Historif of Texas, (GincinDati
introduits ii^avai^iii en vue que d'y créer un marché à esclaves, et d'y fomenter le trouble et le désordre, jusqu'au jour où ils pourraient en déposséder le Mexique (1).
Or, un décret de la République mexicaine, en date du 13 juillet 1824, avait prohibé l'importation des Africains. La constitution adoptée à Mexico, le 11 mars 1827, avait décidé qu'aucun individu désormais ne naîtrait esclave sur le territoire de la République. Enfin, en 1829, le président Guerreroavait ordonnéla libération de tous les Noirs. Le commerce de chair humaine n'en continua pas moins à y fleurir. On estime que la population du Texas, vers 1840, était déjà d'environ 100.000 âmes, dont 25.000 de race africaine.
Les citoyens américains établis dans la province avaient reçu des armes et des secours pécuniaires des planteurs du Sud, à partir de 1829 et enrôlé des volontaires dans différentes parties de l'Union ; quand ils se sentirent assez forts, ils se déclarèrent indépendants et réclamèrent leur annexion aux Etats-Unis. L'un des griefs qu'ils invoquaient contre les autorités mexicaines était que celles-ci persécutaient les protestants. Ce grief n'était pas mieux tonde ([ue celui de la persécution des catholiques dans l'Union dont ils s'é-
1. H . Lee Child The ThaHng of NaboVis vineyard, pp. 1 1 et suivantes, (New- York, 18 i5).
taient servis pour se faire donner des terres par le roi d'Espagne (1).
Les Etats du Nord comprenant bien le but que poursuivaient les Sudistes et qui était d'étendre leur pouvoir, protestèrent contre l'annexion projetée ; plusieurs hommes politiques éminents de l'Union, entre autres Quincy, Webster, W. E. Ghanning s'y opposèrent, au nom de la justice et de l'humanité. L'illustre orateur irlandais, Daniel 0' Gonnell, flétrit énergiquement au parlement anglais, les manœuvres des propriétaires d'esclaves. Le Mexique lui-même fit de son mieux pour réprimer la rébellion « La question du Texas, disait au parlement de Mexico M. Lopez de Santa-Anna,en comporte une autre qui intéresse l'humanité tout entière, celle de Texclavage. Le Mexique qui a donné ce noble et magnanime exemple de renoncer à l'augmentation de sa richesse et d'abandonner même la culture de ses champs, afin qu'ils ne soient pas arrosés de la sueur, des larmes et du sang des pauvres Noirs d'Afrique, ne reculera pas et ses efforts pour recouvrer le territoire perdu seront bénis par
i. Bien que le préjugé catholique et le préjugé protestant aient été exploités par les spéculateurs, il semble que l'on professât au Texas des idées très larges en matière religieuse. «Ainsi vers 1824, raconte un voyageur, des centaines de protestants faisaient baptiser leurs enfants par des prêtres catholiques et se mariaient à Téglise catholique ».
Visit to Texas. Journal of a Traveller. p. 210.
tous ceux qui croient aux droits imprescriptibles delà nature humaine ».
Les planteurs du Sud étaient presque unanimement favorables à Tannexion de la province mexicaine dont on comptait faire un Etat esclavagiste, et une réunion eut même lieu à Ashley, dans la Caroline du Sud, où il fut question de rompre rUnion fédérale, pour unir sous un même gouvernement tous les territoires où régnait Tesclavage y compris le Texas ; une forte opposition empêcha cette proposition d'être adoptée. Le bill d'annexion qui avait été précédemment repoussé au Sénat fut voté en 1845, avec les modifications imposées par cette assemblée.
Le Texas fut en conséquence annexé, l'armée américaine sous les ordres du général Taylor l'occupa militairement et s'empara de quelques autres territoires en dispute.
Ulysse Grant qui fut, plus tard, président des Etats-Unis parle dans ses Mémoires (1), de cette guerre à laquelle il prit part en qualité de simple lieutenant : « En général, dit-il, les officiers de l'armée étaient indifférents à la question de l'annexion mais pas tous. Pour ma part, j'étais absolument opposé à cette mesure et je regarde encore aujourd'hui la guerre qui en a été la conséquence, comme la plus injusie qui ait jamais été engagée par une nation forte contre une plus