‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 257 sur 263 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MADAME BOUGUET, ne pouvant pas se contenir.

Assassin... assassin!...

BOUGUET

Silence, Jeanne, tu m'as promis le silence!

MADAME BOUGUET

On vient de me le rapporter saignant et vous êtes là, devant moi! Mais, prenez garde! Votre jour viendra.

BOUGUET

Tais- toi ! Pense à moi.

MADAME BOUGUET

Ah! si vous me l'aviez tué!... Mais, heureusement, il est là, le cher époux, il est là... bien vivant... à peine touché... Vous avez mal visé, mon cher!... C'est à refaire!... Je le guérirai, je vous le garantis... et il triomphera de vous... de votre haine basse!...

BOUGUET

Jeanne... je me lève... prends garde! Je me dresse.

MADAME BOUGUET

Là, j'ai fini!... Seulement, je ne pouvais pas, je ne pouvais vraiment pas empêcher ce cri de sortir de ma poitrine!... Ne crains rien... maintenant... Parle- lui en toute paix... Il n'aura plus que mes deux yeux fixes pour le mépriser!...

(Farouche, elle s'assied près de la chaise longue, dans une attitude de défi.)

BOUGUET

Excuse-là... c'est une femme... Elle a eu beaucoup d'émotion.

(Silence.)

BLONDEL, est là, hébété. Une grande lutte intérieure le litre en lui. Tout à coup il balbutie, de loin.

Pardon... Pardon...

BOUQUET, a»ec un soupir d'aise.

Ah! je savais bien,.. Je savais bien que tu aurais duTchagrin.

MADAME BOUGUET

;Du chagrin! Quel mot pour cette chose!

BLONDEL

Je ne sais plus ce que j'éprouve, ce que je ressens... Je suis passé par dix ivresses différentes et affreuses. Et, tout à coup, te voir là... étendu... par moi... Laurent... ça me paraît une vérité inconcevable... bouleversante... J'entends ta voix qui dit : « Mon vieux, mon vieux... » Tu me regardes et... Pardon! Pardon!... Bouguet !

(tl éclate en sanglots.)

MADAME BOUGUET

Heureux encore que vous ne pleuriez pas un crime !...

BOUGUET, très doux.

Tu vois, Jeanne... Il est dégrisé... Alors, il souffre... Il comprend peut-être enfin que je n'ai pas été ce qu'il pensait... Il voit la vérité toute simple... Blondel, je t'aimais beaucoup, je te jure... J'ai cru bien faire. J'ai eu tort, sans doute... mais, depuis, tu aurais dû me croire... et ne pas accumuler l'irréparable... qui ne console pas!...

BLONDEL

Ah! ne parle pas avec cette douceur cruelle!... Il ne s'agit plus de faire appel à une raison quelconque! Tes torts, les miens, tes erreurs et peut-être mes

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