‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 7 sur 263 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

parce que c'est elle qui renouvelle les forces dégénérescentes de la vie, et que, si l'on dépasse en esprit le moment d'horreur qu'elle nous impose, on entrevoit alors des royaumes nouveaux, libres, fiers, ceux qu'appellent nos espoirs, nos certitudes, notre foi inébranlable, — fussent-ils oublieux de nos sacrifices, des désastres passés et des Atlantides écroulées...

A l'immortelle douleur des femmes de France,

A tous les cœurs broyés

Par le bel et cruel Idéal,

A toutes celles qui auront le droit, un jour,

Dans la cité douloureuse,

De dicter cet ordre qui n'a été jusqu'ici qu'une prière:

In Memoriam .Eternam.

C'est la dédicace que j'apposai à la première page de l'Amazone. L'antagonisme entre l'impérieuse voix — étrangère à l'amour — qui exalte le renoncement, le sacrifice de soi, comme le plus haut sommet de l'énergie humaine, et l'amour déchiré, martyrisé, ruiné par l'héroïque suggestion, voilà le récent et éternel débat, voilà les deux faces de la guerre. Nous n'en avons pas seulement le spectacle sous les yeux, mais on dirait que les deux êtres cohabitent en nous-mêmes, inaccordables tant que durera la catastrophe. Ce ne sera que durant la veillée du corps, autour de la mémoire de la

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