‹ L'Amateur d'autographesChapitre 30 sur 175 · LONDRES · texte numérisé non relu

LONDRES

MM. Puttick et Simpson ont fait, à Londres, le 13 mars, la belle vente que nous avons annoncée dans un de nos derniers numéros. Nous devons à leur obligeance de pouvoir donner à nos lecteurs les prix des principales pièces. Disons tout de suite que la plupart ont atteint des chiffres fort élevés, à cause sans doute de leur conservation et de leur intérêt historique. — Amboise (Guyon d'), 102fr. 50; cette lettre n'était sans doute pas du cardinal, qui avait pour prénom Georges et non Guyon ; Anne de Bretagne, lettre seulement signée, 65 fr.; Arioste (Louis), sonnet au'ogr., 62 fr. 50, pièce bon marché si elle est bien de l'auteur de Roland furieux ; Boiardo (Matteo), 100 fr.: Borgia (Lucrèce), 1. s., 137 fr. 50; Borgia (César), l.s., 75 fr.; Calcagni (Tiberio), 112 fr. 50; Cet Uni (Benvenuto), 236 fr. 25 ; Charles VIII, ) s., 53 fr., un beau prix pour une signature ; Comines (Pb. de), 87 fr. 50, bon marché si elle était bien autogr. sig., comme l'indique le catalogue; De Duca, 95 fr.; Edouard IV, l.s., 175 fr.; Mes Romain, 281 fr. 25; Le Guerchin, 137 fr. 50 ; Guichardin, 78 fr. 75 ; Henri VII, l. s., 200 fr.;, /faire VUl < 1. s., pièce importante, 318 fr. 75 ; Jacques IV, roi d'Ecosse, 1. s.,

218 fr. 75- Jules II, 1. a. s., 81 fr. 25; Léon X, 175 fr.; Léonard de Vinci, 103 fr.; Léoni (Diomède), 100 fr.: Mathias Corvin, I. s., 52 fr. 50 ; Médicis (Catherine de), 99 fr.; Médicis (Laurent de), 52 fr. 50, très-bon marché; Michel- Ange, 275 fr.; Paul Veronèse, 137 fr. 50; le P&rugin, 418 fr. 75 ; Raphaël, 287 fr. 50; Richard III, roi d'Angleterre, 1. s., très-rare, 275 fr.; S force (Louis-Marie), 75 fr.; le Tasse, 131 fr. 25; le Titien, 1. s., 262 fr. 50; Vasari, 218 fr. 75 ; Volterre (Daniel de), 268 fr. 75 ; Zwingle, 181 fr. 25 ; Mathilde, la grande, 287 fr. 50 ; etc.

NOUVELLES DIVKHSI S

Le bulletin n° 145 de M. J. Gharavay aîné, dont nous avons parlé dans notre précédent numéro, va paraître. Voici quélques uns des noms les plus importants parmi ceux qu'il renferme : Albrel (Jeanne d'), Catherine de Médicis, pièces historiques; Médicis (Corne de), l'ancien, et Laurent de Médicis,- le magnifique ; Philippe V, roi d'Espagne ; Estrées (Henriette d'), lettre à Henri IV; Elisabeth (Mme), sur le voyage de Varennes ; Bonaparte (Charles de); Napoléon I«r, 1. aut. à l'impératrice Joséphine; Louis XVI et XVlll ; Louis-Philippe et Marie-Amélie ; Léopold 11, roi des Belges. — Rabêlais, 1. a. s. au cardinal du Bellay: Malherbe (Fr. de), superbe pièce ; Le Tasse, sonnet aut. sig. — Bernis (le cardinal de), Cnamrort ; Campistron ; Gaillard (l'abbé); Cabanis; Cuvier; Fourier (le baron); Fontanes; Chateaubriaud ; Lacordaire; Scribe; Guizot, Villemain, Cousin, Vienne!, Nisard, Ste Beuve ; Vigny (Alfred de); Doucet (Cam.). etc. — Collinhal et Dumas; Robespierre (Maximi- Jien), pièce aut. sig. ; Carteaux ; les maréchaux Lannes, Masséna, Lobau, etc. — Retz (le c»1 de) ; Raucourtet Alboni ; Montlosier ; Fourier (Ch.>, sur son système; Lamennais; Pougens; etc. — - Delaroche (Paul), Vernet (Horace) et Delacroix (Eugène); — Blanc (Louis), Favre (Jules), Glais-Bizoïn, Martin (Henri), Ollivier (Emile), About (Edmond), Mcyerbeer, Massé (Vor), Luchet (Aug.), Gratry (le Père), Delangle, Oflenbach, etc., etc.

— Le roi Louis XVI aimait beaucoup les arts mécaniques, et il a daigné confectionner lui-môme des serrures. Un amateur vient d'en découvrir une chez un marchand de curiosités de la rue de Meaux à la Villelte, qui portait cette inscription : Lud.XVI me fecit, Louis XVI ma fait. Il l'acheta 3 fr. 50 et la revendit 2,500 fr. a un grand marchand de curiosités du faubourg Saint-Germain. C'était un joli gain, mais notre heureux cherchenr eut une délicatesse pu'ou rencontre peu souvent et qu'on ne saurait trop louer : il s'empressa de porter 1200 fr. aumirchandde la rue de Meaux qui ne s'y attendait guère, comme vous pensez.

— Un amateur qui signe : un de vos plus anciens et plus assidus abonnés, nous a écrit pour nous faire une réclamation, et rectifier une erreur c(uc nous aurions commise à l'article Ferriol, dans notre n° 102, en disant qu'il n'avait passé dans les catalogues que les lettres lue nous citions. Il nous rappelle que dans un catalogue de

M. Vallète, il a passé plusieurs lettres du c«e d'Argeotol. Nous pouvons nous tromper parfois et nous serons toujours reconnaissants envers les personnes qui voudront bien nous éclairer. Mais ici, nous sommes dans le vrai, et nous ferons remarquer à notre honorable correspondant qu'il a confondu le comte de Fcrriol, marquis d'Argental, ambassadeur, qui ramena en France M,,e Aïssé, et dont nous parlions dans le numéro 102 (p. 89), avec le cle d'Argental, le célèbre ami de Voltaire, qui n'est mort que bien après son homonyme.

Ventes : Après la vente italienne dont nous avons parlé dans ce numéro, MM Puttick et Simpson en ont fait une autre, le 14 mars, qui comprenait une belle collection d'autographes, entre autres la correspondance de lady Blessington. Voici quelques uns des prix les plus élevés qu'ont atteints les principales pièces:— Peel (Robert, Graham (James), etc., 28 fr. 75; Wellington, 13 lettres, 70 fr.; Johnson (le docteur Samuel), 1. a. s., 56 fr. 25; autre lettre, 63 fr.75; Swift (Jonathan), 1. a. s., 146 fr. 25 ; Innocent XIII, p. s., 26 fr. 25; Kemble (J.-P.), 32 fr. 50 ; Rousseau (J.-J.), 1. aut., sig. /. Renou, 26 fr. 25 ; etc.

— La vente dont M. J. Charavay aîné prépare le catalogue en ce moment aura deux vacations et se fera vers le 6 mai. Elle comprendra de fort bonnes piècesentre autres des académiciens. Nous allons ciler les noms principaux en les groupant par genres : Souverains et princes : François Ier, Charles IX, Louis XIV, Louis XVIII, Louis» Philippe; Maric-Josèphe, mère deLouisXVI; Marie-Clotilde, sœur de Louis XVI; Bonaparte, jolie lettre sur le gal Dugommier ; Bonaparte (Leliti?),mère de iNapoléon I<r, l.a.s.; Orléans (Marie, Louise, et Clémentine d'); Philippe V, roi d'Espagne; Gustave IV, roi de Suède; Pie VIII, pape; etc. — Ecrivains: Rousseau (J.-J.), liste des copies de musique faites par lui; Vauvenargues, pièce fort curieuse sur Montaigne et Pascal qu'il compare et dont il apprécie Jes ouvrages; Piron, deux lettres fort curieuses, l'une signée Piron quarante-ctAuiième, et relative à son échec a l'Académie française, et l'autre sur J.-B. Rousseau, et le manuscrit aut. de FernandCortez\ La Grange Chancel ; Sade (le m^de); Courier (Paul-Louis); Rouget de Lisie, plusieurs lettres ; Pellico (Silvio), très-belle épitre: Debraux (Emile); Béranger, plusieurs lettres fort curieuses ; Sand (Georges); etc. — Académiciens : Corneille (Thomas), et Perrault (Charles), des quittances ; Segxder, le chancelier; Crêbillon père, Montgault ; Voltaire, deux lettres à Vauvenargues ; Voisenon ; Langue! de Gergy ; Marmontel ; Parny ; Chabanon : Bouhier ; Bougainville ; Bignon (J.-P.) ; La Condamine ; Rohan (le card. de); Montazet ; Ste Palaye ; Tressan ; Watelet ; Chamfort : Florian ; Delille ; Naigeon ; Porlalis, rare; Sieyes; Thicrs ; Lacordaire ; — Conventionnels : Rourbotte, superbe lettre; Couthon; Rabaut SMStienne ; Nioehc : Fauchet (l'abbé) ; Chabot (le capucin) ; etc. — Autistes : Cimarosa, le célèbre compositeur, l. a. s., rarissime; Rossini ; Paisiello ; David, le grand peintre ; Talma ; etc.— Grands capitaines :

Kléber; Pichegru; Poniatowski ; etc. — Femmes: Pompadour (la m«" de), 1. a. s. ; Quinault (M1»*), I. a. s. ; Raucourt ; Mars (M,l«) Théroigne de Méricoart ; Talma (Julie), curieuse; Tallien (M**) ; Polignac (la duchesse Julie de), l'amie de Marie-Antoinette; etc. — Citons encore une signature de S* Vincen t de Paul ; un manuscrit de Latude, écrit sur du papier à gargousse ; une lettre de Hudson-Lowe, etc.

Nécrologie : Mr Leborne (Aimé Ambroise-Simon), professeur de composition au Conservatoire, bibliothécaire de l'Opéra et de la musique de l'Empereur, est mort à Paris le 1er avril. Il était né â Bruxelles, le 29 décembre 1797. •

CHRONIQUE

Les amateurs d'autographes ne sont pas ce qu'un vain peuple pense, et il faut bien se garder de les ranger dans la catégorie des collectionneurs de cannes, de boutons, de cordes de pendus. Les amateurs d'autographes sont des hommes intelligents qui ont le goût des lettres et des beaux-arts, des érudits qui, pour écrire l'hisloire et la régénérer en quelque sorte, puisent aux sources et fouillent dans les documents, dans les correspondances où se révèlent les ressorts les plus cachés des événements, les détails les plus intimes de la vie des personnages célèbres. II en est aussi qui, comme les grands seigneurs d'autrefois, amassent â prix d or des autographes et des documents de la plus grande importance. Ils y trouvent deux espèces de jouissances, celle d'abord de posséder des trésors, et ensuite celle de pouvoir en faire profiler cette pléiade d'hommes sérieux qui s'occupent à refaire l'histoire,si mensongère parfois. Les amateurs d'autographes ont une certaine vanité : ils veulent avoir des lettres des célébrités de l'époque qui leur soient adressées personnellement. Aussi poussent-ils l'audace jusqu'à solliciter les hommes éminenLs de leur adresser quelques lignes pour enrichir leur collection. Tous les hommes célèbres ne sont pas prodigues de leur écriture, et quelques-uns mômes trouvent ces demandes importunes, témoin Béranger qui, après avoir mis sur un album ces deux vers :

Il est un Dieu ; devant lui je m'incline, Pauvre et content, sans lui demander rien....

ajouta, dit la Revue des autographes, ces quelques mots qui sont une spirituelle épigramme :

a Toute réflexion faite, je lui demande la suppression des albums.* » Tout le monde n'agit pas ainsi : il est des célébrités plus traitables. Nul n'ignore queM"* Marietta Alboni reçut, dans sa jeunesse, les conseils et même les leçons de Rossini, et qu'elle a conservé un culte très-grand pour son illustre maître. Aussi, sollicitée par un amateur, la célèbre cantatrice écrivit-elle cette simple phrase :

« Uno dei miei pm gran piaceri è di cantare la musica di Hossini (un de mes plus grands plaisirs est de chanter la musique de Rossini). » « Marietta Alboni Pepou. •

On ne peut guère voir un pins charmant autographe.

On a, en France» un grand culte pour les célébrités nationales, et on a bien raison. Chacun manifeste son culte à sa façon. Les particuliers rechercheut leurs autographes et tout ce qui leur a appartenu : la nation leur élève des statues. Depuis quelque temps de tous côtés on élevé des monuments aux grands hommes A Blois on a inauguré le buste d'Augustin Thierry, ce rénovateur de l'histoire de France : à.St-Tropez la statue de Suflren, l'illustre marin du siècle de Louis XV; à Rome le monument du pape Pie VIII pour l'érection duquel le cardinal Albani avait laissé 100,000 francs. A Verviers, c'est le buste de Richard Cobden, le promoteur du libre échange; à Tournus on doit placer la statue d'un de nos peintres les plus charmants, Oreuze. Bientôt on ne pourra entrer dans une ville sans y voir s'élever sur les places publiques les statues des grands hommes dont s'enorgueillit à juste titre la ville qui leur a donné le jour, et sur laquelle ils semblent encore planer, comme les génies tutélaires du temps de l'âge d'or.

Nous parlions tout à l'heure des services que rendaient les amateurs d'autographes et combien l'histoire était redevable à ces érudits tant calomniés. Deux brochures que nous avons sous les yeux et dont l'Amateur d'Autographes donnera prochainement un plus long compte-rendu, semblent venir a l'appui de notre opinion. Voici leurs titres : Rapport sur les recherches faites à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg concernant les lettres originales et manuscrits frança is sortis de France, par M. leC* Hector de La ferrière, correspondant du ministère de l'instruction publique pour les travaux historiques, et Richelieu et Louis XIII, d'après les documents inédits, par le même. M. le O deLaferrière est un érudil, un habile et savant chercheur qui a parcouru toutes les archives de l'Europe et en a rapporté des trésors qu'il livrera sans doute un jour aux amis de l'histoire et des lettres. C'est lui qui du reste est spécialement chargé de la publication de l'importante correspondance de Catherine de Médicis. Les brochures qu'il vient de publier sont fort curieuses et, comme nous 1 l'avons déjà dit, nous en reparlerons sous peu.

Citons, en terminant, une entreprise à laquelle nous applaudissonsde tout notre cœur. Mr Ch. Marty Laveaux, un érudit, lui aussi, publie, chez l'éditeur Lemerre, une nouvelle édition de la pléiade fiançai e, Ronsard, Du Bellay, Belleau, Jodelle, Baïf, Dorât, Pontus de Tyard. Inutile de dire que des notes fort savantes accompagneront ces éditions nouvelles, qui prendront place, nous n'en doutons pas, dans les ravons de tous nos bibliophiles. E. C.

Le Directeur-Propriétaire : Jacques CUARAVAY. Abbeville. — Irop. P. B«iez.

No 105. -5« Année 1" Mai 1866

liTIlïoiîis

PRIX OB L'ABONNEMENT POUR PARIS ET LES DÉPARTEMENTS

Pour six mois 6 fr. | Pour un an 12 fir.

Étranger s le port en sus.

ON s'abonne, pour l'étranger Londres : MM. Puttick et Simpson, 47, Lei-

eester-Square.

Dresde (Saxe) : M. Richard Zeune, Priess-

nit/strasse, 16.

La Haye : M. Martinus Nijhoff, 49, Raams-

Iraat.

Leipzig : M. Otto-AugustSchulz.

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