‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 74 sur 139 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

fertile. Négligé depuis, comme je m'y attendais, il est retombé dans son état primitif, ce qui a fait que vous n'avez trouvé ni une pêche dans le potager, ni, je le parierais, une fleur dans le floiver-garden. Je suis bien aise que vous vous soyez assis sur ce banc rond que je vois d'ici. Cela m'est arrivé plus (lune fi)is. Maïs, je suis fâché de ne vous en avoir pas recommandé un autre qui est en face la maison, tout contre la route par laquelle on vient à pied de la porte extérieure. C'est moi qui l'y ai fait placer. Le parc vous a paru petit, cela ne m'étonne pas. Mais, vous ne me dites rien du véritable jardin, c'est-à-dire de la promenade bien plus jolie à mon gré que celle du parc, qui entoure le potager. »

Peut-être objectera-t-on que voilà des détails bien insignifiants. Mais, outre qu'ils confirment ce qu'on savait déjà, de la complaisance avec laquelle Louis XVIII saisissait toutes les occasions de revivre son passé, ils démontrent combien, quoique séparé de Dccazes, il demeurait envers lui confiant, tendre et pour tout dire paternel. Les preuves de cette affection, on l'a vu, sont innombrables.

On ne saurait interpréter autrement les éloges qu'il lui envoyait, pour la manière dont il avait organisé les réceptions de l'ambassade. « Depuis feu la princesse palatine, on n'a jamais vu de maison réunir autant de geus de parti opposé

que la vôtre. Je ne dis pas cela en blâme, mais au rebours, car cela est parfaitement bien fait. " Puis, à côté de ces éloges, dans l'abandon d'un entretien familier, des souvenirs historiques, tels que celui-ci : « M. Fox était sans contredit un des plus grands orateurs que l'Angleterre ait vus naitre; on dit qu'il était bon homme et la quantité d'amis qu'il avait et qui lui sont restés attachés semblerait le prouver. Mais, il nous haïssait, il aimait la Révolution; il en a soutenu les principes à Salnt-Stephens Chapel et, pendant son ministère, il a fait imposer au gouvernement des entraves pécuniaires fort incommodes. J'ai trouvé une fois sa gravure dans le salon de milady Arundel, sœur du marquis de Buckingham et je n'ai pu m'empécher de lui dire qu'il manquait Bonaparte pour pendant. "

Peut-être, ces témoignages d'intérêt et de confiance ne s'étaient-ils jamais autant multipliés que durant les premiers mois de l'ambassade de Decazes. Bientôt, on les verra s'espacer et l'intérêt qu'ils expriment se refroidira. C'est qu'une femjne sera entrée dans la vie du vieux roi, aura fait le jeu des ennemis de Decazes et pris, dans le cœur que l'âge a rendu égoïste et faible, tout ce qui, jusqu'à ce moment, avait appartenu exclusivement au favori. A la fin de 1820, rien ne faisait prévoir encore ce changement. En toutes circonstances, le « fils " retrouvait » son père » . Quand le roi ne pouvait faire ce que Decazes eût

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