CHAPITRE IV
demain, elle avait recueilli chez elle le fils de Mme de Baibi qui avait été comme abandonné par sa mère, avec laquelle elle était, parait-il, fort liée. Elle m'a demandé ce qu'était devenu l'enfant depuis; je n ai j)u le lui dire. Il me semble qu'il n'existe pas de fils de Mme de Balbi (1). ..
Après le diner, la comtesse de Lieven conduit ses convives chez le duc de Devonshire, qui donne une grande fête. La duchesse Decazes signale dans ses notes la splendeur de la réception, l'habit magnifique du maître de la maison, le luxe des salons. Dans cette habitation somptueuse, "il y a une cour, ce qui est rare à Londres » . Mais, il paraît rjue l'architecte avait oublié l'escalier. On l'a fait après coup, extérieurement et en fer à cheval. >• Le duc de Devonshire disait qu'il aimait beaucoup la musique. La musique était donc très bonne. Mais, je ne m'en suis pas aperçue. J'étais trop embarrassée de ma personne et trop occupée à regarder. Je crois voir encore deux femmes que, chez nous, on appellerait de vieilles lémmes, magnifiquement habillées, les épaules très découvertes, beaucoup de diamants. L'une était Mme Fitz-Herbert qui avait été la femme morganatique du prince de Galles. Elle avait sur la tète un bonnet ou turban
(1) Decazes se trompait. Mme de Balbi avait un tils. Il était sous-ofHcier de hussards et avait été compromis comme royaliste sous le Consulat.
attaché par une ganse d'or très mince qui passait sous le menton. L'autre, un peu moins vieille mais loin d'être jeune, était ladv Hertfort, jadis maîtresse de ce prince. »
De son côté, à propos de cette fête du duc de Devonshire, Decazes écrit au roi : «Nous y avons trouvé toute la cour. Le duc de Wellin^jton et lord Gastlereagh se sont mis chacun à un des côtés de ma femme et ne l'ont plus quittée. Ils lui ont présenté la marquise d'Hertfort. la duchesse de Wellington, la duchesse de Bedfort, la duchesse d'Argyle, lady Harawky et combien d'autres. » Le lendemain, nouveau diner chez lord Castlereagh. Saut lord Liverpool qui s'est fait excuser, tous les ministres sont présents et prodiguent des skahe hand à l'ambassadeur français, (i Ganning se distinguant entre tous en levant les bras de toute sa hauteur avant d'arriver à moi. Lord Castlereagh m'a demandé un jour pour dîner avec ma femme à la campagne où est miladv. Il m'a beaucoup engagé à prendre une campagne près de chez lui, insistant sur le prix qu'il mettrait à ce voisinage. Je dîne lundi chez Ganning, mardi chez lord Baturst, samedi chez le prince Esterhazy qui est parfait. En sortant de chez lord Gastlereagh, je suis allé avec Egédie chez la duchesse d'Argyle où les choses se sont passées comme chez le duc de Devonshire. -
La semaine suivante, l'ambassadeur et l'ambassadrice se rendent à l'invitation que leur a