Î.A PLUS BELLE
péril, pourtant, je te préfère à lui, et rien de ce qui existe n'est comparable pour moi à la douceur de ton affection !
Kali-Yanà tressaillit de nouveau si violemment que Xali dutla soutenir,
C'est que Sayameda s'était retournée sur son ctiar et que ses lèvres peintes souriaient à un homme perdu dans la foule, mais que la rada avait dû voir comme elle.
Xali, surprise par le mouvement de la princesse, fronça ses épais sourcils.
— Ce qu'a dit le talapoin des morts est donc vrai?... Tu es jalouse; ton cœur se tord d'angoisse et de haine?... Tu es comme la panthère blessée qui rassemble ses forces pour déchiqueter sa proie !
— Non, le phra a menti !
Alors, pourquoi cette émotion, ce regard d'agonie, ce tressaillement de tout ton être?. .. Ah! cher Parfum ! ne me cache rien!... J'ai assez de tendresse en moi pour te pardonner et te chérir mieux encore !... Mon amour n'est point exclusif et oruel comme celui des hommes, il est généreux et doux, il saurait se
crucifier pour t'épargner une larme!... Petite Fleur, dis-moi ce qui te trouble et te fait défaillir?...
Kali-Yanà, attendrie, serra la main de son amie, s'appuya plus fort à son épaule, mais sa bouche resta muette ; son secret d'amour lui eût broyé le cœur qu'elle ne l'eût point trahi, tant elle était éprise de sa chimère douloureuse et prête aux pires folies pour la garder toujours. — Tel le fakir qui conserve jusqu'à la mort la naga qui lui ronge le sein.
— Ne m'interroge plus, murmura-t-elle, je suis si lasse !...
— Eh bien, je respecterai ta démence, et si un jour tu me trouves digne de t'entendre. tu me diras ce qui te torture si cruellement? Va, petite Fleur, aucun amour ne vaut le mien, et tu le sauras au moment du réveil qui ne saurait tarder. Déjà tes rêves se teignent de la pourpre de ton cœur ! A un moment prochain tu ne pourras plus supporter l'horreur du supplice, et tu ouvriras tes yeux à la réalité, tu chasseras les efnpuses