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LES PLANTEURS DE LA VIRGINIE ET DES COLONIES DU SUD

I. La Virginie. — Premiers voyages d'exploration. — La Compagnie de la Virginie. — Comment elle recrutait les colons. — Les premiers colons. — Manière dont les terres étaient distribuées. — Les indented servants — D scipline établie par la Compagnie. — La Virginie province royale. — Développement de la population. — L'importation des Noirs.— Une aristocratie se constitue. — Les mean whites. — Les petits propriétaires. — La vie politique en Virginie. — On en exagère généralement l'importance. — Concussions administratives. — Incursions des Indiens. — Toute la propriété était rurale. — Aspect de la province. — Les demeures. — Les amuseme?its. — Les vices prédominants. — Situation des Noirs. — La religion.— Les lois. — II. Le 3Iaryland. — Domaine féodal. — Pouvoirs du seigneur. Lord Baltimore. — Liberté de conscience. — Difficultés administratives. — Protestants et catholiques. — Les Convicts au Maryland.

— L'Etat social. — Ilf. Les Carolines. — La Constitution du philosophe Loche. — La Caroline du Sud domaine féodal. — Province royale. — L'esclavage.

— Population. — Intolérance épiscopalienne. — La Caroline du Nord. — Refuge aux dissidents de toutes les sectes. — Aucun ordre ne peut y être établi. — Etat économique. — IV. La Géorgie. — Refuge fondé par le philanthrope Oglethorpe. — Ses premiers habitants. — Devient province royale. — L'esclavage y est introduit. — V. Nombre relatif des grands planteurs

dans le Sud. — V éducation. — Rapports avec C Angleterre,

L'établissement des colonies anglaises d'Amérique, de même que celui des colonies françaises, fut précédé de quelques voyages d'exploration et de découverte qui restèrent sans résultats pratiques. Frobisher en 1576, Gilbert en 1583, et Ralcigh en 1588, visitèrent les côtes occidentales de l'Atlantique. L'expédition de Raleigh périt tout entière, de môme que périt en 1599 celle du marquis de la Roche au Canada; car il semble décrété par une loi fatale qu'aucun peuple ne pourra prendre possession d'une terre nouvelle sans y semer d'abord quelques cadavres, sans y payer le tribut du sang.

Les premiers sujets d'Albion qui s'installèrent d'une manière permanente sur le sol américain furent amenés par les soins de la Compagnie de Londres qui avait obtenu, en 1606,du roi Jacques, une charte l'autorisant à prendre possession de tout le pays qui s'étend du 34" au 38* degré de latitude nord. Des 105 colons qui traversèrent l'Atlantique sous les ordres du capitaine John Smith, cinquante périrent la première année, et la Compagnie de Londres céda ses droits à la Compagnie de la Virginie^ laquelle fut incorporée en 1608.

Cette dernière ne fut pas d'abord plus heu-

reuse que sa devancière; elle perdit en quelques mois, 440 hommes sur les 500 qu'elle avait expédiés en Amérique; mais lord Dclaware qui remplaça le capitaine Smith, réussit à réconforter les survivants, à stimuler leur énergie, et la colonie se maintint, bien qu'en Angleterre on considérât cette entreprise comme téméraire, ridicule, vouée à l'insuccès, et qu'on s'en moquât.

Les membres de la Compagnie de la Virginie, en majorité des marchands de Londres et des spéculateurs, avec quelques hauts fonctionnaires, tenaient surtout à ce que l'affaire fût d'un bon rapport. Quelques-uns d'entre eux cependant payèrent de leur personne et se rendirent dans la colonie en qualité de membres du Conseil d'administration.

La Virginie ne fut, selon l'expression des écrivains du temps, « ni une plantation religieuse, ni une plantation politique, mais une plantation commerciale». La plupart des ouvriers qui y furent amenés appartenaient à la classe des vagabonds et des indigents de Londres, desprisonniers pour dettes et des repris de justice. Je trouve dans les Archives coloniales l'un des avis que la Compagnie faisait répandre et afficher afin de recruter des colons. Après l'énumération des avantages qu'offre la Virginie, il y est dit que « l'Angleterre regorge de vagabonds, lesquels, n'ayant pas de moyens de travail pour sortir de leur misère, s'abandonnent à des pratiques basses et vilaines.

de telle sorte que si on ne s'occupe pas de leur trouver de l'emploi à Tétranger, il faudra bientôt bâtir de nouvelles prisons et inventer de nouveaux châtiments ».

En 1610, Thomas Dale débarqua sur les bords de la James river, avec 300 de ces particuliers.

« Ce sont des profanes, écrivait-il lui-môme à Londres (1), et si remplis d'esprit de mutinerie que la plupart d'entre eux ne sont chrétiens que de nom; leurs corps sont tellement couverts de maladies et pourris que c'est à peine s'il s'en trouve soixante r[ui soient capables de travailler ». 1

En 1611, trois cents autres colons arrivèrent avec John Gates. Dans la seule année 4614, la colonie reçut plus de douze cents personnes, la moitié en qualité de colons indépendants et de serviteurs de ces derniers, les. autres envoyés aux dépens de la Compagnie.

Les terres étaient distribuées aux membres de la Compagnie, proporlionellement à leur mise de fonds, et aux colons libres. Ceux-ci recevaient cinquante acres gratuitement, plus cinquante acres additionnels pour chaque serviteur ou esclave blanc qu'ils amenaient k leurs frais; ils étaient, en outre, exemptés d'impôts pendant sept années, à la seule condition qu'ils fissent défricher trois acres par année sur chacun de ces

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