‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 14 sur 263 · PREFACE XXIII · texte numérisé non relu

PREFACE XXIII

pas mission de parler!... Ils sont le peuple de la douleur. . . Mais ceux qui pensent ouvertement, qu'on écoute quand ils parlent, les esprits indépendants et libres, je ne comprends pas qu'ils aient si l'acilement pris leur parti du silence et qu'ils s'en soient remis au vague fatalisme du consentement universel. Ont-ils eu peur de troubler la tâche énergique de la patrie? Ils l'auraient au contraire agrandie et assainie. Ont-ils redouté d'être mal compris, de tomber dans des équivoques? Plutôt. Ont-ils été préoccupés, par opportunisme, d'équilibrer leur attitude et de se réserver prudemment pour le dénouement? Ont-ils redouté que la haine et l'hypocrisie embusquées ne les accusassent faussement de patriotisme refroidi, voire de lâcheté?... Jésus ne se fût pas posé cette question!... Et même si la calomnie les avait atteints, la belle affaire ! Est-ce donc un si lourd sacrifice de passer des rangs de la majorité à ceux d'une minorité? Quand on a dans le cœur une foi bien ancrée, quand on porte en soi l'amour de son pays comme une religion intangible, que peut-on redouter de la calomnie, même lorsqu'on est en pleine renommée? A supposer qu'elle s'exerce contre nous, n'est-il pas juste, lorsque nos enfants reçoivent des balles mortelles, que nous exposions une pins calme existence aux balles màchurées et moins danger.euses de la calomnie?... Oui, c'est vrai, hélas! des gens se sont servis du patriotisme comme d'une arme dissimulée sous des flots de rhétoriques tricolores et ils ont fait du plus noble des sentiments l'instrument de leurs haines ou

Page 1