PHILIPPE V
lui fut donc de réunir toutes ses forces et il rappela près de lui les troupes qu'il avait en Espagne. C'était un coup terrible porté au malheureux Philippe V qui supplia son grand-père de lui laisser 20 bataillons. L'ambassadeur de France, 4melol, représenta de son côté au roi l'avantage qui lui en reviendrait (13 et 14 juin 1709). Louis XIV résista d'abord, mais il fut touché d'une lettre de la reine d Espagne (17 juin *} et consentit à laisser 25 bataillons et toutes les garnisons françaises, en avertissant qu'il les retirerait au bout d'un mois. C'était le maréchal de Bezons qui commandait les troupes: sollicité par Philippe V il retarda autant que possible l'exécution des ordres de Louis XIV. Il fit tant qu'Amelot pouvait lui écrire le 10 août : « 11 (le roi d'Espagne) est certain que vous lui aurés toujours rendu un service très-important, en demeurant aussi lontems que vous avez fait au delà du terme qui vous avoit été marqué *. » Cependant les ordres de Louis XIV devenaient plus précis : il fallait obéir; néanmoins Philippe V essaie encore d'obtenir des délais, et c'est pourquoi il écrit au maréchal de Bezons la lettre que nous allons publier.
Mon cousin, j'ay appris par vostre lettre du 23* de ce mois l'ordre que vous auriez reçeu du Roy mon grand-père de rameuer toutes se9 troupes en France. J'aurois souhai lté qu'elles eussent peu demeurer encore quelque temps dans ce pays-cy jusques à ce que les mesures que je prends pour m'y soutenir par moi mesme fussent plus avancées, mais, comme .je ne crois pas que la précision de ses ordres vous permette de différer à
Î obéir, je vous demande seulement de disposer de manière la marche e ses trouppes que la queue tarde le plus qu'il sera possible et, s'il se peut encore, un mois ou deux à s'éloigner de la Cinca. Je ne puis me persuader que le Roy mon grand-père désapprouve une manœuvre qui en me donnant du temps pour me mettie à couvert des entreprises des ennemys ne peut s'opposer à fes intentions puisqu'il ne sera question que de les exécuter plus lentement. Jaluy en escris aujourd'huy, et, comme je suis persuadé qu'il l'approuvera, je vous demande de ne point mettre en mouvement 12 ou 15 des bataillons qui doivent faire la queue jusques à ce que j'aye sa réponse ou, si ils y sont déjà, d'arrester leur marche jusqu à ce temps-là. Vous me rendrez un très grand service en faisant ce que je vous demande et l'obligation que je vous en aurai m'<npagera toujours à vous témoigner la considération que j'ay pour vous. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ayt, mon cousin, en sa sainte et digne garde.
A Madrid, ce 29e Octobre 1709. Philippe.
On sait que Philippe V, après avoir vainement cherché à se défendre avec ses propres forces, demanda à Louis XIV de lui envoyer le duc de Vendôme qui sauva la monarchie espagnole à Villaviciosa.
Lettre adressée à son ami Merlin de Douai, et où il lui annonce la prise de Montaigu. Cette pièce est sans date, mais elle a probablement été écrite à Montaigu, le 16 septembre 1793, cette ville ayant été prise le 15. Beysser commandait une division de l'armée des
1 Voir les Mémoires politiques et militaires du duc de Noailles. 3 Cette lettre d'Amelot est jointe à celle de Philippe V.
cotesde Brest, dont le général en chef était Ganclaux. « C'était, dit M. Louis Blanc un homme d'une stature colossale et d'une énergie qui eût mieux servi la République, s'il ne se fût à son tour livré aux plus barbares représailles. » Son inaction du reste fut une des causes du peu de succès de la campagne entreprise alors contre les Vendéens, et le 21, il se laissa surprendre dans Montaigu par Gharelle.
C'est toujours avec un sensible plaisir, mon cher Merlin, que je reçois tes lettres parce qu'elles m'offrent toutes de nouveaux témoignages d'une amitié qui m'est bien chère. Je te remercie des conseils que te dicte l'attachement que lu veux bien avoir pour moi. Sois sûr de mon empressement à en profiter. Je répondrai à mes ennemis par une conduite constamment soutenue et dirigée par les principes qui n'ont jamais cessé de m'animer. Tu connais ma franchise; nies sentiments sont a découvert, comme mes actions, mais je brave la calomnie. J'ai le bonheur de penser et d'agir devant deux représentants du peuple. Leur présence est mon garant, et leur justice un rempart qui ne me laisse rien à redouter.
Je viens de prendre Monlégut. Le petit soldat a vu le feu de près et l'a fort bien soutenu. Nous allons poursuivre de près les rebelles et j'es père que nous vengerons l'armée de Niort. Mon unique ambition est de servir la patrie et la cause de la liberté. Je n'ai sollicité et ne sollicite aucune place : celle où je pourrai être le plus utile à la République sera toujours celle que je trouverai la plus avantageuse.
J envoie à Pérard 1 le récit des affaires de Machecoul, Léger et Montai -
g i, et quelques bulletins où il est question de ton ami. Les représenns du Peuple ont envoyé à la Convention nationale la relation de la prise de la dernière de ces places. Je regrette bien que le tems ne me permette pas de t'en envoyer copie. Bonjour, mon cher ami; je t'embrasse comme je t'aime.
J.-M. Beysser.
Beysser, accusé d'avoir voulu ramener un roi en France, fut condamné à mortel exécuté le 13 avril 1794.
DELAVIGKE (Casimir)
Charmante épître adressée à un de ses amis, M. G. Ozaneaux, inspecteur-général de l'instruction publique, poète et littérateur distingué.
Ah! je n'ai rien vu, Suisse orgueilleux! J'ai vu des forêts de pommiers couverts de fruits vermeils ; j'ai vu des fermes immenses environnées de quatre rangs de chênes, et des ombrages où l'on trouve la nuit en plein midi, j'ai vu des montagnes couronnées de verdure, d'où l'œil découvre uue rivière de deux lieuesde largeur serpentant à travers de beaux pâturages ; j'ai vu cette rivière, qu'une haute marée chassait devant elle, se précipiter en furieux contre ses bords, se gonfler, couvrir les prairies de sable et d'éeume, et poursuivre à grands flots les génisses et les taureaux effrayés ; j'ai vu des falaises inaccessibles dont la mer vient battre le pied avec un bruit monotone ; j'ai vu des boulets de pierre, lancés par les machines anglaises : j'ai vu un clocher en ruines, qui atteste le passage et la domination de nos éternels ennemis d'outre- mer ; j'ai vu des débris de murailles qui s'élèvent encore comme des trophées ae Henri V,
1 Hist. de la Révolution, t. VIII, p. 306. 1 Député de Maine-et-Loire à la Convention.
de diabotique mémoire; j'ai vu les registres antiques, du la ville fl*HaN
fteur a consigné la dépense qu'elle a faite en l'honneur de François Ier, et de ton le sa cour, régalés pendant trois jours av>c une muninauce royale, dépense qui se monte à trente-sept livres dix sous et quelques deniers; j'ai vu des caps qui s'élancent bien loin de la terre entre les values et les nuages ; j'ai vu des grottes de coquilles, des arcades de rochers, des cavernes profondes, où je voguais à pleines voiles ; j*ai vu... niais je crois qu'en voilà bien assez pour te confondre ! humilie-toi, supeibe, rentre sous terre, les admirables sites que tu as contemplés,tu les a été chercher au-delà de nos frontières, et moi, je ne te décris que des localités indigènes et des merveilles toutes françaises, j'ajouterai même toutes normandes, si tu me promets de ne pas induire de là que, me laissaut aller aux habitudes du pays, j'ai pu glisser quelques mensonges dans ma description.
Maintenant que ton orgueil a trouvé son châtiment, je serai assez bon pour te dire que je souhaite bien vivement d'aller juger par moi-même de la vérité de tes récits. J'attends avec impatience le momeut où je te forcerai à recommencer pour mon plaisir le voyage dont tu m'as envoyé une si charmante relation.
Adieu, je l'embrasse mille fois.
Ton camarade qui t'aime au moins autant qu'au collège,
G. Delavigne.
Cette lettre fait partie de la collection particulière de M. J. Charavay aîné, et les aenx précédentes sont empruntées à la vente qui doit avoir lieu les 18 et 19 du mois de mai.
Étienne Charavay.
LES ARCHIVES I lt \\< EM m NHli:
A diverses époques les archives de l'étranger se sont enrichies de manuscrits et d'autographes précieux provenant de nos abbayes ou de nos bibliothèques. La Russie n'a pas été la moins bien partagée en documents français, et elle a obtenu «me partie des archives de Saint Germain des Prés et de la Bastille. C'est ce qu'un èrudit distingué, Mr le comte Heçtor de Laferrière, qui a passé plusieurs mois à visiter en détail la bibliothèque de Saint Pétersbourg, constate dans un curieux rapport qu'il a adressé, en janvier 1863, au minisire de l'Instruction publique l. Nous allons puiser à pleine mains dans cette opuscule et user largement de l'autorisation bienveillante que nous en a donné son noble auteur.
Peu avant 1789, vivait à Paris un jeune secrétaire d'amba6sade russe, Pierre Dubrowski, qui avait le goût des collections. Lié avec la plupart des littérateurs de 1 époque, il était à même de se procurer les objets les plus curieux. C'est ainsi qu'il obtint de Court de Gebelin un manuscrit, sur vélin, de Tite-Live, que Catherine de Médicis avait apporté d'Italie et dont elle avait fait présent à l'abbaye de Sl-I)enis. La révolution lui fournit des occasions nouvelles. Dubrowski assista au pillage de la Bastille, et acheta une centaine de liasses provenant des archives de cette forteresse. Enfin, lors de l'incendie de î'ablwve de Saint-Germain des Près, il acquit de superbes manuscrits sur vélin et des recueils entiers de
1 Rapport sur les recherches faites à la Bibliothèque impériale de S1 Pétersbours concernant les lettres originales et manuscrits français sortis de France,
Rar M. le comte Hector de Laferrière, correspondant du ministère de Tins uction publique pour les travaux historiques.
lettres originales des XVI* et XVII» siècles. «Au moment de la révolution, il est utile de le rappeler^ dit M. le comte de Laferrière, nos archives étaient déposées à «a Bastille et à l'abbaye de Saint-Germain des Près. Méon a dressé le catalogue des manuscrits latins et français de cette dernière collection. Grâce à son travail, il m'a été facile de relever d'une manière exacte le déficit de l'ancien catalogue de l'abbaye. Ainsi j'ai pu constater que la plus grande partie des manuscrits, perdus pour nous, se trouve à la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. » Parmi les manuscrits les plus curieux on remarque le livre d'heures de Jeanne de Bourgogue, femme 4e Pbilijwe le-Long, le livre d'heures de Louis X 11, enfin celui de Marie-Stuarl si ce dernier pouvait nous raconter tous les faits dont il a été témoin, tous les rires joyeux qu'il a vus au temps de la jeunesse, tous 'es pleurs douloureux qui ont coulé sur ses page* enluminées pendant ces longs jours de captivité, quel ouvrage tournant on pourrait faire. Quatre vers que l'infortunée reine a t racés sur son livre chéri en disent déjà beaucoup : écoutez ce refrain, qui, comme le dit Tort bien M. de Laferrière, est comme un résumé de sa destinée:
Qui jamais davantage eut contraire le sort,
Si la vie m'est moins utile que la mort,
Et plustot que changer de mes maux l'adventure,
Ghascun change pour moi d'humeur et de nature?
Passons maintenant au recueil d'autographes et de documents. Le premier, t. 71 de la collection, renferme des lettres du XVe siècle. Louis XI, Charles VIII, Dunois, Philippe de Crèvecoeur, Louis II de la Trémouille, Philippe de Comines, Louis Mallet, sieur de Graville, tels sont quelquesuns des noms que contient cet important volume.
M. le comte de Laferrière reproduit une lettre de Louis XI remarquable par son stvle énergique. Le roi y traite fort durement Hélie de Boudeille *, archevêque de Tours, qui avait protesté contre Parrestation du cardinal LaBalue et avait même publié un monitoire contre les infracteurs des immunités ecclésiastiques. Cet acte lui attira les félicitations du Papeet la colère du roi. Il fut même sur le point d'être mis en jugement par le Parlement. Louis XI termina lui-même l'affaire et arrêta les poursuites, mais il garda au fond du cœur contre l'archevêque une rancune qui éclate visiblement dans la lettre dont nous allons reproduire le texte.
« Monsieur le chancelier, *
« Vous respondresrà monseigneur de Tours de par moy que, depuis que je l'ai congneu Ta grant plaie au il voulait faire sentir à la couronne, je ferois grant péché et que je craindrois fort ma conscience de le croire de rien ny lui demander conseil ny pour riens, ny vouldrois riens en demander.
« Item vous luy direz quand je luy escript se fust qu'il voulslst prier Dieu pour ma santé, parquoy \\ n'avolt que faire de s'en mesler plus avant, car il me semble qu'il estoit plus tenu à moy que à monseigneur Balue et au cardinal sancti Patry.
• Item dictes luy franchement que me déplaist qu'il a mis la main à la charrue et regarde darrière luy et que tant que je le voy parcial je ne me vouldrois fler en luy.
* Bourdeille . Hélie de) naquit au château de Bourdeille, vers 1423. En 1447, il fut élu évèque de Périgueux, et. en 1467, ayant été député aux états-généraux de Tours, il fut élevé sur le siège archiépiscopal de celte ville. 11 jouit d'abord de la faveur de Louis XI. fut disgracié, et nommé cardinal par Sixte IV, le 15 novembre 1483. 11 mourut à Artanes, près Tours, le 5 juillet 1484.
: Pierre d'Oriole, qui, en 1483, céda sa charge à Guillaume de Rochefort.
• Chancelier, faites justice incontinent de celai (jai a tort et incontinent me mandez et laissez toutes mes beson?nes pour ce faire.
. Escript à Méhung.sur-Loire, le XXllfl- jour d'aoust 1482. .
« Lots >»
M. le comte de Laferrière publie ensuite une lettre du prévôt de Paris, d'Estouteville, adressée à Louis XI et qui forme le pendant de la lettre précédente.
(La suite au prochain numéro.)
(FLANDRIN-PLÉCH1ER)
flandrin (Jean-Hippolyte), célèbre peintre d'histoire, le meilleur élève de Ingres, membre de l'institut, n. à Lyon, 1809, m.
Ses autographes se vendent, en moyenne, 3 fr. FLAVACOURT. V. AlAILLY.
flaxman (Jean), l'un des plus grands sculpteurs de l'Angleterre, n. à York, 6 juill. 1755, m. 7 déc. 18?6. L. a. s.; Buckingham, 1819, 2 p. in-8*. - 17 fr. 50 (N« 212, Esterhazy, 1857 .) La seule lettre qui ait passé en vente.
fléchier (Esprit), évêque de Nîmes, une des gloires de la chaire au xvir» siècle, membre de l'Acari. fr.,n.àPernes (Vaucluse), 10 juin 1632, m. 16 fév. 1710. (Isographie).
1. — L. a. s. à M«,u de Bacular.l ; St-Malo, 2 jànv. 1680, 1 p. in-8«. - 18 fr. ITSrîOUJ.Charavay, 1856) ; - 20 fr. (N° 206, Laverdet, 1856.)
Il la remercie des compliments qu'elle lui a faits sur sa nomination à l'évêché de Lavaur.
2. - L. a. s. à Hnet ; Lavaur, 20 avril (t680), 4 p. pet. in 4«. — 41 fr. 50 (N- 124, Charon, 1 45) ; - 32 fr. (N» 176, Trémont, 1852.)
Il répond à la demande que lui a faite le savant évôque d'Avranches au sujet de l'usage à suivre dans la poursuite des mauvais ecclésiastiques.
3. - L. a. s. à Huet ; Paris, 14 avril (1681), 1 p. pl in-8-. - 51 fr. (N* 130, Charon, 1846); - 51 fr. (N* 200, Dupkssis, 1855 )
I) eiprime ses regrets, en raison de sa santé, de ne pouvoir se charger de l'oraison funèbre de l'abbesse de Malnoue (la princesse Marie-Klèonore de Rohan). « ... Je scay combien vous ( honoriez, ie s« ay à quel point elle méritoit d'être honorée, et quelque sujet que j'eusse de me défier de mes forces, j'aurois reçu de grands secours de la grandeur du sujet... »
4. - L. a. s. à M"»« de Scudéry ; 26 décembre 1685. - 30 fr. (N° 63, Mon merqué, 18;>7.)
5. — L. a. s à l'abbé Langlois ; Nîmes, 20 octobre (1688), 3 p. in 4°. - 15 fr. (N* \të,Capelle, 1849.)
Relative aux troubles d'Avignon en 1688. « Nous avons attaqué le pape en ces quartiers. M. le marquis de La Trousse s'est saisi d'Avignon. Le vicelégat a esté congédié, des troupes y sont entrée* On a fait arrester à vaison plusieurs religieuses, et je viens d'en distribuer quatre d.ms mes couvents, qu'on m'a envoyées pour les y enfermer. • Il le prie de ne pas siguer ses lettres.
6. — L. a. s. à Mgr ...; Nimes, Il décembre 1688, 3 p. in-4*. — 26 fr. (N* 188, Labouisse Roche fort, 1854.)
Il a cru qu'il était obligé de représenter au pèro provincial des Récolleta, que l'action du religieux qui, de sa propre autorité, avait brûlé la traduction du Nouveau Testament, était punissable, et qu'il s'étonnait qu'il ne lui fit pas faire les satisfactions convenables. « Il me montra une lettre qu'il écrivoit a M. l'abbé .d'Aulargue, dans laquelle il traite ce religieux de téméraire, de fou, de méchant, et son action de crime atroce. »
7. - Pièce sig.; Nimes, lt mars 1689, l p. in-4*, cachet. - 21 fr. (N« 242, Lucas de Montigny, 1860.)
Il certifie que la dame Anne-Margu-Tito l'etit, de Nimes. femme du s* du Noyer, capitaine au régiment de Toulouse, revenue depuis environ sept mois de Hollande, où elle ô tait allée au s ujet de U religion, a fait abjuration de l'hérésie de Calvin, et que depuis sa conversion elle a toujours été très assidue à la inesse et aux offices de
8. - L. a. s. & Mr Léonard ; Narbonne, 23 décembre 1694, 2 p. 3/4 in-4'. — 20 fr. (N° 290, O'flunolstetn, 1864.)
Jolie lettre de félicitation sur son agréable solitude : remerciment d'un portrait de l'oncle de Flôchier, et envoi de son Histoire du cardinal dê Xmenez.
9. — L. a. s. à l'abbé deCombré; Nimes, 6 février 1696, 3 p. pl. in-4°. —
25 fr. (N"226,/. Charavay, 1858); - 40 fr. (N* 278, Laverdet, 1863.)
« ... Dépouillé de tou te sorte d'ambition, content avec raison des grâces que Dieu et le roi m'ont faites, et faisant mon plaisir de mon repos et de mes devoirs, je ne cherche plus dans ce pays quo la consolation d'y trouver quelques anciens amis qui ne changent jamais de cœur, et qui sont à l'épreuve du temps et de l'éloignement. Ou m'avait écrit l'affaire de M- de fléaux. La Bulle du Pape m'a paru bien extraordinaire, la délégatiou des trois Doyens, et la peine prohibiu'oni ah ingressu Ecclexioe. à un évôque, est entièrement contre nos usages. Les religieux de St-Maur auront peine à se justifier d'avoir poursuivi une telle Bulle, il n'est pas probable qu'elle ayt esté obtenue sur la plainte n uu moine m; il... *
10. - L. a. s.; Nimes, 15 mars 1697, 3 p. 1/4 in-8°. - 10 fr. 50 (Nw 146, Laverdet, 1848) ; — 30 fr. (N" 279, Succi, 1863.)
Lettre un peu dure, écrite vraisemblablement à un sien beau frère, qui avait trop compté sur lui pour l'etablis:*eraeui de ses filles. Ce n'est pas une dot qu'il a promis, c'est un secours. Il lui reproche, d'ailleurs, d'avoir mis toutes ses filles dans le monde, et l'engage à faire entrer les cadettes dans un couvent, afin de favoriser l'aînée. 11 se chargerait d'établir ''elles qui se consacreraient à Dieu. • Les taxes sur nos évéchéz sont excessives. J'entretiens en pension deux fils de mon frère et deux de vos filles : je dois, par reconnoissauce au Seigneur, pour les biens qu'il m'a donnez, en faire bonne part aux pauvres... »
11. — L a. s. à Dom Mabillon; Nimes, 2 mai 1698, 3 p. in-8°. — Revendiquée (N° 220. Chavin de Malan, 1857.)
Félicitations au sujet du livre de Mabillon, intitulé : Culte des siin's ineonnus. ■ 11 y avoit longtemps que je souhaitoisqu on abolit certaines superstitions qui s'introduisent en faveur de ces corps qu'on appelle saints et qui n'ont peut-être jamais été baptis's. Les peuples sont naturellement crédules ; la cour de Rome est quelque fois bien libérale de tels présents... •
12 — L. a. s.; Montpellier, 22 janv. 1700, 3 p. in-4*. - (N* 144 bis, Aimé Martin, 1848.1
13. — L. a. 8. à Mr de Lamoignon; Montpellier, 19 déc. 170V, l p. in 4°. — 12 fr. (N° 154, Viltenave, 1850) ; - 14 fr (N« 202, Laverdet, 1856) ; - 16 fr. [$• 253, Laverdet, 1861.)
14. - L. a. s. a M. Ptolamas ; Nimes, 13 janvier 1703, t p pl. in-4° - 27 fr. (N* 190, Laverdet, 1854.)
15. — L. a. s.; 14 juillet 1704. - 24 fr. 50 (K- 90. Crapelet, 1842.)
16. — L. a. s. à M*Ue de Baculard ; Nimes, 23 octobre 1707, 1 p. in-8". — Aon vendue (N° 141, Charon, 1847.)
Reroercimeut affectueux pour le soin qu'elle se donne pour la conclusion du mariage de sa nièce ; le bien qu'elle lui dit du jeune homme et la piété de ses parents le déterminent à donner son agrément à cette affaire.
17. — L a. s. à M. Dichoni fils ; Nimes, 18 septembre 1708, 1 p. in-12. - 34 fr. (N' ?56, Fossé Darcos.se, 1862 )
«... Je suis bien aise que ma nièce ait satisfait à tous ses devoirs, et que vous ayez lieu de vous louer d'elle. Je serai toujours sensible à tout ce qui pourra contribuer a votre repos et à votre consolation... »
18. — L. a. s. au H. P. Annat; Montpellier, 3 janvier 1709, '2 p. pet. in-4°. —
26 fr. (N° HO, Lalande, I8i4> ; - 12 fr. 50 (N° 3449 du Bull. J. Charavay.) Relative au desir qu'il avait formé, dans le temps du chapitre de Beaucaire, pour
que le P. Viguos fût élu supér ieur de son séminaire, tant par la confiance qu'il a en lui que par la connaissance qu'il a de sa doctrine et de sa prudence pour l'éducation des ecclésiastiques de sou diocèse.
. 19 'J*foAM*milmttmà I709' ,/? p- ln*' - ** fr- <w'219» *
ravay, 1858.)
il attend les nouvelles que M de 1 orcy apportera de la paix ; tout le monde la désire et la misère ides temps ne permet pas de continuer la guerre. ■ Je ne sais comment tous les bleds de la dernière récolte ont disparu tout d'un coup, la disette est lartout et les grains aussi bien que l'argent sont très rares. Les peuples sont fort consternés en ce pays comme ailleurs. . •
J.Mwaky viis)™*' 1,,juillet 1709' 2 P' Pet' in'8°' - 35 fr- W°m> Curieuse lettre relative aux troubles du Vivarais, que Roquelaure et Pâville sont def *utssetr^ promptement dispersés, sans la trahison
21. - L a s. à l'abbé de Combré ; Nimes, 3 aoûl 1709, 2 p. in-8». - 37 fr. (N- 222, J. Charavay, 1858) ; - 30 fr. (N- 252, Solar, 1861 ) V
Lettre intéressante : la Lettre pastorale qu'il vient de publier potir l'instruction et la cunsolation de son diocèse, a été réimprimée à Paris, car « tout le royaume se trouve dans les meme3 nécessités et mêmes craintes. « MM. de Koquelaure et de Baville viennent d'apaiser, dans le Vivarais, . une rébellion qui auroit peu dans la suite devenir très dangereuse • Retnerciments des nouvelles que lui envoie l'abbé : • ()ao\ quel uye encore quelques amis à la cour qui m'apprennent de temps en temps ce nui s y dit et ce qui s'y passe, Paris ne laisse pas de fournir et de savoir souvent d'assez agréables nouveau lez. •
22. - L. a s. à sa nièce M- de Picboni ; Nimes, 26 septembre 1709, 1 p. petit in-4*. - 16 fr. (N° t35, J. Charavay, 1847) ; - 31 lr. (N° 249, Lajarrietle, 1860) ; - 25 fr. (N° 261, Laverdel, 1862.)
Jolie lettre. « Je suis fort occupé des misères publiques, et plus encore du soin et du désir d'y remédier ; priez le Seigneur qu'M les fasse finir. •
23. - L. a. s.; Ninies, 17 octobre 1709, 2 p. in-8-. - 32 îr. <N° 219, J. Charavay, 1858.)
Relative à la bataille deMalplaquet, et à la nécessité qu'il y avaitalors pour la France de conclure lapais. La rét olte a été assez bonne, le pain n'a* pas manqué et les pauvres môme ont vécu, • Cependant tous nos bénéfices sont ruinés, le commerce est interrompu, l'argent ne circule plus, les banqueroutes sont fréquentes, et si la paix ne vient bientôt à notre secours tout ira mal. »
24. - L. a. s. à l'abbé dp Combré; Montpellier, 15 janvier 1710, 2 p. in-8°. - 31 fr. (N« 222, J. CJutravay, 1858) ; - 46 fr. 50 (N° 223, Laverdel, 1859) ; - 38 fr. (N° 252, Solar, 1*61.)
« ... On auroit tort d'attendre aujourd'hui des nouvelles considérables. L'hyver est la saison du repos. Les conseils se tiennent, les projets se font, les événements se pré-
Earen t. Tout cela se passe en secret, et se manifestera en son temps .. H faut avoir onne mémoire pour citer le sermon de Saint Merri. et le plaisir que j'eus à une comédie de Molière. »
25. — L. a. 8.; Versailles, 28 mars, 1 p. in-4°. - 16 fr. (N° 125, Téchemr, 1846); - 23 fr. (N« 174,7. Charavay, 1852.)
Celte lettre est relative à un passade grec qui a été fourni à M. le duc de Montausier pour sa dissertation d'Apollon et au soleil ; il transcrit le passage grec et ajoute : « Nous n'avons pu deviner cette citation; tout ce que nous sçavons, c'est que vous sçavez tout, et que vous aurez la bonté de mander au plutôt à M. le duc de Montausier de quel poète sont ces vers ? »
26. — L a. s. à Mm* Deshotilières ; Rennes, 17 décembre, 1 p. - 22 fr. (N° 81, Pixérécourt, 1840.)
27. — L. a. s au Père Bouhoors; Versailles, 9 septembre, 1 p. 1/4 in 4% cachet. — (N'205, Parison, 1856 )
11 a lu unepartie deson admirablehistoire, il l'alue non-seulement avec satisfaction, mais encore avec délices ; et il ne peut attendre «t'avantage à lui témoigner la reconsance qu il a et du présent qu'il a eu ta bonté de lui en Taire et du plaisir qu'il en a déjà reçu. • Mien n'est écrit si purement el si judicieusement que celte vie dont les éuénements sont d'eux mesmes très-curieux, et très -remarquables. Tout y est peint si au naturel, et il y a tant de viuacité et de tnouuomenl dans les récits, qu'on croit voir ce qu'on lit. Il estoit iuste que vous nous donnassiôs un modèle pour écrireThistoire, comme vous nous en auez donné daus le dialogue... »
28. - L. aut. à la D-« du Maine, 1 p. 1/2 in-4«. - 17 fr. (N° 183, Laverdel, 1854) ; - 13 fr. (N° 203, J. Charavay, 1856) ; - 17 Tr. (K* 7328 du Bull. J Charavay.)
H commence ainsi : « Nous venons randre à V. altesse eerenis. les premiers devoirs d'une Province, qui se prépare à vivre sous vos loix, et qui vous regarde comme l'ac-
Suisifou la plus précieuse qu'elle puai faire. < » Il dit en terminant : « Nous prions le iel. Madame, que cette guerre importune Unisse selon nos sodhaits ; qu'une heureuse p us nous rende vostre illustre époux II est déjà comblé de gloire. Nous nous préparons aie couronner de ses propres lauriers, eleomme vous avez gaigué son cœur, vous prendrés part à ses triomphes. *
29. — L. a. s. à l'abbé de Combré ; Nimes, 5 mai, 2 p. in-8*. — 29 fr. (N° 222, J. Charavay, 1858 )
30. — L a. s. (àBoileau?); Nimes, 13 juin, 3 p. pet. in 4°. - 55 fr. (Nu205, Parison, 1856) ; - 28 fr. (iN° 252, Solcr, 1861.)
Il a applaudi aux derniers vers qu'il lui a envoyés, et en a dit tout le bien qu'ils méritent, ut qu'il en a sans doute dit lui-même. » Comme il n'appartient qu'à vous d'en faire d'Aussi beaux et d'aussi pompeux, il vous doit estre permis de les louer, et ie ne désaprouve pa& qu'après auoir touché la lyre pour les saints, ou sonne de la trompette pourleroy avec tout l'art et tous les agréments possibles, vous ebantiés quelques petits airs en votre honneur La poésie que vousm'auez euuoyée fi de grandes beautés, elle est noble et sunlime et digne du héros qui en est le sujet. Vous n'avez rien perdu de vos premiers feux, et il me semble que vous ne vous estes ïamuis élevé plus haut. Iouis?ez de votre gloire aucc modestie, deuenés saint en louant les saints, honorés la grandeur de Dieu, en chantant les vertus d'un roy qui en est la plus parfaite image. Imaginez vous que ie vous fais cesie leçon du haut du dôme du Val-de-(Jrâce où vous ro'a\ez veu la crosse à la main et la mitre en teste receuoir et donner les bénédictions du Seigneur... »
31. — L. a. s. à M. Benoist; Nimes, 10 décembre, 1 p. pl. in 8°. - 20 fr. (N° 6100 du Bull. J. Charavay) ; — 18 fr. (N°228, /. Charavay, \$i>$.)
m ... J'ai ici un troupeau que je ne veux pas quitter. Je ne sais quand les affaires de votre pays finirout. Je souhait*; que ce soit bientôt, et je n'ose l'espérer. Dieu qui tient en ses mains le cœur des princes les tournera peut-être à la paix... •
32. — Harangue atitogr à M. de Bâ ville, intendant du Languedoc ; 21 novembre 1699, p. in-8°. —20 fr. 50 (N° 38, Silvestre, 1833) ; - 17 fr. (N* 283, y. Charavay, 1860.)
Orateur de la dôputntion des Etats de la province, le prélat loue beaucoup de Baville de son zèle à rendre la justice- à protéger le commerce, à maintenir la tranquillité, et à conserver toute sa pureté à la religion. « Si vous n'avez pas toujours eu le bonheur de :ious soulager, vous en avez eu le désir, vous avez adom i, quaud vous avez pu. la rigueur des temps... Nous espérons que ce sera par vous que nous viendront les soulagements de la paix. »
33. — Desseins de M. le Président de Périi/ny pour rinslruction de M. le Dauphin, pièce autog., 10 p. 1/4 in 8°. — 16 fr. (N«233, Laverdel, 1859); - 15 fr. (N° 285, R. .y, f863) ; - 20 fr. (N° 18574 du Bull. J. Charavay.)
Quelques autres lettres; de 10 à 12 fr. — On trouve quelques pièces si- |nées, vendues de 5 à 8 fr., et des manuscrits autographes, de 10 fr. à
(La suite au prochain numéro).
11% ALTOGRAPIIE DE CALVIN
M. G. Félizet nous communique la note suivante que nous nous empressons d'insérer parce qu'elle nous donne quelques détails curieux sur la jeunesse d'un réformateur, qui est en même temps un de nos meilleurs écrivains.
« M. A. Labrouste, le regrettable directeur du collège Ste Barbe, possédait un auiographe authentique de Calvin. Cette pièce, fort curieuse sous tous les rapports, peut servir à expliquer quelques faits relatifs à la biographie du fougueux réformateur.
o Calvin était, vers l'âge de 16 ans, élève de Ste Bnrbe, qui portait alors le nom de collège de Monlaigu (voir d'ailleurs l'histoire de Sw Barbe par M. J. Quicherat). — M. Labrouste m'a raconté plusieurs fois que la violence de son caractère et doses aspirations religieuses papistes, en avait faille centre d'un petit foyer révolutionnaire au sein du collégeet que d'après ses instigations il s'était formé un complot composé de jeunes gens dont
le but était de s'armer et d'aller offrir leurs services au Saint-Siège. La proclamation, rédigée et écrite par Calvin, était entre les mains de M. Labrouste ; elle est en français et en latin ; l'auteur a mêlé les deux langues truand une seule était insuffisante à exprimer sa pensée: c'est une feuille jaune, salie, et presque déchirée en 8 ou 10 morceaux. M. Labrouste possédait d'ailleurs des rapports de maîtres récifs à l'indomptable élève et, je crois, deux autographes de lui.
« Calvin fut renvoyé du collège à la suite de cette conspiration. •
VARIÉTÉS
Dubois-Fontanelle.- Lettre où il parle d'une de ses tragédies qui ne peut être représentée de suite à cause des ordres du Roi et de la Reine. Elle est datée de Deux-Ponts, 24 novembre 1774.
« Je me flattois de pouvoir vous rendre compte dans ce mois du succès ou de la chute de ma tragédie ; elle était apprise, on la répétait à Paris ; elle devait être donnée le 16. Des ordres supérieurs ont obligé les comédiens à mettre la partie de chasse de Henri IV. Louis XVI veut marcher sur les traces de ce prince, et c'est toujours bien fait de courir après. Les événemens actuels qui le rendent cher à la nation feront que cette pièce tiendra longtemps. Après cela, on en donnera une de Leblanc, intitulée : Albert, que la Reine a demandée, et dont l'anecdote est tiré de l'Empereur régnant. Cela peut me conduire jusqu'après Pâques ; je suis à cent lieues de Paris, et les absents ont toujours tort. Il faut prendre son parti et souffrir ce qu'on ne peut empêcher. »
Lacordaire. — Lettre fort curieuse adressée à M. de Vimeux, et relative à ces fameuses conférences de Notre-Dame où l'ami de Lamennais entretenait la génération moderne des intérêts et des émotions du moment à propos de la religion. « Monsieur.
• La nouvelle que I on vous a donnée est authentique. Toutes les difficultés sont surmontées depuis quinze jours, et M. l'archevêque a bien voulu m 'appeler à faire seul les conférences de Notre-Dame. C'est là qu'elles auront lieu sous sa présidence. Je vous remercie bien de la part
3ue vous prenez à ce résultat ; c'est une nouvelle preuve de l'intérêt corial dont vous m'avez déjà donué des marques que je ressens vivement. J'espère que la Providence continuera de veiller sur une œuvre encore naissante que j'ai entreprise pour la seule gloire de son nom, et qu'elle nemanquera pas sur la terre de quelques amis généreux. Vous êtes du nombre de ceux-là, Monsieur, et je suis heureux d'avoir cette occasion de vous en témoigner ma reconnaissance, comme aussi de vous offrir l'expression de tous les autres sentiments très-distingués avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur,
« Votre très-humble et très-obéipsant serviteur,
« H. Lacoroaire. »
Cette lettre fait partie de la prochaine vente de M. J. Charavay atné.
Laurentie. — Charmante épitre en réponse à la demande de son autographe. Elle est datée du 26 novembre 1846 et fait partie de notre collection particulière :
« Ma petite Blanche, ma sœur Louise m'a donné du remords. Comment ? j'ai pu vous refuser quelque chose ! On va me prendre pour un homme
bien farouche. Mais aussi pouviez-vous me demander un autographe, à moi ! Songez donc qu'on demande un autographe aux grands nommes, et je ne suis pas un giand homme du tout. Quel piège vous avez tendu a ma vanité! Si j'y étais tombé, vous auriez bien ri et ma méchante sœur encore plus. Dites donc à la personne qui voulait voir de mon écriture, pour me juger peut être la-dessus, que je suis tout simplement un ouvrier dont toute la gloire, après quarante années de travaux tout-àl'heure, est d'être arrivé au titre de grand père, titre magnifique gui me donne le droit de vous parler et môme de vous embrasser avec amitié.
« Laurentte. »
Waldor (Mélanie). — Quatre jolis vers adressés à une comtesse, en 1852 :
t Ces pages vous diront, eo glissant sous vos doigts, « Espoir, gloire, succès, tout est rêve et fumée, « Il n'est qu'un seul bonheur, le bonheur d'être aimée !
«• Je vous le dois.
« Mélanie Waldor. »>
NOUVELLES DIVER§K8
Le bulletin n° 145 de M. J. Charavay aîné vient de paraître.
— M. G. Charavay vieut de publier son 10me bulletin qui ne contient en général que des noms modernes.
— M. E. Demanne, conservateur-adjoint à la bibliothèque impériale, et amateur distingué, vient d'être nommé chevalier de la légion d'honneur.
— M. Reyer est nommé bibliothécaire de l'Opéra en remplacement de M. Leborne, et M. Berlioz conservateur du musée instrumental formé par M. Clapisson.
Correspondance de Joseph Bonaparte. — On lit dans le Nord: « Il vient d'arriver de Rome aux Tuileries plusieurs caisses de papiers provenant de la succession du prince deMusignano, Joseph Bonaparte. Ces papiers sont ceux du roi Joseph. Ils contiennent, non-seulement une partie de sa correspondance avec l'Empereur, mais encore une correspondance curieuse et intéressante de l'ancien roi de Naples et d'Espagne avec une foule d'hommes illustres dans la littérature, la science et la politique.
« Cette correspondance ne s'arrête pas en 1815. Elle va jusqu'aux dernières années du roi Joseph, à peu près jusqu'à 1840. On cite des lettres charmantes de style et de sentiment de madame de Staël.
« Il y en a une partie très-importante, relative à Sainte-Hélène. On y trouvera peut-être les traces du grand travail politique qui a rallié les débris de l'empire et les a conservés, à travers la restauration et la royauté de juillet. »
Lettres inédites de lord byron : On lit dans l'Evénement: « Dans une vente qui vient d'avoii lieu à Londres, on a mis aux enchères plusieurs autographes inédits de lord Byron. Ce sont des lettres toutes adressées à Hodgson, le traducteur anglais de Juvénal, l'ami intime de l'illustre auteur de Manjted.
• Une èpitre, datée de Falmouth le 25 juin 1809, contient le passage suivant :
« La ville est pleine de quakers et de poisson salé. Ici, les femmes, — bénies soient-elles, malgré tout, — sont fustigées derrière une voiture, quand elles commettent quelque larcin. »
La lettre se termine ainsi :
• Je quitte l'Angleterre sans regret, j'y reviendrai sans plaisir. Je suis comme Adam, le premier transporté connu ; mais je n'ai pas d'Eve, et ie n'ai jamais mordu à une pomme qui ne se soit trouvée amère comme de la chair de crabe. »
Une autre missive, écrite de l'abbaye deNewstead, le 9 septembre 1811, porte ce qui suit :
« J'ai beaucoup vécu dans votre société, ces jours derniers, car j'ai passé mon temps à lire votre traduction de Juvénal. La dixième satire est nia favorite : elle contient la meilleure recette que je connaisse pour dégoûter un homme de la vie, et pour lui inspirer le désir d'en sortir. »
Le 1 1 octobre de la même année, Byron s'adresse en ces termes à son ami :
« Je suis comme le vent, tel qu'il est défini par l'Evangile. Il existe où on l'entend ; mais on ne sait d'où il vient ni où il va. »
Le 14 décembre 1814, autre lettre :
« Voulez-vous dire à Drury que j'ai un trésor pour lui, toute une série de lettres originales de Burns, lettres qu'on n'a jamais publiées et qu'on ne publiera jamais, car elles sont émailléesde jurons et de couplets nauséabonds, — fort humoristiques, c'est vrai, mais grossières et indélicates?
— Quoiqu'il en soit, ce sont de véritables pièces curieuses, montrant l'homme sous un point de vue tout à fait nouveau.
« Ce mélange, ou plutôt ce contraste de tendresse, de délicatesse, d'obscénité et de grossièreté dans le même esprit est vraiment extraordinaire. »
Dans une lettre du 8 juillet de la même année, le poète ajoute :' « Louez une maison pour moi à Haslings. J'aurai aussi besoin d'une servante, cuisinière ex tempore pro temporc. Que ma chambre soit surtout éloignée de celle des enfants, s'il y en a, et de celte de cette femme. »
Parlant enfin de son prochain mariage. Byron fait à son ami les confidences suivantes, en date du 19 octobre 1814 :
« Elle sera lady Byron dès que les hommes de loi auront fini de naperasser. — C'est une longue histoire que je vous dirai plus tard. Il y a longtemps qu'elle m'était attachée sans que je m'en aperçusse.
« Croyant que je ne ferais jamais ma demande, elle avait tourné ses regards vers un autre — c'est elle qui me l'a raconté, — mais, à la première entrevue, ses illusions s'évanouissaient en ce qui touche ce monsieur. »
« Tous ces intéressants autographes ont été enlevés à prix d'or parles amateurs anglais. •
Ventes : Dans la vente qu'a faite l'expert Miard le 11 avril se trouvaient quelques livres annotés. En voici les prix : n° 116: la consolation de Cicéron, par Nicolas de Malftllastre, avec un ex dono de l'auteur, 9 fr.;
— n° 309 : la ihéfhnrique d'Aristote, avec la signalure du poêle Desjwrtes, 6 fr- ; — u° 346: Lycophronis Cliatcidensis Alexandra. avec la signature de Ronsard, 125 fr.; — tk* 8tty'î Ântùnii Thylesii Consent ini libellas de coloribus, exemplaire de Grolier, 1205 t'r. - n° 756 : lettres de Balzac à Conrarl, avec, la signature du granu Arnauld el d Arnauld (TAndiUyy 9 fr. ; — n° 828: Géographie manuscrite de la Fiance selon ses gouvernements par Mgr le Comte de Provence^ 1766, manuscrit tout entier de la main du jeune Prince Iplus tard Louis XVJJ1), alors âgé de 10 ans. « Ce travail, dit le catalogue, fait sous la direction de son précepteur, M. Du Coetlosquet, évêque de Limoges, est naïvement exécuté. Les
contours des gouvernements et le tableau général, d'un travail fini, sont dessinés par un employé du bureau de géographie de Sa Majesté.» Ce curieux manuscrit, qui provenait de la bibliothèque de M. Jourdân, secrétaire de M. Du Coetlosquet, s'est vendu 50 fr. — N* 892 : Les douze Césars de Salluste, avec la signature de Ballesdens, 8 fr.
— Le 23 avril M. G. Charavay a fait une pelite vente d'autographes. Voici quelques prix : Arnould (Sophie), 12 fr. ; BoiUau Despréaux, 1 10 fr., 100 fr., 75 fr., 70 fr., 70 fr., 30 fr., 52 fr., 25 fr., 29 fr., 20 fr., 36 fr., 32 fr., 5 fr., 17 fr. et 50 fr.; Bouillon, 40 fr.; François lep (n' 80), 15 fr; Grenoble (conspiration de), 40 fr.; Grignan {M*** de), 15 fr.; Henri IV,
30 fr.; Heures sur Vélin, 40 fr.; Lautrec, 10 fr.; Lutrin, 17 fr.; Maucroix,
31 fr.; Piton (u* 152), 21 fr.; (n* 154), 26 fr.; Rousseau (J.-J.J, 120 fr., etc.
— M. Delion, libraire, a dirigé, les t@ avril et jours suivants, la vente de la bibliothèque musicale de reu M. A. Parrenc. il s'y trouvait quelques partitions et quelques autographes de musiciens. Voici les prix principaux : Haydn, messe eo si-bémol, partition autogr , 85 fr.; Méhul, Joanna, opéra comique autogr., 27 fr.; Sacchini, Renaud, tragédie lyrique en trois actes, autogr., 42 fr.; Boieldieu, 2 let., 14 fr.; Paisielto, l. a. s., 7 fr.: Spontini, lettre a Louis XVIII, 8 fr.; Belzunce, évêque de Marseille, belle lettre de 6 pages, 4 fr. 25; etc.
— La vente de M. J. Charavay aîné aura deux vacations et elle se fera les 18 et 19 mai. Tous nos abonnés en recevront le catalogue qui contient, outre les autographes, quelques livres. Parmi ceux-ci se trouvent des ouvrages bibliographiques de Peignot et de Charles Nodier, le Manuel de l'Amateur d'autographes de Jules Fontaine, etc. Un des articles les plus curieux du catalogue est le portefeuille d'un talon rouoe, l'un des plus rares pamphlets qui aient été publiés contre la cour de France et la reine Marie-Antoinette.
CHRONIQUE
Victor Hugo est à l'ordre du jour : ses Travailleurs de la mer ont exercé la plume des critiques et des journalistes. Parler de cet ouvrage serait so*Ur de notre cadre : aussi nous abstiendrons- nous prudemment et nous permettrons- nous seulement de publier ici une lettre du grand poète adressée à M. Grille, et relative à la Grèce. Elle fait partie de la vente du 18 mai.
• Monsieur,
«Je ne saurais vous dire à quel point nous sommes sensibles, ma îemme, à la bonne pensée que Madame de Lasteyrie a eue pour elle, moi, à l'aimable lettre que je reçois de vous. Nous devons tous nous dévouer pleinement à cette cause sainte des Grecs, que trop d'intérêts tracasaiers ont presque fait oublier à l'Europe. 11 faut réveiller la sympathie des peuples pour ce peuple illrslreet malheureux. Les dames de Paris sont dignes avant toutes de remplir cette noble ta» lie, et ma femme sera bien fière d'être comptée au nombre de ces nobles quêteuses. Il se présent»', malheureusement pour elle, un obstacle en ce moment. Elle est retenue piè» de son enlant qu'elle nourrit et qui souffre de la dentition. J'irai en conséquence (et ce soir même si ie puis) m'enlreU nir avec vous de la manière dont elle pourrait s'yprenare pour concilier ses devoirs de mère et ses devoirs de femme etdecfirélienne ; et si l'état de son fils ne s'aggrave pas, elle fera tout son possible pour répondre à l'honorable appel que lui font les dames du comité Grec.
« Croye*, Monsieur, que je fuis fort reconnaissant de votre souvenir et que le mien vous est acquis à tous les titres.
« Votre bien cordialement dévoué,
« Victor Hugo. •
C'est une coutume qui, maintenant plus que jamais, a cours en France que ceUe des quêtes eu faveur de ceux qui souffrent. Les grandes dames ne sauraient refuser leur concours à ces œuvres de charité : la lettre de Victor Hugo s'applique à celles d'aujourd'hui comme à celles d'autrefois, et l'éloge qui sort de sa plume ne manque pas d'actualité. Du reste on donne volontiers en France et on s'enthousiasme toujours pour les projets vraiment nationaux. Ain6i on veut en ce moment racheter la tour de Jeanne d'Arc, à Rouen : cette idée, propagée par notre célèbre historien, Henri Martin, a été vivement soutenue par les savants de la Normandie. Un comité s'est formé, qui a pour présidents MM. Verdrel, maire de Rouen, et Deschamps, un érudit fort distingué, et Ton peut espérer que ce monument historique nous sera conservé.
J.-J. Rousseau copiait de la musique pour vivre, et on ne la lui payait pas cher. Nous avons en ce moment sous les yeux une pièce autographe de lui qui a ce litre : Copies de musique pour S. A. S. Monseigneur le Prince de Contipar J.-J. Rousseau. On y voit que cet ouvrage lui était payé à raison de 6 sous la page ! Pauvre Jean-Jacques ! c'était vraiment un métier peu lucratif.
Il y a trop de journaux ! qui ne l'a entendu dire? qui ne l'a répété vingt fois? Il est vrai qu'il faut bien des lecteurs, et de toutes les classes, pour suffire à l'alimentation de ces feuilles nouvelles qui surgissent chaque jour, sans compter celles qui vivent ce queviv. ni les roses, l'espace d'un matin. Mais on doit dire aussi qu'il y a réellement des revues bien curieuses. Nous avons déjà cité le Moniteur de V Archéologie publié àToulouse par M. le vicomte J. deManen. Le succès de ce journal a été tel qu'il a déterminé son fondateur à créer trois Moniteuis nouveaux, Moniteur des Sciences, Moniteur de la Littérature Mi Moniteur de V Agriculteur l. Voilà quatre feuilles qui vont naviguer côte à côte. Puissentelles arriver à bon port et obtenir tout le succès qu'elles méritent.
Puisque nous en sommes sur ce chapitre nous ne saurions passer sous silence une des feuilles les plus curieuses des départements, la Revue historique des Ardennes *, publiée à Mézières par M. Ed. Sénemaud, le savant an hiviste du département, avec le concours de littérateurs et de savants distingués, tels que MM. Ed. de Barlhélémv, Alph. Feillet, E. de Sauville, A. Fabre, etc. C'est un recueil que nous ne saurions trop recommander aux érudits et surtout aux amateurs champenois auxquels il est indispensable. Le dernier numéro contient un voyage en Ardennes, des nièces révolutionnaires, un Indicateur nobiliaiie de Champagne, des Variétés, uue Chronique, etc. Celte revue parait depuis un an : elle a déjà obtenu beaucoup de succès : nous souliai tout- vivement qu'elle fournisse une longue carrière, car, nous lerépticns, c'est un recueil sérieux et digne en tous poinl6des érudits auxquels il s'adresse.
1 Bureaux : Arcades du Capitole, 9. à Toulouse. On an, 22 f., les 4 Moniteurs. 'Un an, H f. A Mézières, chez Devin, libraire.
Le Directeur-Propriétaire : Jacques CHARAVAY.
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Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doivent être adressées, franco, à M. Jacques CHARAVAY, rue des Grands-Augustins, 26.
PIÈCES INÉDITES
SÉGLIER
Lettre datée du 21 septembre 1652, et adressée au cardinal Mazarin, alors à Bouillon, où il était allé après la rentrée du Roi à Paris. Seguier, <jui avait cédé les sceaux à Molé, se met aux pieds du cardinal qu'il servit fidèlement comme il avait servi Richelieu. .
Monseigneur,
Le coDteutement que je recoips des assurances qu'il plaist à Vostre Eminence me donner de sa bienveillance seroit parfaist si en mesme temps que ceux qui me les portent ne me donnoient de la crainte de vous voir en ung lieu où vos ire personne est si peu assurée. Vos serviteurs ont à souhait 1er que vostre séjour ne soit pas long à Bouillon 1 et que vous soyés bien tostoù vostre vertu vous appelle avecq justice. C'est mon désir pour vous faire cognoistrc de plus en plus les vrais ressentimentz que ?ay de l'affection que vous uvi-z pour uioy. J'ay sceu de Monsieur de Montegu l'urdre que vous luy aviés donné de porter a la Roynede bonnes paroi les pour moy. J'espère eu ressentir les effets et de mériter la continuation d «cest bonté par mes services que je reudré avecq tpute la dévotion et la lidélité sincère que vous doibt,
Monseigneur,
De Vostre Erainence, , ,. , y.
Le très humble et très obéissant serviteur.
Sèguier.
A Compiègne, le 2f septembre 1652. . ; , . . , ,f0
* Maiarin revint à Paris le 3 février 1653.
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