‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 41 sur 139 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

mée venait de transformer en moins de huit jours la monarchie absolue en une monarchie Il quasi républicaine» . Mais, tandis qu'à Madrid Ferdinand VII avait provoqué la révolte de ses sujets par d intolérables procédés de gouvernement, à Naples, Ferdinand I" ne s'était montré ni violent ni persécuteur et on comprenait moins la rébellion qui venait de triompher et de le vaincre.

"Il est revenu comme il était parti, bon homme, aimant la pêche, la chasse et la duchesse Partona dont il a fait sa femme. Il aimait encore un certain Médicis (1), homme fort capable, assez aimé et libéral qui fut sacrifié au parti ultra-napolitain. Le parti libéral voyant son intermédiaire auprès du trône, éloigné, ne songea plus qu'à se soutenir et à imiter les braves Espagnols avec lesquels il a tant de rapports. On se concerta. Beaucoup d'hommes de mérite étaient parmi les mécontents. Le prince héréditaire même partageait leurs principes et la femme du roi ne les contrecarra pas. Tout étant combiné, il fut convenu que le général Peppe marcherait sur le château (2). Le roi entra dans des colères épouvantables et fit marcher sa garde et les troupes de ligne au nombre de trois à quatre mille hommes. Le gé-

(1) Don Louis de Médicis, de la branche cadette de cette illustre maison. Conseiller de Ferdinand l", son ministre de la police et son favori. Il revint aux affaires en 1822 et y resta jusqu'à sa mort survenue en 1830.

(2j C'était le 2 juillet. La révolution fut terminée le 7.

néral Peppe avait deux bataillons, le gfénéral Garrasco commandait pour le roi. Les troupes se joignirent, les généraux entrèrent en conférence et la fusion s'opéra comme par miracle. Ils entrèrent au en de : ] ive le roi! Vive la Constitution! Et cette constitution était faite par les conjurés en quarante-deux articles. Tout était calme au bout de quelques jours (l). "

Le roi ne s'en trouvait pas moins dépossédé de sa puissance effective et réduit à ne pouvoir plus l'exercer que sous la forme d un veto suspensif, en des conditions même qui rendaient illusoire pour lui, ce dernier attribut de la royauté. La constitution qu'on lui avait imposée n'était ni celle de la France de 1814, ni celle de l'Angleterre, mais celle qu'avait dû subir Louis XYI en 1791 et dont s'étaient également inspirés les révoltés espagnols. Peut-être, Ferdinand V^ se fût-il résigné au piètre rôle qu'elle lui laissait Mais, il y avait une puissance intéressée à ce qu'il ne s'y résignât pas. C'était l'Autriche. Maltresse alors d'une partie de l'Italie, elle ne pouvait laisser, si proche des provinces qu'elle occupait, triompher l'esprit révolutionnaire. Elle incitait donc aussitôt les puissances alliées à s unir à elle pour rétablir dans les Étals napolitains l'autorité

(1) Ce récit est extrait des lettres de Mme Hanielin. Sous sa forme légère et concise, il résume admirablenjent cette révolulion de Naples, révolution un peu à l'eau de rose, « préparée et exécutée par des princes, ducs et marquis « .

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