‹ L'âme américaine [microforme] (volume 2)Chapitre 103 sur 109 · SI · texte numérisé non relu

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lions de l'Amérique, leur exaltation se calma et ils trouvèrent un terrain commun d'entente, l'amour de la vieille mère patrie, la nécessité de sauver la langue maternelle de l'oubli et deresteren contact avec l'âme des ancêtres.

Tout cela se passa, à la vérité, sans attirer beaucoup l'attention des autres citoyens de l'Union, le Damned Dutch continua à exercer ses ravages et les renégats du nom allemand furent presque aussi nombreux que par le passé.

La guerre de sécession à laquelle prirent pari presque »ous les exilés de 1848, eut pour eflel d'attacher ceux-ci davantage à leur nouvelle patrie et d'eHacer de leur esprit toute velléité de retour au pays natal. Et, ainsi se trouva constituée au milieu de l'élément germano-américain, une éliie intellectuelle importante par le nombre, et dont l'influence devait être précieuse.

Antérieurement à 1848, la littérature allemande n'avait guère produit de ce coté de rAtlanti))ue que des ouvrages de théologie, d'histoire religieuse et quelques écrits de polémique ; l'époque subséquente vit paraître des publicistes d'une haute valeur, comme Franz Lieber, Friedrich Miinch, Ludwig WoUenweber, Cari Schurtz ; elle produisit des poètes, Niklas Mûller, Heinrich SchnaûtTer, Caspar Butz, Edward Dorcli, Friedrich Lexow, Conrad Kretz, Emil Dietzch, Edmund Marklin, qui chantèrent avec talent l'amour, la beauté, la liberté et surtout la vieille Allemagne.

Les succès politiques e! militaires de la mèrepatrie depuis 1860,1e ranrj qu'elle a conquis parmi les grandes puissances ; le développement qu'a pris dans la conscience humaine, pendant la dernière moitié de ce siècle, le sentiment de la nationalité et de la rare ; tout cela combiné avec l'afilux énorme de l'immigration tudesque au cours des quarante dernières années, a assuré la vitalité de la langue allemande aux Etats-Unis. Plus (le six cents journaux (1), maintenant, la propagent, luttent en faveur de son maintien et sont intéressés matériellement h ce qu'elle se répande (le plus en plus.

Comme on le sait, FAIlemagne est le pays du monde qui fournit la proportion la plus minime d'illettrés ; tous les émigranls de ce pays savent lire; nécessairement, ^ leur arrivée dans l'Union, ils s'abonnent à un journal de la localité où ils sont fixés et leur culture héréditaire ne se trouve pas, en quelque sorte, interrompue.

A l'heure qu'il est, un rameau important de la littérature allemande fleurit en Amérique et les (M'itiques de Berlin, de Dresde et de Leipzig s'occupent des œuvres des prosateurs et poètes (jermano- américains.

J'ai sous les yeux, un recueil de poésies allemandes publié à Chicago en 1892 (2); il contient

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