ROI D'ANGLETERRE
Lettre de cet infortuné prince, pleine de résignation et écrite un mois et demi après son délrônement et son arrivée en France •, et 8 jours avant que son gendre et adversaire Guillaume d'Orange fût élu roi d'Angleterre 8. Elle est adressée au cardinal de Bouillon :
Saint-Germain, ce 15 février 1689.
Vous avez de tout temps pris tant de part eu ce qui me regarde qu'il vous a esté assez facile de me persuader par la lettre que vous m'avez escriie que vous avez encore les mêmes sentiments pour moy, et que vous avez esté touché de tout ce qui m'est arrivé. Ce n'est pas la première fois que i'ay esté trahie par des gents à qui j'avois fait du bien, ni que j'ay esté Dan nie ou obligé malgré moy de sortir hors de l'Angleterre*, si bien que je suis comme accoutumé à ces revers de fortune et à les su porter avec patience. Je tache par l'aide du bon Dieu d'avoir un véritable résignation pour ces saintes voionlez, et sans cela je n'aurey pas peu me con-
1 La première est une lettre dans le genre de celle de Condé où elle lui promet de faire pour lui tout ce qu'il souhaitera. — Dans la seconde elle parle du duc de Bouillon à qui il pardonnera s'il veut rentrer dans le devoir. Celle-ci est comprise dans la vente de M. J. Charavay aîné. — Toutes deux ont été publiées à la page 421 des Mémoires du vicomte de Turenne tColl. Michaud,
t. XXVI Ij.
* Tl décembre 1688.
» 23 février 1689.
4 Jacques II fait allusion à sa fuite de l'Angleterre avec sa mère et son frère aîné Charles II lors du procès et de la mort de son père.
tenir dans toutes les traverses que me sont arrivé, et ce m'est une si grande consolation de voir l'amitié que le Roy et tous ses sujets m'ont témoigné, depuis mon arrivée en ce pais. Au restje vous suis bien obligé de tout ce que vous avez fait pour les bons pères anglais de l'ordre de Sl-Benoist, et vous prie de croire que je conserverez toujours pour vous toute l'estime et amitié que vous avez raison d'attendre de moy.
Jacques R.