‹ L'âme américaineChapitre 13 sur 113 · Sir Jolin Knight écrit, dès 1670, à Lord Shaflesbury que · texte numérisé non relu

Sir Jolin Knight écrit, dès 1670, à Lord Shaflesbury que

les restrictions apportées au commerce et à l'industrie équivalaient aune prohibition, mais personne dans le pays ne songeait au commerce ou à l'industrie. Les marchands anglais fournissaient aux colons tous les objets de consommation et d'habillement que leur sol ne produisait pas et qu'ils n'avaient pas le droit de fabriquer eux-mêmes. L'Angleterre était le marché unique des provinces du Sud, et beaucoup des grands planteurs considéraient la métropole comme leur home, La terre très fertile étant coupée de cours d'eaux et de rivières qui facilitaient le transport des produits à la mer, dans la plus grande partie des cinq provinces, on n'avait pas songé à construire de villes ou de ports.

Le commerce de la Grande-Bretagne avec ses colonies employait, au moment de la guerre de l'Indépendance, 1.100 navires et 29.000 marins. Les intermédiaires des échanges étaient, pour le plus grand nombre, des employés de maisons de Londres. Les Anglais voyant qu'ils n'avaient pas dans les gens du Sud, de rivaux pour leur trafic et que les États à esclaves leur achetaient tout ce dont ils avaient besoin, ne poussaient pas trop loin l'ingérence, relativement à l'occupation et à la translation de la propriété ; chaque oolon était

la VirgiDie paie aux douanes, seulement pour le tabac importé en Angleterre, 150.000 livres sterling, et que cette somnae, dans quelques années, s'élèvera à 250.000 livres.

pour eux un client, et ils avaient intérêt à ne pas entraver la mise en valeur du sol.

Le grief le plus sérieux que le Sud eut à faire valoir contre l'Angleterre fut de lui avoir imposé l'importation des esclaves, de lui avoir légué ce problème dont la solution devait coûter tant de sang et d'argent, accumuler tant de ruines, et qui, à l'heure qu'd est, reste encore menaçant. Il est vrai qu'à cette époque, le grief n'était ressenti que par la partie la plus éclairée de la population et que la masse des planteurs bénéficiait sans remords de la situation privilégiée que lui taisait l'esclavage.

L'Angleterre forçait pour ainsi dire, ses colonies, à acheter des Nègres. Dans l'une des Antilles,la terre des domaines publics n'élait concédée aux colons qu'à la condition qu'ils garderaient quatre esclaves pour chaque Ict de cent acres. Dans les provinces du Sud, le commerce des Noirs était activé par tous les moyens. «De 1620 à 1770, dit Bancroft, l'Angleterre n'a pas transporté moins de 300.000 esclaves dans l'Amérique du Nord, elle savait que son commerce n'aurait jamais rien à redouter des Nègres, tandis que les émigrants blancs pourraient devenir artisans, négociants, marins^ créer des fabriques et des comptoirs » (1).

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