‹ L'âme américaineChapitre 76 sur 113 · L'OUEST · texte numérisé non relu

L'OUEST

La colonisation avant la guerre. — Premiers élaUisse' ments de V Ouest. — Mode d'acquisition du terrain. — Tableau comparatif de V augmentation de la population de 1790 à 1800. — //. V homme de V Ouest, les colons de lOhio. — Ceux du Tennessee et du Kentucky, - ///. Les Revivais. — lY. Extension de la colonisation.

« Il y a dans le mouvement progressif qui élève vers une « fortuns nouvelle, un homme ou une population, un « principe de résistance contre l'iniquité et la violence « beaucoup plus énergique que dans toute autre situais tion.

(Guizot, Histoire de la civilisation en Europe, ^^^ 201).

Jusqu'à l'époque de la guerre de Tindépendance la colonisation s'était faite sur les bords de la mer ; à aucun endroit on ne s'était aventuré à plus de trois cents kilomètres à l'intérieur des terres. Les vastes solitudes de l'ouest n'avaient été explorées que par les missionnaires, les coureurs des bois et les trappeurs canadiens.

Les gouverneurs de la Nouvelle-France avaient bâti des forts dans la région qui forme aujourd'hui les Etats de l'IUinois, de l'indiana et de

rOhio, ainsi que dans le voisinage des grands lacs, ne laissant ouverts à l'expansion des colonies anglaises vers le Mississipi, que les territoires situés au sud-ouest de la Virginie et des Carolines, le Kcntucky et le Tennessee. La Louisiane s'étendait de Tautre côté du Mississipi qui, parallèlement aux côtes des océans, traverse l'Amérique du golfe du Mexique jusque vers le sommet du plateau qui avoisine les grands lacs, et qu'on aurait pu croire destiné à servir de ligne-frontière, à deux puissants empires. Plus loin encore et bordant les côtes du Pacifique se trouvaient les possessions espagnoles. Mais sur ces immenses espaces étaient à peine disséminés quelques milliers de colons et quelques peuplades d'Indiens.

Il n'est pas étonnant que les fondateurs de la République aient pressenti, dès lors, l'avenir réservé à leurs descendants. Un simple coup d'oeil jeté sur une carte géographique devait être pour eux plein de suggestions de conquêtes. Sur presque toute l'étendue du littoral de l'Atlantique, semblables à des sentinelles gardant l'entrée du continent, treize provinces, treize États libres, riches, entièrement peuplés, s'échelonnaient du nord au sud, le Massachusetts avec le district du Maine, le Conneclicut, le Rhade-lsland, le New- Hampshire, le Vermont, le New-York, le New- Jersey, le Delaware, la Pennsylvanie, la Virginie, les Garolines, la Géorgie. Dans ces Etats, des

villes florissantes, des campagnes fertiles, des populations laborieuses, habituées à la lutte contre la forêt, le sol, le climat et pleines de l'enlhousiasme de la victoire. Du rêve gigantesque de nos ancêtres, à nous, de leurs campagnes héroïques, rien n'avait survécu que quelques rares établissements agricoles dans la vallée du Mississipi. Les regards des Américains étaient désormais tournés vers TOuest, vers l'Océan Pacifique et nul obstacle ne pourrait entraver leur marche conquérante.

« Notre confédération, écrivait Jefferson, en 1786 (1), est le nid destiné à peupler l'Amérique au nord et au sud et à lui donner sa constitution»... et il ajoutait avec un admirable cynisme, mais en restant bien dans la note des relations internationales de cette époque : « Gardons-nous cependant d'exercer trop tôt une pression sur les Espagnols. L'immense territoire qu^ils occupent ne peut être, provisoirement, en de meilleures mains ; toute ma crainte, c'est qu'ils soient trop faibles pour le conserver jusqu'au jour où notre population sera en état de le leur enlever pièce à pièce ».

C'est par le Tennessee (2) que commença la migration vers l'Ouest. Les habitants de la Caroline du Nord habitués aune vie très indépendante,

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