LES CIRES D OR
Cependant, les rada avaient appris Taffreuse nouvelle, et elles se désolaient à l'idée qu'une des leurs allait subir le châtiment infâme. Xali, déjà, s'était glissée hors du palais, couverte d'un panung de laine sombre et d'un épais serki dont un pan lui cachait le visage. Mais il était difficile pour les femmes d'entrer dans la Pagode rouge, sans autorisation spéciale, et elle ne voulait pas trahir sa présence.
Une marchande de cires et de takrutt, qui passait, lui fournit l'occasion qu'elle cherchait.
— Femme, dit la jeune fille, veux-tu me céder tes fétiches et tes amulettes pour que je puisse en faire le commerce dans la pagode?...
Les yeux de la marchande étincelèrent.
— Gela dépend du prix, petite. J'ai des luk-sakhot d'argent et des luk-pat de corail rose, sans compter mes cierges que revêtent les minces feuilles métalliques du Phrachaoxang-phuôk..
— Je t'achète tes cires d'or et tout ce que tu possèdes !... Et la rada donna ses armes, ses anneaux de bras et de jambes, ses colliers.
La femme eut un rire satisfait.
— Tu diras, petite, que tu es ma nièce et que tu me remplaces, parce que je suis malade.
Xali s'est installée au pied d'une idole terrible, dont les huit bras se tendent dans un geste d'éternelle malédiction, et elle a rangé, sur une natte, devant elle, ses objets fatidiques.
Déjà les parents des suppliciés lui ont marchandé les cierges, agréables aux phi et