‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 37 sur 139 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

faite lord Castlereagh pour un <i dîner dansant » à la campag^ne. Le soir, la duchesse en rentrant écrit ses impressions : « On nous dit que ce sont là les honneurs de 1 ambassade et qu il faudra en avaler autant chez tous les ministres. Si c'est toujours aussi amusant que cette fois, cela promet! Nous sommes arrivés à Oreçs à une heure. On nous a fait promener dans les jardins et tout ce qui s'ensuit jusqu'à trois heures. Lady Castlereagh nous a menés voir ses chiens. Son mari était avec nous. Il n'a pu encore se persuader que je n'étais pas à la cour de Louis XVL II n'a cessé de me parler du temps où je portais de la poudre et des talons. Quand nous sommes revenus près du cottage, — car, ce n'est pas un château — nous avons trouvé des tables en plein air et sous des tentes, et comme de raison, — à tout seigneur, tout honneur, — j'ai diné avec les ambassadeurs et les ministres! Si encore j'avais eu le prince Esterhazy à mon côté! Mais, comme le dit le duc de Prias, au Congrès, en marquant les rangs, ils n'ont fait que des bêtises. C'est le vieux Fagel, ministre des Pays-Bas, que j'avais à mon côté. Il passe le premier parce qu'il est le plus ancien ambassadeur en Angleterre. Après diner, on a dansé. J'ai dansé. Mais, un jeune Anglais est parfois plus ennuyeux qu'un vieux. J'ai renouvelé connaissance avec lady Worcester que j'avais vue à Paris. C'est une gentille petite femme. Elle n'a pas l'air heureux. Mon mari qui s'amusait

beaucoup a bien voulu s'en aller à une heure du matin. Oregs est à deux heures de Londres ; mais, comme tout le monde partait à peu près à la même heure, la route ressemblait à Longchamps, n

Ainsi, les fêtes succèdent aux fêtes, les présentations aux présentations. Dès ce moment, l'ambassadeur de France et sa femme sont adoptés par la haute société de Londres. La comtesse de Lieven et la princesse Esterhazy prennent sous leur patronage la jeune duchesse que son âge d'ailleurs rapproche beaucoup plus de l'ambassadrice d'Autriche que de celle de Russie, et qui devient en peu de jours l'amie intime de la première.

Page 1