‹ L'Amateur d'autographesChapitre 88 sur 175 · LA VENTE I>U MOI» DE DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LA VENTE I>U MOI» DE DÉCEMBRE

Le catalogue de la vente que M. J. Charavay ainé doit diriger le 3 décembre et jours suivants va parailre. C'est donc le moment d'en donner, comme nous le faisons ordinairement pour toutes les ventes importantes, un compte-rendu détaillé, et de reconstituer autant que possible, les séries que l'ordre alphabétique a nécessairement brisées.

Rois et Reines de France : Depuis Charles V jusqu'à Louis XVI la série de nos,rois ne se trouve pas interrompue. Nous remontons même plus haut, car le catalogue contient des chartes originales, des rois Louis VI, Louis VII et Louis X, le Hutin, alors dauphin, mais ^eiles ne sont pas signées, car, avant Charles V, la signature des rois consistait en un monogramme, qui même, la plupart du temps, était de la main du chancelier : les pièces dont nous parlons sont dans ce cas. Celle de Louis VII est un document fort curieux ; le roi y fcit don aux bourgeois de Paris de la place de Grève et du Monceau. Voilà une pièce qui trouverait naturellement sa place dans le musée parisien que M. Haussmann organise à rjIôtel-aV Ville. Charles VI et Charles VII sont, des pièces signées sur vélin, très-bien conservées, et les deux premières relatives à des couvents de Paris. — Louis XI est également un document signé sur parchemin. — Nous placerons ici la vaillante jille de Louis XI Anne de France, duchesse de Beaujeu, régente pendant la minorité de son frère Charles VII f. — Louis #//, 2 lettres signées, as-

< Le 13 juin en effet Servan, Roland et Clavière furent renvoyés du ministère par ^influence de Dumouriez, qui, toi même, poursuit! par la haine publique offrit, le 15, sa démission au roi qui l'accepta.

*M. Condorcet écrivait alors dans la Chronique n° 681, ces nropresmots: • M. de La Fayette est il l'ennemi de la liberté? Non, mais k» préférence constante qu'il accorde aux intpiguans sur tes honnêtes gens, aux gens adroits sut les gens éclairée, aux valets complaisants sur des ûmvt même indulgents et fermes, lui a fait commettre bien des fautes et celle-ci (sa lettre h l'ass nat ) est la plus grave de toutes. 11 lui reste un moyen de la réparer, c'est de rompre hautement, publiquement, sans aucune réserve, avec les agens imbéciles ou 'fripons qui ont été ses -complices » — Cela ne veut-Il pas dire en bon français : Si Lafayette veut se jeter dans notre farti, nous le sauverons, il nous servira et nous le servirons. Les mêmes hommes ont tenu depuis là même conduite avec JhimcrvrtT*. et vois, homme* failles et lâches qui ne «royea pas aH-parti de ces hommes là, «tfavez-vous à répondie? [flote de Chaumelte.)

sez curieuses, et Jeanne de ¥atleis, sa première femme, fiite 4e

Louis XI, princesse malheureuse, -.répudiée par son imari, ,et béatifiée, 2 pièces sign., sur (vélin. — Louise de Savoie, il. a. 6. à Ctwtfles«Quiut,iet son>fHs François H\2i.s. • Henri H, 3>l.s., et Catherine de Médiois, trois lettres, dont deux sur le mariage entre le>duc d'Anjou et la reine Elisabeth d'Angleterre — Voici venir leurs trois Ifils : François II, p. s., sur parchemin; ^Charles IX h s.; Henri 111, 2 lettres, —fleuri /Test représenté par 5 lettres dont 3 atit. sig ; ses deux femmes, Marguerite de France, Marie de Médiois, la première par une jolie lettre, et la seconde par 5 'Curieuses lettres à son fils Louis XIII. De celui-ci flous trouvons deux épitres au duc de Bouillon et au prince de Condé. Anne d'Autriche, sa femme, écrit, en 4649, deux curieuses lefctr&s a Turenne pour l'empêcher de se jeter dans le parti de la Fronde. — Louis XIV, 5 lettres dont 4 . à Wurenne et une à Jacques II. Cette dernière est relative à l'expédition deTourville pour rétablir le roi d'Angleterre, expédition qui se termina par le iameux combat de La Hogue. — louis XV, deux piquantes épîtres sur la Lauraguais et la marquise de Pompadour ; Marie-Leczinska, sa femme, jolie lettre. — Louis XVI, deux lettres, dont l'une au cardinal de La Rochefoucauld où il prie le clergé de se réunir au tiers ordre; Marrie-Antoinette, une lettre autog. et une pièce sign. — Napoléon M, fragments, collés sur papier, d'une lettre écrite pendant la campagne/de .Russie ; Beauhamais, (Joséphine), sa première femme, une jolie lettre à Barras. — Louis XVIII, belle pièce ; Marie Joséphine-Louise de Savoie, sa femme, 4 lettres.

Princes Français : Berri (Jean de tFraficc, duc de) frère de Charles V, le plus ancien peut-être des princes bibliophiles, 1. s. ; — Bourron (Louis 11, duc de) l'émule de Duguesclin,). s., pièce rarissime; — Orléans (Charles, duc d'], père de Louis XJI, le mejlleur\poete de son temps, pièce sig. de lui et de Jean, duc de Bourbon, document historique, sur vélin, d'une parfaite conservation : René d'Anjou, le bon roi René, superbe pièce, et Jean, duc de Calabre, son fils ; — Jean V et François //,duc de Bretagne, p. s., sur vélin ; — Charles, duc de Guyenne, frère de 'Louis XI ; Char les- le- Téméraire, duc de Bourgogne, superbe 1. s., comme comte de Charolais ; Bourbon (Jean 11, duc de), les trois principaux chefs de la ligne du bien public ;— Henri II d" A Ibret et Antoine de Bourbon, rois de Navarre; — Alençon (Charles IV, duc d'), connétable deÂranee, qui fut cause de la perle de 'la 'bataille de'Pavie, et mouEutsde honte peu après, p. s., — Condé (Henri 4«r, prince de), 1. s. , >et Charlotte de La Trémoille, sa femme, deux lettres au*. Siig.;iCon^!(Henri II de), deux 'lettres ; Condé{\e grand Vies > deux curieuses lettres à Turenne que nous avons publiées; — $uwe (Claude de Lorraine, l^ duc do), et sa femme Antoinette de Bourbon; Gttise{jFr., duc de), le grand capitaine assassiné par ^oltwt ; Guise\ïïrmi Ier de), le;Ba1afré, et Catherine de Ctèves, sa femme ; G*rise)( Louis II, cardinal de), assassiné & Biois avec son tfrère Brouillon (Henri, *duc de), maréchal de France,^ sa ffcm me Blisa~

beth de Nassau, père et mère de Torenne ; — Bouillon (Frédéric- Maurice, duc de)* 3 lettres, et son fils le cardinal de Bouillon, 2 épltres curieuses; — Orléans (Gaston d'), frère de Louis XIII, trois lettres, et Marguerite de Lorraine, sa seconde femme ; — Conti (Armand de Bourbon, duc de), le frère du grand Condé; Conti (Fr.- L. de), relation de son voyage en Pologne dont il avait été élu roi ; — Bourgogne (le duc et la duchesse de) ; Maine (le duc et la duchesse du), plusieurs lettres intéressantes; — Orléans (Philippe, duc d') le frère unique de Louis XIV, et Elisabeth-Char lotte de Bavière,sa seconde femme; Orléans (Ph. d'), le régent; Philippe Egalité, etc., — Louis, dauphin, père de Louis XVI ; Louise-Marie de France, carmélite, fille de Louis XV, 15 lettres ;etc, etc.

Souverains et princes étrangers: Les papes Innocent n, charte originale, 1134, signée, pièce précieuse; Clément VU, Urbain VIII, Benoit XIV et Clément XIV. — Baudouin ii, dernier empereur français de Constantinople, qui fut chassé de ses Etats par Michel Paléologue, et fit cadeau à Louis IX de la sainte couronne d'épines, deux chartes originales, sur vélin, signées à l'encre rouge, Tune de 1240, l'autre de 1248, pièces rarissimes et qui manquent à toutes les collections. — Villiers de Lisle Adam, grand-maître de Tordre de St.-Jean de Jérusalem, qui défendit héroïquement Rhodes contre l'empereur Soliman II et, après la prise de cette île, reçut Malte de Charles Quint, lettre signée de la plus belle conservation. — Les empereurs Maœiniilien 1er, Charles- Quint, superbe lettre signée avec 8 lignes autographes, Ferdinand III et Léopold Ier. — Frédéric V, électeur palatin et roi de Bohème. — Philippe-le-beau, roi de Castille, père de Charles-Quint, lettre signée, avec 7 lignes autogr., trèsrare. — Les rois d'Espagne Philippe II, 1. a. s. ; Philippe IV, et Elisabeth de France, fille de Henri IV, sa 1re femme; Philippe V, intéressante épi Ire, et sa 2e femme Elisabeth Farnèse; etc. — Emmanuel, roi de Portugal, dont Vasco de Gama illustra le règne parla conquête des Iudes,l. s., très-rare-, Louise de Guzman, reine de Portugal, qui poussa son mari Jean de Bragance, à se proclamer souverain de ce pays, lettre signée à Louis AlV pour lui demander son alliance au nom de son fils Alphonse VI. — Angleterre : Elisabeth, dite la Grande, lettre aut. sig., en français, au duc de Montpensier, superbe et rare pièce ; Jacques Ie', l'indolent fils de Marie Stuart, 3 1. s.; Charles 1er, 2 1. s. et une aut. sig^ à Louis XIII, dont deux relatives à son mariage avec Henriette-Marie de France, fille de Henri IV, dont nous trouvons 7 lettres à la supérieure du couvent de Chailiot, intéressante correspondance ; Charles II, 1. a. s.; Jacques II, 5 lettres, dont trois avant d'être roi, et une autre, datée de St Germain, 15 fév. 1689, où l'infortuné prince se soumet à la volonté de Dieu qui Ta renversé du trône, et que nous avons publiée dans notre numéro 115: Marie d'Esté, sa vertueuse compagne qui partagea noblement les infortunes de Yen), eXLouise-Marie-hlisabeth, leur fille, qui ne vécut que 20 ans, lettre écrite, en 1712, douze jours avant sa mort, lettre rési-

gnée et mélancolique où l'on sent les dernières pensées d'une princesse qui n'a connu que le malheur. Voici maintenant Jacques III et sa femme Marie-Clémentine Sobieska) Charles-Edouard-Stuart et le cardinal d' York, rois éphémères et en qui s'éteignit l'antique et infortunée maison des Stuart. Reprenons maintenant la liste des rois d'Angleterre avec Guillaume III, l'élu de larévolution de 1688; Georges II et Caroline d'Anspach, sa femme; Georges III etc. — Margueritte, reine d'Ecosse, sœur de Henri VIII, lettre à Louis XII pour lui annoncer le rétablissement de l'autorité de son fils Jacques V et lui demander des secours. — Gustave-Adolphe, le grand roi de Suède, belle lettre signée à Louis XIII, et Christine, sa fille, deux curieuses lettres signées à Louis XIV. — Les rois de Pologne Sigismond IIIy Vladislas VII, Casimir V, d'abord Jésuite et qui mourut abbé de St Germain des Près où se voit encore son tombeau, Stanislas 1er Leczinski, trois superbes lettres au duc de Bourbon sur le mariage de sa fille avec Louis XV. — Frédéric-Guillaume, électeurdeBrandebourg, qui jeta les fondements du royaume de Prusse, 1. a, s. — Enfin nous terminerons cette longue énumération par deux lettres philosophiques du prince Henri de Pilasse, frère du grand Frédéric et ami de Voltaire.

Hommes d'ktat et diplomates : Armagnac (le card. Georges d'}; Du Bellay (Guillaume et Jean) ; Lénoncourt (le cardinal de) ; Ossat (le cardinal d') ; Tournon (lecard. de) ; Forget (Pierre), un des rédacteurs de l'édit ae Nantes ; etc. — Voici maintenant Sully, le ministre de Henri IV; le cardinal de Richelieu, quelques lignes aut.sig., pièce précieuse, vu la rareté des autographes de ce grand homme ; à ses côtés marche le Père Joseph, son homme de confiance ; puis Mazarin, moins grand mais plus rusé que son illustre maître, et Colbert, son élève; viennent ensuite Walsingham, qui méritale surnom de Richelieu de la reine Elisabeth ; Ësseœ, (le comte d'), le malheureux favori de la môme princesse ; Somerset, ambilieux parvenu, par la faiblesse de Jacques 1er, au rang de premier ministre, et scélérat consommé ; Vane (Henri), l'ennemi de Slrufiord, qu'il renversa et conduisit sur l'échafaud ; Plelo (le comte de), ambassadeur en Danemark, qui mourut héroïquement en défendant Dantzig contre les Russes, deux jolies lettres prose et vers qui témoignent de l'esprit cultivé et des nobles pensées de leur auteur ; le cardinal Albéroni, qui voulut jouer le rôle de Richelieu ou de Mazarin et fut arrêté dans sa marche ; Edmondes (Thomas), que nous oublions, le négociateur du mariage de Charles Ier avec la fille de Henri IV; Mansfield, Shelburne, Windham, hommes d'étatanglaisduXVlIl* siècle ; A iguillon (le duc d'), un des faibles ministres de Louis XV, curieuse épitre où il essaie de justifier sa conduite, etc. — Enfin nous finirons par l'illustre fondateur delà républiquedes Etats-Unis, Georges Washington.

Grands Capitaines : Nemours (Jacques d'Armagnac, duc de), un des chefs de la ligue du bien public, livré par Charles-le* Téméraire à Louis xi qui le fit décapiter, 1. s., très-rare; Bourbon (le connétable de), 1. s., avec 4 lignes autogr.; Bonnivet (l'amiral) ;

Stuart d'Aubigny (Robert), maréchal* de France; Aihamj (Jean Stuart, duc d'), qui amena d'Italie Catherine de Médicis ; Monimo^rency (Guillaume de) -Montmorency (Anne de) et Madeleine de Savote, sa femme, et François et Henri, ses fils, tous deux maréchaux de France ; Créquy (Antoine et Jean virr de) ; Stroi2i (Pierre;, maréchal de France, 9uperbe lettrre; Coligny (l'amiral Gaspard de), 1. s., et son fils François; Termes (Paule de laBarthe, seigneur de), Tarvannes, Tende., maréchaux de France : Noailtes (Àntomede) ; Epemon,([e ducd'), un des mignon» de Henri iti;* Rohan (Henri n de) ^ deux magnifiques lettres où il déclare vouloir rester toujours bon Huguenot, et Marguerite die Béihune, sa femme; Bellegayde (Roger de);, l'amant de Gabrielle d'Estrées-; Aurnale (Ch. de Lorraine, duc d'), défenseur de Pari» contre Henri iv; Biron (Armand de Gontaut, duc de), superbe pièce ; Biron (Ch., duc de), décapité en 1602, son testament aufc, sig. ; Lanoue (Fr. de), dit Bras~de-Fer, magnifique lettre, et son fils Odet, brave guerrier et poète distingué ; Mornay (Dople3sis) ; Farnèse (Alexandre) : Montpensier (Louis h, duc de), si fameux par ses cruautés en Bretagne lors de la SaintrBarthélemy ; Nevers (Louis de Gonzague, duc de), ardent instigateur de ce massacre; Mayenne (le doc de), 3 lettres aut. sig. ; Orange (Maurice et Frédéric- ffenri de Nassau, princes d'). — Voici venir maintenant les grands capitaines du siècle de Louis xni : Arnhem (Georges d') et Mansfeld (Ernest del,. des gloires de la guerre de 30' ans ; Roqitelaure (le bâron de), Gassion, Lac Meillerme, Toiras, Caumont-laforce, maréchaux de France ; les connétables de Lesdiguières et de Luynes -r Mbntmorcney (Henri n de), le héros malheureux du combat de Castelnaudary ; — puis* les lieutenants de Louis xiv, Bois^Dauphin, Fabert, Qhtiùteaurenault, Estrades, Luxembourg (le duc de), Rantsau, Montrevel, Thènûnes, Schombevg, maréchaux de France ; Turenne, 12 lettres, et un manuscrit autographe de 41 pages sur sa campagne de 1672, document historique de la plus haute importance; LonguevMe (Je dnc de), beau-frère du grandi Condè ; Vend&me (César, Louis, Philippe de) ; Vendôme (Louis-Joseph, duc de), maréchal de France, curieuse épltre où il demande un bénéfice pour l'abbé Albèroni qui avait été son secrétaire et devint ensuite cardinal ; Eugène de Savoie, le rival heureux des derniers généraux de Louis xrv ; Rwvigny, comte de Galloway, vaincu par Berwick à la bataille d'Almanza ; — enfin nous citerons encore Maurice de SaoceAe vainqueur de Fontenoy ; le comte à'Estaing et Ducasse, deux célèbres marins ; le comte de Lally, l'infortuné gouverneur des Indes, etc., etc.

Ecrivains \Amyot\ le naïf traducteur de Piutarque, p. s., sur vélin ; Du TillM (Jean), érudit et historien du xvia siècle ; Mai> herbe, le restaurateur do la poésie française, La. s. ; chapblle, le joyeux collaborateur de Bachaurnont, et Chaulieu^ chômante épître, prose et vers, à la- duchesse de Bouillon ; les poètes latins Santeul, Rapm etLarue; Montmaur (Pierre de)-, le célèbre parasite et bel esprit, t. au sM non loin de Ménage, qui l'accahla de tan t

d'épigrammes ; Arnauld d' And il! y ; Bonhours fia Pè*ej £ Dwpin (Ellies), historien ecclésiastique, courageux adversaire de Boasuet; La Rochefoucauld, l'auteur des Maximes, curieuse épître ; Leibniz, superbe lettre, en français ; Le Laboureur (Claude et Jean) ; Lehain de Tillèmont ; Guichetion (Samuel) ; De T/wu (Jacques- A ug») et le duc de Saint-Simon, deux grands historiens ; Peiresc; Baluzcr lettres fort curieuses et manuscrit sur sa fameuse Histoire généalogique de la maison d'Auvergne qui lui valut l'exil ; les savants Bénédictins Mabillon, Félibien, Ruinart, Vaissette, Poirier et Taillandier ; Expilly (l'abbé) ; Rollin (Charles ï ; Rousseau (J.-J.) ; Grimm ; Walpole (Horace), superbe" épftre sur la mort et la succession de son amie M™ Du Deffand ; — Al fier i, curieuse épftre, en français, Goldoni et Métastase, les poètes de l'Italie au x>vjii« siècle; Goethe ; Pellico (Silvio) , etc.

Académiciens : Gomme plusieurs amateurs collectionnent l'Académie-française, nous avons cru devoir former de ses membres une catégorie à part. Richelieu, le fondateur, se trouve rangé parmi les hommes d'état : voici maintenant le chancelier Séguier, qui était protecteur ; Chapelain, le laborieux auteur de la Pucelle ; Bussy- Rabutin (Roger, comte de); La Fontaine,* 12 quittances aut. sig.; Hardouin de Péréfixe, l'historien de Henri IV ; trois grands prédicateurs Fénélon, Fléchier et Massillon; un autre moins célèbre Nesmond, que Louis XIV appelait le plus beau parleur' de son royaume ; La Chapelle (Jean de), poète tragique de la race de Pradon et de Boyer, qui donna au théâtre Zaïde, Cléopâtre, Télèphonte et Ajax, œuvres justement oubliées comme le nom de leur auteur, qui serait complètement inconnu sans les fastes de l'Académie française et les épigrammes de Boileau, autographe du reste extrêmement rare et qui sera sûrement vivement disputé par les amateurs; Doujat (Jean); — C 1er mont-Tonnerre (F r. deL évêque de Noyon; Coetlosquet (Gilles de); Dubois (le cardinal) ; Fleury (le cardinal de) ; Languet de Gergy, archevêque de Sens ; Luynes (le cardinal de) Polignac (le cardinal de) tous des prélats presque sans titres littéraires ; — Sacy (Louis de), un avocat célèbre ; Campistron, un poëte dramatique de la fin du siècle de Louis XIV; Malezieu, l'ordonnateur des fêtes de la cour de Sceaux; Verjus de Crécy, un diplomate, autographe rare; Montesquieu, superbe et eurièuse épître où il fait un piquant récit d'une séance de l'Académie française; Villars, le vainqueur de Denain; c'est son seul titre au fauteuil; Voltaire, trois charmantes lettres qui ne démentiraient pas sa réputation du plus grand de nos épistolaires ; Alembert (d') ; Bernis (le cardinal de) ; Richelieu (le maréchal de), plus connu par ses aventures galantes que par ses exploits militaires; Du Resnel (l'abbé); Gresset, charmante épître: Hénault (le président); La Condamine ; Barthélémy (l'abbé), curieuse lettre où il parle de son Voyage du jeune Anacharsis ; Bréquigny ; Maupertuis ; Marmontel ; Terrasson (l'abbé) ; Moncrif : Colardeau ; Destouches ; Sedaine ; Dwcis, curieuses lettres ; Florian ; Lofranc de Pompignan, un poète lyrique ; Sain t-Pkrre (Bernadin de), deux intéres-

santés épîtres ; Saint-Lambert, une cinquantaine de lettres ; Delille (l'abbé); Laharve, une curieuse lettre que nous avons publiée dans notre n° 117; Maury (le cardinal) ; Vicq d'Asir , Cabanis; Condorcet ; Volney; Siéyes; Portalis, une longue lettre ; Nodier (Charles), une épître intéressante, où il parleMe sa bibliothèque qu'il estime 6,000 fr.; etc., etc.

(La fin au prochain numéro)

NOUVELLES DIVERSES

La deuxième partie du mois de novembre sera féconde en ventes, Il en est une qui nous intéresse vivement, car c'est la bibliothèque d'un des plus savants érudits de nos jours, d'un digne continuateur des Bénédictins, M. Alexandre Teulet, dont uous avons annoncé la mort, il y a quatre mois, qui va être dispersée. La vente aura lieu les 26 et 27 novembre par les soins de M. Labitte, et le catalogue est dans toutes les mains. Aussi ne nous étendrons-nous pas sur les livres qui y sont contenus : c'était une bibliothèque de travailleur : ♦ tous les ouvrages d'érudition, tous ceux qui sont indispensables au savant, comme le dictionnaire de Ducange, l'Histoire générale du Languedoc, s'y trouvent. Nous signalerons aussi la plupart des ouvrages du regretté M. Teulet, entre autres ses Relations politiques de la France et de l'Espagne avec l'Ecosse au xvi° siècle, livre excellent mais qui coûta beaucoup à son auteur et lui rapporta bien peu de chose. 11 lui en restait 189 exemplaires qui sont dans le catalogue. — Enfin nous faisons des vœux pour gue la vente de la bibliothèque deM. Teulet, seule fortune qu'ait laissé cet érudit aussi modeste que savant, soit la plus fructueuse pos*ible.

— Les 26, 27 et 28 novembre aura lieu, par les soins de M. Gabriel Charavay, la vente du docteur Coralli. Le catalogue se compose, en général, de noms modernes. Nous citerons cependant Clairon (Mlle), Garibaldi, Louis XI, pièce intéressante sur le Dauphiné, Gilley (Jean de), un chroniqueur du xvie siècle, Victoria (la reine), etc.

Nécrologie : Nous avons le regret d'annoncer la mort d'un des plus anciens amateurs d'autographes, M. le Baron de Laroche- Lacarelle. Nous nous associons vivement à la douleur de ses parents et de ses amis. — Nous donnerons prochainement une notice biographique sur M. de Laroche-Lacarelle qui s'était défait de sa collection, en 1847.

— Un des vétérans de l'armée d'Egypte, M. Antoine Charavay, vient de mourir à Paris le 1er novembre. Il était né à Lyon le 14 octobre 1782.

Le Directeur-Propriétaire : Jacques CHARAVAY. Ablieville. — Imp. P. Rner.

No 119. — 5e Année

i<* DÉCEMBRE 1866

Bureaux « rue de» Grands-Augustlns, a Paris

PRIX DE L* ABONNEMENT POUR PARIS El

6fr. | Pour un an

Étranger : le port eu sus.

12 fr.

ON 8'aBONNB, POUR L'ÉTRANGER, CHEZ LES LIBRAIRES SUIVANTS

Londres : MM. Puttick et Simpson, 47, Lei- Turin : MM. Bocca frèreé.

cester-Square.

Ber in : NI. Richard 2 eu ne , Victorias-

traese,29. a.

La Haye : M. Martinus Nijhoff, 49, Raams-

Lbipziq : M. Otto-ÂUguU Schulz.

Bruielles : M. Van Trigt, 30, rue Saint- Jean.

Madrid : M. Bailly-Baillière.

Saint-Pétersbourg : M. Jacquet Usakoff.

Moscou : MM. Gauthier.

Stocrholm : MM. Samson et WalUn.

Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doivent être adressées, franco, à M. Jacques CHARAVAY, rue des Grands- Àugustins, 26.

Page 1