ACTE PREMIER
funts. (Regardant sa montre.) Et puis, la mère et l'enfant auront bien la politesse de m' attendre! D'abord les enfants peuvent attendre, ils ont bien le temps devant eux! Tandis que nous!
DUARD
Une pierre dans votre jardin, Ginette...
BARRI ER
Du tout, du tout! Figurez-vous que je pense eorrane cette petite demoiselle-là!
DUARD
Moi, sur ce chapitre, je m'en réfère à la limite d'âge administrative... On est jeune jusqu'à la classe 87.
BARRI ER
Après la guerre ce sera le régime des vieux bureaucrates et du gérontisme! Tout peut mourir en France, même la- jeunesse, pas l'administration! Le dernier survivant de la planète Terre sera un employé des contributions indirectes! L'administration, ah! nous l'aurons connue, celle-là!
GINETTE
Ce que ça fait plaisir d'entendre ça! Je vous demande pardoii de le dire, M. le sous-préfet, mais dès qu'on a affaire à elle, la' sacrée administration, tenez, même dans un service comme le nôtre à l'hôpital...
DUARD
Chut! chut! je devrais me scandaliser!
BARRI ER
Que voulez-vous? Nous payons en caducité notre excédent de génie et d.e jeunesse. C'est comme une espèce de loi des compensations.
GINETTE, se linussant sur la pointe des pieds et avec de grands geste» coupants.
Ah! il faudra balayer tout ça après^la victoire!
BARRIER, riant.
Regardez-la avec ses dents de jeune louve, elle va 3n croquer sa tasse!
DUARD
Elle ne fait qu'une bouchée de tous les fonctionnaires futurs et passés.
PIERRE, haussant les épaules.
Et puis tout cela est bien puéril, Ginette! Dans le poids mort des civils dont vous parlez, il n'y a pas que les vieillards; il y a une masse de gens inaptes au service et à l'activité.
GINETTE, l'interrompant.
Les déchets, quoi! Heureusement, il y aura aussi les autres...
BARRIER
Qui?
GINETTE
Mais ceux auxquels on ne pense pas assez, ceux qui reviendront, tiens, parbleu! Et à ceux-là toutes les places au soleil!
PIERRE
Kt à eux tout l'amour!
GINETTE
Tiens, comment donc, aussi!
BARRIER
Je compte bien sur leur clientèle'.