‹ L'Amateur d'autographesChapitre 25 sur 175 · COMPTE.RENDU DE LA VENTE AUG. LAV · texte numérisé non relu

COMPTE.RENDU DE LA VENTE AUG. LAV

La vente de la collection particulière de feu M' Aug. Lav. a eu lieu le 24 mars par les soins de Mr G. Charavay. Elle a produit 1810 fr. La plupart des pièces se sont fort bien vendues. Voici quelques-uns des prix les plus élévés: Balzac, 10 fr. ; Béranger, une chanson, 25 fr. ; Boulïlers (nu 17), 1 1 fr. 50: Cavaignac (le général), 31 fr., très cher ; Charles VIII, 18 fr. . Charles-le-Mauvais, 11 fr. ; Cossé- Brissac, 16 fr. ; Decamps, 9 rr. ; Delacroix (Eugj, 10 fr. (n° 52), 7 fr. 50 (n° 53); Egmont (Lamoral d'), 20 fr. ; Eou lie chevalier d*), 12 fr. 50 ; Fénélon, 45 fr. ; François de Sales (S*), véritable relique, jaunie et à jour, ce qui expliqué le prix qu'elle a atteint, 22 fr. ; Godefroy, 22 fr. ; Henri II, 19 fr. ; Ingres, 8 fr. ; Lamartine, 40 fr. ! jamais les autographes de l'illustre poète ue s'étaient vendues un

prix si exorbitant; Lekain, 16 fr. ; Louis XI, 8 fr. et 11 fr. 50 ; Louis XVI, le contrat de mariage, 30 fr. ; Marie-Thérèse, 15 fr. ; Mélanchton, 20 fr. ; Mirabeau (le c* de), 13 fr. et 14 fr. ; Monck,

13 fr.; Napoléon l«p(n° 118), 19 fr.; Pellisson-Fontanier, 2? fr.; Perrault (Ch.), 80 fr., un beau prix; Pompadour, 32 fr. ; Quinault (M"e), 14 fr. 50; Rachcl, 5 fr., 12 fr., 20 fr., 6 fr., 9 fr. 50, 3 fr. et 5 fr.; Renan, 6 fr. 50, 3 fr. 50 et 6 fr. 50; Riquet de Bonrepos,

14 fr.; Saxe (le maréchal de), 12 fr. ; Sergents de la Rochelle, lOfr. ; Shelley, 19 fr. ; Talma, 10 fr. (no 152); Théophilanthropes, 24 fr. ; Vincent de Paul, 45 fr.,50fr., 39 fr., 33fr. (n«*168 et 1 69), 4fr. 50, 5 fr. 50, 2 fr., 7 fr., 28 fr., 9 fr. 50, 13 fr., 20 fr., 23 fr., 19 fr. 50, 21 fr. et 5 fr. 50 ; la plupart de ces pièces étaient dans un état trèsfâcheux, piquées des vers et jaunies ; les sermons seuls étaient propres, et se sont vendus très bon marché ; Voltaire, 40 fr., 16 fr. et 8 fr. 50 ; Wilkie, 10 fr. ; etc., etc.

17 mars 18G6.

Monsieur,

Permettez-moi de rectifier UDe erreur contenue dans la chronique de la livraison du 16 mars de votre Amateur d'autographes. Ce n'est point Mp Michel Lévy qui intente un procès aux auteurs ùeFior d'Aliza (opéra joué au théâtre de l'Opéra -Comique le 5 février). C'est Mr Dent u. Mr Michel Lévy, propriétaire des romans de Mr Alexandre Dumas, n'a jamais songé à intenter de procès au fécond auteur dont il a les œuvres en pleine propriété, lorsqu il a pris fantaisie à celui-ci de les transformer en pièces de théâtre. Il n'a vu dans cette publicité qu'un avantage pour ses opérations de librairie. Mr Dentu semble penser le contraire. Propriétaire par cession et pour quinze années du volume de Mr de Lamartine intitulé Mes confidences, ou se trouve l'histoire de Pior d'Aliza, il parait vouloir contester au grand poète le droit que Mr Michel Lévy a toujours reconnu a Mr Alexandre Dumas, car mon collaborateur Mr Michel Carré ctmoi, nous n'avons agi que d'après l'autorisation de M* de Lamartine, et sans que Mr Dentu ait ju?é à propos de nous instruire de ses prétentions avant la représentation de notre œuvre.

Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Hippolyte Lucas.

NOUVELLES DIVERSES

Le 9e bulletin d'autographes de Mr Gabriel Charavay vient de paraitre. Il se compose, en général, de lettres de célébrités contemporaines.

— Mr J. Charavay aîné prépare son bulletin n° 145, qui renfermera des autographes rares ét curieux. Citons par avance une lettre aut. sig. de Jeanne d'Albret, la mère de Henri IV ; des lettres de Champfort, Campislron,Bernis lie cardinal de), Gaillard, l'historien, Lannes (le maréchal), Fourier (Charles), Verriet (Horace), Blanc (Louis), Léopold II, roi des Belges, etc., et des autographes des

hommes do jour, comme Jules Favre, Giàis B&zoin, Henri Martin, Delangle, Offenbacb, V. Massé, Villemain, Cam. Doucet, etc., etc.

— M. Otto August Schulz, de Leipzig, vient de publier un catalogue d'autographes à prix marqués. Ce sont, en général, des personnages du temps de la guerre de 30 ans. Voici quelques-uns des noms principaux : Gustave-Adolphe, une lettre signée; Grotius (Hugues) ; Guéricke (Otto de>, l'inventeur de la machine pneumatique, 1. a. s. ; Oxenstiern (Axel) ; Papenheim ; Wrangell; les généraux Guéhriant, Turenne, Baner, Gallas, Lamboy, Mello, Mercy, Montecuccoli, Torstenson, Wallenstein, Werth (Jean de) ; — Képler, (Jean); Leibnitz; Mariolte, le célèbre physicien; Saumaise (Cl.); Tscherning (André) ; Schiller ; etc.

— Un écrivain, qui a su conquérir en peu de temps une place brillante dans le journalisme contemporain, Mr. Jules Claretie, se propose de faire une étude sur une des ligures les plus curieuses et les plus sympathiques de notre Révolution, Camille Desmoulins. Historien consciencieux, M*. J. Claretie veut rendre son œuvre aussi complète que possible, et il recueille avec empressement tout ce qui concerne son héros. Aussi fait-il un appel aux amateurs d'autographes qui possèdent des lettres de Camille Desmoulins ou de sa femme Lucile, en les priant de lui en donner communication. Il n'est personne, pensons-nous, qui puisse refuser de coopérer à l'œuvre nouvelle du sympathique écrivain, dont le dernier livre, Un assassin, a obtenu un si légitime succès. — Envover les communications à 31'. Jules Claretie, 8, rue de Paradis- Poissonnière, ou au directeur de V Amateur d'Autographes, qui les transmettra^ qui de droit.

— Mr. Etienne Arago s'occupe en ce moment d'une histoire de Kléber, qui renfermera des détails fort curieux sur cet illustre guerrier. 11 prie les amateurs d'autographes de lui communiquer les lettres du général-en-chcf de l'armée d'Egypte qu'ils pourraient posséder, ainsi que les documents qui lui sont relatifs. On ne saurait trop seconder de toutes ses forces de pareils travaux qui jettent une lumière nouvelle sur les gloires militaires de la Révolution. — Envoyer les communications à Mr. Etienne Arago, Rue La Chaize, 14, ou aux bureaux de l'Amateur d'Autographes.

— En réponse à des objections qui lui ont été adressées, Mr V. Couly, auteur de l'article sur la vie de S*. Louis par Mr Faure, dans notre n° 101, nous prie d'annoncer que lorsqu'il a dit que le tableau du clergé au \m° siècle était ignorance et fanatisme, il n'a voulu parler que du clergé séculier.

— Mr Chéron de Villiers a fait présent à l'Empereur, dit la lie vue des autographes, du manuscritdeLepeletierStFai geausur César q\ïi[ avait découvert.

Ventes diverses : Le 8 mars, a eu lieu à Bruxelles, par les soins du libraire Arnold, la vente des autographes de feu Mr Aug; de Reume, major. Cette collection se composait en général de noms modernes et n a pas dû obtenir beaucoup de succès.

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— Le 8 avril, on vendra, à Theil (Yonne), quelques manuscrits et autographes provenant de la succession de M»e de Sérilly Ce sont des Mémoires sur l'Alsace, des lettres de Mr d'Angers-Villiers, intendant de cette province, de 1716 à 172 desMémoires de la généralité d'Auvergne, la correspondance de M« d'Etigny, intendant des provinces de Guyenne et de Béarn, avec la cour, de 1741 à 1751, etc. — Une note nous apprend que tous ces manuscrits, qui avaient été revendiqués par l'Etat, ont été reconnus la propriété de la succession de Mlle de Sérilly, par arrêt de la cour de Paris du 1 1 décembre

— Mr J.Charavay aîné prépare pour lecourantdu mois d'avril une vente d'autographes qui renfermera d'assez belles pièces, entre autres des académiciens. Nous reparlerons plus en détail de ce catalogue dans notre prochain numéro. Bornons-nous pour aujoud'hui à citer quelques noms : Louis XII ; Louis XIV ; Séguier (Pierre) ; Corneille (Thomas), une quittance; Crébillon père; Vauvenargues ; Voltaire, deux lettres à Vauvenargues; Marmontel : Parny; Chamfort; Florian ; Voisenon ; Bougainville ; Chabanon; Montgault ; Paisiello ; Bourbotte; Théroigne de Méricourt; Quinault |M»#) ; Latour d'Auvergne ; Marie-Clotilde, sœur de Louis XVI; Courier (Paul-Louis); Talhen (M»a) ; Hudson-Lowe ; etc., etc.

Nécrologie : Un jeune compositeur de musique, Mr Gustave- Adolphe Noseda, vient de mourir à MUan,à l'âge do 29 ans. Il laisse, paraît-il, une des plus riches collections connues d'ouvrages et de manuscrits relatifs à l'art musical.

— Un philologue éminent, Mr Ferdinand Wolf, conservateur de la bibliothèque impériale de Vienne, est mort tout récemment dans cette ville, où il était né le 8 décembre 1796. Mr Wolf a publié des travaux fort estimés sur la langue romane et les idiomes qui s'y rattachent, et il était membre correspondant de l'Académie des Inscriptions, depuis 1855.

— On annonce aussi la mort du cardinal Rosti, bibliothécaire de l'Eglise romaine.

CHROIV'IQUE

L'un des événements littéraires de la quinzaine est la première représentation de la Contagion d'Emile Àugier. Des plumes plus expérimentées que la nôtre ont disserté sur cette pièce. Aussi n'en parlerons -nous que pour citer un passage d'une curieuse lettre du célèbre auteur dramatique a Rachel, relatif à un drame en cinq actes, Diane, qui, joué en 1852, obtint peu de succès, malgré les efforts de l'illustre tragédienne. Cette lettre nous a été gracieusement communiquée par un amateur distingué, M'. Albert Bancc.

« Je n'ai pas encore écrit un traitre mot de ma pièce, lui dit il. Voilà cinq jours que je lutte corps à corps avec mon plan. C'est la première fois que je me donne cette peine. Aussi faut-il que je t'apporte une œuvre que tu ne joues pas par complaisance ; si je n'ai pas réussi, tu me refuseras le rôle tout nettement comme tu le ferais au premier venu.

Mais j'espère. J'ai trouvé trois derniers actes dramatiques. Les deux premiers ne sont pas encore tout à fait réglés dans mon esprit ; il me faut trois ou quatre jours avant de commencer à écrire. Cela va me conduire jusqu'au 20 courant. Il ne me restera que 25 jours pour faire mon premier acte. Mais je ferai des efforts surhumains pour l'avoir fini avant le 15 juillet, de façon à pouvoir partir pour Londres. »

Espérons que la Contagion u'a pas coûté tant de peine à l'habile auteur du tils de Giboyer !

fle nous arrêtons pas plus longtemps sur ce sujet, car nous ne sommes pas là sur notre vérilaole terrain, et passons aux découvertes auto-

Sraphiques. Là, il y a véritablement à glaner, mais aussi on peut craiudre 'ajouter foi à des nouvelles parfois trompeuses et erronées. Il y a quelques jours ou pouvait lire ces lignes dans Le Pays : • Un collectionneur vient de découvrir, à la suite de recherches persévérantes, un trésor sur la voie duquel il était depuis deux aus : une collection de vingt-huit lettres de Charlotte Corday, écrites de 1791 à 1793 à deux de ses amis, toutes relatives à des sujets politiques et historiques ou à des événements contemporains. » A cette lecture, grand émoi parmi les amateurs ! et il y avait certes bien de<iuoi. 28 lettres de Charlotte Corday ! mais c'est toute son histoire à refaire : ce sont des documents inespérés qui vont jeter un jour tout nouveau sur la vie de l'héroïne, et l'intelligent chercheur dont nous ignorons le nom, peut se vanter d'avoir fait une belle découverte, à moins que la susdite nouvelle ne soit une mystification !

Une autre pièce inédite de Charlotte Corday a été trouvée par un amateur de Caën : c'est, dit-on, l'original de la lettre écrite à Maral pour lui demauder une audience. Mr. Jules Clarelie doit en donner le texte aux lecteurs de}1 Avenir National. Celte lettre du reste, si toutefois c'est bien celle-là, a été publiée déjà par Mr. Charles Vatel, l'historien de Charlotte Corday.

A tous ces bruits s'en mêle un autre : l'annonce de la vente de l'importante collection de livres, gravures et autographes sur la Révolution Française, que possédait sir Hector Noltingham, mort récemment dans ses terres, près de Halifax. C'est Mr. Ph. Burty qui, dans La Presse^ s'est fait l'écho de ce bruit. « Parmi les pièces les plus curieuses, dit il, on cite des autographes de Mirabeau, de Marie-Antoinette, de Danton, et une longue lettre de Bonaparte à Robespierre, et uue autre plus intéressante encore de Charlotte Corday à l'homme qu'elle aimait à Caen, Mr. Bougon -Longrais. » Sir Hector Nottingham était en effet un des plus grands collectionneurs de Londres ; mais nous ne savons pas si ses héritiers garderont sa collection ou la feront vendre aux enchères. Dans ce dernier cas, il y aura certainement un catalogue, qui nous parviendra sans doute. Aucun de nos correspondants de Londres n'a pu encore du reste nous renseigner à cet égard.

• Le bibliophile Jacob (Paul Lacroix) vient de publier chez Renouard une notice biographique sur Lucien Davesies de Ponïes, avec un portrait gravé par iNargeot. C'est une préface pour les deux premiers volumes des œuvres de ce littérateur distingué, qui a été enlevé si prématurément. Elle est écrite avec cette plume d'or que sait si bien manier le savant bibliophile, et contient des renseignements fort curieux sur les relations de l'illustre Augustin Thierry avec Davesies de Pontés.

Le Directeur-Propriétaire : Jacques CHARAVAY.

AbbevUle. - Iuip. P. liriez.

16 Avril 1860

Bureaux, s rue des Grands-Augustin», Vf*, à Parti

PRIX DE L'ABONNEMENT POUR PARIS ET LES DÉPARTEMENTS

6 fr. | Pour un an

Étranger : le port en sus.

12 fr.

Londres : MM. Puttick et Simpson, 47, Lei

cester-Square.

Dresde (Saxe) : M. Richard Zeune, Priess-

nitzstraese, 16.

La Haye : M. Martinut Nijhoff, 49, Raams-

traat.

Leipzig : M. Otto-AugustSchulz.

Turin : MM. Bocca frères.

Bruxelles : M. Van Trigt. 30, rue S«-Jean Madrid : M. Bailly-Baillière.

S\int-Pétersbouro : M. Jacques Issakoff.

Moscou : MM. Gauthier.

New-York : MM. Bossange et C*«, 94, Beekmann Street.

Les demandes d'abonnemeut et toutes les communications relatives au Journal doivent être adressées, franco, à M. Jacques cil a H a V A Y, mu des Grands- Augustins, 26.

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