Un nommé Henry Spelman fut condamné à mort
té et oblijatoire pour tous, six heures par jour, car beaucoup des colons n'en avaient ni le goût ni l'habitude ; les membres de la compagnie euxmômes y étaient astreints. « Les Gentlemen, dit Bancroft (1), apprirent le maniement de la hache et devinrent d'excellents bûcherons ». Les anciens vagabonds se pliaient difficilement aux besognes manuelles. « On les avait mis à bûcher, raconte Stith, le plus ancien historien de la Virginie (2), afin de les rendre pacifiques; mais la hache blessait leurs mains délicates et, à tous les deux ou trois coups, une bordée de jurons faisait retentir les échos. Pour prévenir cette grave infraction aux lois divines, le gouverneur ordonna que chaque juron fût compté et puni le soir par un seau d'eau versé dans la manche du pêcheur, ce qui avait en même temps pour effet de le laver et de l'assainir. Au bout d'une semaine on n'entendit plus un seul juron ».
L'administration de la Compagnie ne fut guère qu'une succession de querelles, de rivalités et d'émeutes suivies de répression violente. Cependant à côté des « indented servants » qui n'é-
pour avoir parlé irrespectueusement du gouverneur Yeardley et avoir dit à un Indien qu*il aimerait voir arriver quelque personnage influent qui mettrait Yeardley à la raison et le destituerait de ses fonctions. Sa peine fut commuée.