‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 111 sur 139 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

avez accordé à mes enfants, vous rappelant les cruelles inquiétudes qui déchiraient le cœur de leur mère. Chaque jour leur révélera tout ce que vous avez fait pour eux. »

Jusqu'en 1819, ces manifestations de gratitude se poursuivent : « Pardonnez-moi de vous occuper encore de nous, monsieur le comte. Mais, comment ne pas vous dire combien je suis profondément touchée de tout ce que vous faites pour nous assurer un peu de repos. Vous mettez à toute cette affaire une persévérance qui ne pourrait se comparer qu'à l'amitié... En vous parlant de toute la reconnaissance que mes enfants sentiront vous devoir un jour, c'est vous dire tout ce que j'éprouve... » — « Le sort de toute ma vie, celui de mes enfants sont entre vos mains, monsieur. Cette pensée est consolante pour moi. Pénétrée de toutes les bontés du roi, je ne peux les reconnaître que par une entière soumission. Il m'est doux que ses ordres me soient transmis par vous, monsieur le comte; la confiance la plus absolue est dans mon cœur. Elle ne peut se comparer qu'à ma profonde reconnaissance. »

A ces lettres on pourrait en ajouter d'autres, celles de tous les défenseurs de Mme du Cayla, sa belle-mère, son oncle M. de Jaucourt, la duchesse de Tonnerre. Elles attestent toutes que Decazes fut l'intermédiaire désig^né par le roi pour répandre ses bontés sur l'épouse malheureuse qui

avait recouru à sa protection et que Sosthène de la Rochefoucauld a, dans ses mémoires, bâti tout un roman lorsqu'il raconte qu'introduite déjà aux Tuileries pendant la faveur de Decazes, Mme du Cayla résista à la prière du roi qui lui demandait instamment de se rencontrer dans son cabinet avec son ministre.

La vérité, c'est que, contrairement à ce qu'il affirme et à ce que suppose le chancelier Pasquier, elle ne prit pied auprès de Louis XYIII qu'après la mort du duc de Berry et la chute de Decazes. ]Sous en avons maintes preuves. C'est à la fin de 1820 que Mme Hamelin raconte dans une lettre à Decazes qu'on ne parle que de la faveur de Mme du Cayla. Faisant allusion à une jeune femme peintre en miniature, admise un moment clans l'intimité du roi, sous prétexte de faire son portrait, elle ajoute : « La Polonaise et ses pinceaux sont dans l'abandon. C est que la Polonaise est une bourgeoise assez commune et qu'il faut causer avec intérêt même avec sa maitresse. Mme du Cayla est d'une famille où Ton connaît les affaires de toute espèce... Mais, s'il est vrai comme tous le disent, que jamais les sens du monarque n'ont été si vivement ag^ités, convenez qu'il y a du piquant qu'il succède positive- ! ment à Savary et que cette nitrate si récalcitrante ait passé tant de nuits dans les bras d'un des expéditeurs du duc d'Enghien. Elle y a même été surprise par la duchesse de liovigo qui en était

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