‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 88 sur 263 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GINETTE

Non, ne dites pas une pareille chose!... Ce ncst pas vrai! Cécile!... Croyez-moi!...

(Elle tombe à genoux.)

CÉCILE

Les preuves sont là... Assassin! Ah! comme tout s'éclaire! Tout vient de me révéler le crime. Non seulement, elle a pris le cœur de mon mari, mais elle m'a pris sa vie! Et moi je perds les deux à la fois! Mon Dieu! mon Dieu!... Je l'apprends en même temps... .J'ai tout perdu en une seconde! Mauvaise bête, c'est toi qui me l'as tué. J'ai le droit de te rendre la pareille... J'ai envie de te serrer au cou, mauvaise bête!

GINETTE

Pardon, pardon, Cécile!... Je ne sais pas ce que vous avez bien pu lire!...

CÉCILE

Ses cris d'amour à lui et toutes vos lettres à vous... toutes! Il ne doit pas en manquer une! Tenez : « Si je meurs, en obéissant à votre vcix, Ginette bien-aimée,

je me rappellerai que... » (Maintenant, clle efieullle rageusemen

les papiei-s.) Oh! et VOS phrascs de vos lettres à vous : « Ah! qu'il était sublime et beau, votre regard, le jour où vous m'avez annoncé... »

GINETTE

Je ne vous ai pas trompée, Cécile, croyez-moi l...

CÉCILE

Pas trompée, assassin! Répétez-le, ce mot! Vous êtes venue ici sous le toit de l'hospitalité. Je vous ai ouvert ma maison à vous, la réfugiée! Je vous ai dit : venez, mon enfant, venez avec nous, vivez de nous,

voici l'abri, le pain, la' tendresse! Et lâchement vous m'avez volé l'amour de mon mari.

GINETTE, se traînant à genoux, Cécile courbée sur elle.

Je suis désespérée... J'ai tout fait pour le repousser au contraire! Il n'y a rien eu de mal entre nous!

Rien de mal! Ce petit mot! Rien de mal! quand vous me l'avez pris et emporté jusqu'à le jeter froidement à la mitraille. Car votre orgueil voulait toute la proie, et avec vos grandes phrases creuses, vous l'avez ensorcelé sans doute pour mieux en faire votre esclave mystique... C'est pour vous qu'il est allé se faire tuer.

GINETTE, dans un cri de sursaut.

Pour la Patrie! Pour la Patrie!

CÉCILE

Pour vous.

GINETTE

Non!

CÉCILE

Si!... A la rue... tueuse!... Je ne sais pas, si vous restiez là, ce que je serais capable de faire.

GINETTE

Je ne peux pas me défendre. Vous ne comprendriez pas maintenant. Je ne pense qu'à votre affreuse douleur. Je suis en effet une criminelle, puisque cette douleur, c'est à moi que vous la devez, à moi seule, après tout!... J'aurais dû fuir!

CÉCILE

Ah! oui, une criminelle et la pire, la plus abjecte qu'il y ait!' Je vous aimais, nous vous aimions tous

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