‹ L'Amateur d'autographesChapitre 161 sur 175 · ET 16 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

ET 16 DÉCEMBRE

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AVII

Le présent numéro contient la Table analytique des matières contenues dans Tannée 1867 de l'Amateur d'autographes,, Nous y avons fait entrer par ordre alphabétique tous les académiciens contenus dans notre Liste, ce qui donne à cette table un nouvel intérêt. , \

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MlCHELlk (le docteur Maximilien).

Nous devons diriger le 3 février prochain la vente de la collection d'autographes du Df Michelin. Nous avons pensé qu'il était de, notre devoir de consacrer quelques lignes à cet amateur distingué, et nous if avons pas cru pouvoir mieux faire que de reproduire en partie l'excellente notice qu'un savant distingué, dont la ville de Provins s'honore à juste titre, Mf. Félix Bourquelot, professeur à l'Ecole des Chartes, a publiée sur le docteur Michelin, son ami, dans une feuille locale, en 1864 :

Edme-François-Maximilien Michelin naquit à Provins, le 3 août 1788. Sa famille était ancienne dans le pays, et on peut l'y suivre en remontant jusqu'au xvi« siècle. Son père exerçait la profession d'orfèvre; son grand oncle Louis Michelin, connu par ses œuvres poétiques et par les disgrâces qu'elles lui valurent, fut imprimeur à Provins, depuis 1758 jusqu'à 1793, qu'il obtint l'autorisation de transporter son imprimerie à Melun. Sa mère, veuve d'assez bonne heure, épousa eu secondes noces (1803) M. Choiselat, qui, abandonnant la carrière d'abord choisie du notariat, reprit les affaires de la maison Michelin, fut nommé président du tribunal de commerce, puis receveur municipal, et devint enfin juge de paix du canton de Provins.

La première enfance de M. Michelin se passa dans sa ville natale, où il semble avoir eu d'abord pour maître, non point, comme on l'a dit, M. Génégal, auquel un grand nombre de Provinois doivent les commencements de leur instruction, mais un pédadoguo nommé Roglet. Il demeura ensuite quelque temps au collège de Provins, qui avait alors pour principal M. Gamin. C'est lui-même qui nous l'apprend dans un des articles publiés sous le titre de : La Bibliothèque de Provins. Plus tard il fut envoyé par ses parents au collège de Meaux, dont le directeur, M. Pihet, était en renom pour son habileté aussi bien que pour sa sévérité.

On conserve plusieurs bulletins de travail et de conduite donnés à l'élève Michelin pendant son séjour dans l'établissement de M. Pihet, et des exemptions qu'il avait méritées. Il résulte de ces pièces, en môme temps que du témoignage de ses condisciples, qu'il manifestait dès lors une véritable aptitude pour les occupations de l'esprit, qu'il se livrait avec ardeur au travail, et que ses efforts étaient récompensés par le succès. Lorsqu'en 1805, Napoléon vint à Meaux, ce fut le jeune Michelin qui composa le compliment en vers latins adressé par le collège au nouvel empereur. La pièce a été imprimée et quelques personnes en conservent encore de rares exemplaires.

M. Michelin dut quitter les bancs du collège vers l'année 1807. Il se prépara alors au baccalauréat ès lettres, et fut reçu bachelier le 21 août 1812, à l'âge de vingt-quatre ans. L'année suivante, nous le trouvons engagé dans l'étude et la pratique des langues orientales, et suppléant M. Audran, professeur titulaire, dans sa chaire d'hébreu au Collège de France. Quelles circonstances particulières, quels entraînements intimes ou extérieurs, quel espoir d'avenir avaient poussé M. Michelin dans cette voie? Je l'ignore ; ce qui parait certain, c'est qu'il se mit au travail avec beaucoup d'énergie, et qu'une fois en possession d^s con • naissances nécessaires, il visa, soit au professorat, soit aux fonctions d'interprète. Il fut ou il faillit être {je manque à cet égard de renseignements positifs) attaché à l'ambassade que l'empereur Napoléon se proposait d^envoyer en Perse, et qui reçut contre- ordre. Il voulut même partir avec l'ambassadeur persan Asnéri-Khan, dont il était devenu le familier pendant son séjour à Paris, et qui fut obligé de s'éloigner subitement; mais sa mère, pour laquelle il eut toujours une grande affection et une déférence profonde, s'opposa de toutes ses forces a la réalisation d'un projet qui devait le tenir si éloigné, et il céda. D'autre part, il réussissait parfaitement dans ses travaux scientifiques: M. Audran, dans une lettre adressée au ministre de l'instruction publique, fait un vif éloge de l'étendue de ses connaissances, et surtout de sa facilité à faire des élèves, et il cite un exemple éclatant de ses succès à cet égard. M. Michelin déchiffra et copia plusieurs manuscrits des Aphorismes d'Hippocrate écrits en caractères rabbiniques, et il avait formé, avec

MM. Audran et Marcel, le dessein malheureusement resté sans résultats, de publier cet ouvrage dans les différentes «langues de l'Orient. Les louables efforts du jeune linguiste attirèrent l'attention et la bienveillance de M. Lefèvre-Gineau, administrateur du Collège de France, qui lui

\ accorda, dans les bâtiments du collège duïPlessis, un logement dont les

avantages purent être partagés par le frère et par quelques amis de

il M. Michelin.

C'est à cette époque laborieuse que se rapporte un trait raconté par lui-môme dans sa thèse de doctorat en médecine, et où on le voit en quelque sorte en exercice dans un des amphithéâtres du Collège de France. Au milieu d'une leçon, une discussion s'éleva sur la chronologie de Daniel, et un juif polonais qui y avait pris part, ayant été injurié par un prêtre italien et ayant été frappé d'apoplexie, M. Michelin donna au malade des soins assidus pendant les quinze jours qu'il survécut, et cette circonstance lui ouvrit le lieu secret où les Israélites lavent, purifient et habillent leurs morts. On distingue ici, comme dans ses travaux sur Hippocrate, un signe du goût, encore probablement sans but,

qui portait le brillant orientaliste vers les études médicales.

L'Empire était à son déclin. M. Michelin fut requis à diverses reprises d'entrer dans l'armée, et plusieurs fois ses parents firent des sacrifices considérables pour le soustraire aux exigences du recrutement. 11 existe des lettres de M. Audran, de M. Lemaire, au ministre, dans lesquelles des dispenses sont sollicitées en sa faveur, à raison des services qu'il peut rendre à la science et à l'enseignement. Néanmoins, il fut désigné pour entrer dans la garde d'honneur au mois de mai 1813 et il eut fait partie effective de ce corps/si un^mariage 'célébré à propos ne fût venu le délivrer.

Ce mariage sauveur date du 13 octobre 1813. M.Michelin eut le bonheur de s'unir à une jeune fille accomplie, remaïquable, non seule-» ment par le.- agréments de sa personne, mais par les charmes d'un esprit fin et cultivé, par sa douceur et par la bonté de son cœur. Mademoiselle Caoline Gallien avait pour père un honorable fabricant de bronzes, qui connaissait *M.*Audran. Tout avait été arrangé avec le professeur d'hébreu, pour que sa succession fut acquise au nouvel époux. Mais le moment venu, M. Audran changea de protégé, soit parce que M. Michelin, ennemi des coteries, avait refusé d'entrer dans la Congrégation, alors toute puissante, soit par d'autres motifs, et, au lieu de soutenir la candidature de celui qui avait été longtemps son élève favori, il donna son appui à M. Etienne Quatremère. M. Quatremè^e fut nommé.

On se figure aisément quel coup sensible reçut M. Michelin. Heureusement il possédait une force d'âme, une philosophie qui l'élevaient au dessus de la souffrance. Jamais une plainte ne sortit de sa bouche : en général il parlait peu de lui-môme, et il éloignait avec soin de son esprit et de sa conversation les idées et les souvenirs pénibles. Obligé de renoncer à une carrière qui lui plaisait, il porta ses vues du côlé de la science médicale. On l'avait vu précédemment aborder l étude du droit, et commencer à suivre les cours de l'école de Paris ; mais, se sentant impropre aux arguties de la chicane, il n'avait pas tardé à abandonner des travaux sans objet et sans charme. La profession de médecin était d'ailleurs celle qui répondait le mieux aux besoins de sa nature aimante, et au désir profond d être utile aux autres que son cœur renfermait:

Il se mit résolument à l'œuvre, il s'initia aux secrets de la chimie et de la physique ; il continua les recherches de minéralogie et de géologie

qu'il avait dès longtemps entreprises et pour lesquelles il avait un goût particulier ; il étudia à fond les branches diverses de l'art qu'il 3» proposait d'exercer, et à la fin du mois d'août 1819 il fut reçu docteur en médecine.

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