‹ L'âme américaine (volume 2)Chapitre 43 sur 96 · The American citizen, p · texte numérisé non relu

The American citizen, p

— loO -

à imposer des études masculines dans les collèges de femmes ; ces études ne sont pas en harmonie avec le caractère de Tesprit féminin et ne peuvent être poussées jusqu'à un certain degré, sans un effort pénible, préjudiciable à la santé de rélève et souvent fatal à la vigueur de sa constitution physique et mentale. Elles demandent, en outre, une somme de temps et de travail que la jeune fille ne peut leur consacrer qu'en négligeant d'autres côtés de l'éducation, infiniment plus importants pour son futur rôle d'épouse et de mère... J'éliminerais des programmes pour les collèges de femmes, la physiologie, la chimie, la géologie, la métaphysique, la logique, etc. De ces sciences, pas une jeune fille sur mille ne peut apprendre suffisamment pour que cela procure le moindre avantage, soit à elle-même soit à la société. Essayer d'encombrer l'esprit d'une femme d'une telle variété d'études c'est aboutir nécessairement au chaos et à la confusion ; ce qui en résulte trop fréquemment c'est que cette jeune fille quitte l'école sans posséder aucun savoir réel... Cet effort ambitieux pour placer l'esprit de la femme au même niveau que celui de l'homne doit aboutir au désappointement, parce que cela est contraire à la nature. Ce serait une entreprise aussi raisonnable de vouloir donner à leur corps le type masculin, les rendre aussi fortes, aussi grandes, aussi musculeuses que les hommes, sans tenir compte de leur conformation physique

Je ne nie pas qu'il ne se trouve, ra et là, des femmes dont la structure mentale est du type masculin et auxquelles on pourrait donner une culture masculine. H y a aussi des femmes à barbe,

mais lescasen sontrares Les avocats de cette

idée moderne supposent qu'une certaine somme de culture masculine est nécessaire pour rendre la femme digne d'être la compagne de l'homme, tandis que tout le monde sait bien au contraire, que rien ne la rend si repoussante et si désagréable. Bien loin que l'on trouve une femme savante attrayante, on la fuit généralement comme la peste. »

Ailleurs, le même auteur s'insurge contre l'habitude des examens publics accompagnés de la déclamation de morceaux littéraires, dans les écoles de femmes. « Il me semble, dit-il, que c'est une pénible nécessilé pour une frêle et délicate jeune fille que son sexe et sa modestie devraient protéger contre cette imposition. A la bonne heure, lorsqu'il s'agit d'un jeune homme qui aura, plus tard, à paraître devant le pub'ic dans l'accomplissement des devoirs de sa profession ou de son négoce, mais pour(|uoi exiger cette exhibition d'une gentille fillette qui n'aura jamais à s'y soumettre dans l'avenir ? »

Jusqu'à la guerre de sécession, l'influence puritaine maintient, du moins en apparence, son em-

— IGI —

preinte sur les mœurs, bien que les familles dans les classes riches deviennent peu à peu moins nombreuses et en dépit du progrès de l'irréligion.

De chacune des deux grandes guerres, dont Tune a créé la République et dont Tautre a affermi l'Union, date une orientation plus rapide, une course plus effrénée vers la fortune et le succès.

La guerre de Tlndépendance, en même temps qu'elle a relégué la religion à Tarrière-plan des préoccupations générales et donné un rude coup aux mœurs primitives, a ouvert la voie aux facteurs nouveaux qui devaient modifier la vie du peuple américain : la spéculation, les grandes entreprises industrielles et commerciales, l'afflux énorme des immigrants, et, ell^; a préparé la lente désagrégation des anciens cadres de la population.

La guerre de sécession, en détruisant le prestige des planteurs du Sud qui étaient, pour la plupart, de même origine que les Puritains et avaient avec eux un certain nombre de principes communs, a assuré la prédominance celtique et rompu définitivement avec les vieilles traditions d'austérité, de discipline et aussi d'hypocrisie. Le Sud est devenu « silencieux », selon l'expression courante; c'est l'Ouest aujourd'hui qui domine, attire et conquiert. Un vaste réseau de voies ferrées relie toutes les parties de l'Union et met en communication directe et immédiate tous ses citoyens. D'immenses fortunes se constituent dans la spéculation, la fabrication des tissus, l'exploita-

lion minière. Des villes s'édifient en quelques mois.

Chicago détruit par un incendie renaît en un instant de ses cendres et semble dans la poussée de ses maisons à quinze et vingt étages vouloir s'élancer jusqu'aux nues. La vapeur, Télectricité réalisent des prodiges. Tout est bruit, confusion, agitation. C'est le règne du journaliste, le règne du politicien, le règne de la liberté absolue et sans entraves, et c'est aussi le triomphe de Paddy, qu'il se dissimule ou non sous la peau de Jonathan.

Avant 1861, on parlait de l'observation rigoureuse du dimanche, on affectait encore l'austérité dans certains milieux. Aujourd'hui les puritains restés dans la Nouvelle-Angleterre sont considérés plutôt comme des types curieux, monuments d'un autre âge.

A Boston, sur quatre enfants qui naissent, écrivait sir Charles Dilke en 1869, un seul est de famille américaine » (l).

Aujourd'hui les jeunes Américaines suivent des cours non seulement de physiologie, de chimie et de métaphysique, mais encore de physique expé-

Page 1