MOI LE ROI. — MOI LA REINE
(le duc d')
Lettre signée du duc d'Estampes, gourverneur de Bretagne, mari d Anne de Pisseleu qui avait été la maîtresse de François Ier. Elle est datée de Nantes le 8 avril 1559 (1560, n. st.) et se rapporte à la conspiration d'Amboise qui avait éclaté le 15 mars. Le Roi François II ou plutôt les Guise craignaient que certains des conjurés essaient de s'enfuir en Angleterre, et c'est pour cela qu'ils ordonnèrentau duc d'Estampesde faire garder lescôtes. Cette particularité assez curieuse est peu connue.
Jehan de Bretaigne, duc d'Estampes, conte de Pointifure, chevalier de l ordre du roy et son lieutenant général au gouvernement de Bretaigne, au seigneur de La Fondière, salut. Comme le Roy aict esté adverty qu'aucuns personnaiges de ses subjetz auraient conspiré contre Sa Majesté et aul très princes de son sang et iceulx personnaiges avoir délibéré s'embarquer pour faire voille et passer la mer et donner advertissements aux estrangiers, dont pensoient venir plusieurs incontinant, et pour ce nous avons advisé suyvant le -commandement qu'il a pieu au dict soigneur nous faire- de y faire prendre garde, nous confians en vostre prudhummye et diligence, vous avons par ces présentes romruys et commettons pour meclre ordre sur la coste de Rays, et faire garder que aulcuns des dits séditieulx s'embarquent et si aucuns se y trouv« ni vous ayez à iceulx faire prendre et constituer prisonniers au chasteau de I\antes ou aul très forteresses jusques à nous en avoir advertiz afin de le faire entendre au dit seigneur Roy. Mandons et commendons à tous et chascuos les subjec z au ban et arrière ban del'évesché de Nantes retenuz par le dernier rolle des monstres généralles du dit arrière ban pour la garde delà diste coste de Rays et aultres hommes et subjects du dict seigneur Roy au dict pays de Rays assister avec vous si l'affaire le rèquierl et faire touscbant ce
que par vous leur sera ordonné etcommendé en nostre absence ou d'aultre lieutenant de Roy y obéyr sur les peines en tel cas pertinantes. Mandons en outre à tous les officiers et justiciers du Roy en ce vous estre aydans et favorisans sy par vous requis en sont afin qu'il n'en advienne inconvenant. Donné à Nantes soubz nostre seing le huictiesme jour d'apvril Tan mil cinq cens cinquante neuf.
Jehan de Bretaigne.
LAVALLETTE (le cardinal de)
Lettre adressée « à Monsieur Masarin » et datée de Lyon, le 8 septembre 1632. Mazarin ne faisait alors que paraître sur la scène politique mais son sort était déjà décidé, car il avait un protecteur bien puissant, le cardinal de Richelieu, qui le fit nommer, en 1622, vice-légat à Avignon, et deux ans plus tard nonce extraordinaire en France. Lavallet te raconte à Mazarin tous les événements qui venaient de se produire et sur lesquels nous donnerons quelques éclaircissements.
Monsieur, vous sçaurés l'heureux succès des armées du Roy en Lanuedoc et le malheur du pauvre M. de Monmorencv qui s'est précipité ans un combat où il a eslé pris et extrêmement blessé *. On ne croit pas qu'il en reschappe et sa prise rend les affôres de Languedoc très-faciles. Le Roy part demain pour y aller.
Je rie vous puis dire le soin g que M. le Card (cardinal) a de vous ny avecque combien de chaleur il a recommendé vos afferes au Nonce qui est à cete heure tout pour vous. 11 promet de vous servir utilement du *co8té de Homme «. .
Mastrich et Trêves ont esté prises quasi en mesme temps. 3 Nous verrons à cete heure si les Espagnols empescheront laretrete du prince d'Aurenge 4 comme ils disent.
Le Roy de Suède n'est pas encore chassé d'Allemagne comme ils asseuraient qui le devait estre. Il est toujours campé devant Neuremberg avecque peu de trouppes, mais il luy en viend de tous costés
Le comte d'Olivarès a fort menacé M. le Card (cardinal) en parlant à nostre ambassadeur 6, mais Dieu mercy il ne s'en porte pas plus mal. Si
* Le duc de Montmorency avait été fait prisonnier au combat de Castelnaudary, le 1er septembre.
« Richelieu en effet écrivit une lettre au pape, où il faisait le plus grand éloge de Mazarin. Il recommanda aussi son protégé à l'ambassadeur de France à Rome. (Article Mazarin dans la Biogr. Didot).
» Trêves avait été prise le 19 août par le maréchal d'Estrées. Maestricht se rendit le 22 août malgié les efforts de Pappenheim pour dégager cette ville.
* Orange (Frédéric- Henri de Nassau, prince d*), stathouder de Hollande, né en 1584, mort en 1647. C'était lui qui s'était emparé de Maestricht.
s Gustave Adolphe venait de trouver un adversaire digne de lui dans Wallenstein. Ces deux grands capitaines s'observaient mutuellement et leurs armées restèrent en présence devant Nuremberg pendant 72 jours. Enfin ils s'éloignèrent l'un de l'autre, mais ils se rapprochèrent encore, et enfin, le 16 novembre 1632, s'engagea la bataille de Leipzig où Gustave Adolphe périt au sein de la victoire.
« On trouve dans les Mémoires du Cardinal de Richelieu (édition Michaud, 2. partie, p. 420) le résumé de la conversation qu'eut le comte d'Olivarès avec Bautru, envoyé du Roi à Madrid Le ministre espagnol persifle le ministre français à propos de l'exécution du duc de Montmorency.
vous allés à Romme obligés moy d'asseurer messieurs de Frangipane de mon service et faites-moi la faveur de me conserver vos bonnes grâces et de me croire, Monsieur, . ,
Vostre très-affectionné serviteur,
Le Gard, de Lavallette
De Lion, le 8 septembre.
Le passage le plus curieux de cette pièce que nous venons de reproduire avec des notes explicatives est celui qui est relatif au
c'est ce qu'il est assez difficile de démêler. Le duc de Montmorency était du reste très aime des grands et du peuple et il ne serait pas surprenant que Lavallette, le confident et l'aide servile de Richelieu, se soit par inadvertance laisse aller à plaindre un ennemi du Roi et de son maître. Ces mots : oh ne croit pas qu'il en réchappe, en
Farlant de ses blessures, parait une raillerie amère, si Ton songe que infortuné maréchal survécut à dix blessures reçues dans le combat et fut décapité à Toulouse le 30 octobre 1632.
u Etiénnê Chabavày.
LES LETTRES DE MADAME DE vu I VUN
M. de Courtois, un érudit distingué, nous envoie la note suivante que nous insérons avèc empressement :
., « M'occupant d'une réimpression des lettres de Mme de Villars à Mme dp Coulanges* je serais fort reconnaissant aux personnes qui, possédant des lettres autographes inédiles de Mme dé Villars, voudraient bien m'en donner communication. » « Alfred de Courtois. »
Les communications doivent être envoyées au directeur de Y Amateur d'Autographes qui les transmettra à qui de droit.