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LA FAMILLE GENSEFLEISCH A STRASBOURG

La Bibliothèque de la ville de Strasbourg vient de s'enrichir d*un mo* deste petit morceau de papier, qui n'a d'autre mérite que celui de porter

1 Strasbourg, V« Berger- Lefrault et fila, - 6 fr. par an.

le nom de Gensefleisch de Mayence, c'est-a dire celui de l'immortel iuventeur de l'imprimerie, généralement connu rar son autre nom ou surnom de Gutenberg. — Ce document est une quittance émanant deFriele Gensefleisch de Mayence et donnée au magistrat de la ville de Strasbourg au sujet du payement d'une somme de vingt-six florins, montant d'une rente viagère échue au jour des Rameaux.

Voici la transcription et la traduction de ce titre :

« lch Priele Gensefleisb von Mentse bekenne mich mit dieszim ofîïn

• brieffe dasz mich die erbn und wisen lude die meister und Rat der Stat

• Straszborg wol gewert und bezalt haut Ses vndzwctzig Glt. die mir « escbennô und failen sint ofî den heilgen Phalme dag. die icb émit phanh....n von dem Erbn Heinriche Thesse Die da stent oft mynelep-

• tage vnd nit...er der vorgeschr. Ses vndzwcntzigsage ich Fricle obgent « die vorgeschr. meister... d Rat der Stat Straszborg gwit ledig und Josz « zu dieszem zile und andervgang. Zileu dcszzu Orkunde han ichFriele « obgnt myne Ingesegel an dieszin brieff gedrucket In dem lare nach « Crist geburle fertzehin hundert und nuu und zwenlzig lare ofl* den « Samszdag vor halb vaste. » (L S.)

• Moi Friele Gensefleisi h, de Mayence, je reconnais par cette lettre patente que les honorables et sages'hommes, les maître et conseil de la ville de Strasbourg ont dûment acquitté et payé vingt-six florins, qui sont échus en ma faveur au saint jour des Rameaux, que j'ai reçus de l'honorable Heinrich Thesse etqui me sont dus à titre viager, et moi Friele susnommé, je déclare quittes, libres et francs de ces vingt- six florins, les susdits maître et conseil de la ville de Strasbourg, pour ce terme et pour tous autres termes précédents. — En témoignage de quoi moi Friele susnommé j'ai apposé mon scel à cette lettre, l'an après la naissance du Christ, quatorze cent vingt-neuf ans, le samedi avant mi-caréme. »

L'empreinte du cachet porte les mots S. Friel Gen/leisch autour d'un écusson sur lequel on distingue un petit bonhomme paraissant tenir une canne à la main. Ce cachet ressemble, bien que sans être complètement pareil, au sceau en cire verte appendu par Jean Gensefleiscb, dit Gutenberg, à un titre en parchemin que la Bibliothèque possédait déjà et par lequel le chapitre de Saint-Thomas de Strasbourg a prêté, en date du 15 des kalendes de décembre 1442, une somme de 80 livres audit Jean Gensefleisch, le Gutenberg historique.

Il convient de remarquer que le nom deFriele (Frédéric ou Fridolin?) inscrit sur le document nouvellement découvert, est celui de plusieurs membres de la famille Gensefleisch : selon les uns, le père et selon une généalogie, sans doute plus exacte, l'oncle de l'inventeur, le portaient, ainsi qu'un frère et un cousin de Jean. — La date de 1429 donne, en outre, quelque importance à cette pièce, parce qu'elle semble prouver que dès cette époque la famille Gensefleisch, non-seulement avait des représentants à Strasbourg, mais qu'elle jouissait dans cette ville d'une certaine considération, attestée par ce fait que le magistrat entrait en relation d'affaires avec l'un de ses membres.

Ce reçu signé par Friele Gensefleisch, de Mayence, a été retrouvé, par les soins de M. Brucker, le consciencieux archiviste de la ville, au milieu de ce même fouillis de vieux papiers successivement déposés dans les greniers des grandes boucheries, puis dans une salle dépendant de la Bibliothèque et que j'ai récemment restitués aux archives municipales parmi lesquels M. le professeur Jung avait déjà précédemment découvert le titre de 1442. Aie. Salm.

Bibliothécaire de la ville de Strasbourg.

REVUE DES ARCHIVES

Aiftivi; (Suite)

Avant de commencer la série b, une des plus importantes des archives civiles du département de l'Aisne, nous croyons devoir donner quelques détails sur les fonds qui la composent. Nous tirerons nos renseignements de l'excellente notice que M. A. Matton a placée en tête de l'Inventaire.

Les Archives du bailliage royal et de la prévôté de Ribemont, celles des greniers à sel d Aubenton, de Guise et de Vervins. et de beaucoup de justices seigneuriales, ont été adressées de Vervins aux archives départementales, et la plupart classées en 1855 et en 1856. Il en fut de même pour les archives du bailliage de Marie. Enûn, en 1865, le préfet ae l'Aisne, Mr Castaing, a fait réunir également au dépôt général les archives de la Chambre des comptes de La Fère. du bailliage de cette ville et de celui de Chauny.

Les archives de la Chambre des comptes de La Fère remontent au mois d'octobre 1312. Elles nous font connaître le mobilier, la vaisselle d'or et d'argent de Marie de Luxembourg ; les dépenses de bouche et le personnel du duc de Vendôme en 1531 ; les tableaux possédés par la famille de Bourbon en 1551. « Ce fonds n'est qu'un résidu de celui d'autrefois et ne paraît avoir été conservé que par suite de sa confusion avec les archives judiciaires de La Fère. »

En 1864 et en 1865 les archives des maîtrises des eaux et forêts des villes d'Aubenton, de Guise, de Château-Thierry, de La Fère, de Chauny, Soissons, etc., ont été restituées au déparlement de l'Aisne. « Des documents trouvés aux mairies de Chauny et de La Fère ont servi à les compléter. Les arpentages et les plans de propriétés, les devis de constructions et de réparations, les réceptions de travaux entrepris par les communautés civiles, ecclésiastiques el charitables, y tiennent une notable place, et l'on est tout étonné d'y trouver des renseignements précieux pour l'histoire militaire de nos contrées pendant la guerre de trente ans. •

Les archives de l'intendance de Soissons ne datent que de la fin du XVll« siècle, mais elles présentent un grand intérêt pour l'histoire des institutions et des finances. L'intendance d'Amiens comprend 67 articles, « qui font connaître les origines de la construction du canal de Picardie et les mesures adoptées pour protéger le commerce des toiles, linons et batistes de Saint-Quentin, qui avait pris, dès le XVlIe siècle, une extension considérable. » Le fonds de la subdélégation de Marie ne comprend que 14 articles relatifs aux constructions et réparations de presbystères et d'églises. Le bureau des vingtièmes, qui fait suite aux élections de Guise, de Château- Thierry, et au bureau des finances de Soissons, donne des renseignements précieux polir la topographie d'un nombre considérable

de territoires de paroisses et les modes de répartition de l'impôt foncier qui grevait surtout le Tiers-Etat.

Tel est à peu près le résumé des fonds qui composent les archives civiles du déparlement de l'Aisne. Nous ferons remarquer à nos lecteurs que les documents du bailliage de Ribemont sont d'un haut intérêt pour l'histoire religieuse de la Picardie et l'état- civil des protestants aux XVII* et XVIIIe siècles. Nous n'avons pu citer que les plus curieux et les plus piquants et nous conseillons à nos lecteurs de recourir a l'inventaire.

Séihe B (non terminée, 24 feuille?)

Bailliage royal de Ribemont : transcription des Édils, lettres patentés, ordonnances du Roi, arrélset règlements du parlement de Paris adressées au Bailliage, de 1731 à 1790 ; — Causes du Roi, parmi lesquelles: Marie-Madeleine Gaudry est instituée garde noble de son fils Marie- Jean- Antoine Nicolas de Condorcet, âgé d'environ deux mois et demi (3 décembre 1743) ; Acte d'émancipation de Condor cet, revêtu de sa signature (17 novembre 1757); Lettres de provision de l'office de lieutenant-général du bailliage de Guise, accordées à Jean-Benoit-Nicolas Desmoulins (père de Camille Desmoulins) ; — Réceptions d'officiers de justice royale et seigneuriale : on y remarque celles du lieutenant des musiciens et maitrede danse du bailliage de Ribemont ; — Lettres de provision et réceptions: notaires, baillis, lieutenants de justice royaie et seigneuriale, etc., de 1736 à 1786 : on y remarque un brevet accordé a un sieur Délabre, d'Orange, comme « médecin pour les usines, botauiste, herboriste, à l'effet de faire une composition de ses remèdes pour les vendre et débiter dans toute l'étendue du royaume -? » — Insinuations, actes de toute nature, concernant un nombre considérable de familles, donations, testaments, contrats de mariage, etc. etc., de 1618 à 1788 : l'un de ces actes, de l'an 1636, donne des renseignements très-intéres- . sants sur la prise et l'occupation de Ribemont par les Espagnols; nous citerons aussi; contrat de mariage de François de Blondel, écuyer, seineur des Croisettes, (constructeur de la Porte St- Denis), aide de camp es armées du roi, son ingénieur ordinaire, lieutenîint commandant une de ses galères dite la Cardinale, avec Anne de Billy ; contrat de mariage deJ.-Ff. de Marillae, brigadier des armées du roi, avec Marie Françoise de Beauvillier de Saint-Aignan ; autre d'Antoine de Caritatde Condo'rcet. capitaine au régiment de Barbancon cavalerie (père de l'illustre savant), avec Marie-Maddeine Gaudry, veuve de Sullerand-Philippe-Etiennë de Saint-Félix, capitaine au régiment de Brissac cavalerie ; — Procès verbaux d'apposition et de levée de scellés, d'inventaires et de ventes de meubles par suite de décès, de 1648 à 1781 ; — Procédures civiles, de 1672 à 1767 : cette partie de l'inventaire, qui ne comprend pas moins de 134 liasses (articles 38 à 172) donne une analyse d'une quantité considérable de documents de toute nature relatifs aux persnones et aux biens : il est à peu près impossible d'en donner une analyse sommaire ; nous y avons remarqué les articles suivants :

Lettres de Govin, curé de Chigny, datées de 1751, se plaignant que Jean Servoisier, de la religion réformée, s'était permis de faire inhumer en terre profane Suzanne Servoisier, sa sœur, et Jacques Servoisier, son oncle, sans'avis de justice et du dit curé, qui réclamait du dit Servoisier le paiement d'honoraires pour l'enterrement et services funèbres. « C'est l'usage dans le pays que je m'offre à prouver aux dépens £e qui il

appartiendra, que les Huguenots payent les honoraires de l'enterrement et services de défunts leurs païens quoiqu'ils les enterrent eux-mêmes en terre profane. Tous lesdits droits et honoraires des Huguenots morts à Crupilly jusqu'à ladite Suzanne ont été payés à mes prédécesseurs et à moy-même aussi bien qu'au clerc ; pourquoi celle-cyseroit-elle exempte? A Proisy, à Faty, à Sains et à Leschelle et à tous les villages voisins où il se trouve de celte maudite semence, les curés et clercs reçoivent ce que je demande, scavoir : six francs pour moy et un écu pour mon clerc, ou la taxe de Mr lé lieutenant. Cette affaire est de conséquence pour moy. Actuellement un nommé Jacques Servoisier, oncle de Jean Servoisier que j'ay fait assigner, est à l'extrémité, et sans doute qu'ils vont encore l'inhumer sans aucune soumission et sans aucune- rétribution au curé et au clerc Ledit Servoisier est malgré cela retombé dans la môme faute,

Suisquc le douze du mois d'octobre dernier, il a inhumé dans son jardin, quatre heures aprè3 midi, Jacques Servoisier, son oncle, dont il est héritier.... et lorsque pour l'éprouver je lui fis demander par mon maître d'école ses honoraires et les miens, il répondit que lorsque j'aurois travaillé il me payeroit. • — Amende de 200 livres pour achat d'ornements religieux réclamés par l'abbaye de Foigny « de diverses personnes qui s'éta/ent permises de chanter dans la filcrie de Marie-Madeleine Lagasse, à Lemé, une chanson de bonne compagnie pendant que le curé de Lemé portait le Saint-Sacrement précédé par la clochette et la lanterne. » — Lettres de Françjis-Nicolas Dulaurent, chanoine d'Origny, indiquant l'étendue des oblig'ations imposées aux chanoines d'Origny-Sainte-Beuoite, la consistance et la valeur de leurs prébendes : • Nous sommes neuf ; nous faisons l'office canonical dans notre église, savoir: matines à 6 heures, 6 heures et demie, et tout de suite primes, tierces et sextes ; l'après-midi, à 2 heures ou environ, nones et vêpres. Il suffit d'assister à un office ou du matin ou du soir pour gagner le journée. La pointe est de 18 deniers par office. Nous avons trois mois de vacances. 11 n'y a point chez nous de grand'messe, excepté le jour de St.-Waast, patron de notre collégiale, et le jour de Pâques, etc. »

Enquêtes et interrogatoires de 1631 à 1788 : Constatations des dégâts causés dans la prairie de Brissy et d'Hamégicourt par le séjour prolongé de trois régiments commandés par D'Erlach, en mai 1649, et le campement de l'armée du maréchal du Plessis entre Ribemont et Séry-les-Mézières, au mois d'août 1650; autres constatations de dégâts causes sur le territoire de Le Hérie La Viéville par différents corps d armée tant ennemis que français de 1653 à 1660 , enquêtes sur les limites des territoires de Monceau sur- Oise et de Flavigny-le-Grand, constatant que l'abbaye de Mont-Saint-Martin n'a été habitée, lors des guerres de Louis XIII et de Louis XIV contre l'Espagne, que par un seul moine, le Père Miste, qui allait dire la messe à Nauroy et à Estrées-en-Arrouaise ; érection des seigneuries de Thenelles et Regny, relevant de Ribemont, en comtés; leur consistance, leurs revenus variant de 5 à 6000 livres, a et capables d'entretenir le hors et la qualité de comte » ; Perception du droit d'étalage sur les « marchands de rubans et autres merciers convenables pour la jeunesse qui danse et se divertit à la fête patronale de St.-Jacques et St. -Christophe, à Fesray. »

Plumitif des audiences du bailliage^ de 1581 à 1788. — On remarque dans cette série : Acte de notoriété des affaires du bailliage de Ribemont délivré le 21 juin 1616, à Pierre de Blois, commis au greffe, constatant qu'au 1er août 1615 « on commença ès environs dudit Rrbemônt à lever des troupes tant de part que d'autre, et de lâ en avant les choses se troublèrent tellement que le chasteau de Surfontainc,à une lieue

dudit Ribcmont fut surpris par le P. de Tout (De Thou) qui Ta tousjours tenu et occuppé depuis courant et fourageant le pays et empescbant l'accès en ladite ville de Ribemont, en telle sorte qu'on ny pouvoit point venir que avecq péril et hazart, n'ayant audit Ribemont aulcune garnison de gens de guerre, l'armée de M. le Prince aiant esté loger au mois de septembre veu aux environs... Le pays a esté travaillé et cuzé par la garnison de Castelet, de Ghaulny et aultres lieux et des voleurs qui ont régné durant ledit temps, mesme durant les cessations avecq grand danger, ce qui a fait que les affaires ont esté après ça pluseurs délaissées n'osant aussi les sergents aller par les champs à cause de la malice du temps.... Les officiers de justice ont à peine gagné pendant cet intervalle de temps le tiers de ce qu'ils avoient auparavant, estant vrai que durant le mois d'août susdit, septembre et octobre ensuivant, il ne s'est faict affaire quelconque en justice et font peu de chose du depuis. • — Ordonnance du lieutenant général au baillage qui enjoint aux officiers dudit bailliage de se retirer à Guise, pour ne pas tomber entre les mains des ennemis du Roi. - Ordonnance enjoignant auxdits officiers de retourner en la ville de Ribemont, protégée par 25 soldats qu'elle entretient à ses frais et par le voisinage de Saint-Quentin où des compagnies du régiment de Piémont tiennent garnison. — Autorisation donnée par le duc de Guise de construire un fort à Ribeauvillc, pour exempter les habitants de ce hameau d'aller monter la garde à Aubenton. — Etat désastreux du pays, résultant de passages fréquents de troupes qui ont empêché les semailles et la récolte des blés, lesquels ont été mangés ou foulés aux pieds par les chevaux de l'armée du maréchal de Gassion; pillage de villages de la prévôté de Ribemont par l'armée espagnole, en 1636 ; incendie du bourg Saint-Michel par la même armée, avant la bataille de Rocroy ; les paysans, qui ont toujours les armes à la mains, ne souffrent aucum exploit, contrainte, exécution, « ains font des rébellions dans toutes rencontres et même à la face des juges, le malheur du temps donnant lieu à telles et autres mauvaises action*, dont les coupables ne peuvent être à présent châtiés ni punis, ce qui a causé que la plupart des assignations ont été permises au son du tambour. Les sergents ne peuvent faire leurs charges au delà de la rivière d'Oise. » — Acte de notoriété constatant que le village de Parpeville et l'abbaye de St-Nicolardes-Prés de Ribemont ont beaucoup souffert, en 1650, par le campement commandé pendant un mois à Ribemont par le maréchal Du Plessis. « Il ne restoit aulcune chose d'entière que les murailles, comble et couverture de l'église. » Tous les bâtiments et maisons de Sery ont été décomblés. Parpes a été pillée deux fois par les ennemis et a considérablement souffert du campement du corps commandé par d'Erlach. Les incursions continuelles des armées françaises et ennemies empêchent l'exercice de la justice. Les villages sont* in habités. Les of liciers du Roi et les écheviusont été dépouiLés. La disette et le mauvais air occasionnés par la présence des armées ont fait périr les deux tiers des habitants de Ribemont ; cette ville a été brûlée en partie par les troupes ennemies commandées par le prince de Gondé. Elle a été réduite de 500 feux à 80 ménages, dont la plus grande partie était au pain de son, orge et avoine, et surchargée de contributions. — Actes de notoriété constatant l'obligation imposée judiciairement aux propriétaires, dans la prévôté de Ribemont, de diminuer et même d'abandonner parfois entièrement les fermages, à cause des dégâts causés par la guerre qui a motivé au mois de mai le campement à Ribemont des troupes de l'archiduc. - Les baux à ferme tant de cette prévosté que dans le duché de Guise qui en fait partie, et mesme dans la prévosté roialle de Saint Quentin voisine et

continue de celle dudit Ribemont, sont demeurés sans exécution, s'estant d'eulx mesmes défaitz et résoluz par l'impuissance des fermiers, en sorte que les prix en diminuant sont cessés pour la plupart, et sy quelques

Sièces de terre ont esté labourées en quelques vilages conservées, les iminutions, rabays et remises y ont eu lieu, de gré à gré, sinou par l'autorité de la justice. » Acte de notoriété constatant qu'Antoine Carlier a perdu ses papiers de famille en 1650, lors du pillage de Ribemont par le3 troupes espagnoles, et en 1653 lorsque M. le Prince « prit son quartier à Ribemont pour le siège de Rocroy ; les ennemis les ayant jettés dans la rue », il n'en a pu recouvrer aucun étant de retour du château de Moy, où il s'était réfugié. — Acte de notoriété constatant que les armées ont établi leur campement à Fonsommes, village incendié en 1636 • par l'armée espagnole, commandée par le prince Thomas et Jean de Vert, et toujours depuis tant que la guerre a duré et notamment depuis l'entrée des Erlacqsen France, et l'année 1650 signalée par le siège de Guise, qui a causé la ruine totale de la province, notamment des villages de Fontaine et Feulaine, lesquelles armées, courses, passages et repassages, campements des ennemis, lesdits villages comme tous autres voisins ont eslés entamés et ruynés, ce que l'on nouvoit avoir empouillê entre deux alarmes fourragé, emporté et dissipé, les propriétaires n'ayant point joui de leurs biens demeurés la pluspart tous les jours incultes et en rietz. » Autre acte constatant que les registres de l'état civil de Fressancourt ont été lacérés en 1636 par des soldats français campés dans ce lieu. — Copie du contrat de mariage de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, avec Charlotte Godefride-Elisabeth de Rohan- Soubise. — La princesse de Condé, dangereusement attaqués de la petite vérole à Versailles, n'ayant pu être transportée chez elle, défense est faite aux musiciens de jouer du violon, soit en public, soit chez eux.

— Défense de jouer des instruments tant que durera le deuil par suite de la mort du Dauphin (1C65).

Sentences sur pièces vues, de 1584 à 1778. Ou y remarque : Informations constatant les jeux et divertissements en usage chez les jeunes gens; — entérinement de lettres de rémission accordées à Jean Gumbart, auteur de l'homicide d'Enguerrand de Colnet, gentilhomme verrier ; — condamnation de Jean Druet, fabricant de fausses monnaies, à être pendu et étranglé, <• tant que mort s en ensuive en une potence dressée sur le marché de Ribemont, >> après avoir été soumis à la question ordinaire et extraordinaire : ses biens sont confisqués au profit du Roi ; — défense aux habitants des bourg3et villages du ressort du bailliage de Ribemont de porter l'arquebuse avant le lever et après le coucher du soleil, « pour erapcscher à l'avenir les habitants de s'entretuer les uns les aultres sur les moindres querelles » ; — rétablissement d'un moulin à papier à Mézières, près d'un pont détruit par le corps d'armée du maréchal de La Ferté ; — réparations de la nef de l'église de Bernot et du chœur et cancel de l'église de Proisy ; — mise à exécution de substitution faite par le testament de Louis-Henri, duc de Bourbon, en faveur de son fils aîné et des aînés mâles de sa famille à perpétuité, du duché de Guise, comté de Ribemont, baronnie de Rumigny et comté de Clermont ; — entérinement de lettres de la chancellerie qui autorisent la rédaction des papiers terriers de Ribemont, de Viilers-lcz-Guise et du fief Dauttecourt, sis à Vaux-en -Arrouaise ; — payement des réparations faites aux églises et presbytères de Wiége et de Faty ; — autorisation de rédiger le papier terrier des seigneuries d'Iron et de Lavaqueresse ;

— formation en corps de jurande de marchands drapiers-merciers toiliers de Guise ; etc., etc.

Expertises", de 1692 à 1788. Noos y .ferons remarquer : travaux de maçonnerie a laire au château de Brissay ; réparations à faire à des églises, à des abbaves, à des moulins, à des châteaux; constataiiou des dégradations au eitâteau de Le Mène- la- Viévil le ; visite des murs de l'anbaye d'Origny-Sainte-Benoîte ; estimations de réparations à faire à l'abbaye, aux églises et bâtiments dépendant de l'église de Saint-Nicolasdes-Prés de Ribemont; estimation et arpentage d'immeubles. — Baux judiciaires, adjudications, de 1588 à 1773. Nous citerons seulement un extrait des registres du Conseil du prince de Coudé et de la duchesse de HanOvre. concernant les réparations à faire aux prisons de Ribemont.

Procédures criminelles, de 1667 à 1789. Celte série contient de curieux documents, parmi lesquels on remarque les suivants : Condamnation à 40 livres d'amende d'Elisabeth Jasse, veuve de Jean Lecreux, nouvelle convertie, qui avait déclaré qu'elle se confessait à Dieu et non aux hommes. — Procès instruit, en 1686, contre le cadavre de Judith Haution, nouvelle convertie, qui avait refusé les sacrements de l'Eglise et déclaré qu'elle voulait mourir dans sa première religion : le lieutenant criminel de Ribemont, requis par Gilbert Ponthois, maire de Proisy, à cause de la contagion qui avait déjà fait succomber une vingtaine de personnes, ordonne l'inhumation, « n'ayant pas de lieu ni de prison commode pour mettre la défunte »• mais une autre sentence rendue peu de temps après ordonne que le cadavre sera attaché la téte en bas à une charrette, promené par la principale rue de Proisy pour être ensuite jeté à la voirie. — Procès instruits contre des religionnaires fugitifs de Venérolles, Saint-Quentin, contre Marie Bonnelle, âgée de 60 ans, femme de Nicolas Moreau, vigneron à Villers-le-Sec, qui allait avec ses enfants rejoindre son mari absent du pays, pour éviter de payer* l'amende de 50 livres prononcée contre lui comme détenteur en sa maison d'un livre de Psaumes trouvé par le bailli de Villers-le Sec : Delafitle, gouverneur de Guise, fait donner les 5 louis d'or que cette femme avait sur elle aux auteurs de son arrestation (1687). — Permission d'inhumer Je cadavre de Pierre Lecreux, habitant de Proisy, mort dans les sentiments d'un vrai relaps, ayant déclaré au curé que sa dernière volonté était de mourir dans la religion réformée (1689». — Assemblées tenues la nuit, en 1689, par les nouveaux convertis de Lemé qui n'assistaient point au service divin. L'un d'eux, Daniel Lobgeois, a chanté des psaumes chez lui, annonçant la tenue de leurs assemblées en sifflant. « Ils avoient receus des nouvelles de Hollande qui estoient bonnes, et ils espéroieut qu'au mois de may prochain ils auroient autant le dessus comme ils avoient eu le dessous, et qu'il nefalloil pas se lasser de prier Dieu, mesme faire des prières de six heures, alin que Dieu abîme le Roy et Monseigneur le Dauphin quand ils iroient combattre les Anglois et Hollandois, et que si ils avoient un peu d'avantage, ils s'assembleroient vers cinq cents dans le pays, en deux fois vingt-quatre heures, pour mettre le feu partout, et quelqu'un d'entre eux lit response que au lieu de cinq cents ils en trouveroieut plus de mille, mesme que les femmes metteroient aussi le feu partout. » - NicolasJoly,en qualité de princedes garçons, à Luzoir, devait être prié aux premiers honneurs des liançailles avec ses compagnons et recevoir ia bienvenue. — Plainte de Gharle3 Brodart, seigneur de Landifay, contre Sébastien Lambert, curé du même lieu, qui lui avait demandé dans sou église si c'était lui qui empêchait le service divin et le clerc de mettre son surplis. — Incarcéralion, en 1701, de Jean Bize, nouveau converti, accusé de « dogmatiser et séduire les catholiques. » — Refus par les nouveaux convertis d'envoyer leurs enfants à l'école et aux instructions religieuses : condamria-

tions prononcées contre eux. — Coup d'éventail donné, en 1714, par Mu# Garanger. fille du procureur du Roi en l'élection de Guise, à MUo Lèvent, fille du président de l'élection de Laon. — Assassinat à Guise de Jacques Deslile par Antoine- tenace Duchesne, lieutenant au régiment de Courtray,en état d'ivresse (1718). — Plainte de Jacques Cadet, curé d'Esquehéries, contre la femme dePrudhommeau, qui avait laissé mourir son mari dans la religion réformée. — Coups donnés à Nicaise Delval, qui s'était permis, avec plusieurs garçons de Buironfosse, de dételer un des chevaux attelés à une charrue de* Prudhomme, laboureur, sous le prétexte qu'il fallait assister à la messe et ne pas cultiver la terre le jour de Saint- Eloi, patron des laboureurs (1722). — Coups échangés entre Nuibail et Delhaye, le jour de la l'Ole de Saint-Nicolas, dans un cabaret où les garçons d'Escaufourt s'étaient réunis en présence du maire pour élire un prince de la jeunesse, suivant l'usage. Ce prince a"e( la jeunesse précédait les jeunes gens, faisait la révérence au seigneur et conduisait une jeune fille à la danse, L'adjudicatiou de la dignité de prince était faite au dernier enchérisseur ; elle fut faite à Antoine Delhaye, pour son fils, moyennant 4 livres 5 sous (1723). — Procédure instruite contre Marie-Madeleine Lamarque, qui s'était mise à rire peudant le sermon du curé de Renansart, lequel disait entre autres choses que les garçons venaient à l'église comme des troupeaux d'oisons. Le curé, interpellant ladite Lamarque, la traita d'impertinente et lui dit qu'elle insultait Jésus et qu'elle méritait qu'on la chassât de l'église, etc. (1723). — Atteinte a la considération d'Antoine Fagon, évôque de Vannes, abbé de Bohéries, par Jean Mortier, seigneur de Montigny-en-Arrouaise (1733). — Poursuites exercées contre Madeleine Vignon, qui s'était permis de dire dans l'église de Ribemont aux filles congréganistes qui venaient de chanter un cantique et qui riaient ensuite en entendant chanter ladite Vignon : « Pour des congréganistes, il ne convient point de rire dans l'église de la façon; aussi est-ce pour cela que l'on en voit sortir un si beau flot et jeter un si beau coton. » (1735.) — Permission d'inhumer en terre profane le cadavre d'Abraham Copeau, protestant à Esquchéries, accordée par le lieutenant criminel de Ribemont, qui ordonne néamoinsde donner 4 livres 10 sous au curé pour ses honoraires (1735). — Opposition par les maire et échevins de Landifay à la célébration des offices par leur nouveau curé, sous prétexte qu'il n'avait pas été reçu par les habitants (1736). — Fausse accusation de sorcellerie contre Mûrie Rrazier, auteur présumé de la mort de Madeleine Rigault, sa belle-sœur, femme de Martin Brazier, par l'attouchement de deux œufs provenant de ladite Brazier. — Déposition d'Antoine-Philippe de Chauvenet de Lesdins, capitaine au régiment de Cambix-infanterie, contre Maubert, qui avait dit à Saint- Quentin que le Roi pouvait imiter Louis XI eu décimant le Parlement (1755). — Réunion en un môme corps des marchands drapiers, merciers, bijoutiers, quincailliers, lingers, parfumeurs, ferronniers, de Guise. — Refus par Jacques Tabac de s'agenouiller devant le saint Viatique (1778). — Procédure criminelle instruite, en 1779, contre Nicolas Lévéque, maçon, qui s'élait avisé de blanchir et effacer les titres, ceintures et armoiries de la tombe de Catherine-Hélène de Sabrau, abbesse d'Origny-Sainte-Benoite, morte au mois d'octobre 1773; etc., etc.

Mémoires % déclarations et taxes des dépens des procès soutenus de 1061 à 1789.

(La suite au prochain numéro.)

chronique:

Les directeurs des domaines doivent rendre aux archives départementales tous les documents antérieurs â 1790 qui avaient été autrefois remis aux agents du domaine pour la liquidation et la vente des biens nationaux. Ces restitutions se sont accomplies dans divers départements, entre autres l'Allier, la Seine-Inférieure, etc. Pareille formalité a eu lieu dernièrement pour celui du Nord. Nombre de documents ont été cédés aux archives départementales par les bureaux des receveurs du domaine d'Avesnes, de Landrecies et de Cambrai. Voici la liste des plus importants, qui consistent généralement en registres anciens, ch.tssereaux et cueilloirs :

Bureau d'Avesnes : Registres des recettes des saisies réelles (fin du xvme siècle) ; des saisies et recharges (1761 à 1790) ; des saisies réelles (1772-1790) ; etc

Prévoté de Maubeuge : Registres des saisies réelles (1697-1701) ; des rencharges (1704-1730) ; etc.

Bailliage du Quesnoy : Registre général des biens saisis en vertu de commission du bailliage ; Grand livre d'enregistrement dessaisies réelles, de 1705 à 1717; Plan du terroir et de la seigneurie de Raix ; Sommier des biens et revenus de l'abbaye de Maroilles ; Fermage de la môme abbaye ; etc.

Bureau de Landrecies : Registre des biens possédés par l'abbaye de Maroilles (antérieur à 1790).

Bureau de Cambrai: Sommier des revenus et des arrérages, et rentes seigneuriales de l'archevêché; — Titres des fermiers de l'abbaye de Saint-Aubert ; — Chassereau des fermages, des revenus et des rentes de l'abbaye de Canlimpré ; — Chassereau des rentes du couvent des Carmes ; — Chassereau des revenus du Collège de Cambrai ; — Terrier de la seigneurie de Beugnies ; — Carlulaire des dîmes du chapitre Saint-Céry ; — Cartulaire de Thun-Saint-Martin; — Comptes de la corporation des cuisiniers à Cambrai ; — Inventaire des titres du domaine de la ville ; — Chassereau des revenus des Dames du Saint-Sépulcre ; — - Registres et cartulaires concernant le Béguinage de Cambrai, la Congrégation de Saint-Antoine de Padoue, l'abbaye d'Honnecourt, les Dames de Saint Lazare, l'abbaye de Prémy, l'abbaye de Vaucclles, le chapitre de Walincourt, l'église de Saint-Nicolas, etc. ; — Baux des biens des émigrés ; — etc., etc.

Pour tous les articles non signés : Etienne CHARAVAY.

AbbevUle. - Imp. P. Briez.

N<» 143 et 144. — 6« Année

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