MOÎVREPOS (LA MARQUISE DE
{Ulire à Voltaire sur l'affaire Calas)
Charmante épître adressée « à Monsieur, Monsieur de Voltaire, à Fernex (sic), par Genève. » Elle fait partie du cabinet de Mr J. Charavay aîné.
Quelle gloire touchante pour vous, Monsieur, que de voir vos soins réussir, pour mettre en son jour l'inocence de l'infortunée famille Calas, c'est une féljcitajion flue voire bon cœur recevra avec plaisir; elle part de tout ce qui a de l'humanité et qui pense. Si le fanatisme est une hydre, vous en serés l'hercule pour la térasser. Je compte aller passer quelques teins auprès de l'aimable Margrave de Baden Dourlach ; je vous demanderai, Monsieur, quelque recdmraandation et souvenir po ir elle, qui sait si bien, ainsi que le Margrave, vous admirer et vous chérir. J'espère bien, en revenant, faire un petit détour par Lunêville ; mon fils dpft y eUré arrivé bientôt ; ce charmant chevalier de Ëoufuers a voulu se charger do tout pour lui, il me prouve combien il est agréable d'être obligé par ses amis ; il y recevra une bonne éducation ; voilà la meilleure fortune que j'envisage pour lui dans ce moment.
regret, Monsieur, est de p'avpir pas pu vous demander votre bénédiction et vos ordres ; ce bonheur m'est, j'espère, réservé pour mon retour. Puissiés-vous jouir de cette santé précieuse que tous nos cœurs vous dé.-irent comme à la lumière de notre siècle, dont les rayons vivifient ce qui est bien, et doivent anéantir ce qui est mauvais. Conservés de grâce, Monsieur, votre amitié, votre bonté, à celle qui a l'honeur de vous admirer de toutes les facultés de son entendement et de vous aimer de toutes celles de son cœur. Je demande la même grâce à madame Denis, et de vouloir bien ne pas m'oublier.
Monrepos, le 22 mars 1765.
PIÈCES SUR LES PROVINCES MJQMNBi
(LE CHATEAU DE m .OIS, EN 1438)
Pièce signée du fameux (bâtard d'Orléans 1 relative aux parties d'artillerie nécessaires pour la défense du Chasiel 4e Blois. Cette ville était restée Qdèle au Roi pendant la guerre contre les Anglais : située non loin d'Orléans, c'était là que, pendant le fameux siège île 1428, s'étaient concentrées les troupes que la Pucelle mena au secours de Dunois.
Nous Jehan, bastart d'Orléans, conte de Vertus, seigneur deRomorentin, grant chamhellan de Franceet lieutenant général du Roy nostreSeismeur et de mon très redoutté seigneur monseigneur le duc d'Orléans sur le fait M la guerre ès-pays d'entre les rivières de Seine et de Loire et généralement en toutes les terres, seigneuries et pays de mon dit seigneur le duc, certifiions à tous à qui il appartient que par nostre ordonnance et commandement Jehan Menart, maistreet garde de l'artillerie de mon dit seigneur le duc, estant ou chastelde Blois, a baillié et délivré à Alardin de Berthemont, nostre lieutenant ou chaslel et ville de Blois les parles
* Cabinet de M. J. Charavay aîné.
d'artillerie qui s'ensui vent, pour la garde et deffense du dit chaste! de Blois. C'est assavoir trois arbilestres, une «rosse, trois roartinetz pour tendre les dictes arbalestres, item ung cent de trait pro«, item quatre lances ferrées, item quatre haches, — desquelles parties d'artillerie cy dessus dictes nous promettons au dit Jehan Menart de l'en acquiter et descharser envers mon dit seigneur le duc et envers tous autres qui aucune chose ou temp-î advenir lui en pourroient demander. En tesmowR de ce nous avons sijjnéces présentes de nostre main et fait sceller du scel de noz armes cy mis le xxuue jour de raay Tan mil cccc. trente huit.
Le Bastart d'Orléans.