‹ L'amazone du roi de SiamChapitre 16 sur 24 · LA SUPPLICIEE · texte numérisé non relu

LA SUPPLICIEE

Des bourreaux qui amenaient une femme, dont la peau, tailladée jusqu'au ventre, se gonflait en ceinture de rubans sanguinolents, dirent à Maxime de s'éloigner. Mais ce dernier, n'ayant plus d'argent, offrit sa montre et une cbalne en or.

Les tourmenteurs sourirent, et, pour remercier le farang, obligèrent la suppliciée à danser dans sa tunique pourpre de chair vive. Gomme elle hurlait sans trêve, en se convulsant furieusement, ils la frappèrent de leurs lattes et elle s'abattit sur les ge-

noux, tendit les bras dans un dernier geste de défense, et rendit l'âme.

Kali-Yanà reconnut alors la vieille femme qui l'avait soutenue le jour de la mort de Suk et de Gamakul. Sans doute s'était-elle trouvée parmi les révoltés, etl'avait-on condamnée, comme les autres, à la torture pour l'obliger à révéler les noms des principaux meneurs.

La rada était à bout de forces.

— Ne t'inquiète pas, dit-elle à Maxime, je sens que je mourrai avant fexpiation... Si seulement je pouvais t'embrasser encore !...

— Je reviendrai la nuit prochaine.

— On ne te laissera pas entrer.

— Bah I avec de l'or on arrive à tout !...

— Mais je ne pourrai quitter ma prison...

— Tu la quitteras, et tu fuiras avant le jour.

— Je fuirai?...

— Oui, tu partiras vers les rives lointaines où j'ai des parents, des amis... Tu te réfugieras chez eux, et tu attendras mon retour.

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