‹ L'Amateur d'autographesChapitre 60 sur 175 · NOMMÉ COMMANDANT DE VERDUN · texte numérisé non relu

NOMMÉ COMMANDANT DE VERDUN

Dans la nuit du t« au 2 septembre Beaurepaire, l'héroïque défenseur de Verdun, fut trouvé mort dans sa chambre ». Dampierre fut nommé à sa place, mais, comme nous l'apprend la lettre suivante, il n'apprit sa nomination qu'après la reddition de cette place qui eut lieu le 2 septembre.

Maubeuge, ce 8 septembre l'an iv de la liberté et de l'égalité (1792)

Mon cher Courtois, votre lettre datée du 4 est la seule que j'aye reçue ici et c'est par elle quej'ai appris ma nomination au commandement de Verdun. Par conséquent vous avés vu qu'il était impossible que je m'ensevelisse sons ses ruines, puisque je n'ai appris ma nomination qu'après sa rédition.

Je conduis à Dumourier un corps de troupes d'élite ; nous parlons demain neuf. Je serviray aussi bien mon pays sous ses ordres que dans un commandement près de la capitale. Il faut que nous empêchions les ennemisd'arriver jusqu'à vous ou qu'ils passent sur nos corps expirants.

Adieu, mon bon ami, je vous embrasse.

Cette lettre, adressée au conventionnel Courtois, fait partie de la collection de M. J. Charavay aîné. -Elle a un post-scriptum de deux pages que nous n'avons pas cru devoir reproduire parce qu'il est sans intérêt pour l'histoire. — Dampierre, après avoir servi glorieusement la République, fut blessé mortellement à la bataille de Famars, le 8 mai 1793, et succomba le lendemain.

Maintenant, chers lecteurs, permettez-moi de causer un instant avec vous. J'ai divisé les pièces inédites en deux parties : la première a gardé son titre primitif : la seconde est intitulée : Pièces sur les provinces. Parmi nos abonnés nous en avons un certain nombre dans les déparlements, et la plupart de ceux-là forment des collections purement locales dans le but, fort louable d'ailleurs, de faire un travail sor la province qui a été le pays de leurs ancêtres et où ils ont eux-mêmes élu domicile. Nous avons pensé leur être agréable en publiant le plus souvent possible des pièces sur les départements. Nous varierons bien entendu pour que tous soient

4 V. de curieuses dissertations sur la mort de Beaurepaire dans les nM 21 et 101 de Y Amateur a? autographes.

contents. C'est là notre plus grand désir et je serais heureux, chers lecteurs, si vous trouviez que mes efforts ne sont pas infructueux.

Etiennb Gharavay.

ARRESTATION DU HrHi^Ti;\I)A\T FOUQUET

Nous recevons d'un érudil fort distingué, M. Jules de Gères, la lettre suivante que nous nous empressons d'insérer. Nous espérons que celle communication ne sera pas la dernière dont nous honorera le savant collectionneur et qu'il voudra bien détacher encore pour nous de son riche cabinet quelques pièces intéressantes et inédites.

Monsieur le Directeur,

Après avoir lu, dans les n°» 110 et 111 de VAniateur d'Autographes, les notes que vous y avez consacrées à Fouquet, j'ai pense que vous trouveriez quelque intérêt aux renseignements suivants :

Le malheureux surintendant des Financesfut arrêté le 5 septembre 1661, l'histoire le sait, mais ce quelle ignore généralement, c'est que l'ordre d'incarcération était daté de l'avant- veille. Louis XIV le signa à Nantes le 3 septembre, et le confia aux mains de d'Arlagnan, sous-lieutenant à la compagnie des mousquetaires du roi, et non capitaine, ainsi que l'a cru Michaud(Tome xv, p. 355). Bouillet fait enfermer. Nicolas Fouquet dans la citadelle de Pignerol, mais il est très certain qu'il n'y fut conduit qu'après avoir été successivement emprisonné à Angers, Amboise, Vincennes, Moret et la Bastille. — Louis XIV écrivit directement à « son cousin » le comte d'Harcourt, grand écuyer de France, lieutenant-général à Anjou, et gouverneur de la ville et château d'Angers. Il demandait qu'on ht sortir du château toute la garnison, en sorte que d'Artagnan « y demeura seul avec les gens qu'il y aura menés, et qu'il « me puisse respondre de la personne du dit sieur Foutquet,» — et assurait que cela serait chose « qui me sera bien agréable. » En l'absence du Comte d'Harcourt, cette commission fut remise à Jean de Gères, marquis de Camarsac, maréchal de camp, colonel du régiment de Briosne d'Armagnac, et qui commandait alors le château d'Angers pour le compte du Lieutenant-général du Roi. — C'est ainsi que cet ordre royal, trèscurieux, il me semble, et non moins authentique, est aujourd'hui en ma possession. Le texte disait simplement : — « Conduire à mon chasteau « d'Angers, le sieur Foutquet, que j'ay faict arrester, etc. » — Un renvoi d'une autre main, mais d'une encre "tout aussi contemporaine, porte en marge : — « Surintendant de mes finances. » — Louis XIV y mettait des formes.

Veuillez agréer, Monsieur, la nouvelle assurance de ma bien parfaite considération,

Jules de Gères.

BIBLIOGRAPHIE

Page 1