‹ L'ambassade du duc Decazes en AngleterreChapitre 78 sur 139 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

procédés de Pasquier envers lui. C'était au sujet de ce troisième secrétaire que le ministre des Affaires étrangères envoyait à Londres contre le gré de l'ambassadeur et qu'il lui imposait : < Pasquier ne m'a rien dit de ce secrétaire. Ce que vous m'en dites s'adresse à t. p. fton père) qui n'y peut rien, le R. (le roi) ayant signé la nomination. »

A ce moment, entre le ministre et l'ambassadeur, tout semblait être devenu prétexte à des dissentiments et à des querelles. Si leur correspondance conservait encore un ton cordial et même affectueux, il s'y glissait souvent des phrases aigres sous lesquelles apparaissaient les griefs réciproques. Decazes, à qui Pasquier devait d'être entré au ministère en 1817, ne lui pardonnait pas de ne l'avoir jamais défendu contre les attaques des ultras. La nomination d'un secrétaire attaché à son ambassade, contrairement à sa volonté, avait aggravé ce qu'il considérait comme un premier tort. Puis, ce fut autre chose. Pasquier s'obstinait à croire que Decazes avait hâte de revenir aux affaires et qu'il n'agissait qu'en vue de son retour. Il blâmait en outre la prolixité des lettres que l'ambassadeur adressait au roi. Grâce aux détails qu'elles contenaient, le ministre trouvait toujours le prince aussi instruit que lui et n'avait jamais rien à lui apprendre. Il reprochait par-dessus tout à Decazes de ne pas suffisamment tenir compte de ses instructions,

d'avoir, dans ses relations avec le Cabinet britannique, trop d'initiative et de s'être trop étroitement lié avec lord Gastlereagh. On peut juger de son irritation par le souvenir qu'il en gardait encore lorsque, quelques années plus tard, il écrivit ses mémoires où on aimerait à n en pas retrouver la trace en termes aussi vifs.

Cependant la lecture des lettres de Decazes démontre avec évidence qu'il y avait beaucoup d'exagération dans le ressentiment dont celles de Pasquier lui apportaient la preuve et que le ministre, devenu plus susceptible et plus impatient au fur et à mesure que se multipliaient, par suite des révolutions d'Espagne et de Naples, les difficultés diplomatiques, eut du moins le tort de ne pas toujours se souvenir, en écrivant à l'ambassadeur, que celui-ci était son ami et lui avait donné, étant au pouvoir, les preuves d'un rare dévouement. Blessé par le ton des observations qu il recevait et des reproches qu'elles dissimulaient mal, Decazes répliqua, rappelant son passé, demandant si on voulait le réduire à n'être qu'un subordonné sans initiative, sans idée personnelle, qui devait uniquement se borner à transmettre les paroles qu'il entendait et à communiquer des dépêches.

En même temps, il confiait au roi combien devenait intolérable la situation qui lui était faite.

» Pasquier m'écrit en chiffre que le prince

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