‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 251 sur 263 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

parce qu'on m'aurait interdit de parler à ceux qui doivent m'écouter, et ça... jamais! jamais!... Plutôt la mort!... Cette tache de sang, c'est le signe certain que la balle loge dans le poumon... Je peux m'en tirer, seulement, c'est... très grave.

EDWIGE, perdant la tèle.

Mais il faut appeler... Il faut appeler... Il faut vous sauver... Mon Dieu, que dites-vous là? Mais, c'est effrayant !

(Elle se lève pour se précipiter vers la porte.) BOUQUET, frappant de la main libre sur le bras du fauteuil.

Non!... Ici!... Obéis! Obéis donc. La mort ne m'effraie pas... C'est théorique, la mort!... Ce qui domine toute question, c'est... le reste! Mets-toi là... proche... Voici ce que j'exige de toi. (euc retient ses sanglots.) Que je vive ou que je meure, voici ma volonté... (Gravement.) Il faut que tu les laisses entièrement tranquilles!... que tu ne les revoies jamais... même dans l'avenir, même dans cinq, huit, dix ans... Tu entends, il faut t'en aller... pour toujours!...

EDWIGE, retrouvant ses larmes puériles.

Bien sûr, c'est entendu... mais, je ne sais même pas ce que vous me demandez!... Je vais retourner en Hongrie dès cette semaine... Qu'importe, moi! Mais ce que vous me dites de vous! C'est impossible!... Une pareille chose ne peut pas être!...

BOUGUET, répétant.

Dès demain, tu partiras...

EDWIGE

Dès demain... si vous voulez!... Oui...

BOUGUET

Même si, dans Tavenir, Blondel te rappelait... sait-on!... tu n'accepterais pas,

EDWIGE, avec un réveil de fout l'être.

Quelle horreur!... Cet homme qui vous a étendu là, tout sanglant!...

BOUGUET, poursuivant.

Si je mourais, j'ai mis dans mon testament...

EDWIGE

Cette torture ! Cette torture !

On trouvera dans mon testament... une donation qui doit assurer ton avenir.

EDWIGE, rejetant sa chaise.

Ah! par exemple! Jamais! jamais! Si vous^quittiez k vie... si...

ÈOUGUET, l'interrompt avec une autorité formidable et sans réplique.

Tu accepterais. C'est indispensable. Ne me contrarie pas, ne tourmente pas ma conscience inutilement... à cette heure où il faut qu'elle se nourrisse d'espérance!

EDWIGE, subitement, se met à rire pour le rassurer.

Et puis, et puis... je promets tout ce que [VOus voudrez... Suis-je bête de discuter! Quelle folie! Quelle folie de penser que vous soyez même en danger Vous vivrez, vous éblouirez encore le monde de vos découvertes, de vos travaux, de votre grandeur, pendant que moi je serai dans quelque coin de ville, perdue, oubhée de vous à tout jamais... Moi, c'est fini, mais vous, vous! Allons donc!...

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