‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 127 sur 139 · RAPPORTS DE POLICE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE POLICE

Grâce aux correspondances qu'on vient de lire, on peut se faire une idée de ce qu étaient, au lendemain du crime de Louvel, l'agitation et le désordre des esprits. Les rapports de police qui suivent permettront de se Kyurer ce que furent le désordre et l'agitation de la rue et, notamment, du jardin du Palais-Royal où la vie publique tenait alors ses grandes assises :

« 18 février, dans la journée.

11 Les mêmes fijfures étaient hier au café Valois, la même exaltation y ré^jnait ; un papier posé sur une des {jlaces portait invitation aux royalistes de mettre des crêpes aux chapeaux.

11 Des propos affreux circulaient contre le ministre de l'Intérieur. MM. de Romilly et Saint-Méard observaient scrupuleusement les figures; ils ont envoyé au café Lamblin des hommes plus tranquilles pour savoir ce qui s y passait. Quelques jeunes (jens, à la tète desquels étaient MM. Sefjuret, Salaberri fds, avant appris par un

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garde du corps échappé de l'hôtel, que les compafjnies des gardes étaient consignées (parce qu'elles avaient projeté de tout casser de nouveau au café Lamblin) dans la soirée, v sont allés accompagnés du sieur de Castillon, ex-officier de gendarmerie, homme bouillant, et en entrant au café, un jeune officier de la garde royale s'est joint à eux. Ils ont demandé du café et de Teau-de-vie pour des voltigeurs de Henri IV.

Il Castillon. vovant que tout le monde restait tranquille, a mis son tabouret en travers de la porte pour pouvoir offenser quelqu'un. Notez que c'est celui qui avant-hier a frappé le jeune officier et qui a échangé son adresse avec un particulier pour ce matin, rue des Poulies. Son nom m'est échappé.

(I Si les gardes eussent été libres, malgré les patrouilles de gendarmerie, ils devaient s'y rendre en tel nombre que des scènes sanglantes auraient eu lieu. Mais, celui qui était présent a assuré l'assemblée, que quand ils seraient libres, ce qui était différé n'était pas perdu. On attendait les officiers des cuirassiers. >ni. Castillon et Seguret (c'est le nom de l'étudiant en droit battu aux Français, connu sous le nom de la Tête de chien dont j'ai parlé) sont les meneurs, ainsi qu'un chevalier de Saint-Louis qui s'est déclaré commandant dune lé;;ion de la garde nationale. Il dit connaître parfaitement les mouchards. Tous les trois doivent aller aujourd'hui stimuler ces officiers.

<i Castillon a lu à tout le monde un écrit ainsi conçu qu'il dit avoir remis au Drapeau blanc et à la Gazette : En vovant aujourd'hui une caricature lithographiée au bas de laquelle est écrit : portrait de .I.-A. Louvel, ouvrier sellier de la maison du roi, assassin de S. A R. feu M. le duc de lîerry, je crois qu'il conviendrait d'ajouter, pour perpétuer à jamais la mémoire de M. Decazes : Louvel, etc., a assassiné, le 13 fé-

vrier 1820, S. A. R. le duc de Berry, sous le ministère de M. le comte Decazes, président du Conseil, ministre de rintérieur, cliaryé spécialement de la police du royaume.

« Un seul individu à clierdié a représenter que toutes ces provocations étaient inutiles, que c'était mal servir le roi. .l'ai vu le moment où, malgré sa croix de Saint- Ijouis, il eût été mis à la porte. Castillon a cru remarquer un individu à cheveux blonds, habillé en brun, qui prenait un verre d'eau, comme étant un mouchard. Alors, il a dit des horreurs contre M. Decazes; tous les yeux se sont fixés sur cet homme ; on a ajjité la question si on lui donnerait des coups de canne; il s'est n^tiré accablé de sottises. »

« Mciiie jour, 10 liciircs du soir.

« Il est hors de doute maintenant qu'il existe un parti composé de militaires à la demi-solde et en retraite. Ils ne pieiidront point l'offensive, mais au moindre sijfnal, à la première agression, ils voleront aux armes. Le Palais-Royal est le champ de bataille. .1 ai été initié un peu dans le mystère. (îe soir et demain, je dois ma trouver dans la Société et j'y serai introduit par un nommé Leblond, ex-officier dans l'artillerie de la garde, (jui reçut Bonaparte à Grenoble, à son retour de File d'Elbe, et qui le regarde toujours comme un dieu. Ils auront pour chef un général, s'il y avait un mouvement. Il ne me l'a pas encore nommé, mais j'en serai instruit plus tard. Le général Foy jouera un rôle dans tout cela, et il doit parler à la Chambre sur les nouvelles lois proposées et sur les dangers qui en résulteront.

— <c On nous menace, me disait-il, on veut nous opprimer; mais, nous écraserons nos ennemis.

(I On compte beaucoup sur B. Constant, Lafayette, d'Argenson, Chauvelin, Demarcay. Ils veulent savoir ce qu'est M. de Villèle. Ils en veulent beaucoup à la maison du roi, et les officiers de l'ancienne armée doivent se trouver chaque soir au Palais-Royal, à sept heures.

(( Ils disent encore :

— « Nous ne pouvons nous réjouir de la mort du duc de Berry, parce que nous ne pouvons être partisans d'un assassinat; mais, nous ne sommes pas fâchés de le voir disparaître; nous n'aimons pas les Bourbons.

i< Jai observé que les gardes du corps avaient des pistolets.

(i — IS'ous en aurons aussi, m'a-t-on répondu.

<i La moindre provocation peut avoir les plus funestes résultats; car ils sont tous déterminés. Il parait que les premières discussions des Chambres seront très orageuses. Les libéraux cherchent à renforcer leur parti de tout ce qu'ils trouvent, et les rédacteurs du Constitutionnel veulent qn on s'apitoie sur leur sort. Ils font circuler qu'on voulait briser leurs presses.

<i Demain, je rendrai compte de ce que je pourrai savoir, mais on ne peut se dissimuler que les têtes se montent. Cependant, les ennemis du gouvernement ne sont pas encore en mesure, et, s'il continue à montrer de la fermeté, il leur en imposera et atteindra le but qu'il se propose. »

Il Même jour, minuit.

Il A onze heures, les cafés Valois et Lamblin ont été évacués doucement, et le froid a chassé les curieux des galeries. On annonçait à ce moment que le drapeau tricolore avait été arboré à Grenoble. De là on disait :

a — Yovez comme Louvel n a pas de complices, et puis fiez-vous à M. Decazes. »

« D'un autre agent, 19 février.

Dan.s la matinée d hier, la réunion au café Valois a été assez calme, et ainsi de suite jusqu au soir, où cet endroit sest rempli diine telle manière qu'à peine on pouvait se remuer. On y a remarqué quatre officiers de la 51% dont un décoré de la croix de Saint-Louis, ayant ranjf de capitaine, qui, en quittant M. de Roniillv, lui a dit assez haut : u Comptez sur nous. »

« Dans la soirée, on ne s'est entretenu (jue de Tesprit des régiments de la {|arde; plusieurs officiers supérieurs de ces corps s'entretenaient à voix basse, et il a été impossible de se mêler à leur conversation. On a remarqué (|ue le sieur Castillon paraissait triste, et n'avait plus rénergfie de la veille. Le jeuiu' officier qui, avant-hier, avait échangé son adresse avec un particulier du café Lamblin, n a pas paru, ce (jui iiKjuiétait beaucoup de jeunes j;ensî

(1 A neuf heures, on est venu annoncer cpu; IMartainville avait donné pour certaine la démission de 3L le comte Decazes; alors, une joie universelle s'est manifestée; il serait difficile de peindre l'hilarité qui régnait de toutes parts. Mais M. de Saint-Méard a dit :

« — .Messieurs, soyez prudents ; tant qu'il ne sera pas à Vincennes, prenez garde à la journée des Dupes.

K On a affirmé que le second aide de camp de Masséna a, dit-on, été tué; on le signalait comme le neveu d'un pair de France. Le général Canuel a paru un moment, s'est assis et a reçu les hommages de quelques officiers et s'est retiré. On a témoigné beaucoup de satisfaction de ce que le drapeau tricolore était arboré à Grenoble.

i< — Tant mieux! s'est-on écrié; on se verra donc en face une bonne fois, et le sort en décidera.

a L'activité des patrouilles a contenu les plus acharnés. Le reste de la soirée s'est passé en pourparlers sur la recomposition du ministère. On désignait comme rentrant : MM. de Villèle, de Richelieu, Laine, et on conservait M. de Latour-Maubourg. Les cuirassiers, sur lesquels on comptait, n'ont pas paru; en ge'néral, il n'v avait que des officiers supérieurs, parmi lesquels s'est fait remarquer le commandant du bataillon de la garde rovale de Vincennes. On avait fait disparaître l'affiche concernant les crêpes. On se distribuait des adresses pareilles à celle ci-jointe, mais j'ignore encore pour quel motif. "

« Même jour.

(( Si, d'un côté, les ultra-royalistes s'agitent pour exciter un soulèvement, et veulent, ainsi qu'ils le disent, forcer le roi à être plus royaliste qu'eux, d'un autre côté, les opinions des ultra-libéraux, manifestées avec impudence, ne peuvent que justifier les démarches inconsidérées de l'autre parti.

« Mercredi soir, à minuit moins un quart, je suis entré au café de l'Aurore, porte Saint-Denis, ou l'on ne voit habituellement que des {;ens paisibles. Un individu bien mis est entré et a demandé un petit verre. La dame du comptoir lui ayant témoigné son étonnement de ne l'avoir pas vu depuis quelques jours, il a répondu en ces termes :

« — Je suis excédé de fatigue d'avoir dansé dimanche, lundi et mardi.

« — Gomment, a dit cette dame, vous avez dansé dans ces moraents de deuil?

« — Oue m'importe la perte du duc que je ne connaissais pas et que je naurais jamais voulu connaître. Pour plaindre sa mort, j'atteste que je regarde cet

attentat comme exécrable; mais, voilà le résultat de l'opiniâtreté de cette famille à vouloir rester contre le vœu unanime. Le roi Louis XVI a été ju[fé!

" — Dites donc assassiné, a répondu cette dame; que voulez-vous donc?

" — Ln homme qui nous {jouveine mieux, et sous lequel nous soyons heureux. Au reste, ils ont été chassés, et pounjuoi reviennent-ils"? Les re[fistres déposés aux archives constatent (jue le procès du roi a été l)ien fait; le peuple l'a sanctionné. J'ai si;;ué Tatte additionnel. Vous voulez, parce qu'il plait à un homme fou, isolé, de commettre un crime, que je ne m'amuse pas? »

Un autre agent préposé à la surveillance de la maison de Chateaubriand dévoilait, à la même date, ce qui se passait chez l'illustre écrivain.

<i Aujourd'hui samedi, depuis ce matin sept heures, le vicomte travaille sans lelàche au dévelop[)ement de l'acte d'accusation du comte Decazes pour M. Glausel de Gousser^jues. Il est aidé, dans ce travail, par le baron B*** et son beau-fiére L***, ainsi que par deux autres personnes que l'observateur ne connaît pas. A quatre heures et demie, on était toujours occupé à cela. MM. Laborie, A{;ier, de Séze fils, de Vibrave sont venus plusieurs fois dans le jour, et (tnt vu le travail. Plusieurs d'entre eux y ont même contiibué par leurs conseils ou en fournissant des notes. M. Glausel de Goussergues était aussi là depuis sept heures. Il n'a quitté à midi et demi que pour aller à la Ghambre d'où il est revenu vers trois heures.

11 3Ime de Duras a envoyé chercher M. de Ghateaubriand à quatre heures et demie, en lui faisant dire qu'on l'attendait, et le vicomte s'y est rendu de suite. 11 a dit, en sortant, qu'il ne rentrerait qu'à six heures

pour s habiller et pour aller dinar chez M. de Tallevrand.

« Ces messieurs, ce matin, étaient toujours pleins d'espérance qu'ils parviendraient à renverser M. Decazes. Quand quelcju un d entre eux disait qu'on n'en viendiait peut-être pas à bout, à cause de l'opiniâtreté du roi. le vicomte ne cessait de ranimer leur courage à tous.

u Avant-hier soir, 31. de Chateaubriand s'est rendu chez Monsieur, à neuf heures, et y est resté jusqu'à près de minuit, une partie du temps avec M. de Vitrolles et un autre personnage dont on n'a pu savoir le nom. Le matin de ce même jour d'avant-hier, le vicomte avait reçu cliez lui 31. Mole pendant plus de deux heures. M. Mole v venait très peu auparavant; l'observateur ne se rappelle pas l'avoir vu plus de deux fois. La plupart des articles des journaux ultras de ce matin ont été faits ou revisés, hier, chez M. de Chateaubriand. M. de Sesmaisons en a apporté un pour sa part.

« Demain, il v aura encore des articles très violents dans les mêmes journaux, et il v sera «juestion de l'acte d'accusation et d'un mémoire du général Dt)nnadieu.

« Ce matin, 3Ime de Talaru a écrit à M. de Chateaubriand un l)illet qui contenait à peu près ceci : « On (1 vient de faire appeler au ministère de l'Intérieur un (1 tapissier pour déménager le ministre. La cliose est (I certaine. Le suisse lui-même l'a assuré. »

a Hier soir, à dix heures, M. de Trogoff et M. de Bruges sont venus ensemble chez M. de Chateaubriand, lui annonçant que le roi venait d'accepter la démission de M. Decazes. Plus de quarante personnes sont venues le même jour chez le vicomte pour lui dire la même chose et le complimenter. 'SI. de Chateaubriand croyait que la cliose était bien réelle, mais ce matin, de huit à

neuf heures, 11 a reçu un billet qui l'a désabusé. Il a dit ensuite à M. de Glausel : « — Mais ce n'est qu'ajourné. »

Gilon.ç encore cet extrait d'un rapport envoyé à son gouvernement par le baron de Lebzeltern, chargé d'affaires d'Autriche à Saint-Pétersbovirg :

« Encore une pajje d'ajoutée aux annales sanjjlantes de la Révolution française et à l'histoire des ég^arements et des turpitudes do l'esprit humain depuis cette mémorable époque. Deux courriers expédiés le 17 et le 18 de Paris, à'M. de la Ferronnays (l), nous ont instruits de l'assassinat de M^v le duc de IJerry et des projets de lois proposés aux deux Chambres par le président du Conseil des ministres. Cet attentat, les conséquences qu'il peut avoir, les nouvelles d'Espajjne forment un désastreux enseml)le bien fait pour exciter et entretenir des alarmes.

« L'empereur en a été frappé, et il a dit à plusieurs personnes u qu'il en était accablé, mais que rien ne i( pouvait le surprendre de ce ([ui venait de ce pays, et « (ju'on pouvait s'attendre à pis encore ». Il comparait l'assassin Louvel à Sand, et il ne doutait pas que ce nouveau crime ne fût l'œuvre préméditée du parti dont les ramifications s'étendaient partout, et non le fait d'une seule tête fanatique.

<( Les premières dépêches du général l*ozzo laissaient entrevoir le même doute, mais elles l'exprimaient seulement comme une supposition motivée sur l'absence de détails assez complets de ce crime. »

Le correspondant d'un journal anglais rend compte le 21 février à un fonctionnaire du mi-

(1) Ambassadeur de France en Russie.

nistre de l'Intérieur des nouvelles qu'il a recueillies et qu'il va expédier à son journal :

Il J'ai diné hier avec M. d'Hautefeuille chez le comte de Loevenheilm et j'ai passé la soirée chez le marquis d'Avarav. Dans ces deux maisons on n'a parlé que de la réunion de M. Decazes avec le côté gauche, avec la société Ternaux, etc.

« M. le duc d'Avarav est arrivé au château et a confirmé la nouvelle que tout était statu quo. On ne sut trop que répondre à la question accablante que je leur fis :

« — Comment arrive-t-il que ces messieurs du côté droit, qui naguère étaient si convaincus de la nécessité d'appuyer le ministère dans son projet de modification de la loi des élections, maintenant qu'un événement qui ne peut que donner plus de poids à ses arguments a lieu, se rangent du côté de l'opposition?

(i Je crois qu'il serait impossible de citer une preuve plus criante de leur soif de pouvoir et de la préférence qu'ils donnent à leurs propres vues sur les véritables intérêts de la monarchie. Les ultra-rovalistes attendent beaucoup d'une demande de la part de Mme la duchesse de Berry. Ils prétendent qu'ils ont porté cette princesse à coopérer dans leurs projets par une demande qu'elle doit faire lors de la visite de Sa Majesté à Saint-Cloud.

0 II est de la dernière fausseté qu'un grand nombre de familles anglaises aient demandé des passeports à l'ambassadeur. On n v remarque que le nombre ordinaire d'Anglais qui arrivent et qui s'en vont. Le Journal de Paris, ce me semble, devrait annoncer : " On demande pourquoi le ministère ne met pas fin au départ d'une immense multitude d'Anglais? C'est par une raison toute simple. La voici. Il n'v a pas un mot de vrai dans le départ de huit cents, sept cents ni

même cinq cents familles de cette nation. Nous tenons de source sûre que le nombre de ceux qui quittent la capitale n'excède pas celui ([u'on remarque dans les temps ordinaires.

<i On parle, dans la société, du fils aine du duc d'Orléans qui est au lycée de Cliarlema{jne et (jui est mis, d'après les ordres de son père, sur le même pied que tout autre élève. Depuis le triste événement, on dit <|ue ses jeunes collèf^jucs lui disent familièrement :

« — Eh bien, Chartres! tu seras donc roi!

i( Cette anecdote m'a été racontée par un lil)éral avant-hier soir. "

<i On ajoute cjue le roi n'a pas été content de ce genre d'éducation et que, par suite de ses observations, M. le duc d'Orléans a cité le {ijrand Condé et le prince de Conti. Sa Majesté, dit-on, a répondu avec vivacité :

i( — Vos exemples ne sont pas heureux; le grand Condé était un factieux et le prince de Conti une bête.

" Si je n'avais pas habitude de vous envover toutes sortes de nouvelles, je n'aurais pas détourné votre attention de choses plus sérieuses pour des anecdotes peut-être inventées à plaisir. »

Le correspondant ajoute en confidence :

« En vous quittant ce matin, je me suis rendu auprès de sir Charles Stuart avec qui je suis resté près d'une heure. Son Excellence me dit en propres termes : « J'ai « espéré que M. Decazes aurait tenu ferme. Les libé- <i raux payeront chèrement leur sotte ingratitude. a M. de Richelieu ne peut rien avec la Chambre telle « qu'elle est composée : ou il suivra la marche de M. Deu cazes et alors il n'aura pas les mêmes avantages que « lui qui a joui de toute la confiance du roi et de tout <i le crédit de son parti, ou bien il sera entraîné malgré

<i lui, vers l'extrême droite et il achèvera d'irriter la « nation et de navrer le cœur du roi.

« J'ai cru m'apercevoir que ces raisonnements, si justes qu'ils puissent paraître, sont un peu inspirés par la crainte qu'a sir Charles que ce soit la politique russe qui domine dans le Cabinet.

a Jai bien reconnu les sentiments sincères de notre ambassadeur lorsqu'il ajouta : « Je suis bien aise au « reste que M. Decazes ait été nommé pour l'Angle- « terre. Je lui assurerai l'accueil le plus cordial. »

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