‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 23 sur 263 · PRÉFACE XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXIX

esprits, il y en a eu de modestes qui tous, et d'une volonté égale, se sont ennoblis à écrire les choses essentielles; mais j'ai déploré certaines réserves, certains excès dans la prudence, une sorte de maussaderie générale qui n'a pas su faire opposition aux quelques tentatives de domination criardes et agressives dont nous avons le spectacle. Courage et résistance sur tous les terrains de la patrie intellectuelle ! Exaltons en nous le goût de l'éternel. Je suis persuadé que désormais la pensée un peu mortifiée prendra mieux conscience de sa puissance, de son rôle dans l'organisation sociale dont elle est un instrument de précision et de régulation. Elle ne voudra pas que l'histoire puisse dire qu'elle n'a pas su tenir son poste durant une perturbation aussi formidable et aussi menaçante. Eh quoi! serait-il possible que les errements de naguère, cette ardeur héréditaire au dénigrement mutuel qui est une tare des Français, cette espèce d'indolente anarchie que nous connaissons trop, la guerre civile des lettres, la fidélité des haines, un scepticisme d'attitude, la confusion volontaire et dédaigneuse en littérature du pire et du meilleur, notre vieux gérontisme aveugle, stagnant et officiel, tout cet attirail d'intimidation surannée subsiste comme si rien ne s'était produit? Quoi ? serait-il vraiment possible que, ayant en face de nous le terrible exemple donné par une Allemagne qui sait organiser la hiérarchie de ses valeurs, tant d'expériences ne nous servent pas de leçon et que nous ne profitions pas d'une aussi dure épreuve? Ouvrons les yeux. Ouvrons les

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