de ne pas vous oublier. .. Adieu, mon ange, ma télé est encore faible, mais mon cœur conservera le reste de ma vie le souvenir du bonheur que vous m'avez procuré en me faisant ccunaître ce que tout le monde a de plus précieux... »
25. — Convention entre la Prosodie et le Rhylhme, mss. aut., avec ratures et corrections. 29 p in-4°. -5fr. 25. (N- 203, /. Charavay, 1856); 17 fr. 50. <«• 238, J. Charavay, 1860».
26. — Mss. aut. sur la lumière et le son, 7d p. in-4» à mi-marge. — 19 fr. (N° 305, Villenave, 1866).
*27. — Aimetonla vie ? Chapitre 27e de ses Réflexions d'un solitaire, mss. antosrr., 50 p. in-4«. - 60 fr. fj» 1 15, J. Charavay, 1844) ; 7 fr. (K° 268, La Bedoyére, 1862); 6 fr. (N- 289, Hervey, 1864).
Voici un fragment de ce curieux mantiserit qui cbtotiefct des descriptions hardies et qui est entièrement relatif à l'amour. « L'abus n est que pour les esclaves. Contenonsnous dans la force de l'âne . Soyons prudents dans la vieillesse. Sur cent vieillards amoureux, quatre vingts Sont victimes. Depuis deux ans (j*al, aujourd'hui 11 Tévrier 1H07, soixante-six ans), je ne suis fait vieux, et depuis ce temps la pâture m'a rendu jeune en facultés. On dirait qu'elle est femme par esprit de contradiction. Elle veut quand on ne veut plus ..» Clair-val. célèbre acteur du Théâtre italien, rse dit un soir : « Je viens de faire le jeune homme » Il mourut neuf jours après. Lekain voulut plaire à une jeune beauté qui savaità peine tiferiljoua Vendosme comme un dieu et périt comme un homme... •
On trouve encore dans les catalogues une vingtaine de lettres de Grétry, vendues de 7 à 10 fr.
G RETS Eli (Jacques), célèbre théologien, philologue et hislorien allemand, n. à Markdorf (Souabe), 1561, m. à ïngolstadt, 29 janv.
Trois lettres de lui ont été payées 7 fr. à la vente Parison.
ciREUZE (Jean-Baptiste), un des peintres les plus célèbres du XVIII- siècle, n. à Tournus (Saône-et-Loire), 1726, m. à Paris, 21 mars 1805. (Isographie).
1. — L. s.; an ix, 3/4 do p. ln-4*. - 30 fr. (N*23i, JCharavay, 1859).
Relative à son tableau de Sainte-Marie Egyptienne, qui lui fut commandé par le gouvernement.
ï. — !• Fragment aut. sig. d'une quittance de 150 livres. 2* Dessin original an crayon. - 25 fr. 50. (N* 176, Trémont, 185Î).
3. — Sa signature, avec celles dp Flipart el Fournier, derrière une épreuve delà gravure de son tableau le Gâteau des rois, in-fol — 2 fr. 25. («• 171, Laverdet, 1852)
4. — Sa signature, avec celle de Massard, derrière l'estampe de la Cruche cassée, in fol. - 4 fr. 75. (N" 176, Irémont, 1852).
On ne trouve rien autre de lui dans les catalogues.
grévedon (Pierre-Louis-Henri), peintre, habile dessinateur lithographe, n. à Paris, 17oct. 1783, m. 1849. Deux lettres de lui se sont vendues 1 fr. et 4 fr.
ciREY (Charles), célèbre ministre et homme d'Etat anglais, n. à Fallowden (Northuraberland), 13 mars 1764, m. 17 juill. 1845.
Deux lettres de lui se 6ont vendues 1 fr. 50 et 12 fr. 50.
griffenfeld {Pierre Schuhmacher, comte de), grand-chancelier deNorwége, connu par son éclatante disgrâce et sa détention qui dura 23 ans, m. 1699.
L. s., en latin, à Charles 11, roi d'Angleicrre ; 30 mars 1675, 2 p. in-fol. — 5 fr. 5*». (N- 196, Laverdet, 1855).
Pièce unique.
griffet (le Père Henri), savant historien et théologien, n. à Moulins (Allier), 9 oct. 1698, m. à Bruxelles, 22fév. 1771.
Une dizaine de lettres de lui. De 5 à 8 fr.
BIBLIOGRAPHIE
DEUX. ANNÉES DE MISSION A SAINT - PÉTEUft- BOURG s Manuscrite, lettres et documents historique* sortis de France en 1189, par M. le C" H. db La
Perrière; Paris, Imprimerie impériale, 1867, 1 toI. in-8,t.
Mr le comte Hector de La Ferrièrc a rendu à la science historique un immense service, en exhumant, pour ainsi dire, des archives de Saint- Pétersbourg, des milliers du documents qui y étaient enfouis sans profit pour les érudits, et qui, chose curieuse, étaient des dépouilles conquises sur nous pendant la Révolution. Comment tant de trésors ont-ils passéun Russie ? c'est ce qui n'est plus uu mystère pour personne depuis que le noble comte a mis au grand jour cette intéressante histoire. Trois rapports ont été faits par Mr le comte de La Ferrière : ce sont ceux qui sont réunis dans le volume dont nous parious en ce moment. Mais nous
1 Chez A. Aubry, rue Dauphine, 16.
ne dirons rien du premier, car nos lecteurs se rappelleront, sans doute, qu'il a fait l'objet de deux articles dans les numéros 107 et 113 de notre recueil, mais on nous permettra de nous étendre un peu sur les autres.
Le second rapport présente un immense intérêt par le nombre et par l'importance des documents qu'il nous révèle. Le règne de Henri IV ouvre la marche, et pour le début nous trouvons plusieurs volumes de lettres originales du grand roi. Puis vient la correspondance du landgrave de Hessc avec Henri IV. Elle avait été publiée, en 1841, par M. de Rommel, mais sur des minutes et brouillons conservés dans les archives de Cassel, car l'éditeur ignorait complètement l'existence des originaux. M. le O de La Ferrière a trouvé, dans cette correspondance, six lettres inédites qu'il a eu la louable idée de nous donner in extenso, parce qu'elles nous montrent sous leur véritable jour les grands desseins de Henri IV sur l'Allemagne. Mais le poignard d'un assassin empêcha l'exécution de ces vastes projets : c'est un enfant qui monte sur le trône, et la politique du grand roi est abandonnée : elle ne sera pas reprise désormais parle souverain, mais par son ministre, par Richelieu. Les documents sur le règne de Louis XIII sont en grand nombre. On trouve d'abord plusieurs lettres du roi enfant. En voici une à son père qu'il nous a paru curieux de reproduire :
« Papa,
« If n'y a plus de maladies à Saint-Germain ; j'attendray votre commandement pour y retourner, car il fait plus beau qu'en ce lieu. Je vous baise humblement les mains et à maman, et suis, papa,
« Votre très-humble et obéissant fllz et suject,
« Loys. »
Nous reproduirons aussi cette épltre à sa sœur Henriette de France, parce que c'est un spécimen du style ordinaire des lettres de Louis XIII, même lorsqu'il fut homme et roi : "
« Ma sœur, envoyez-moi, s'il vous plaist, ce petit carreau de velours rouge qui est dans "la chapelle du vieux château de Saint-Germain. Il y a si peu que je vous ay laissée que je ne vous diray autre chose, sinon que nous allons bientôt à Monceaux. Cependant je demeure vostre plus affectionné frère,
» Loys. »
La correspondance de M. de Puisieux avec M. de Léon de Brulart, ambassadeur de France à Venise, jette un nouveau jour sur les affaires d'Italie dans la première moitié du xvn* siècle. En même temps Puisieux instruit M de Léon de tout ce qui se passe à la cour, révélant mille détails intimes, mille faits ignorés qui font de cette correspondance un
Erécieux recueil de documents pour le règne de Louis XIII. M. le O de a Perrière nous cite ensuite les lettres de M. de Baugy, notre ambassadeur de Vienne, mais cette nouvelle correspondance se termine en mars 1619, au moment de la mort de l'empereur Mathias.
Chose bizarre, on ne trouve rien à Saint-Pétersbourg sur la période qui s'étend de 1620 à 1626. En revanche, en 1626, Phelipeaux d'Herbault, secrétaire d'Etat, donne des détails curieux sur la conspiration de Cbalais, sur le séjour de Louis XIII en Bretagne, la glorieuse campagne du maréchal de Toira3 contre les Anglais, lors de leur descente dans l'Ile de Ré, le siège de La Rochelle et le séjour du roi en Dauphiné.
M. le comte de La Ferrière reproduit ensuite le texte de la lettre que Richelieu écrivit à M. de Césy pour le remercier de l'avoir complimenté
sur la prise de La ftochelle. Viennent après quatre lettres du Père Joseph. Nous arrivons à la correspondance de Bouthillier, qui avait succédé à M. d'Herbault, mort à Suse le 20 mai 1629. C'est une suite de documents indispensables pour l'histoire de cette époque. On y trouve les renseignements les plus curieux sur la grave maladie que fit Louis XIII à Lyon, eu 1630, sur la guerre d'Italie, et sur cette paix de Casai obtenue par l'habileté de Mazarra, qui. du premier coup, venait de prendre place a côté des plus fins diplomates. L'histoire des provinces est représentée par un grand nombre de pièces sur la Provence, le Lyonnais, le Languedoc, le Dauphiné, la Bretagne, la Guyenne, la Normandie. C'est là que s'arrêtent les documents sur le règne de Louis Xll(.
Nous voilà maintenant a Louis XIV, c'est-à-dire à Mazarin, et nous trouvons tout d'abord quelques lettres du grand ministre, et de curieuses pièces touchant cette longue suite de négociations qui amenèrent la paix de Munster. Les lettres de Mazarin forment deux volumes : c'est sa correspondance a>ec M. Brasset, résident de France auprès des Provinces- Unies. Ici se placent deux lettres de M. de Sabran, ambassadeur en Angleterre, « où il expose au chancelier Seguier les inextricables difficultés au milieu desquelles se débattait Charles Ier, pour aboutir en définitive à l'échafaud de Whitehall. » Malgré toutes les négociations de Mazarin, l'infortuné roi périt sur l'échafaud, et le cardinal, justement ému par cette catastrophe, écrit au président de Grignon la lettre suivante, que nous croyons devoir reproduire textuellement :
« Monsieur, c'est la plus estrange nouvelle qui nous pouvoit arriver, comme ç'a esté le spectacle le plus affreux qu'on eust pu voir que celuy de la mort du roy de la Grande Bretagne. Leurs Majestez et loute la cour l'auroient pleuré avec des larmes de sang, s'il y en avoit, et ce que vous nous mandez de la constance et tranquillité d'esprit avec laquelle il a vu venir et reçu le coup nous le rend ici plus sensible et plus rude, dans la pensée qu'il y devoit estre moins exposé, non-seulement à cause de l'élévation de sa dignité, mais encore au mérite de sa personne. Comme ceste vérité odieuse nous paroi st maintenant uu songe, elle paroistra une fable à la postérité, qui la sçaura, et ce sera un eudroit par lequel elle regardera nostre siècle comme fertile en choses extraordinaires. Ce qui nous perce le cœur d'une douleur plus vive, c'est que nos affaires domestiques, et la précipitation imprévue de oe funeste accident ne nous ayent pas permis de rendre à ce prince, en ceste occasion, tous les offices que nous eussions désirés, quelque inutiles qu'ils eussent deu luy estre, et qu'en cela nous eussions esté devancés par Messieurs des Bstats, bien que nous eussions depesché !e sieur de \arennes pour cet effet. C'est tout ce que je vois pour escripre maintenant dans la tristesse où je me trouve. M. de Brienne vous fera sçavoir la volonté de leurs Majestés dans ceste rencontre, à quoy me remettant je vous assureray que je suis, etc.
« Le Cardinal Mazamn. • . De Saint-Germain en laye, le 27 février 1649. »
Pendant les dix premières années de la minorité dV Louis XIV, comme le dit si justement Mr le comte de La Perrière, des troubles et des émeutes eurent lieu dans les provinces. La Provence, le Dauphiné, le Lyonnais, l'Auvergne, le Languedoc, la Guyenne ne furent pas épargnés, et les archives de Saint-Pétersbourg nous fournissent do nombreux documents sur ces événements. Mais voilà que l'émeute qui a grondé dans les provinces gagne Paris : voici l'époque mémorable dé la Fronde. Ma- - zarin, dans uue lettre au président de Grignon, notre ambassadeur en
Angleterre, explique les motifs sérieux qui ont forcé la reine à quitter Paris. Puis il fait part au chancelier Seguier de son embarras relativement à l'exécution des promesses que le Parlement lui avait arrachées. Une correspondance de Du Bosc avec le même chancelier est un véritable iournal des événements qui se sont accomplis depuis le 30 mai jusqu'au 30 septembre 1649.
Pour la période de ladministration de Golbert et le déclin du règne de Louis XIV, Mr le Cte de La Ferrière cite de nombreux documents parmi lesquels nous signalerons les suivants : Lettres originales df Chamillard à M. de La Feuillade, recueil en 3 volumes comprenant 609 lettres de 1703 à 1706; — Lettres et dépêches du maréchal de La Feuillade, au nombre de 303; — Lettres de Pontchartrain ; — Dépêches originales des plénipotentiaires français à la conférence de Cologne (1673) ; — Récit de la campagne de Catmat en Piémont (1670-1672) ; — Documents sur le cardinal de Retz : — Histoire de la marine de France de 1669 à 1700 : — , Les trophées et les disgrâces de la maison de, Vendôme (1669) ; — Discours au roi contre M. Fouquet ; — Les amours de Henriette Stuart ; — Les amours de Louis XIV avec MeU" de La Vallière et de Fontanges et Mmo de Montespan, manuscrit en 2 volumes, où se trouve un portrait fort remarquable de la duchesse de La Vallière, -que reproduit M. le Cte de La Ferrière ; — Histoire manuscrite de la ville d'Orange, par Petit, de 1688 à 1693; — Généalogie de la maison de Nevers par Guy Coquille, manuscrit de 47 feuillets envoyé par lui au duc de Nivernois avec 57 blasons peints ; — Histoire de la maison de La Trémojlle ; — Généalogie de la maison de Poitiers, par Vivant, dédiée à Diane de Poitiers, etc., etc.
Pour en finir avec le XVII* siècle, M. le comte de La Ferrière nous cite une lettre de Descartes, des lettres de Segrais, un sonnet de Mézeray, et une correspondance de notre grand peintre Lebrun, dont les autographes sont d'une grande rareté *. Nous trouvons le passage suivant que nous citerons, parce qu'il intéresse l'histoire de l'Académie française, dont nous nous occupons : • L'Académie française, dit M. le comte ûe La Ferrière, à" l'occasion de ia nomination de Gilles Boiieau, le frère de l'illustre poète, futsur le point d'en venir à un schisme. Ménage, qu'il avait attaque aussi bien que Costar et Scarron, entraîna Pellisson dans cette querelle par l'entremise de M«lle de * Scudery. Dans l'intervalle de deux scrutins, alors de rigueur, Pellisson se donna beaucoup de mouvement
1)0 u r obtenir l'exclusion du nouvel académicien. Il écrivit lettres sur ettres au chancelier Seguier, protecteur de l'Académie française. Cette correspondance fait partie de ce recueil ; elle offre d'autant plus d'intérêt pour notre histoire littéraire, que d'Olivet n'a pas cru devoir raconter cette passe d'armes académique ; c'est ce qui m'a engagé à rapporter ces lettres de Pellisson. » Qu'il nous soit permis d'émettre le vœu que M. le comte de La Ferrière publie cette curieuse correspondance.
Nous arrivons au règne de Louis XV et nous trouvons à son seuil le nom de Voltaire, ce qui est justice, car ce grand génie personnifie le xviii» siècle. La bibliothèque de Voltaire est en Russie : rien d'étonnantà cela, car Catherine II l'acquit deM"10 Denis. Une salle spéciale lui esteonsacrée. « Les voilà donc, dit à ce propos M. le Cte de La Ferrière, réunis ensemble comme de son vivant, les sept mille volumes dont secomposait sa bibliothèque, la plupart à demi-reliure à dos de maroquin rouge. Au milieu de lasalle, la statue d'Houdon, fidèle copieet de la propre main de
1 Cette correspondance a été publiée par le savant M. Miller, membre de l'Institut, dans la Gazette des Beaux- Arts.
maître, de celle du vestibule du Théâtre français. Placée là, cette statue fait impression : c'est bien lui, le froid sceptique, l'impitoyable railleur. Il semble surveiller les visiteurs : si l'on touche à l'un de ses livres, 6on regard vous suit, son sourire ironique vous intimide. Sa pensée y est restée, car chacun de ces volumes porte en marge des annotations de sa main. » Nombre de lettres inédites de Voltaire à Mme d'Ëpinay sont aussi là. Citons ensuite un journal qui est l'écho de tous les bruits de Paris, et qui vient à l'appui de celui de Barbier. Les anecdotes curieuses, les révélations piquantes y abondent. Les manuscrits et les papiers de la Bastille sont aussi en grand nombre dans les archives de la Russie : M. Paul Lacroix a déjà instruit nos lecteurs de la manière dont ces documents sont sortis de France dans un article que M. le Gte de La Ferrière a eu l'obligeance de citer. Aussi ne reviendrons nous pas sur ce chapitre, et nous bornerons- nous à dire que des détails touchants sur Latude se trouvent dans les papiers qui ont été portés à Saint-Pétersbourg.
La troisième partie du livre dont nous nous occupons comprend une curieuse étude sur la correspondance inédite de Biaise de Montluc qui va être imprimée par la Société de l'histoire de France, et qui formera le quatrième volume des œuvres de cet illustre guerrier, qui maniait aussi bien la plume que l'épée. En seconde ligne vient le journal privé d'Elisabeth de Valois, reine d'Espagne, et enfin la campagne d'Italie de 1630 racontée par Bouthillier.
Là finit le volume dont nous avions à parler. Il est inutile d'en faire ressortir l'importance pour les études historiques. C'est un gisement d'or merveilleux qu'a découvert M. le comte de La Ferrière : ce sont des trésors qu'il a rendus aux érudits qui n'en soupçonnaient pas l'existence. En présence de tant de documents précieux que nos pères avaient à leur disposition et qu'il nous faut aller chercher si loin, il a fallu, pour ne pas reculer devant la tâche immense qui incombait à celui qui les exhumait le premier, une persévérance et un courage au-dessus de tout éloge. Maintenant la Russie nous est ouverte : nous rentrons dans notre bien, mais grâces en soient rendues au noble érudit qui, guidé par la passion que la science historique inspire à ceux qui ont le bonheur de la* cultiver, a consacré deux années à visiter les archives de Saint-Pétersbourg et à dresser un catalogue de documents qui profitera à tous. On ne saurait donc trop féliciter M. le comte dé La Ferrière de sa généreuse idée et émettre le vœu qu'il se trouve quelques érudits animés du feu sacré pour suivre la voie qui leur est tracée et faire un semblable travail pour les archives des autres pays étrangers.
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