‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 25 sur 139 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

chose que moi, est persuadé que tu arriveras ce soir. Gela m'oblig^e, quoique Theure du dîner soit proche, à prendre ma pkime et à étrangler ma lettre. Je suis convaincu qu'elle attendra vingt-quatre heures au moins. Mais, je ne veux rien avoir à me reprocher.

« Il m'aurait été assez difficile de te donner des» directions relativement à ton oncle (Monsieur) . Il est des plaies que je ne puis .sonder en personne. Le duc de Richelieu s en est chargé de lui-même. Le résultat, je le dis avec douleur, n'a pas été bon. Ne demande point d'audience particulière, même à Sp (le duc d'Angoulême) et vas-y dimanche à l'audience publique. Tu seras reçu ce qu'on appelle poliment, mieux de Sp. Mais, je ne me flatte pas encore que ce soit comme nous la désirerions. Hélas ! Jonathas était obligé de se cacher de Saiil pour aimer David. Pour moi, tu sais bien que mon cœur et mes bras te seront toujours ouverts. Écris-moi à ton arrivée. Adresse ta lettre à Péronnet qui est de service. Je t'indiquerai le moment où quatre mois de peine finiront... pour recommencer bientôt. Je te conseille décrire aussi au duc de Richelieu et à Pasquier pour leur demander un rendez-vous. J'ai signé ce matin tes lettres de créance. Je ne peux douter d'après quelques mots, par-ci, par-là, qu'on n'ait grande envie que tu partes. N'y oppose point de difficultés; ne parais point désirer de prolonger ton séjour; nous verrons ce que nous pourrons faire.

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u Quant à la duchesse de Berry, il n'est que trop vrai que dans les premiers moments, elle avait conçu l'affreuse idée qu'on lui prête (1). Tu n'ignores pas qu'ensuite, j'ai été longtemps sans la voir; je ne pouvais descendre l'escalier; elle ne pouvait pas le monter. Au bout de ce temps, elle a pu venir, non pas dans mon cabinet, elle craignait ce qui pouvait lui rappeler trop vivement la dernière fois qu'elle en était sortie, mais, dans ma chambre à coucher où je me faisais rouler pour la recevoir. Les premières fois qu'elle est venue, nous n'avons pas été seuls; enfin, nous lavons été à sa dernière visite et j'en ai profité pour la soumettre à une épreuve à laquelle j'ai la plus grande confiance. J'ai, sans aucune préparation, nommé un nom qui n'était pas, en sa présence, sorti de ma bouche depuis plus de sept mois. Son visage, que j'observais avec soin, n'a pas éprouvé la moindre altération, d'où je conclus avec presque certitude, que si l'affreuse idée n'est pas effacée, elle est au moins fort atténuée.

(1) On s'était efforcé de la convaincre de la complicité de Decazes dans l'attentat de Louvel. C était le moment où l'un des amis de l'ancien ministre lui écrivait : «Si les ultras triomphent, vous serez pendu. « En répétant au roi ces propos que d'ailleurs, il raillait, Decazes, informé d'autre part, ajoutait : « En général ce que me mandent mes amis, c'est que les ultras n'espèrent pas grand'chose de leurs attaques et n'espèrent rien de la Chambre actuelle, mais qu'ils se promettent meilleur et plein succès avec celle que leur amènera la nouvelle loi, et qu en conséquence, iU ajourneront volontiers l'attaque Clausel. Cela serait fort fâcheux dans tous les rapports, d'autant que je sais tous les prétendus griefs et qu'ils seront pulvérisés. «

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