CHAPITRE XIII
rir à son entremise (l). Résolu à en appeler au roi, il lui annonçait, dans les derniers jours de février 1822, sa prochaine arrivée à Paris. Il exprimait l'espoir d'être reçu en arrivant.
Le roi lui répondait quelques jours plus tard : « Quand tu me disais, ciier HIs, que tu espérais trouver un mot de moi à ton arrivée, cela pou\ait se traduire ainsi : Je suis bien sur que je trouverai, etc.. Tu me mandais le 19 que tu arriverais le jeudi ou le vendredi, tant mieux. Avec cela, je pense que tu aurais mieux fait d'attendre que la fusée des deux lois sur la presse fût débrouillée. Mais, aléa jacia est et, cela posé, le plus tôt nous voir, c'est le mieux. Ce ne pourra plus être
^) Trois mois plus tard, la question n'était pas encore réglée. Le 31 mars, Decazcs écrivait au roi : " Puis-je réclamer un tel service d'un homme qui m'a tant et si puhlifiucment calomnié et outragé, dont les amis et anciens collaboi'ateurs dans les journaux anglais m'insultent et me calomnient encore en l'encensant; d'un homme qui a dédaigné le moindre égard envers moi depuis qu'il me succède et malgré ce qu'il avait dit au roi et ce qu'il gavait et a entendu des bontés de son maître pour moi. Peutêtre m'est-il permis de croire que ce maitre n'est pas moins offensé que je puis l'être de tels procédés. Mais, ne le suis-je pas assez dans tous les cas pour que ma dignité personnelle me commande de ne pas m'abaisser jusqu'à aller au-devant de nouveaux manquements peut-être... Le roi ne me commandera pas ce nouveau sacrifice qui ne peut ûtre utile qu'au triomphe d'un homme qui aurait pu croire ce triomphe assez grand en succédant à celui qui, pendant cinq ans, a défendu contre lui les droits du trône et a dédaigné de confondre son hypocrisie et ses calomnies, alors qu'il avait tant de moyens de le démasquer et de le punir. » A la suite de cette lettre, le roi, comme in\ va le voir, invita Decazes à conlier au ministre des Affaires étrangères sa lettre pour le roi d'Angleterre et le signataire se désintéressa de l'expédition.
le soir. Je suis devenu trop couche sept heures; il faut donc que ce soit Taprès-midi et Iheure qui me convient le mieux est entre trois et quatre. Je t'attends donc le lendemain de ton arrivée, c'est-à-dire vendredi si tu arrives demain, samedi si tu n arrives qu'après-demain. Nous raisonnerons sur ton attitude qui est délicate et puis nous causerons des rendez-vous que nous pourrons nous donner pendant ton séjour ici et qui ne pourront être qu'assez éloig^nés les uns des autres, car je dois aussi des égards à mon attitude. »
Decazes fut reçu à son arrivée ainsi qu'il le désirait. Il trouva le roi tout aussi affectueux pour lui que par le passé. Louis XYIII lui promit non seulement de parler au vicomte de Montmorency pour régler au mieux l'envoi de la lettre au roi d'Angleterre, mais, encore de chapitrer Chateaubriand afin d'obtenir qu il désarmât vis-à-vis de son prédécesseur à Londres. Mais il ne mit pas moins de fermeté à lui déclarer qu'il ne pourrait lui accorder de nouvelles audiences qu'à de rares intervalles et, en effet, pendant les semaines qui suivirent, elle furent largement espacées.
Dans celles qu'il obtint encore, Decazes dut comprendre que le roi était résolu à ne pas le suivre sur le terrain de la politique. Quand il voulait s'y porter, le roi se dérobait. Son attitude et son langage témoignaient du désir de voir son interlocuteur quitter Paris. C'est de cette époque que date ce billet où s'affirment à la fois la vo-