Hislory of the United States^ vol. II, p. 44 et suiv
nant commencée et ne cessera qu'avec la déclaration de rindépendance des Elats-lUiis. De 1680 à 1774, ce ne sont que négociations entre Londres et Boston, envois de pétitions en Anfjleterre, plaintes contre le gouverneur, nominations de commissaires royaux, promulgations d'ordonnances qui restent sans effet, etc., etc.
Les guerres contre le Canada, auxquelles prennent part, avec les soldats de l'Angleterre, les milices des provinces, créent une diversion temporaire, mais ne font pas perdre de vue auxNéo- Angleterriens la poursuite de leurs revendications.
Les colonies hollandaises ayant été conquises, le roi leur donna un gouverneur dont la juridiction s'étendit en même temps sur le Massachusetts et auquel fut confié le commandement général des milices de toute la Nouvelle-Angleterre. La position de ce haut fonctionnaire était loin d'être enviable ; avec toute la bonne volonté du monde, il ne réussissait à donner satisfaction ni au roi, ni à ses administrés. Les querelles s'éternisaient entre lui et les législatures.
Les habitants de la Nouvelle-Angleterre ne paraissent pas s'être jamais considérés comme tenus à aucune allégeance envers la Giande-Bretagne. Aux restrictions imposées au commerce, ils opposèrent la contrebande, qui se fit sur une grande échelle ; aux exigences des gouverneurs ils répondirent par un entêtement invincible.
Leurs requêtes au roi abondent en protestations d'obéissance et de rest)ect, mais limitent cette obéissance aux conditions énumérées dans leurs chartes. « Ceux qui habitent cettecolonie, disentils, ont quitté leur ancienne patrie et sont venus étabUr ici la crainte de Dieii.... ils ne demandent qu'à vivre en paix dans ce coin de terre... C'est la gloire de Job, alors qu'il s'est assis en qualité de roi au milieu de son peuple, d'avoir été le père des pauvres. Un peuple pauvre, dénué de toute faveur extérieure, de richesse et de pouvoir, implore maintenant son seigneur, le roi (1) ». Il y a, dans le style de ces suppliques, beaucoup de l'éloquence biblique et de la poésie des livres saints, mais on y sent aussi un peu d'hypocrisie; car, en réalité, les Puritains n'eurentjamais l'intention d'obéir au roi. Ils avaient un parlement local et leur conscience était en paix. En 1692, la Cour générale du Massachusetts décréta qu'aucune imposition ne pourrait être levée dans la colonie sur les sujets de sa Majesté sans le consentement du gouverneur, du conseil et des représentants réunis enCour générale. Depuis longtemps déjà, tout sujet anglais considérait un parlement ou une législature comme un pouvoir supérieur à celui du roi lui-même.
A l'occasion, les Puritains n'hésitaient pas à recourir à des subterfuges que la Bible devait